Actualité artistique

Lettre ouverte du monde de l’art contre la suppression des aides au Frac Île-de-France

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Cette suppression de l’aide accordée par la Ville de Paris au Frac Île-de-France mettra tout particulièrement en péril Le Plateau, son espace d’exposition situé dans le XIXe arrondissement à Paris, lieu incontournable et majeur dans le paysage de l’art contemporain. Près de 200 artistes, commissaires d’expositions et personnalités du monde de l’art ont déjà signé une lettre ouverte adressée à Anne Hidalgo, maire de Paris. Ce texte insiste sur l’importance du Frac Île-de-France qui « s’est affirmé comme l’une des institutions majeures de la création contemporaine en France », avant de préciser qu’il a su, à travers Le Plateau, « changer le paysage de l’art contemporain à Paris », grâce au soutien de la Ville de Paris, de l’État et de la Région Ile-de-France. Le Plateau a, en effet, favorisé l’émergence d’un bon nombre d’artistes et de jeunes commissaires d’expositions en leur ouvrant « la voie d’une reconnaissance internationale ». Depuis sa création en 2002, Le Plateau a su multiplier « les partenariats avec d’autres secteurs du champ de la culture, de l’Éducation Nationale et du champ social, […] pour s’affirmer comme la tête de pont du réseau artistique du  » Grand Belleville  » » et fait aujourd’hui état d’un « remarquable ancrage local ». La politique de médiation de ce lieu d’exposition est également perçue comme un « modèle du genre » puisqu’il offre un accès gratuit à ses expositions et à ses événements. Enfin, cette lettre ouverte souligne l’incompréhension et surtout le désaccord des signataires face à cette décision prise par la Ville de Paris ; ces derniers demandent à Anne Hidalgo de réexaminer sa position « en concertation avec les deux autres grands contributeurs que sont l’État et la Région Île-de-France, afin que le Frac Île-de-France ne soit pas amputé et qu’il puisse, avec Le Plateau, continuer à exercer ses missions pour le plus grand bénéfice des Parisiens. »

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Partager la ville avec la MAIF

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Le public peut découvrir la démarche participative de la construction de La Grande Folie, gigantesque tour de Tadashi Kawamata conçue pour La Villette, le projet Appel d’Air de Thierry Boutonnier dans le cadre du Grand Paris, et le travail de Stéphane Couturier sur Climat de France, la plus grande cité d’Alger. Enfin, Julien Berthier dévoile Concept Car, un prototype entièrement dépendant de l’environnement et de la collaboration des citoyens.

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Françoise Nyssen a nommé la nouvelle promotion des Maîtres d’art

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Créé en 1994 par le ministère de la Culture, le dispositif « Maîtres d’art – Élèves » est une initiative unique en Europe qui se donne pour objectif de favoriser la transmission des savoir-faire d’exception dans le cadre de la relation entre un maître d’art et son élève. Ce dispositif s’inspire de celui des « trésors nationaux vivants » du Japon, ces individus reconnus par le ministère de l’Éducation japonais comme les gardiens des biens culturels immatériels majeurs en raison de l’excellence de leur maîtrise technique dans un domaine.
Cette année, Françoise Nyssen a décerné le titre de Maître d’art à huit binômes, composés d’un maître et de son élève : Franck Benito, verrier décorateur et tailleur de cristal (Ile-de-France) et son élève, Allan Letecheur ; Alain Guéroult, ébéniste d’art (Ile-de-France) et son élève, Tristan Desforges ; Hubert Haberbusch, restaurateur de véhicules de collection (Grand Est) et son élève, Isaak Rensing ; Yves Koenig, facteur d’orgues (Grand Est) et son élève, Julien Marchal ; Judith Kraft, luthière spécialisée dans les instruments anciens (Ile-de-France) et son élève, Mathieu Pradels ; Christine Leclercq, costumière (Occitanie) et son élève, Marie-Pierre Bessac ; Jean-Yves Roosen, facteur de flûtes (Ile-de-France) et son élève, Noémie Stadler ainsi que Manuel Soirat, lapidaire pierres de couleur (Ile-de-France) et son Élève, Quentin Aymard.
Le dispositif « Maîtres d’art – Élèves », qui met en lumière la vitalité du patrimoine français et de sa création artistique, permet notamment aux professions concernées d’accéder à une légitime reconnaissance : « Ni artistes, ni techniciens, nous sommes enfin perçus comme des artisans d’art », déclare ainsi Hubert Haberbusch, l’un des Maîtres d’art de la promotion 2017. Le titre de « Maître d’art » est également synonyme d’engagement. À partir du 1er janvier prochain, les nouveaux appelés intégreront ce dispositif, géré par l’Institut national des Métiers d’Art (INMA), afin de se consacrer à la transmission de leur savoir-faire, unique et recherché. Pendant trois ans, leur atelier prendra la forme d’une « école hors-les-murs » où leur élève pourra acquérir la maîtrise des gestes et des techniques les plus complexes du métier. Les huit binômes bénéficient pour une durée de trois ans d’une allocation annuelle de 16 000 €, délivrée par le ministère de la Culture, ainsi que d’un accompagnement pédagogique de l’INMA qui doit leur permettre de mener à bien leur mission de sauvegarde et de renouvellement des savoir-faire français.

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[FLASH EXPO] Rencontre avec Romain Mathieu, commissaire de l’exposition « Supports/Surfaces : les origines, 1966-1970 » au Carré d’Art de Nîmes

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Ce mois-ci, Romain Mathieu, commissaire de l’exposition, vous présente « Supports / Surfaces : les origines 1966-1970 », actuellement présentée au Carré d’Art de Nîmes. L’exposition retrace l’histoire de ce groupe singulier d’artistes qui ont cherché à changer les bases de la peinture en déconstruisant le tableau.

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Pépites de la collection Ziegler-Schindler en vente par Joron-Derem

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La collection collection Ziegler-Schindler comprend des dessins datant du XVIe siècle constituant un ensemble exceptionnel compte tenu de la rareté des feuilles de la Renaissance. Originaire de Schaffhausen en Suisse, le collectionneur s’est intéressé aux études de vitraux, une spécialité très pratiquée en Suisse au XVIe siècle, et plus particulièrement aux dessins des artistes de sa ville. L’un des plus importants d’entre eux, Daniel Lindtmayer (1552-1606/07), est l’auteur d’une suite de treize gouaches sur le thème de Jésus-Christ et des apôtres (de 200 000 € à 300 000 €). Une autre belle page, estimée entre 50 000 € et 80 000€, représente Loth et ses filles par Jost Amman (1539-1576).

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La Colombie s’expose à la Cité internationale des Arts

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L’exposition « Attaches » présente 21 jeunes artistes d’origine colombienne. Mêlant dessin, photographie, installations et vidéos, l’événement est également enrichi d’une programmation artistique et cinématographique : discussions, performances, projections… Cette exposition est organisée dans le cadre de l’année « France-Colombie » par des étudiants de Mastère de l’IESA, sous la direction de la commissaire d’exposition Claire Luna. Les artistes interrogent les questions d’identité, de la mémoire et du territoire. Ainsi, la féminité, la nostalgie du pays natal, l’environnement naturel et l’histoire, parfois violente, sont autant de thèmes essentiels abordés dans leurs œuvres. « Attaches » sera ensuite présentée en Colombie au cours de l’année 2018.

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Trésor à vendre : la Bronze Age Lounge chair de Tjep chez Tools Galerie

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Avec sa structure squelettique élégamment habillée d’effets miroir, ce siège tripode à l’aspect vibrant et quasi liquide trouverait sans peine sa place dans une toile de Dali. Cette filiation surréaliste vaut d’ailleurs pour l’ensemble des meubles issus de la série Bronze Age conçue en 2014 par le studio Tjep et présentée au Designblok de Prague la même année. Installé à Amsterdam, Tjep a été fondé en 2001 par Franck Tjepkema, un designer hollandais diplômé de la Design Academy d’Eindhoven (1996) et du Sanberg Instituut (1998). Collaborateur de l’entreprise néerlandaise de design conceptuel Droog Design, le studio se consacre à la conception d’intérieur et d’objets design, d’architecture mais également de pièces de bijouterie.
Avec la série Bronze Age, Franck Tjepkema déclare avoir voulu créer un ensemble mobilier en « complète opposition avec la tendance technologique qui s’appuie sur l’apparition de nouveaux outils numériques tels que les imprimantes en 3D ». Chacune de ces pièces a été créée à la main dans le respect des savoir-faire traditionnels liés à la technologie ancestrale du bronze, sur laquelle reposait la survie matérielle des sociétés anciennes.
À cette dimension archéologique s’ajoute un discours critique sur le recul de l’économie mondiale exprimé par le style émacié et l’allure squelettique des pièces de mobilier, chaises, fauteuils et chaises longues, qui composent la série Bronze Age. Ce parti pris formel avait déjà été mis en œuvre par Tjep en 2011 dans le modèle Recession Chair, élaboré à partir d’un produit de grande consommation distribué par la marque Ikea. Ce siège, dont la série Bronze Age comprend une fascinante version en bronze, prend la forme d’une chaise de cuisine traditionnelle dont la structure serait pour moitié racornie ou desséchée. Cette esthétique décadente évoque aussi bien la permanence d’un vestige archéologique que les paradoxes d’une économie globalisée.
Tirée à seulement huit exemplaires, la Bronze Age Lounge chair et son archaïsme baroque ont quant à eux déjà accédé au statut de pièce muséale en intégrant cette année les collections du Musée national d’art moderne à Paris.

De la conception à la fonte, découvrez en images les étapes de la création de la Bronze Age Lounge Chair :

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Marin Karmitz, autoportrait fragmenté à La Maison rouge

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Issu d’une famille juive de Roumanie immigrée à Nice après la guerre, il est devenu citoyen français. Sa collection reflète son parcours, sorte d’« autoportrait composé de fragments » selon l’expression de l’écrivain Erri De Luca. « En choisissant le noir et blanc, en sélectionnant les photos de Roman Vishniac ou de Josef Koudelka, de Gotthard Schuh, de Michael Ackerman ou d’Antoine d’Agata, c’est mon histoire évidemment. Un certain nombre de photos m’ont touché parce qu’elles reflétaient quelque chose de ma mémoire, de mon inconscient. Par exemple, Vishniac, c’est quelque chose d’indéfinissable dont je ne peux pas me passer, les traces ou les restes d’un monde disparu. Koudelka, ce sont les gitans que j’ai côtoyés jusqu’à mon départ de Roumanie […]  Les autres images disent aussi mes prises de position politiques, par exemple Lewis Hine », déclare Marin Karmitz dans un entretien publié dans le catalogue. Les œuvres d’Alberto Giacometti, Jean Dubuffet, Christian Boltanski et Annette Messager complètent l’ensemble, évoquant la place de l’homme dans le monde.

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L’automne du Moyen Âge au musée Saint-Rémi de Reims

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L’exposition évoque le bouillonnement artistique reimois autour de 1500, entre les derniers feux du gothique international et les prémices de la Renaissance. L’exposition explore simultanément la sphère religieuse (dévotion collective et dévotion privée, culte des saints intercesseurs et de Rémi, saint patron de la ville, omniprésence du Christ et de la Vierge souffrants, etc.) et la vie quotidienne et profane.

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Les architectes à la conquête du globe à la Cité de l’architecture et du patrimoine

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Dans la perspective de l’Exposition universelle de 1900, le géographe Élisée Reclus planche sur un projet de globe terrestre au 100 000e, haut de deux cents mètres. Car, pour lui, « une figuration de la sphère terrestre vraiment digne de ce nom ne doit pas être un simple meuble, mais une œuvre d’importance telle qu’elle constitue un édifice à part, de vastes dimensions, d’accès facile et parfaitement disposé pour les recherches des hommes d’étude ». L’ambition, certes, est pédagogique et scientifique, mais ce projet monumental témoigne aussi d’une époque où l’homme a affirmé son emprise sur le monde, emprise dont un tel globe aurait constitué l’éclatant symbole. Ce n’est que l’un des épisodes les plus marquants des liens croisés entre architecture et science dans l’exploration et la connaissance du monde, en même temps que de sa représentation. Une histoire qu’entreprend de conter la Cité de l’architecture dans l’exposition « Globes ». Véritable graal architectural, la forme sphérique alimente les rêveries et les spéculations, comme dans le célèbre Cénotaphe de Newton, imaginé par Ledoux. Puis les grandes expositions internationales l’inscrivent dans le paysage, ouvrant des réflexions inédites sur la meilleure manière d’aménager l’intérieur d’un globe. Depuis, si le progrès technique a facilité l’édification de sphères, celles-ci ont continué de nourrir un imaginaire foisonnant, dont l’Étoile noire de Star Wars représente l’inquiétante incarnation.

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Lesdiguières, prince des Alpes au musée de la Révolution française

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François de Bonne de Lesdiguières est fait duc par Marie de Médicis, et nommé connétable de France en 1622, non sans avoir abjuré. On ne saurait dire si cet homme qui transforma Grenoble et fit de sa forteresse médiévale de Vizille une somptueuse demeure de plaisance, fut un serviteur du bien commun ou un ambitieux roué et sans scrupule. Un peu des deux, sans doute, ce que ces expositions se chargent de montrer.

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Hommage à la sculpture belge à la Patinoire Royale de Bruxelles

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Figurent plus de deux cents pièces, certes hétérogènes, d’artistes parmi lesquels seuls Pol Bury, Jacques Moeschal et Jean-Pierre Ghysels ont déjà une place sur le marché. Les œuvres sont affichées entre 3500 € et 500 000 €, avec un prix moyen de 15 000 €.

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La Grande Galerie de Radio Classique : La rétrospective César au Centre Pompidou (1/2)

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Cette semaine, Guy Boyer vous invite à découvrir la grande rétrospective consacrée à la dernière figure majeure du Nouveau Réalisme et l’un des plus grands sculpteurs de son temps, César, au Centre Pompidou, du 13 décembre 2017 au 26 mars 2018.

Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les vendredis à 19h dans l’émission La Grande Galerie, les lundis à 19h45 dans l’émission de Patrick Poivre d’Arvor, le vendredi à la fin du flash info de 13h et le samedi à la fin des flash-infos de 10h et 19h pour ses « Idées de Sortie ».

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La France s’engage à restituer les « trophées » du siège de Zaatcha

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Ce mercredi 6 décembre, le président Macron a exprimé le souhait de l’État français de restituer à l’Algérie les trente-sept crânes d’anciens rebelles algériens tués lors du siège de Zaatcha en 1849 qui furent déposés à l’époque au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. Comme d’autres musées français, le Muséum conserve dans ses collections des restes humains qui témoignent du passé colonial de la France et de l’immoralité de certaines pratiques militaires anciennes. À la fin de l’année 1849, alors qu’elle tente d’achever sa conquête de l’Algérie, l’armée française occupe Zaatcha, oasis du sud algérien, dont elle s’empare finalement le 26 novembre. Les militaires prélèvent alors, en guise de trophées de guerre, certains crânes de rebelles algériens et les rapportent en France où ils intègrent les collections Muséum. La promesse d’Emmanuel Macron participe donc de son intention de réparer les exactions commises par l’armée coloniale française à l’encontre du peuple algérien et vient également raviver le débat sur les restitutions, qu’elles concernent des restes humains ou des œuvres d’art.
Si la Grèce et l’Égypte cherchent régulièrement à faire valoir leur droit au retour des éléments patrimoniaux dont ils ont été dépouillés au cours des siècles, les peuples d’Afrique ou de Polynésie multiplient également les demandes de restitutions auprès des anciennes puissances coloniales. Ces revendications visent avant tout à permettre aux communautés concernées de se réapproprier des éléments constitutifs de leur histoire et de leur identité. Se ralliant à cette démarche, la France restituait en 2014 vingt têtes momifiées maories à la Nouvelle-Zélande dont les arguments tant moraux qu’identitaires avaient eu raison des blocages juridiques. De fait, la question de la restitution demeure un sujet épineux lorsqu’elle concerne des restes humains, notamment dans le domaine archéologique.
Cependant le cas récent des trésors royaux d’Abomey, revendiqués en 2016 par le Bénin, met également en lumière toute la complexité des restitutions d’œuvres d’art intégrées aux collections publiques françaises. Se fondant sur les principes d’inaliénabilité et d’incessibilité des objets appartenant aux collections publiques, la France a, en effet, rejeté la demande du Bénin en mars dernier. Deux postures, tant philosophiques que politiques, s’affrontent ici qui opposent le droit des peuples à reprendre possession des témoignages de leur passé à la volonté d’offrir des conditions de conservation et de valorisation optimales à ces vestiges. Ce débat se nourrit d’un contexte géopolitique en constante évolution qui renouvelle les enjeux et les acteurs de la préservation du patrimoine mondial. Stéphane Martin, président du musée du Quai Branly, affirmait ainsi récemment dans un entretien accordé au Figaro : « Il y a une nouvelle géographie culturelle, la carte des pays participant à la mise en valeur du patrimoine de l’humanité ne cesse de s’étendre. Il faut donc imaginer un nouveau partage et une nouvelle promotion de ces biens communs, avec plus de partenariats ».

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Lubaina Himid lauréate du Turner Prize 2017

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Créé en 1984 en hommage au peintre William Turner, le Turner Prize, qui salue le travail d’un artiste établi en Grande-Bretagne, avait déjà été remporté par Anish Kapoor (1991), Damien Hirst (1995) ou encore Chris Ofili (1998). Cette année, c’est au tour de Lubaina Himid, qui devient, à cette occasion, la première femme noire à remporter cette récompense, dotée de 25 000 £ (soit environ 28 000 €). À 63 ans, elle est également la doyenne des lauréats, puisque la limite d’âge de cinquante ans a été supprimée cette année. Le jury de sélection a fondé sa décision sur une triple exposition de peintures, de gravures et d’installations à Oxford, Bristol et Nottingham.
Née à Zanzibar en 1954, l’artiste britannique et tanzanienne, également écrivain et commissaire d’expositions, a fait ses études en Grande-Bretagne. Profondément impliquée dans le mouvement artistique Black en Angleterre dans les années 1980, elle utilise la peinture, la sculpture et l’installation pour porter son regard sur l’histoire culturelle comme sur celle des identités mais également sur le colonialisme et la traite des esclaves. Elle est remarquée pour son engagement politique lorsqu’elle réalise en 1986 A Fashionable Marriage (Un mariage à la mode), une installation utilisant des découpages sculptés et peints pour créer des figures plus grandes que nature. Ces dernières font référence à des personnages issus d’une série de gravures Marriage a la Mode de William Hogarth, datant de 1743, et mettant en scène le mariage cupide entre une comtesse et son amant. Lubaina Himid livre alors une critique acerbe sur l’art contemporain et la politique de son temps en remplaçant le couple aristocratique par le premier ministre britannique Margaret Thatcher et le président américain Ronald Reagan. En 2014, on retrouve ce même procédé plastique dans Naming the Money qui représente des travailleurs noirs portant des vêtements aux couleurs vives et fait ainsi référence tant à l’industrie esclavagiste qu’aux origines de l’artiste. Les deux installations, A Fashionable Marriage et Naming the Money, ont été respectivement exposées cette année au Nottingham Contemporary et au Spike Island à Bristol. Au cours des trente dernières années, Lubaina Himid a exposé à de nombreuses reprises en Grande-Bretagne et à l’étranger, notamment New York et Los Angeles. Ses œuvres sont présentes dans plusieurs collections publiques comme la Tate, le Victoria and Albert Museum, la Manchester Art Gallery ou encore la Walker Art Gallery.

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Vos idées de sortie : Paysages français. Une aventure photographique à la BnF

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Cette semaine, Guy Boyer vous invite à découvrir la photographie de paysage en France (1984-2017) mise à l’honneur à la Bibliothèque nationale de France, jusqu’au 4 février 2018.

Retrouvez les « Idées de Sortie » de Guy Boyer tous les vendredi à la fin du flash info de 13h et tous les samedi à la fin des flash-infos de 13h et 19h sur Radio Classique.

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Chorégraphie des sens à la Grande Halle de la Villette

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La première, Nowhere and everywhere at the same time n° 2, conçue par le chorégraphe William Forsythe, invite le spectateur à circuler au milieu d’une centaine de pendules en balancier permanent qui amplifient et conditionnent son mouvement. La seconde, Test Pattern, traduit quant à elle l’intérêt du musicien multidisciplinaire Ryoji Ikeda pour la matérialisation des flux de données en plongeant le visiteur dans un univers hypnotique de motifs binaires.

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