Actualité artistique

Décès de l’artiste conceptuel belge Jef Geys

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Jef Geys dans l’exposition collective « Le destin des châteaux croisés », Château Shatto, Los Angeles, 2018 © Elon Schoenholz. Courtesy Air de Paris, Paris and Château Shatto, Los Angeles

Né en 1934 à Bourg-Léopold, ville située dans la province belge du Limbourg, Jef Geys se forme à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers avant de s’installer à Balen, où il enseigne l’art pendant plus de trente ans dans une école pour jeunes filles. Cette activité d’enseignant lui offre le cadre idéal au développement d’une critique personnelle de la société et de l’art, qui fonde sa pratique artistique. S’inscrivant dans la lignée du Bauhaus et de l’art conceptuel, il construit, durant plus de cinquante ans une œuvre complexe et perturbatrice où coexistent les évocations de sa vie privée et de son environnement quotidien, ainsi que les interprétations de son rapport au monde. Ses créations se nourrissent de ses expériences artistiques, pédagogiques et familiales, dont il conserve méticuleusement les vestiges matériels, photographies, retranscriptions de conversations ou objets, qu’il répertorie, en véritable archiviste, avant de les intégrer à ses œuvres. Réflexif, son art se fait également communautaire et social, comme en témoignent notamment son projet pour la Biennale de Venise 2009, intitulé Quadra Medicinale, qui propose une variation sur les thèmes du biotope, ou bien encore son solo show, présenté actuellement à la galerie Max Mayer à Düsseldorf, qui prend pour point de départ onze toiles de Martin Douven, un peintre autodidacte originaire de sa ville natale.

Vue de l’exposition « Le Tour de France 1969 d’Eddy Merckx », Air de Paris, Paris, 2018 © Marc Domage Courtesy Air de Paris, Paris

Héritier de Marcel Duchamp, Jef Geys prône un art subversif, non-élitiste et décloisonné, et va jusqu’à suggérer au Musée royal des beaux-arts d’Anvers de dynamiter leur bâtiment, en réponse à leur proposition d’exposition individuelle en 1970. Cette volonté de remettre en question le système établi et d’en dénoncer la corruption s’illustre pleinement dans le goût de l’artiste pour les jeux de contrastes et la mise en présence de forces contradictoires au sein de ses œuvres.
Méconnu du grand public, Jef Geys, dont le travail fait l’objet d’une reconnaissance internationale, est considéré comme l’un des artistes belges les plus influents de l’après-guerre. Avant la Biennale de Venise de 2009, il représente la Belgique en 1991 aux Biennales internationales d’art de São Paulo et participe également à la Documenta 11 de Cassel en 2002. L’œuvre de l’artiste fait actuellement l’objet de deux expositions, l’une chez Château Shatto à Los Angeles, intitulée « Le Destin des Châteaux Croisés », l’autre chez Air de Paris à Paris, ayant pour titre « Le Tour De France d’Eddy Merckx 69 ». Deux autres expositions, à l’élaboration desquelles l’artiste a étroitement collaboré, verront également le jour à Portland, à la Yale Union et au MAC’s – Grand-Hornu en Belgique en avril prochain.

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Stephen Shore, maître incontesté de la contemporanéité au MoMA

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À tout juste 20 ans, l’Américain Stephen Shore (né en 1947) quitte la Factory d’Andy Warhol pour se lancer sur la route, saisissant la poésie du quotidien, la lumière changeante et les subtilités de la couleur. Durant quelque cinquante ans, sa curiosité et son goût pour l’expérimentation le mèneront de la couleur au noir et blanc, de l’instantané à la chambre sur trépied et jusqu’à Instagram, dont il a fait un espace de diffusion privilégié de sa production, conçu à la manière d’un journal.

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Art Capital : le bon plan des estampes

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Les habitués des grandes foires comme la Fiac seront un peu déroutés. Quand on entre sous la verrière du Grand Palais, à l’occasion d’Art Capital, l’espace est divisé en quatre salons différents : les Artistes français, les Indépendants, Comparaison et le Dessin et la peinture à l’eau. De plus, les quatre salons exposent directement les artistes, sans le filtre des galeries, ce qui aboutit à des confrontations d’œuvres parfois surprenantes. Mais l’intérêt de ce grand rassemblement est justement de permettre à des artistes de tous les horizons d’exposer dans un lieu prestigieux, et de toucher un public qui n’a pas l’occasion de venir dans les ateliers. Les prix sont eux aussi bien différents de ceux pratiqués dans les grandes foires marchandes. On trouve des toiles à partir de 1 000 € et des estampes à partir de 200 €. Notamment du côté des Artistes français, société héritière des grands salons officiels créés par Colbert, qui fût fondée en 1881 à l’initiative de Jules Ferri, où la section Gravure offre, de par les techniques employées, une belle homogénéité.

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Rachid Khimoune, des hommes et des bêtes

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« On pourrait croire que tous les bitumes du monde se ressemblent et pourtant, d’une ville à l’autre, les grilles d’arbres, les plaques d’égouts sont des signes distinctifs, tel un tatouage sur la peau qui révèle l’identité d’un lieu, voire son histoire. » Depuis quarante ans, le sculpteur Rachid Khimoune (né en 1953 en Aveyron, de parents berbères) invite à regarder ce que l’on ne voit plus : le décor de nos rues, dont il relève les empreintes de pavés, de trottoirs ou de bitumes fracturés. Diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 1974, cet insatiable voyageur s’ingénie à offrir une autre vie aux matériaux oubliés, mal-aimés, abandonnés. Transformés, ou simplement assemblés, ces derniers donnent naissance à un monde figuratif peuplé de personnages, mais surtout d’animaux fantastiques (Ibis bronze, 1991 ; Poisson rasta, 1996), ou métaphoriques, telles ses mille tortues casquées disposées en 2011 sur le sable d’Omaha Beach, à Colleville-sur-Mer, en hommage aux soldats du Débarquement. Principalement connu pour sa série des vingt-et-un Enfants du monde en bronze installés depuis 2001 dans le parc de Bercy, à Paris, Rachid Khimoune bénéficie d’une rétrospective à Dreux. Elle réunit des sculptures en bronze et en fer, des totems, des masques proches de l’Art brut, des reliefs en papier ou en coton, ainsi qu’un ensemble de dessins et de peintures, dont les fascinantes Peaux de reptiles réalisées en 2007.

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Les chefs-d’œuvre de la collection Rockefeller exposés chez Christie’s à Paris

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Enrichie depuis la fin du XIXe siècle et héritée des générations précédentes, la collection personnelle de l’homme d’affaires américain David Rockefeller, et de son épouse Peggy, traduit un véritable goût pour les impressionnistes, les postimpressionnistes et les avant-gardes européennes. Elle comprend également des peintures américaines, des meubles anglais ou encore des œuvres d’art asiatiques. David Rockefeller, décédé le 20 mars 2017, a été président émérite du MoMA de New York et grand donateur aux musées et aux universités aux États-Unis. Avant la dispersion de la collection chez Christie’s au Rockefeller Center à New York, neuf chefs-d’œuvre inédits seront exposés à Paris, du 16 au 21 mars, en accès libre. L’une des pièces phares de la collection est la Fillette à la corbeille fleurie (1905) de Picasso. Cette œuvre de la période rose n’est jamais sortie de la collection de la famille Rockefeller, depuis son acquisition en 1968 auprès de l’écrivaine américaine Gertrude Stein. Une peinture tardive de Delacroix (Tigre jouant avec une tortue, 1862), les paysages urbains de Corot (Venise, vue du Quai des Esclavons, 1845) et de Monet (Extérieur de la gare Saint-Lazare, effet de soleil, 1878), ainsi qu’une nature morte de Manet (Lilas et rose, 1882), une marine de Gauguin (La Vague, 1888) et une toile cubiste de Juan Gris (La Table du musicien, 1914) seront également à découvrir au 9, avenue Matignon.

Edouard Manet, Lilas et roses, 1882 (estim. 7 000 000 $).

La maison Christie’s se dit « honorée de se voir confier la responsabilité de la vente Rockefeller dont les profits seront versés à des organismes caritatifs, conformément à l’engagement de Peggy et David Rockefeller de consacrer la majeure partie de leur patrimoine à la philanthropie et d’appuyer des causes culturelles, éducatives, médicales et environnementales soutenues depuis longtemps par le couple. La venue de 9 pièces majeures de la collection à Paris est l’occasion pour le public de découvrir ces œuvres du 16 au 21 mars avant qu’elles ne soient dispersées ». Une sélection d’œuvres majeures de la collection a déjà été dévoilée en novembre dernier à Hong Kong, respectant ainsi les liens philanthropiques unissant la famille Rockefeller avec la Chine. Le pays a, en effet, reçu le premier don de bienfaisance de la part de John D. Rockefeller en 1863. La tournée de ces chefs-d’œuvre se poursuit à Londres jusqu’au 8 mars. Après Paris, des expositions auront lieu à Pékin, les 6 et 7 avril, à Shanghai, les 10 et 11 avril, à Los Angeles, les 6 et 12 avril puis à New York, lieu où se dérouleront les ventes aux enchères. Elles offriront également une sélection de petits objets à prix abordable avec des estimations, à partir de 200 dollars.

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Nouveau talent : Saba Innab, plus qu’architecte

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Si pour Saba Innab, l’architecture est aujourd’hui bouleversée par les crises migratoires, elle inclut aussi dans sa réflexion une relecture du modernisme et d’une perception trop euro-centriste. « Mon travail porte sur la permanence et l’impermanence des bâtis. Je m’’interroge sur l’histoire des civilisations et le fait qu’à une époque, toute l’architecture radicale témoignait d’une uniformité qui provenait d’un point de vue occidental. Dans ce système standardisé, je pense parfois que même la poésie, dans sa subtilité, n’est plus salvatrice. » Saba Innab n’est pas une pessimiste, mais une trentenaire qui observe et énonce les faits, réactualisant une certaine utopie sans employer le mot. Car c’est bien sa vie qui a entraîné cette vision engagée, globale, de l’architecture. La Guerre d’Irak l’a poussée à quitter son Koweït natal pour s’installer en Jordanie, avant qu’elle n’aille vivre en partie au Liban. Lors du conflit israélo-libanais de 2006, elle s’est ralliée à des architectes activistes, puis a rejoint l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) sur la reconstruction, pourtant paradoxale, du camp de réfugiés de Nahr el-Bared, au Liban. Un événement qui l’a beaucoup marquée : « Cela avait quelque chose de révolutionnaire puisqu’un phénomène temporaire se trouvait imbriqué dans un projet architectural, pérenne et sociétal ». Aujourd’hui, Saba Innab se concentre davantage sur la matérialité et le bâti, mais s’inspire toujours de récits, telle cette conférence donnée en 1956 par le situationniste Constant Nieuwenhuys, qui s’intitulait Tomorrow Poetry will be the House Of Life (Demain la poésie abritera la vie). Source qu’elle a transformée et mêlée, pour la Biennale d’architecture d’Orléans, à ses propres recherches sur la déterritorialisation et la nécessité d’étudier les moyens de construire sans terre.

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Djamel Tatah en grand à la Collection Lambert

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Lorsqu’il était étudiant aux Beaux-Arts de Saint-Étienne, Djamel Tatah aimait visiter, à Paris, la galerie d’Yvon Lambert. Il y admirait les œuvres des abstraits et minimalistes américains comme Barnett Newman, Brice Marden, Robert Ryman, Sol LeWitt et Robert Mangold. Aujourd’hui, il expose ses œuvres auprès des leurs, dans les magnifiques espaces de la Collection Lambert. « C’est le premier musée qui présente Djamel Tatah à la hauteur de ce qu’il est », commente Éric Mézil, directeur de la Collection et commissaire de cette exposition. Djamel Tatah y est aussi confronté à des maîtres anciens, tel Corneille de Lyon, dont un collectionneur a prêté un rarissime portrait de gentilhomme de 1555. Installé près d’Avignon depuis presque deux ans, le peintre a livré pour ce rendez-vous un corpus d’œuvres toutes fraîches, exécutées en 2016-2017. Ses habituels grands formats prennent encore de l’ampleur, notamment lorsqu’il livre sur vingt et un mètres de long une série de dix-neuf portraits d’un même jeune homme à capuche, grandeur nature. Figures humaines énigmatiques sur fonds monochrome, ses hommes et femmes sans sourires nous sont familiers, croisés au détour d’une barre d’immeubles ou entrevus dans un reportage sur les guerres au Moyen-Orient. L’un de ces tableaux sans titre évoque un paysage, mais à y regarder de plus près il s’agit d’un alignement de corps allongés et couverts. Dormeurs sur un trottoir ? Victimes de guerre ? Djamel Tatah se révèle peintre d’Histoire.

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Le saviez-vous ? : La Renaissance italienne et l’école vénitienne

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Venise, à l’économie florissante, rayonne à travers toute l’Europe jusqu’au XVIIIIe siècle. Protégés par des princes très influents, croulant littéralement sous les commandes, les artistes innovent, adoptant la peinture sur tissu et ses « toiles », et forment une école prestigieuse dont les plus illustres représentants sont Bellini, Giorgione, Titien, Tintoret, ou encore Véronèse. Ces derniers contribuent à la naissance d’un équivalent local de ce que Vasari appelle, pour Florence et Rome, la maniera moderna.

Bellini et l’autonomie du dessin

La première Renaissance à Venise se développe au XVe siècle, parallèlement à celle de Rome. Père de l’école vénitienne, Jacopo Bellini (1400-1470) est à l’origine des initiatives majeures qui naissent alors au sein de la Sérénissime. Dans son atelier, il est entouré de ses fils Giovanni (1430-1516) et Gentile (1429-1507).
La Décollation de saint Jean-Baptiste (1484) est un recueil de dessins, tracés à la pointe de métal et complétés à la plume, grâce auquel l’artiste ouvre la voie aux « caprices », ces paysages imaginaires, combinant bâtiments, ruines et autres éléments architecturaux.
L’invention des « dessins-tableaux » crée un art à part entière où le dessin passe de technique auxiliaire à un genre artistique autonome. Il ne s’agit plus de réaliser des études préparatoires mais des créations qui ont une valeur intrinsèque.

Jacopo Bellini, La Décollation de saint Jean Baptiste, 1400, pointe de métal, plume et traces de lavis, 38 x 26 cm, musée du Louvre

Le Titien : un sacré coup de pinceau

Figure incontournable de l’école vénitienne, Le Titien (vers1488-1576) pratique le colorito alla veneziana caractérisé par une touche vigoureuse et le recours à l’empâtement, une technique picturale qui permet de créer du relief et de suggérer des textures en modelant d’épaisses couches de peinture appliquées directement sur la toile.
Œuvre emblématique du maître, La Vénus d’Urbin (1538) est le prototype du nu féminin couché dont Édouard Manet s’inspirera en 1863 pour son Olympia.
À la fin de sa vie, ses Danaé, Vénus et Adonis ou Diane et Actéon révèlent une touche moins graphique et plus libre. Dans la série des Poésies, les peintures laissent parfois voir l’action du pinceau sur la toile.

Le Titien, La Vénus d’Urbin, 1538, huile sur toile, 119 x 165 cm, Galerie des Offices, Florence

Les védutistes immortalisent la Sérénissime

De l’italien veduta (vue), le védutisme est fondé sur la représentation en perspective du paysage urbain. Antonio Canaletto (1697-1768) et Francesco Guardi (1712-1793), les deux grands représentants de ce genre pictural, utilisent un dispositif optique : la chambre noire (camera obscura) qui leur permet de préparer leurs cadrages.

Antonio Canaletto, Le Môle, vu du bassin de San Marco, 1730, huile sur toile, 47 x 81 cm, musée du Louvre

Pour préparer par votre visite de l’exposition « Le Tintoret. Naissance d’un génie » au musée du Luxembourg, inscrivez-vous à notre conférence du 8 mars prochain dédiée à ce grand maître de l’école vénitienne ! En savoir plus.

Apprenez-en plus et faites le tour du monde des arts à travers les siècles avec L’Histoire de l’Art pour les nullissimes, par Alexia Guggémos, aux Éditions Pour les nuls.

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Le regard humaniste de Susan Meiselas au Jeu de Paume

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Membre de l’agence Magnum, Susan Meiselas, Américaine née en 1948, a couvert de nombreux sujets et pays, de la guerre aux questions des droits de l’homme, de l’identité culturelle à l’industrie du sexe. Son approche personnelle autant que géopolitique questionne la pratique documentaire. Sa dernière série, A Room of Their Own, réalisée dans un foyer pour femmes en Angleterre, porte sur le thème de la violence domestique. Cette importante rétrospective réunit pour la première fois en France une sélection d’œuvres des années 1970 à aujourd’hui.

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Découverte de sculptures rupestres de dromadaires dans le nord de l’Arabie saoudite

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Dromadaire debout sculpté en haut relief sur la façade d’un éperon en grès au centre de l’image, site du Chameau (Camel Site), province de Jawf, Arabie saoudite © CNRS/MADAJ, R. Schwerdtner

Entre 2016 et 2017, une équipe d’archéologues franco-saoudienne a mis au jour au nord-ouest de l’Arabie saoudite, dans la province de Jawf, un nouveau site qui devrait permettre d’approfondir notre connaissance de l’histoire de l’art rupestre de la péninsule arabique. Cette mission a été menée conjointement par le Centre national de recherche scientifique (CNRS), représenté par l’archéologue français Guillaume Charloux, et la Commission saoudienne du tourisme et du patrimoine national (Saudi Commission for Tourism and National Heritage, SCTNH). Créée en 2000, cette agence officielle est en charge de la mise en valeur du territoire saoudien comme de ses richesses artistiques et antiques. Elle encadre notamment l’organisation, le développement et la promotion des ressources historiques du pays afin d’en faciliter l’accès via le tourisme.
Ce n’est pas un énième site rupestre d’une région riche en découvertes archéologiques qui a été mis au jour mais un véritable lieu d’exception. En effet, malgré le temps et l’érosion, les chercheurs ont pu identifier une douzaine de représentations grandeur nature d’animaux, camélidés et équidés, sculptées à même la roche avec plus ou moins de relief. Chameaux, dromadaires, ânes et chevaux y sont mis en scène dans des compositions originales qui témoignent, en outre, d’une véritable maîtrise technique puisque les sculptures se développent parfois jusqu’en haut des parois rocheuses.

Tête de dromadaire sculptée en bas-relief, site du Chameau (Camel Site), province de Jawf, Arabie saoudite © Antiquity – CNRS/MADAJ, photo : C. Poliakoff ; relevé G. Charloux

L’originalité et la variété des représentations, leurs dimensions ainsi que le contexte même dans lequel s’est déroulée cette mission prospective font toute la spécificité du Camel Site, de même que la prédominance de la sculpture en relief. En effet, la plupart des représentations animalières attestées à ce jour dans un site rupestre saoudien consistent dans de simples figures de dromadaires gravées, sans aucun relief. Quant à la datation du site, elle semble pouvoir être arrêtée, par comparaison avec d’autres sites archéologiques tels que celui de la cité antique de Pétra en Jordanie, autour des premiers siècles de notre ère. Cette découverte invite également à s’interroger sur le choix de l’emplacement de ces sculptures et l’usage originel du lieu. Les chercheurs considèrent pour l’instant qu’il devait s’agir d’une zone de passage, située non loin des routes caravanières. Cette proximité en ferait peut-être un lieu de halte ou de culte.
Si la revue Antiquity publie cette semaine les résultats des recherches de l’équipe d’archéologues, l’avenir du site demeure bien incertain. Peu d’informations nous sont pour l’instant parvenues quant à la préservation et la valorisation du Camel Site. On sait cependant que la SCTNH est entrée en négociations avec le propriétaire du terrain, dans l’optique, peut-être, de faire de ce site d’exception un nouveau lieu de visite dans un pays en plein essor touristique, dont les nombreuses richesses culturelles ne demandent qu’à être connues.

A lire : The art of rock relief in Ancient Arabia : new evidence from the Jawf Province, G. Charloux, H. Al-Khalifah, T. al-Malki, R. Mensan & R. Schwerdtner, Antiquity, 92, 361, 2018, p. 165-182, février 2018.

 

 

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Marseille, capitale de l’amour avec MP2018

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Artistique, collaboratif et territorial, ce projet rassemble les acteurs des secteurs culturel et touristique pour démontrer le dynamisme de la métropole provençale. Placée sous le signe de l’amour, la manifestation sera inaugurée le 14 février et se développera durant sept mois sur l’ensemble du territoire. Parmi les deux cents projets pluridisciplinaires programmés, citons l’exposition JR au hangar J1, les fresques monumentales de l’Atelier Juxtapoz au couvent Levat ou encore les parades urbaines de l’opéra Orfeo & Majnun.

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L’Institut Giacometti ouvrira ses portes en juin

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Créée en 2003, la Fondation Giacometti, à Paris, assure la protection, la diffusion et le rayonnement de l’œuvre d’Alberto Giacometti (1901-1966). La plupart des tableaux, des sculptures et des œuvres sur papier, conservés à la Fondation, ne sont pas très connus du public. C’est la raison pour laquelle la Fondation Giacometti a lancé, en 2014, un large programme d’expositions en France et à l’étranger. Cette année, on ne compte pas mois de cinq expositions dans le monde en l’honneur de l’artiste, notamment à la Fondation Beyeler, au musée des Beaux-arts du Québec ou encore au Guggenheim Museum de New York.
La création de l’Institut Giacometti est le fruit de la volonté de la Fondation de rendre visible l’œuvre de Giacometti auprès du grand public. Situé dans un ancien hôtel particulier Art Déco à Montparnasse, l’établissement culturel offrira une surface de 350 m² et proposera une programmation originale. Il présentera, en permanence, une reconstitution inédite de l’atelier de l’artiste. Les visiteurs pourront découvrir l’ensemble de son mobilier et ses célèbres murs peints, qui ont été conservés par son épouse, Annette Giacometti. Des œuvres en plâtre et en terre cuite, qui n’ont jamais été montrées jusqu’ici, viendront également nourrir cette mise en scène signée Pascal Grasso. L’Institut Giacometti organisera également des expositions temporaires consacrées notamment aux relations qu’entretenait Giacometti avec les artistes et les écrivains de son temps, ou encore à son influence sur l’art contemporain. Enfin, un cabinet graphique lèvera le voile sur plus de cinq mille dessins, lithographies et carnets de Giacometti, pour la plupart jamais exposés.
Par ailleurs, la pédagogie et l’apprentissage seront au cœur de la politique culturelle de l’Institut. Lancé par la Fondation Giacometti, le programme de recherche en histoire de l’art « L’École des modernités » encouragera les nouvelles recherches sur la période moderne à travers des conférences, des bourses de recherche, une collection de publications et une bibliothèque de référence sur l’art moderne.

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Une péniche de Le Corbusier classée monument historique coule lors de la décrue

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Armée du Salut, Asile flottant (Péniche Louise Catherine), Paris, 1929 © FLC/ADAGP, 2018

Si les musées parisiens ont échappé aux ravages de la crue de la Seine, un monument historique centenaire a quant à lui subi de plein fouet les conséquences de sa décrue. Samedi 10 février, la péniche Louise-Catherine, un bâtiment en ciment armé de 70 m de long pesant près de 800 tonnes, a en effet sombré en une vingtaine de minutes alors que sa proue, échouée sur le quai, venait d’être remise à l’eau. Selon Michel Cantal-Dupart, architecte urbaniste et président de l’association Louise-Catherine en charge de la réhabilitation du monument, la coque a probablement été percée durant l’opération lorsqu’un remous a repoussé la partie arrière du bateau, dotée d’ergots, vers le quai. Jusque-là amarré au port d’Austerlitz dans le XIIIe arrondissement, ce vaste monument ne se signale plus que par son mât et une large bouée rouge flottant à la surface de l’eau.

Armée du Salut, Asile flottant (Péniche Louise Catherine), Paris, 1929 Vue en perspective de la péniche – Plan FLC 12059 © FLC/ADAGP, 2018

Louise-Catherine, initialement baptisée Liège, est construite en 1919 pour ravitailler Paris en charbon. Laissé à l’abandon dans le port fluvial de Rouen depuis la Première Guerre mondiale, le chaland est racheté par l’Armée du Salut en 1929 grâce à un don de Madeleine Zillhardt au nom de son amie, l’artiste peintre Louise-Catherine Breslau (1856-1927). Les travaux de réaménagement du bâtiment, destiné à accueillir des sans-abri durant les périodes hivernales, sont confiés à Le Corbusier et financés grâce au soutien de la Princesse Singer-Polignac ; parallèlement, l’architecte travaille, jusqu’en 1933, à l’édification de la Cité du Refuge dans le XIIIe arrondissement de Paris, une autre commande de l’Armée du Salut.

Armée du Salut, Asile flottant (Péniche Louise Catherine), vue de l’aménagement intérieur conçu par Le Corbusier, Paris, 1929 © FLC/ADAGP, 2018

Sur le fond de la péniche en ciment armé, Le Corbusier construit un vaste local, divisé en trois compartiments, dans lequel il aménage cent soixante lits, une salle à manger commune, des cuisines et des salles d’eau ainsi que les appartements du marinier et du directeur. Il crée également un jardin suspendu sur le toit de la péniche. Rebaptisée l’« Asile flottant », celle-ci assurera sa mission sociale jusqu’en 1995, date à laquelle elle ferme définitivement ses portes, avant d’être rachetée en 2006 par trois amis qui souhaitent la transformer en lieu culturel. Classée monument historique en 2008, elle fait aujourd’hui l’objet d’un plan de réhabilitation soutenu par le Ministère de la Culture.
Reposant aujourd’hui sur le fond de la Seine, la Louise-Catherine devrait laisser apparaître ses plats-bords dès que le fleuve aura retrouvé son niveau normal. Une équipe de scaphandriers pourra alors inspecter la coque et, espérons-le, colmater la brèche pour effectuer un pompage. L’avarie occasionnée ce week-end par la décrue ne devrait a priori pas remettre en question l’ouverture d’une première exposition à l’automne prochain présentant les travaux d’architectes japonais autour de l’œuvre de Le Corbusier.

 

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Hodler identifié sur un film Lumière de 1896

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Belle ouverture pour l’Année Hodler en Suisse ! On ne pouvait, en effet, rêver meilleur lancement pour cette saison commémorative que la découverte de séquences filmées lors de l’Exposition nationale suisse de 1896 montrant l’artiste en visite. Admirateur de Courbet et de Puvis de Chavannes, entre autres, Hodler est alors un artiste reconnu dont le tableau manifeste La Nuit (1889-1890, Kunstmuseum, Bern) a fait scandale quelques années plus tôt à l’exposition des Beaux-Arts de Genève. Salué par la critique en France, il connaît finalement la reconnaissance de sa mère patrie qui lui confie, cette année-là, la réalisation des vingt-six panneaux décoratifs destinés à orner les entrées et la façade du Pavillon des Beaux-Arts qui accueille l’Exposition.
Depuis plusieurs années, l’historien du cinéma Hansmartin Siegrist et son équipe de chercheurs de l’Institut des sciences de la communication et du Digital Humanities Lab de l’Université de Bâle travaillent sur un film réalisé en 1896 par François-Henri Lavanchy-Clarke (1848-1922), intitulé Bâle. Le pont sur le Rhin. Homme d’affaires vaudois, Lavanchy-Clarke s’était également institué metteur en scène en acquérant les droits du procédé cinématographique Lumière qui lui permettait de diffuser les créations de la maison lyonnaise mais également ses propres productions. Lors de l’Exposition nationale de 1896, il se dote de son propre pavillon au sein duquel il fait découvrir au public genevois ses premiers spots promotionnels. Durant l’événement, il réalise également différentes séquences filmées montrant un groupe d’artistes en visite au Village suisse, une section fort pittoresque qui accueillait un décor de montagnes et de cascades restituant une Suisse idyllique.

Superposition d’une capture d’écran du film Lumière 312 et d’une photographie de Ferdinand Hodler © Seminar für Medienwissenschaft, Basel.

Parmi cette foule de visiteurs, les chercheurs de l’Université de Bâle ont cru reconnaître Ferdinand Hodler dans la silhouette d’un homme passant à plusieurs reprises dans le champ de la caméra, cigare et parapluie à la main. Pour confirmer cette identification, ils ont sollicité l’expertise des chercheurs du centre d’Archives Jura Brüschweiler qui conserve une grande partie des archives du peintre. Parmi ce corpus documentaire, un portrait photographique de l’artiste, mis en regard de différentes captures d’écran du film, permet de certifier l’identification. « C’est une découverte formidable, se réjouit Niklaus Manuel Güdel, directeur des Archives Jura Brüschweiler, c’est émouvant de voir Hodler en mouvement, cela nous donne une image plus vivante de lui ». L’artiste, auquel le musée d’Orsay consacrait en 2007 une importante rétrospective, apparaît dans le champ visuel de deux films réalisés par Lavanchy-Clarke : l’un intitulé Fête au village, où l’on voit Hodler traverser le premier plan à deux reprises, l’autre ayant pour titre Rentrée à l’étable, où le peintre se promène à l’arrière-plan. Selon les spécialistes des Archives Jura Brüschweiler, la manière de se mouvoir de l’artiste traduit ici un certain goût pour sa propre mise en scène, comme en témoignent déjà ses nombreux autoportraits ainsi que ses séances passées à l’époque devant l’objectif des photographes.
Petit fragment d’un monde disparu qui nous met en prise directe avec la vie culturelle européenne de la fin du XIXe siècle, ces séquences seront diffusées dans le cadre de l’exposition « Ferdinand Hodler : documents inédits », qui se tiendra à la Fondation Martin Bodmer à Cologny/Genève, dès le 21 septembre 2018.

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L’avenir du Grand Palais dévoilé par le Ministère de la Culture

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Le Grand Palais, Grandes Galeries , simulation 2018 © LAN.

Monument emblématique de Paris et symbole de l’excellence française, le Grand Palais a été conçu à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900, faisant ainsi entrer la capitale dans un siècle nouveau. En 2018, il porte en lui la même dynamique puisque le Ministère de la Culture a décidé de lancer une vaste campagne de restauration, grâce aux subventions de l’État (288 millions d’euros) et aux mécénats de la RMN-Grand Palais (150 millions d’euros), de la maison Chanel (25 millions d’euros) et d’Universcience (3 millions d’euros). Pour Françoise Nyssen, « le nouveau Grand Palais doit incarner la France du XXIe siècle » et sa transformation doit relever d’un intérêt national : « Il y a beaucoup de notre pays, aussi, dans le choix de réaliser ces travaux. Ce choix dit quelque chose de notre rapport à l’Histoire : de notre attention pour le patrimoine, l’héritage qui nous est laissé », rajoute la ministre.
Orchestrés par l’architecte en chef des monuments historiques, François Chatillon, les travaux du Grand Palais devraient débuter en mars 2020, avant la fermeture totale du site au public en décembre de la même année. Les enjeux de ces restaurations sont multiples. Le Grand Palais n’a pas été rénové depuis sa création, à l’exception de la nef et de la verrière au début des années 2000. Pour Françoise Nyssen, le premier impératif est donc de « sécuriser le monument » et de lui restituer ses volumes, ses circulations, ses décors et sa lumière intérieure d’origine. Les abords du Grand Palais seront également embellis pour créer un parcours de promenade à proximité des Champs-Élysées. Par ailleurs, la ministre se donne l’objectif de renforcer l’attractivité nationale et internationale du Grand Palais et souhaite attirer quatre millions de visiteurs par an, contre trois millions aujourd’hui. La nef retrouvera son aspect d’origine et sa connexion avec les galeries. Ses balcons seront désormais accessibles au public et permettront d’élargir à 22 300 m² la surface dédiée à l’accueil des manifestations. Toujours dans un souci d’attirer un maximum de visiteurs, le projet consolidera la vocation première du Grand Palais qui est de proposer des expositions pour un large public en offrant à l’établissement six galeries d’expositions, toutes modulables, de 500 à 600 m² chacune. Ces galeries proposeront entre une à quatre expositions simultanément, lesquelles répondront à une « programmation universelle et vivante », que ce soit dans leurs sujets ou dans les médiums artistiques représentés. À travers ses expositions temporaires et ses manifestations, l’institution souhaite pérenniser les dialogues et les rencontres entre les grandes collections publiques et l’accueil des projets internationaux.

Le Palais de la découverte, simulation 2018 © Francois Chatillon architecte.

Le « Nouveau Grand Palais » a donc l’ambition de jouer un rôle de « Monument-Monde », à la fois miroir de la société contemporaine internationale et site majeur du parcours touristique parisien. Le Palais de la Découverte, qui cohabite avec la Rmn-Grand Palais, rendra, quant à lui, davantage accessible la science à un public plus nombreux et diversifié en repensant sa proposition au public et sa muséographie. Le nouveau parcours de visite sera visible en juin 2024. Pour profiter des nouveaux aménagements du Grand Palais, les visiteurs devront attendre 2023, date à laquelle seront rouverts la nef et les Grandes Galeries. Comme le précise Françoise Nyssen, l’institution ouvrira ses portes « intégralement en 2024, pour l’accueil des Jeux Olympiques », dans le cadre des épreuves d’escrime et de taekwondo.

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Raúl Illarramendi 3/3 – Artist in Studio

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Né en 1982 à Caracas, Raúl Illarramendi commence sa formation artistique en 1998 au Venezuela en tant qu’assistant de studio pour le peintre Felix Perdomo, professeur de dessin à l’École des Beaux-Arts. Il devient ensuite membre du «Circulo de Dibujo Libre» du Musée Sofia Imber d’Art contemporain, un collectif d’artistes plasticiens qui réfléchit sur la théorie et la pratique du dessin. De 2001 à 2005, il se forme aux États-Unis, à l’Université du Sud de l’Indiana à Evansville , dont il sort diplômé en Beaux-Arts et en Histoire de l’Art. Il obtient également son Master en arts visuels à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne, en France. Ayant débuté par le dessin figuratif, une rencontre avec une toile de Francis Bacon a changé son regard sur l’art. Aujourd’hui représenté par la galerie Karsten Greve, Raúl Illarramendi crée des dessins abstraits à partir de photographies qu’il prend dans la rue ou sur Internet. Pénétrez dans le studio de cet artiste avec « We Are Our Choices » pour en apprendre davantage sur son processus de création.

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Quatre salons au Grand Palais

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Le Salon des artistes français est le très honorable héritier de l’événement créé par Colbert en 1667, à la demande de Louis XIV, le Salon de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Comparaison est quant à lui apparu en 1956, lorsqu’abstraits et figuratifs se heurtaient. Aujourd’hui, vingt-huit groupes sélectionnés y développent les tendances en germe aujourd’hui, comme ce fut le cas du constructivisme, ou de Signes et Traces pour l’art abstrait ou l’art naïf.

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