Actualité artistique

Nouveau talent : Le bois futuriste de Steven Leprizé

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Difficile de résister à l’enthousiasme et au talent de Steven Leprizé. Voilà ce qu’ont dû penser les jurés du Prix pour l’Intelligence de la main de la Fondation Bettencourt Schueller, en choisissant pour lauréat de l’édition 2017 ce jeune ébéniste de 31 ans. Il incarne parfaitement les objectifs que s’est fixé le mécène des métiers d’art : encourager l’innovation, le dynamisme et le partage dans le domaine des savoir-faire d’excellence français. Pour preuve : Steven Leprizé a « inventé » une nouvelle matière, le bois élastique. C’est le « Woowood » dont l’ancêtre, l’« Airwood », son projet de diplôme de l’École Boulle, était une marqueterie de bois dont les parois pouvaient se gonfler par injection d’air. « C’était amusant mais trop limité, commente-t-il, il nous fallait avancer plus loin et utiliser cette qualité nouvelle pour un objet fonctionnel ». Ce sera le bureau Marsupio, en hommage aux animaux qui portent l’embryon de leur bébé dans une poche. Imaginez une surface souple comme un vêtement dans laquelle on a découpé, avec un cutter numérique, des poches qui peuvent contenir des documents, cacher des câbles ou des prises, voire une lampe. Une fois les objets ôtés, le bureau reprend sa forme initiale. La technique s’appuie sur un « sandwich de matériaux » : support rigide en bois sur lequel on colle un caoutchouc transparent, du Lycra® et enfin une marqueterie tranchée au scalpel comme une nouvelle peau. Le toucher, troublant, est celui d’un ballon de baudruche, et l’aspect visuel, très graphique, grâce aux raccords de veinages. Cette invention miraculeuse n’est pas un aboutissement. Steven Leprizé a mille autres idées en tête, dont certaines en association avec le CNRS ou l’École des Mines. Sa phrase préférée ? Celle de Mark Twain : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

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Scandale Aristophil : la maison Aguttes lance la première vente de la collection

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Aristophil, entreprise qui vendait des parts dans la possession de documents du patrimoine écrit, a été mise en liquidation en 2015. Son fonds comptait 130 000 œuvres, détenues par 18 000 investisseurs. Suite à la mise en examen du créateur d’Aristophil, Gérard Lhéritier, la maison Aguttes s’est vu confier par les tribunaux la mission d’inventorier les œuvres, de les restituer et de coordonner les ventes des collections en indivision. À la clé : quatre mois de tri sous contrôle d’huissier, la création de locaux hautement sécurisés et un calendrier de ventes bien rempli.
Sa vente inaugurale, qui aura lieu le 20 décembre prochain, propose plus de cent œuvres pour une estimation de 12 M€ à 16 M€. Parmi les « top lots » : le premier Manifeste du Surréalisme, de la main d’André Breton (autour d’1M €), et le légendaire Rouleau de la Bastille du Marquis de Sade (de 6 M€ à 8 M€). Cette vente s’annonce comme un test de l’état réel du marché des manuscrits. « Pendant cinq ans, les collectionneurs n’ont rien pu acheter. Gérard Lhéritier captait tout », commente Claude Aguttes. À l’heure où nous écrivons, l’administrateur judiciaire devrait annoncer qu’Artcurial et Drouot Estimations organiseront aussi des ventes.

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Le dessin de Michel-Ange au Metropolitan Museum

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« La perfection du dessin (clef de l’expression picturale) vous est si familière que vous voyez dans la représentation du corps humain la fin de l’art, c’est-à-dire dans ce qu’il a de particulièrement inaccessible », écrivait le dramaturge Pierre l’Arétin au sujet du « divin » Michel-Ange. Le Metropolitan Museum of Art consacre à celui qui fut jadis célébré pour l’excellence de son disegno une exposition d’envergure. Un éventail éblouissant d’œuvres du maître de la Renaissance a été réuni par l’institution new-yorkaise, soit cent cinquante dessins, trois sculptures en marbre, ses premières peintures, une maquette en bois pour la voûte d’une chapelle, ainsi qu’un ensemble considérable d’œuvres d’autres artistes pour contextualiser et comparer. « Michel-Ange était un puissant dessinateur. Quand il dessinait, c’était avec son œil et sa compréhension de la sculpture. On retrouve parfois chez lui une certaine brutalité parce qu’il voulait repousser certaines idées », déclare Carmen Bambach, conservatrice des dessins et estampes au Metropolitan Museum of Art. Parmi les prêts provenant de cinquante collections publiques et privées aux États-Unis et en Europe, le visiteur peut (re)découvrir une série complète de dessins que Michel-Ange créa pour son ami Tommaso de’ Cavalieri, ainsi qu’une esquisse monumentale pour sa dernière fresque au Vatican.

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Marie Griffay, nouvelle directrice du FRAC Champagne-Ardenne

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Marie Griffay est diplômée de la Sorbonne. Elle y a suivi des études Histoire de l’art contemporain et de pratiques curatoriales. En 2011, elle devient attachée de conservation au Centre Pompidou pour l’exposition « Bertrand Lavier » et réalise ensuite, en 2013, une exposition sur l’artiste Martí Anson au Palais de Tokyo. Elle fait partie, la même année, des vingt et un lauréats de la « Young Curators Seasons-Nouvelle Vague » sélectionnés parmi plus de cinq cents candidatures. Elle est ensuite responsable du service Exposition – Édition puis commissaire en charge des expositions « jeune création » au musée d’Art moderne et contemporain de Saint-Etienne.
Nouvelle directrice du FRAC Champagne-Ardenne, Marie Griffay est l’une des trois femmes nommées à la tête des différents FRAC du Grand Est (Reims, Metz et Sélestat). Pour elles, selon le communiqué de presse du ministère de la Culture, « la mise en réseau des FRAC du Grand Est [est] l’occasion de travailler au sein d’un modèle coopératif qui permet de mutualiser les savoirs, les idées et les contacts ». Marie Griffay a conçu pour le FRAC Champagne-Ardenne une programmation culturelle sur le thème du jeu : « L’esprit de jeu, entre règle et turbulence ». Elle devrait débuter en 2018 avec une exposition des collections du FRAC et l’intervention d’une artiste invitée.

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Des archéologues belges redonnent vie à l’artisanat de l’Égypte ancienne

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Le centre de recherche EACOM (Egyptian and African Copper Metallurgy) étudie les procédés antiques de la métallurgie du cuivre en Égypte pharaonique. Débutée en 2015, cette recherche, à la fois archéologique et ethnographique, est menée par une équipe belge en collaboration avec plusieurs musées et universités européens. Elle s’inscrit dans un projet plus large qui est celui de comprendre les méthodes de fabrication et les enjeux de la métallurgie du cuivre dans l’Égypte ancienne.
Les fours, qui ont été reconstruits sur l’archéosite d’Aubechies, sont la réplique exacte de ceux retrouvées lors de fouilles à Ayn Soukhna, un site antique situé sur la côte occidentale du Golfe de Suez, à 120 km du Caire. À ce jour, ce site archéologique est le seul qui puisse renseigner les scientifiques sur la métallurgie au Moyen Empire (2000 avant J.-C.) et son économie. Ce 14 novembre, l’archéologue Georges Verly (Musées royaux d’Art et d’Histoire) et l’ingénieur Frederik Rademakers (KU Leuven) vont réaliser une première en faisant fonctionner ces fours de réduction à Aubechies. Cette étude en archéologie expérimentale se fonde sur la reconstitution des processus d’exploitation précoces du cuivre. En reproduisant les gestes des artisans égyptiens, elle permet de mieux comprendre les techniques métallurgiques anciennes et de confirmer des hypothèses soulevées par les fouilles conduites sur le site d’Ayn Soukhna par le Professeur Pierre Tallet et la Docteur Claire Somaglino de l’Université de la Sorbonne Paris IV.

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George Condo 1/3 – Musique, Philosophie et Peinture

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Né en 1957, George Condo est un artiste américain connu pour sa gamme de portraits largement inspirés par le cubisme, le surréalisme et les tableaux de maîtres anciens. Habile dessinateur depuis l’âge de 4 ans, il étudie la théorie de la musique et l’histoire de l’art. Au fil de ses lectures et de ses études sur John Cage ou Arnold Schoenberg, il identifie les liens entre la philosophie, la musique et la peinture. C’est le dialogue entre ces différentes langues qui définit l’art pour George Condo. Après quelques années d’études, il décide de quitter l’université pour devenir peintre.

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Van Gogh et la sauterelle : souvenir d’une séance de peinture en plein air

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Mary Schafer, conservatrice du département de peinture du musée américain Nelson-Atkins, a découvert une sauterelle morte, emprisonnée dans la couche picturale d’une huile sur toile de Van Gogh, intitulée Les Oliviers. C’est un vaste programme d’études microscopiques de plus d’une centaine de tableaux des collections françaises de l’institution qui a permis de remarquer cette étrangeté.

Photomicrographie de la sauterelle prise dans la couche de peinture de la toile de Van Gogh, Les Oliviers © musée d’art Nelson-Atkins

D’après le paléo-entomologiste Michaël Engel, qui doit encore mener des analyses approfondies sur le cadavre de l’insecte, la sauterelle était vraisemblablement déjà morte avant de s’incruster dans l’œuvre. Le petit fossile ne permettra donc pas de définir avec précision la date de réalisation de la toile mais il nous plonge dans la réalité du travail de Van Gogh, ce hic et nunc de la création artistique en plein air et de ses imprévus. Van Gogh, comme beaucoup de peintres du XIXe, peignait fréquemment en extérieur et l’on peut sans doute imaginer que le cadavre de l’insecte s’est incrusté dans la toile alors que l’artiste transportait son tableau fraîchement peint à travers la campagne provençale. Ces parasitages de la Nature étaient monnaie courante si l’on en croit cette lettre adressée par l’artiste à son frère Théo en 1885 dans laquelle il décrit les contraintes de sa pratique artistique : « J’ai dû ramasser une centaine de mouches sur les quatre canevas que tu vas recevoir, sans parler de la poussière et du sable ».

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En noir et blanc à la National Gallery

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Déjà attestée sous forme d’estompe à la grotte Chauvet (vers -35 000 av. J.-C.), la grisaille, en tant que pratique du camaïeu, connut un grand développement en Europe à partir des années 1300, d’abord dans l’enluminure puis dans la peinture de grand format. La grisaille s’empara également de bien des supports et de couleurs déclinées dans leurs diverses tonalités, avant de s’ouvrir à des techniques indirectes (gravure, photographie, cinéma). Quoiqu’immense, le sujet est abordé ici dans toute sa variété jusqu’à nos jours.

 

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Trésor à vendre : Une allégorie de la sculpture au temps du Roi Soleil

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Dans le cadre de sa vente de prestige du second semestre 2017, le département Maîtres anciens et du XIXe siècle d’Artcurial présente, parmi ses nouvelles découvertes, une toile intitulée La Sculpture travaillant au buste du roi Louis XIV qui constitue le morceau de réception à l’Académie Royale de peinture et de sculpture de Baudrin Yvart en 1663. Ce contexte particulier de création explique notamment les dimensions imposantes de l’œuvre ainsi que son sujet de nature allégorique. Fondée en 1648 à l’initiative de Charles Le Brun, l’Académie royale exigeait, en effet, de ses futurs membres qu’ils réalisent un ouvrage au format et à la thématique imposés, laquelle appartenait généralement au genre de la peinture d’histoire.
Baudrin Yvart choisit ici de représenter la Sculpture sous les traits d’une puissante figure féminine drapée à l’antique et tenant dans ses mains les outils caractéristiques de son art, la masse et la pointe. Assise au pied d’une colonne et mise en scène par un épais rideau vert, elle fait émerger d’un bloc de marbre le buste du Roi Soleil, vêtu en empereur romain. Sur le sol gisent des vestiges de la statuaire antiques conçus comme autant de modèles illustres dont la politique artistique de Louis XIV se nourrit pour mieux les dépasser. De fait, l’œuvre de Baudrin Yvart, qui met notamment en parallèle la figure du Roi Soleil et celle du dieu Apollon représentée sur un bas-relief, doit se lire comme une glorification de la personne du Roi et de son action en faveur des arts et des lettres.

Détail de la toile de Baudrin Yvart, La Sculpture travaillant au buste du roi Louis XIV, 1663-1666, huile sur toile, 193 x 130,50 cm © Artcurial

L’œuvre est livrée à l’Académie en 1666 et y demeure exposée jusqu’à la Révolution, date à laquelle on perd sa trace puisque la collection constituée par l’institution est alors saisie, puis dispersée. La redécouverte de cette toile permet de mettre en lumière le travail de Baudrin Yvart, peintre d’origine picarde devenu un important collaborateur de Charles Le Brun, sur les chantiers de Vaux-le-Vicomte ou encore de Versailles, et qui participera à la réalisation de nombreux cartons de tapisserie pour la Manufacture Royale des Gobelins.

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Récit d’une vie : Jean-François Millet

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Jean-François Millet est, par excellence, le peintre des paysans, en un temps où, après la révolution de 1848, sous la Deuxième République puis au Second Empire, on met à l’honneur le monde rural. Mais il est le premier et le seul à dépeindre les paysans dans leur « vérité » (c’est son mot), en évoquant la dureté et la dignité de leur condition, quand tous les autres peintres (à l’exception, parfois, de Gustave Courbet) les montrent sous des dehors enjolivés, idéalisés, « folklorisés ». Et il a voulu donner de lui-même l’image d’un « peintre-paysan », comme pour s’identifier totalement avec la réalité à laquelle il voua son œuvre. Qu’en est-il réellement de cette identité ?
Millet naquit à Gréville, près de Cherbourg, dans une famille de paysans aisés et instruits. Il semble qu’il ait, dans sa prime jeunesse, participé aux travaux de la ferme. Mais très vite, il décide d’une autre vocation, non contrariée par ses parents, et va étudier la peinture à Cherbourg puis, grâce à une bourse d’études, à Paris dans l’atelier de Paul Delaroche et au Louvre qu’il fréquente assidûment. Il adore les Primitifs italiens, Michel-Ange, Poussin. C’est un grand lecteur, de la Bible tout d’abord, mais aussi de Montaigne, de Virgile et des auteurs latins qu’il lit dans le texte. Les débuts de sa carrière, entre Cherbourg et Paris, sont laborieux. Marié une première fois en 1840, il se retrouve vite à la tête d’une famille nombreuse (il aura jusqu’à neuf enfants à nourrir !) et peint ce qui se vend le mieux : des petits tableaux de mythologies lestes, dans le goût du XVIIIe siècle, et des portraits où rapidement s’affirment des qualités picturales hors du commun. À Paris, il fréquente les artistes du courant réaliste et républicain, Corot, Daumier, Rousseau, Diaz, Troyon, Jacque, le sculpteur Barye, et leur exemple l’oriente vers une direction nouvelle.

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Mariano Fortuny : le magicien du plissé au Palais Galliera

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Les habitués de la Biennale de Venise connaissent bien le Palazzo Orfei, son merveilleux palais au décor hétéroclite où se nichent ses huiles, ses inventions et lampes très modernes, ses photos aux somptueux noirs et blancs, mais surtout ses robes couleur de lagune, diaphanes et diaprées. Il a inventé et breveté l’ondulé éternel, inspiré de la tunique à petits plis de la Grèce antique, dont il enroula, sans corset, les corps sinueux de toutes les belles de son époque. Sa robe Delphes habilla aussi bien Isadora Duncan que la Duse ou la Casati et inspira Marcel Proust… Au moindre de leurs mouvements, le plissé ondulait et enveloppait leurs corps d’une grâce féline. Les couleurs très subtiles, inspirée de l’Orient et de la Renaissance italienne, étaient fabriquées artisanalement et très secrètement, par sa femme et muse Henriette. Olivier Saillard s’est emparé de toute l’histoire de cette ruche, avec ses ateliers de plissage et d’impression d’où sortaient les plus beaux velours frappés du moment et où avaient lieu les plus belles fêtes vénitiennes fin de siècle. Gageons que sa mise en scène nous éblouira une fois de plus par sa compréhension poétique de cet incroyable personnage touche-à-tout, coqueluche mondaine d’une Venise en fin de parcours.

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Janniot, sculpteur urbain au musée Despiau-Wlérick

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On lui doit ainsi, à Paris, les façades du palais des Colonies de la Porte Dorée et les reliefs taillés du musée d’Art moderne, les éléments sculptés de la fontaine de Nice, le relief de la Bourse du travail de Bordeaux. Le musée Despiau-Wlérick, dédié à la sculpture figurative de la première moitié du XXe siècle, expose, avec vingt-neuf croquis et études tirés de son fonds, le travail préparatoire de nombre de ces réalisations.

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CoBrA, mouvement singulier au musée de Tessé

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Le mouvement CoBrA (acronyme de Copenhague, Bruxelles, Amsterdam), fondé à Paris en 1948 par une pléiade de peintres européens dont Christian Dotremont, Asger Jorn, Karel Appel, Joseph Noiret, Carl-Henning Pedersen, Constant et Corneille, visait à s’extraire de la stérile querelle entre abstraction et figuration. Soixante-dix œuvres ici rassemblées, parfois inédites, retracent le profil de la « charte » qui unissait les artistes : sources d’inspiration populaires, préhistoriques, mythologiques et art brut, échanges au sein d’un travail collectif pour un art expérimental et spontané, sans oublier les rapports entre écriture et peinture.

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La Grande Galerie de Radio Classique : Pierre Paul Rubens au Musée du Luxembourg (1/2)

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Cette semaine, Guy Boyer vous invite à découvrir les portraits princiers du peintre flamand Pierre Paul Rubens dans le cadre d’une exposition au Musée du Luxembourg, jusqu’au 14 janvier 2018.

Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les vendredis à 19h dans l’émission La Grande Galerie, les lundis à 19h45 dans l’émission de Patrick Poivre d’Arvor, le vendredi à la fin du flash info de 13h et le samedi à la fin des flash-infos de 10h et 19h pour ses « Idées de Sortie ».

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Louvre Abu Dhabi (2), un parcours universel mais imprécis

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Vue d’une salle du Louvre Abu Dhabi avec, au premier plan, une statue monumentale de Ramsès II © Guy Boyer.

L’enjeu du Louvre Abu Dhabi était d’importance et en valait la chandelle. Pour près de 950 millions versés sur trente ans, le Louvre devait concevoir un projet pour le musée confié à Jean Nouvel (lire notre premier volet, Louvre Abu Dhabi (1), le chef-d’œuvre de Jean Nouvel), créer le premier accrochage permanent, aider aux achats d’œuvres et monter quatre expositions par an. Pour proposer un parcours à portée universelle, le Louvre avait besoin d’alliés puisqu’il ne renferme ni art extrême-oriental, ni art africain (hormis le pavillon des Sessions), ni art depuis 1850 (puisque la suite du déroulé chronologique se trouve à Orsay et à Beaubourg). Au final, ce sont donc dix-sept institutions dont treize musées qui se sont alliés pour prêter temporairement trois cents œuvres, qui complètent la collection constituée par le Louvre Abu Dhabi depuis quelques années. Le parcours inaugural comporte donc six cents numéros. « Le 6 mars 2007, rappelle Jean-Luc Martinez, le président-directeur du Louvre et président du conseil scientifique de l’agence France-Museums, un accord intergouvernemental entre les Émirats arabes unis et la France a été signé. Jamais deux états ne s’étaient unis pour créer un musée. Hormis les prêts et l’aide à la constitution des collections, le Louvre a également formé le personnel émirien ».

De gauche à droite : Vierge à l’Enfant (France médiévale), Isis allaitant son fils (Égypte ancienne) et maternité Yombe (Afrique) © Guy Boyer

Le thème général du parcours est de raconter la globalisation, non pas sous l’angle de l’histoire de l’art mais plutôt celui des civilisations. On y parle donc aussi bien des mythes, des grands moments de l’histoire (la création des premiers villages, des premiers empires, la chute de ceux-ci…) que des échanges commerciaux (routes de l’encens, de l’ivoire, de la soie…) ou des guerres entre pays. Le grand principe est la confrontation des œuvres, un principe énoncé dès la première salle où, au-dessus d’une carte des côtes d’Abu Dhabi figurée au sol, des vitrines abritent des triades d’œuvres aux formes ou représentations communes (bifaces, écritoires, cavaliers, orants, maternités). Dense et bien articulé, le parcours joue souvent de ces rapprochements comme celui d’une Princesse de Bactriane d’Asie centrale, d’une femme d’Hierakonpolis en Égypte et d’une figure de fertilité d’Équateur. Parfois, ces rapprochements à des fins de synchronie manquent de précision dans le choix des objets car comment justifier, par exemple, sous le label du retour à l’antique à la Renaissance et près de la citation du bas-relief antique Les Sacrifiantes par François Anguier, la présence de cloisonnés chinois datant de 1750 ? Certaines idées peuvent être méconnues, voire lumineuses, mais quelques preuves manquent de précision.

Grand dragon en bronze d’époque Ts’in provenant de la collection Stoclet © Guy Boyer

Si les salles d’archéologie et d’antiquités sont remarquables dans leur organisation (la galerie du Temps du Louvre-Lens a été un bon terrain d’entraînement), le propos se gâte avec les Temps modernes, incomplets, trop bavards. En particulier, la salle XIXe envahie de vitrines d’objets au point de masquer l’Autoportrait de Van Gogh prêté par Orsay ou Les Enfants luttant de Gauguin achetés par le Louvre Abu Dhabi et habilement exposés à côté d’estampes japonaises dont ils s’inspirent. À propos des achats, on peut regretter l’absence sur les cartels de toute indication de provenance des objets (elles figurent dans les notices du catalogue) alors qu’il n’est pas inintéressant de savoir que tel Mondrian ornait autrefois le salon d’Yves Saint Laurent et que tel dragon chinois sort du palais Stoclet de Bruxelles. Pour les prêts, il faut en souligner l’incroyable qualité, même si La Belle Ferronière de Léonard de Vinci du Louvre fait paraître bien pâlot le seul Picasso du parcours.

Vitrine des galeries du Louvre Abu Dhabi présentant côte à côte un fétiche à clous du Gabon et le Porte-bouteilles de Duchamp © Guy Boyer

Enfin, soulignons dans le désordre, l’intérêt des « salles de bronze » (surnommée ainsi à cause de la couleur sombre des murs) abritant des dossiers thématiques comme les rites funéraires égyptiens, la subtilité de la salle Rodin et l’Antique (où l’assemblage d’une figure en plâtre sortant d’un vase conçu par Rodin côtoie une coupe illustrée d’une figure bachique assise sur un vase renversé), le manque de period-rooms évocatrices de l’art de vivre (hormis la magnifique boiserie de Ruhlmann pour la salle à manger de l’appartement des Champs-Élysées du magnat de la presse, Lord Rothemere) et certains rapprochements malheureux (mais que vient faire, sous prétexte de « bouleversement des codes établis », ce malheureux fétiche à clous du Gabon à côté du porte-bouteilles de Marcel Duchamp ?).

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