Actualité artistique

Le musée secret des Rockefeller

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Voici une singulière vente de charité. On n’y trouvera pas le classique service à asperges en faïence ébréché, ni les romans de Vicky Baum à la reliure fatiguée ou les habituels napperons en dentelle. Car ici on vend une collection légendaire, celle de David Rockefeller, mort à 101 ans en mars 2017, et de son épouse Peggy, pianiste estimée, disparue en 1996. Estimé à 650 M$, le produit de cette « vente du siècle » organisée par Christie’s New York sera intégralement versé à des organisations philanthropiques dans le domaine de la culture, de la médecine, de l’éducation et de l’environnement. « L’ensemble est comparable à quelques collections majeures passées en vente au XXe siècle, comme la collection Leigh et Mary Bloch, de Chicago, la collection Chester Beatty au Royaume-Uni, et peut-être peut-on remonter jusqu’à la collection Goldschmidt, affirme Jonathan Rendell, vice-président et Senior Advisor de Christie’s Americas. C’est un ensemble majeur de peintures classiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, le meilleur dans chaque catégorie. Ils bénéficiaient bien sûr des excellents conseils d’Alfred Barr et d’autres conservateurs du Museum of Modern Art pour la peinture française, d’Edith Halpert de la Downtown Gallery pour la peinture américaine. Mais [David et son épouse Peggy] devaient d’abord se mettre d’accord sur les tableaux qu’ils voulaient acheter… »
Parmi les œuvres les plus convoitées figure la Fillette à la corbeille de fruits de Picasso, acquise à l’artiste par Leo et Gertrude Stein en 1905. Elle fut léguée par Gertrude à son amie Alice B. Toklas. À la mort de celle-ci, un syndicat d’acheteurs fortunés parmi lesquels David et son frère Nelson, racheta en bloc la collection. C’est ainsi que David et Peggy obtinrent huit Picasso et deux Juan Gris (dont la belle Table de musicien, de 1914), pour 2,1 M$. La seule Fillette devrait aujourd’hui s’envoler bien au-delà des 70 M$ de son estimation. Le délicieux Lilas et roses de Manet (de 7 M$ à 10 M$) a peut-être été peint pour Ginevra Hureau de Villeneuve, fille du médecin du peintre. Autre poids lourd de la vente, ces Nymphéas de Monet, de 1914-1917 (autour de 35 M$), appartiennent à la période finale de l’artiste qu’Alfred Barr Jr, directeur du MoMA, mit pour la première fois en rapport avec les abstraits de l’École de New York. Autres œuvres phares de la vente, l’Odalisque couchée aux magnolias de Matisse de 1923 (autour de 50 M$), ou Peinture murale I-II-III de Miró, de 1933 (idem). La vente comprend également des œuvres d’artistes américains (Georgia O’Keeffe, Edward Hopper), du mobilier, de l’art populaire, de la porcelaine de Chine ou encore un spectaculaire bronze impérial chinois. Outre des dons à divers musées, un somptueux legs de peintures modernes a par ailleurs été consenti au MoMA. […]

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Idée lecture : Napoléon en objets

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Face à la conjonction de grandeurs et de malheurs propres aux régimes monarchiques français depuis la chute de Louis XVI (1792), l’Histoire s’incarne volontiers dans la confrontation d’œuvres fastueuses avec des objets plus anecdotiques mais porteurs d’émotions. De première qualité, les souvenirs de grande et de petite histoire rassemblés par Bruno Ledoux offrent un caractère unique en couvrant trois décennies, du règne de Louis XVI à l’Empire et son épilogue de Sainte-Hélène. Comprenant une quantité de pièces de niveau muséal, l’ensemble méritait cette somptueuse publication, partagée en sept chapitres introductifs confiés, pour chaque sujet évoqué, à des spécialistes et suivis de notices d’objets rédigées par le collectionneur lui-même. Un ensemble inouï que Bruno Ledoux envisage généreusement d’exposer de façon pérenne au palais du Roi de Rome qu’il a pu acquérir à Rambouillet.

 

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Le saviez-vous ? : L’art numérique

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Art interactif, art génératif, réalité virtuelle… L’art numérique désigne un ensemble varié de catégories de création utilisant les spécificités du langage informatique. Il s’est développé comme genre artistique depuis le début des années 1960.

Nam June Paik, le pionnier de l’art vidéo

Après des études de musique à l’Université de Tokyo, l’artiste sud-coréen Nam June Paik (1932-2006) rejoint Allemagne en 1956 pour poursuivre sa formation universitaire. Là, il côtoie de nombreux artistes plasticiens ou compositeurs conceptuels et adhère au mouvement néo-Dada Fluxus, créé en 1961 autour de George Maciunas (1931-1978). Nam June Paik s’intéresse notamment à l’usage décalé que le compositeur américain John Cage (1912-1992) fait des sons ordinaires.
En 1963, sa première exposition personnelle « Music/ElectronicTelevision », présentée à Galerie Parnass de Wuppertal (Allemagne), marque l’avènement de l’art vidéo : 13 téléviseurs sont posés à même le sol et des aimants dérèglent et tordent les images. L’année suivante, Zen for Film (1964) inaugure la série des films Fluxus. Ce film-dispositif est constitué d’une amorce vierge projetée en boucle qui accumule, au fil de la bobine, poussières et rayures.
Fondateur de l’art vidéo avec Wolf Vostell (1932-1998), Nam June Paik est également le premier à introduire de la narration dans les installations vidéo avec son parcours Video Cryptography, conçu en collaboration avec l’artiste Catherine Ikam (née en 1948) et présenté au Centre Pompidou à Paris en 1980.

L’oeuvre Olympe de Gouges de Nam June Paik est actuellement présentée dans l’exposition « Artistes et Robots », à découvrir au Grand Palais à Paris jusqu’au 9 avril.

Maurice Benayoun : donner du sens au virtuel

Le Français Maurice Benayoun (né en 1957) est considéré comme le chef de file de la création numérique grâce à son sens de la mise en scène et un usage sensible de l’interactivité. Son œuvre phare, la série d’animation Les Quarxs réalisée avec l’illustrateur François Schuiten (né en 1956) et diffusée sur Canal + à partir de 1991, met pour la première fois l’image de synthèse au service d’un scénario imaginaire et décalé.
En 1995, le plasticien crée l’un des événements majeurs de l’art numérique avec Tunnel sous l’Atlantique, une œuvre expérimentale et intéractive de télévirtualité qui relie le Centre Pompidou à Paris au musée d’art contemporain à Montréal.
Désireux de créer un véritable système immersif, Maurice Benayoun crée en 1997 l’installation World Skin, un safari photo au pays de la guerre qui permet au spectateur, muni de lunettes stéréoscopiques, de s’immerger dans une scène de guerre dont il est invité à prendre des photos, chaque cliché ayant pour conséquence d’arracher des morceaux du décor.

Au pays de Jeffrey Shaw

The Legible City (1989) est une œuvre clé de l’artiste australien Jeffrey Shaw (né en 1944), pionnier de l’art numérique interactif. En pédalant et en orientant le guidon d’une bicyclette, le spectateur arpente une ville virtuelle dont les rues sont bordées de lettres en volume formant des mots et des phrases.

Apprenez-en plus et faites le tour du monde des arts à travers les siècles avec L’Histoire de l’Art pour les nullissimes, par Alexia Guggémos, aux Éditions « Pour les nuls ».

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Le LAC Lugano, à la croisée de tous les arts

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Ferdinand Hodler, Adoration II, 1893-1894, huile sur toile, 81,5 x 101 cm, MASILugano, collection Cantone Ticino, dépôt du Kunsthaus Zürich, Fondazione Gottfried Keller

Spectaculaire avec son aile en porte-à-faux inaugurée en 2015, le bâtiment contemporain du LAC (Lugano Arte et Cultura), dessiné par l’architecte tessinois Ivano Gianola, jouxte la petite église Santa Maria degli Angeli, ornée de fresques du XVIe siècle de Bernardino Luini. Déployé sur 40 000 m² et doté de vastes espaces d’exposition et de deux salles de spectacles, le centre d’Art et de Culture de Lugano est une institution où se rencontrent les arts visuels, la musique, la danse, le théâtre. Un lieu ouvert, dans tous les sens du terme. Par son approche pluridisciplinaire, sa programmation conçue pour tous les publics, mais aussi par l’architecture même de l’édifice. De larges baies vitrées éclairent l’immense hall, tout en offrant aux visiteurs une vue imprenable sur le paysage. Par ses effets de transparence, le LAC établit un lien, un passage, entre l’intérieur et l’extérieur, entre l’esplanade située devant l’entrée, et le lac. Le centre d’art et de culture abrite le musée d’Art de la Suisse italienne, né de la réunion du musée cantonal d’Art (des artistes suisses des XIXe et XXe siècles comme Alberto et Giovanni Giacometti ou Umberto Boccioni, ainsi qu’un ensemble de tableaux impressionnistes d’Edgar Degas, Camille Pissarro, Auguste Renoir…) et du musée d’Art de la Ville de Lugano, riche de quelque 8 000 tableaux, sculptures et dessins du XVIIe siècle à nos jours. À ces prestigieux corpus viennent s’ajouter les dépôts d’œuvres d’art contemporain du couple de collectionneurs Giancarlo et Danna Olgiati.

LAC
Piazza Bernardino Luini 6, 6900 Lugano
+41 58 866 42 22

À voir en 2018 :

« Picasso. Un autre regard », du 18 mars au 17 juin
« Balthasar Burkhard », du 30 juin au 30 septembre
« René Magritte. Une ligne de vie », du 16 septembre 2018 au 6 janvier 2019

Découvrir les AMOS : suisse.com/artmuseums

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Décès du photojournaliste franco-iranien Abbas

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Abbas « était un pilier de Magnum, le parrain d’une génération entière de jeunes photographes », affirmait mercredi dernier Thomas Dworzak, président actuel de l’agence photo. Un pilier, mais surtout une source d’inspiration, puisqu’il est parvenu à couvrir de manière éclairée de nombreux conflits, dont la Révolution islamique de 1978 à 1980. Cette expérience l’a marqué et a façonné sa vision du monde.
Né en Iran en 1944, Abbas a été obligé de s’exiler à Paris, où il est resté près de 17 ans sans jamais retourner dans son pays d’origine. Il raconte à sa manière cet exil dans Iran Diary 1971-2002, où il interprète l’histoire iranienne, dans une mise en page proche du journal intime, regroupant photos et écrits. La question de la religion était depuis restée omniprésente dans ses projets photographiques, parmi lesquels la série Allah O Akbar : un voyage dans l’Islam militant, qui tentait de représenter une certaine forme d’Islam. La chrétienté, l’animisme ou le bouddhisme l’intéressaient tout autant et il aimait se décrire comme un « historien du présent ». Il souhaitait écrire des histoires pour raconter les religions, en construisant ses séries, comme l’on construit un roman, autour d’une trame narrative.
De 1983 à 1986, Abbas a réalisé plus de neuf voyages au Mexique, pour prendre en photo le paysage et la culture de ce pays, tiraillé entre les traditions et les valeurs de la société contemporaine. Cultures et religions ont toujours été entrelacées dans son œuvre. En 2000, il a entamé un projet autour de l’émergence d’une forme plus prononcée d’animisme, dans un monde défini presque intégralement par la science. Un an, jour pour jour, après l’attentat du 11 septembre, il a abandonné ce projet pour se consacrer entièrement à la thématique des conflits entre les religions, entendues comme des cultures à part entière plus que comme des manifestations de foi distinctes. En 2008, Abbas a réalisé un projet sur le bouddhisme, puis en 2013 sur l’hindouisme, recherche qu’il prolongera en 2016 avec son ouvrage God I’ve seen.
Abbas était un photoreporter de renom, mais aussi un artiste à l’œil aiguisé qui affirmait qu’il y avait deux approches en photographie : « écrire avec de la lumière et dessiner avec la lumière ». Il a réussi à mettre en commun ces deux visions des choses.

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Culture soir : Un regard symboliste à la Propriété Caillebotte

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les vendredis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie », les lundis à 19h45 dans l’émission de Patrick Poivre d’Arvor, le vendredi à la fin du flash info de 13h pour ses « Chronique Sorties ».

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Sylvain Bellenger réveille le musée de Capodimonte

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Arrivé en 2016 à la tête de Capodimonte au moment de la réforme Franceschini, qui a ouvert les principaux musées italiens à des conservateurs internationaux, Sylvain Bellenger a su réveiller la belle endormie napolitaine. Côté parc, enfin réuni au musée de Capodimonte, il a remis en état fontaines et bosquets grâce à un mécénat populaire qui a permis aux habitants de se réapproprier arbres et bancs. Côté musée, il a rouvert nombre de salles, en particulier celles consacrées à l’art contemporain. Mettant en valeur la riche collection (Bruegel, Caravage, Ribera…), il a lancé des expositions thématiques comme « L’opera si racconta » (L’œuvre se dévoile) ou « Incontri sensibili » (Rencontres sensibles) avec des créateurs comme le plasticien belge Jan Fabre, dont les œuvres en élytres de scarabées ont été placées près des objets de curiosité de la Collection Farnèse faits à partir d’animaux. Cette approche décalée, inhabituelle en Italie, conduit aujourd’hui Sylvain Bellenger à inviter dix personnalités, du chef d’orchestre Riccardo Muti à l’historienne des sciences Laura Bossi Régnier, à raconter leurs visions de l’art en leur laissant carte blanche. Parmi les prochains projets de l’élégant Français : refaire la salle Titien, restaurer les tapisseries d’Avalos du XVIe siècle, réinstaller les collections de porcelaine dans l’ancien palais royal, créer une salle sur le Grand Tour des aristocrates anglais en Italie, faire réaliser le plafond déjà dessiné par Pierre Alechinsky et lancer un festival de musique populaire napolitaine, un domaine que Sylvain Bellenger a pu déjà mettre en avant avec l’exposition « Picasso et les Ballets russes ». Celle-ci, montée avec l’aide de deux chercheurs napolitains, Carmine Romano et Luigi Gallo, fait actuellement escale au Mucem de Marseille.

 

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Vente aux enchères : Aguttes côté design

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La maison Aguttes se dote d’un nouveau département, dédié au design et piloté par Romain Coulet, qui s’est fait un nom chez Leclere à Marseille. Au menu (appétissant) de la vente inaugurale : une très rare chauffeuse de Pierre Jeanneret, créée pour Chandigarh en 1953, en bambou, teck et corde (de 30 000 € à 40 000 €), une paire de fauteils Sitzmaschine de Joseph Hoffmann de 1905 en hêtre (de 15 000 € à 20 000 €) et une bibliothèque Naomi de 1984, en chêne et verre, d’Ettore Sottsass, éditée par Meccani (de 18 000 € à 25 000 €).

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Étude d’une oeuvre : Claude Monet Les Nymphéas 

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La saga de Monet à Giverny est l’une des aventures les plus extraordinaires de l’art moderne. C’est l’histoire d’un peintre, un très grand peintre qui, arrivé au faîte de son art, de sa notoriété et de sa fortune, décide de créer un jardin, immense et merveilleux, pour y vivre et mieux se consacrer à son art, loin de l’agitation de la ville. Ce jardin, il le crée de toutes pièces, sur la propriété achetée en 1890 à Giverny, installant d’abord, avec une véritable passion botanique, un « jardin de fleurs » qui à la belle saison donne des floraisons extraordinaires ; puis faisant creuser un grand étang, alimenté par le ruisseau dont il fait dévier le cours et qui, bordé de grands saules, orné d’un pont « japonais » de couleur « vert grenouille », se pare rapidement « de nymphéas merveilleux et de féeriques iris du Japon » (Octave Mirbeau). En fait, il s’est fabriqué un paysage à son propre usage, réunissant tous ses thèmes de prédilection, le jardin, les fleurs, le désordre végétal, les arbres, l’eau et le ciel, le fluide et l’aérien, le frissonnement des choses qui passent sous la caresse d’une lumière perpétuellement changeante, tout cela en un seul site. Giverny est un condensé de paysage, et comme une métaphore de la nature entière. Et ce « jardin d’eau » serti au cœur du jardin aimante le regard et la rêverie du peintre de l’eau qu’est Monet. L’étang aux nymphéas devient progressivement, après le tournant du siècle, le thème dominant de son œuvre puis, à partir de 1915, son thème quasi exclusif. « Ces paysages d’eau et de reflets sont devenus une obsession, écrit-il. C’est au-delà de mes forces de vieillard, et je veux cependant arriver à rendre ce que je ressens. » Il y travaillera jusqu’à son dernier souffle. Quelque trois cents toiles, dont beaucoup de très grands formats, sont issues de cette inspiration – sans compter celles que le peintre a détruites. […]

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Votre photo du jour : Vision Impressionniste, le nouveau parcours immersif du château d’Auvers-sur-Oise par Olivier Gaulon

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Anselm Kiefer, souvenirs à la galerie Thaddaeus Ropac

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Au cœur d’une dense actualité consacrée à Kiefer, cette exposition chez Thaddaeus Ropac est l’écho de celle qui avait marqué l’ouverture de l’espace de Pantin il y a cinq ans. Cette sélection d’œuvres récentes réunit une vingtaine de tableaux (de 500 000 € à 900 000 €) et trois sculptures (500 000 € à 1 400 000 €) explorant le thème de la sédimentation du souvenir. L’artiste allemand né en 1945 dédie ces travaux au philosophe italien Andreas Emo, connu pour sa perception nihiliste de l’homme et du temps.

 

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[Avant-Première] Thierry Raspail et la belle aventure du MAC Lyon

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En 1984, Thierry Raspail fonde le musée d’Art contemporain de Lyon dont il a depuis assuré la direction avant de prendre sa retraite en avril dernier. Il est également le co-créateur et directeur artistique de la Biennale d’Art contemporain de la Ville, qui célébrait cette année sa 14e édition. Sur le plateau d’« Avant-première », il dresse le bilan de ses actions en faveur du développement de la création contemporaine et de son rayonnement.

 

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Focus œuvre : « Paysage cubiste » de Marc Chagall

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Marc Chagall, Paysage cubiste, 1919, huile, tempera, mine graphite et enduit sur toile, 100 x 59 cm, Paris, Centre Pompidou, musée national d’art moderne © Philippe Migeat – Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP
© Adagp, Paris

Cette œuvre de facture cubiste, atypique dans la production de Chagall de 1919, est un commentaire teinté d’ironie illustrant la position du peintre au sein de l’école populaire d’art qu’il a fondée quelques mois plus tôt. Rappelant à bien des égards les peintures « alogiques » de Malévitch, mais aussi ses œuvres suprématistes, Paysage cubiste pourrait être une démonstration virtuose de la capacité de Chagall à s’emparer du vocabulaire des avant-gardes : superposition d’éléments figuratifs et abstraits, effets de matière hérités du collage cubiste, utilisation de l’écriture, composition oblique constituée de plans quadrangulaires et semi-circulaires enchevêtrés.
Mais cette première lecture est rapidement déjouée par la présence de détails insolites qui, dans le contexte du rapport tendu entre Chagall et Malévitch au sein de l’école, font de cette toile une critique facétieuse visant l’inventeur même du suprématisme, Kazimir Malévitch. Souhaitant s’entourer des plus éminents représentants de l’avant-garde, Chagall avait invité ce dernier à enseigner dans son école. Mais c’était sans compter sa personnalité charismatique, son discours aux accents prophétiques, sa convoitise du poste de directeur. Si bien qu’au retour d’un court voyage, Chagall découvrit avec stupeur que l’école avait été rebaptisée « Académie suprématiste ». En témoignent les fenêtres carrées noires sur la façade du bâtiment de l’école que l’on aperçoit au centre de la composition, recouvert en partie par des formes abstraites. Devant l’école, à gauche, une petite silhouette rouge accompagnée d’une chèvre et, à droite, un personnage masculin qui se détourne de l’école sous un parapluie vert (traduction visuelle de l’expression yiddish « Que Dieu te protège », littéralement « Sous un parapluie ») font probablement allusion à la démission de Chagall en juin 1920. Le contraste entre les formes circulaires (notamment l’œil à moitié vert) et le profil carré et aveugle de Malévitch qui se lit dans le croissant rose fait de cette peinture un commentaire plein d’esprit sur le dogmatisme suprématiste, auquel Chagall oppose une forme d’espièglerie, de légèreté fantasque, d’individualisme. « Ultime survivant d’un humanisme poétique » (Angela Lampe, commissaire de l’exposition « Chagall, Lissitzky, Malévitch. L’avant-garde russe à Vitebsk, 1918-1922 », au Centre Pompidou à Paris), celui qui souhaitait une école ouverte à tous les styles s’est vu contraint de céder la place à une utopie collective et désindividualisée.

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Ouverture de la Maison Ousmane Sow à Dakar

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Né à Dakar en 1935, Ousmane Sow a grandi à Rebeuss, l’un des quartiers les plus difficiles de la capitale sénégalaise. Adolescent, il se rendait régulièrement sur les plages dakaroises pour y sculpter des blocs de calcaire. En 1957, à la mort de son père, il a décidé de partir pour Paris où, tout en vivant de petits métiers, il a suivi une formation de kinésithérapeute après avoir renoncé à intégrer les Beaux-Arts de Paris, dont il jugeait l’enseignement trop académique. En 1978, Ousmane Sow est rentré définitivement à Dakar et s’est entièrement consacré à son art, n’exposant pour la première fois qu’à 50 ans.

Ousmane Sow et ses œuvres ©Béatrice Soulé / Roger Violet / ADAGP

Surnommé le « Rodin du Sénégal », il a su décliner la figure humaine en sculptures monumentales et en petits formats plus vrais que nature, conservant de ses études une connaissance aiguë de l’anatomie. Modelant ses personnages dans la terre glaise, il façonnait leurs os à partir de carcasses de métal tandis qu’un mélange de colle et de matériaux divers servait à l’élaboration de leur chair. Dans les années 1980, il a créé, suivant cette technique, des groupes de lutteurs et de jeunes femmes qui lui ont permis d’acquérir une renommée internationale. Exposées à Dakar, à Paris, à Genève et à New York, ses œuvres ont aussi été présentées à la Documenta de Kassel en 1992 et à la Biennale de Venise en 1995. En France, son exposition de 1999 sur le Pont des Arts à Paris a attiré plus de trois millions de visiteurs ; en 2013, il a été le premier artiste africain à entrer à l’Académie des Beaux-Arts.
Pour créer ces statues, Ousmane Sow restait enfermer de longues heures dans sa maison-atelier à Dakar, où il a vécu de 1999 jusqu’à la fin de sa vie, en décembre 2016. Véritable œuvre d’art à part entière, celle-ci conserve son sol recouvert de carreaux réalisés par l’artiste lui-même, ainsi que ses murs décorés et les sculptures qui y étaient exposées. L’inauguration de la Maison Ousmane Sow au public aura lieu le 5 mai prochain à l’occasion de la 13e Biennale d’art contemporain de Dakar, qui se tiendra jusqu’au 2 juin. Les visiteurs pourront ainsi découvrir les œuvres, les souvenirs ainsi que l’atelier de l’artiste, laissé en l’état. En parallèle, une exposition se déroulera dans les locaux d’Eiffage Sénégal, qui mettra en lumière les liens qui unirent Ousmane Sow à cette entreprise de BTP. Une installation photo-vidéo, réalisée par Béatrice Soulé, productrice de l’exposition du Pont des Arts à Paris, présentera l’œuvre globale de l’artiste ainsi que deux sculpltures issues de sa série de trente-cinq pièces La bataille de Little Big Horn, qui célèbre la victoire des peuples Sioux sur l’armée américaine en 1876.

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[Entretien] Mai 68 et la fabrique de ses images avec Dominique Versavel à la Bibliothèque nationale

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Cinquante ans après Mai 68, et à travers le prisme de la photographie de presse, l’exposition « Icônes de Mai 68. Les images ont une histoire » à la BnF François Mitterrand explore les mécanismes de la fabrication d’une mémoire visuelle. Une mémoire visuelle qui, par l’intermédiaire des médias et de leurs choix éditoriaux, a restreint notre mémoire collective. Aujourd’hui, quand on pense à Mai 68, on voit, en noir et blanc, des images de barricade, de lancé de pavé, de poing levé et de duel CRS/étudiants, pourtant Mai 68 va au-delà d’une lutte étudiante. Pour comprendre l’histoire de cette iconographie restreinte, l’exposition suit la trajectoire de ces images devenues iconiques dont le portrait de Daniel Cohn-Bendit face à un CRS, par Gilles Caron, et la « Marianne de 68 » de Jean-Pierre Rey, qui constituent deux exemples caractéristiques de la fabrique des icônes. Dans l’histoire de ces images, l’exposition aborde également le pan de ces photographies oubliées qui, en Mai 68, faisaient la Une. Lire la suite ici.

Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois, la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005).
FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores, de textes et de liens interactifs rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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Eduardo Chillida, le forgeron au musée des Abattoirs de Toulouse

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Gaston Bachelard décrivit Eduardo Chillida (1924-2002) en ces termes :  « Le sculpteur est devenu forgeron ». Cette phrase a peut-être inspiré le musée des Abattoirs de Toulouse pour cette exposition, conçue sous le signe des quatre éléments, chers à l’artiste basque : le feu, la terre, l’eau, le ciel. Et que son chef-d’œuvre, Le Peigne du vent, une sculpture-espace plantée sur trois rochers de San Sebastian face à l’Atlantique, illustre à merveille. Avec plus d’une soixantaine de sculptures et d’œuvres graphiques de Chillida, de ses débuts en 1948, jusqu’en 1999, le musée toulousain poursuit un cycle de redécouverte des grandes figures de l’art moderne et contemporain. La gravité, le vide et le plein : ces notions ont forgé la pensée de Chillida bien plus que la quête esthétique. Ses sculptures évoquent en effet la « vocation de l’artiste pour la création de volumes qui sont autant de lieux physiques, spirituels et humanistes ». L’exposition est complétée par un ensemble de gravures d’affiches sur les droits de l’homme qui témoignent de l’engagement humaniste de cet immense sculpteur. Le corpus d’œuvres s’appuie sur les collections du musée Chillida-Leku ainsi que sur des collections publiques et privées françaises et espagnoles comme celles du Museo Reina Sofia à Madrid et du MacBa, musée d’Art contemporain de Barcelone.

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Le paradis perdu de Vincent Bioulès à la galerie Forest Divonne

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Il y a chez Vincent Bioulès une « jouissance de peindre » sans limites, un émerveillement devant ce qu’il a sous les yeux, que ce soit sa maison et son jardin ou les paysages enchantés du Sud, entre Montpellier et la mer. Il capte dans ses œuvres sa vie quotidienne de peintre, et la perception irradiante de la lumière, « personnage principal » de ses toiles. Cette exposition réunit des dessins sur papier, accessibles de 1500 € à 2000 €, et des huiles sur toile, de 5000 € à 25 000 €. Après s’être interrogé sur le bien-fondé de la peinture au sein du groupe Supports/Surfaces, Vincent Bioulès retourne finalement à la figuration, dès la fin des années 1970, recherchant le contact direct avec le paysage, peint « sur le motif », et le « jardin perdu » de ses grands-parents à Nîmes, paradis de l’enfance : « Nous nous souvenons d’un ailleurs, d’un autrefois qui hante notre âme et dont le paysage est la métaphore ». Une rétrospective lui sera consacrée par le musée Fabre de Montpellier en 2019.

 

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