Actualité artistique

Nicolas de Staël, solaire solitude à Aix-en-Provence

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« Il n’y a qu’une seule chose intéressante là, je saisis ou pas la lumière d’ici, c’est tout », écrit en octobre 1953 Nicolas de Staël à son épouse Françoise. Celle-ci est rentrée avec les enfants à Paris à la fin d’un été qui a vu basculer leurs vies. Le peintre, lui, est resté à Lagnes, aux prises pour la première fois avec une solitude qu’il réclame, car il lui « faut cette atroce paix pour l’instant ». L’horizon bleuté des monts du Vaucluse est le mur sur lequel il accroche son rêve dévorant : celui d’une peinture qui dirait le monde, sans fin, sans attaches, une peinture d’éblouissement.
L’arrivée en Provence, en juillet, ne pouvait laisser présager ce retentissant chaos. Il faut imaginer la tribu Staël constituée de Nicolas, Françoise, Anne (sa fille née en 1942 de Jeannine) et deux autres enfants en bas âge, débarquant un matin du train de nuit, sur le quai de Cavaillon, dans la fournaise incandescente du Luberon. Qui donc a eu l’idée de cette transhumance estivale ? L’enfant du pays, René Char, le grand poète, valeureux résistant, le roi René dont Staël a fait la connaissance en 1951. Leur amitié, immédiate, transforme en Achille et Patrocle ces deux colosses, grands par la taille et l’esprit, qui ont reconnu chacun le génie de l’autre. Char, avec sa puissance fraternelle, ses mots comme des cailloux, son aura de maquisard, est, à n’en pas douter, la cheville ouvrière d’une situation qui va tendre à la tragédie grecque. Il a trouvé pour le peintre et sa famille une magnanerie, Lou Roucas, dans le village de Lagnes. Staël peut y installer trois ateliers ! Il découvre « la cuvette du Vaucluse à l’infini, de bons rochers, du marbre blanc, trois ou quatre essences de bois différents et la mer verte dedans ». Autrement dit, « le Paradis tout simplement avec des horizons sans limites ». […]

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Réouverture de la Maison des mégalithes à Carnac

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Le sud Morbihan, et plus particulièrement la région de Carnac, abrite la plus grande concentration de mégalithes du monde : 3000 monolithes mis en place il y a plus de 4 000 ans et distribués en spectaculaires alignements de menhirs et de dolmens. Protégés comme monuments historiques depuis 1889, les mégalithes de Carnac sont aussi inscrits sur la liste indicative au patrimoine de l’Unesco depuis 1996 et attendent donc un classement au patrimoine mondial. Le mégalithisme sud-morbihannais, et en particulier celui des 26 communes de la baie de Quiberon, entre la Ria d’Etel et la presqu’île de Rhuys, qui comprend plus de 550 monuments mégalithiques, dont 179 pour la seule commune de Carnac, est extrêmement riche. Dans le but de valoriser ce site, le Centre des monuments nationaux (CMN), qui s’occupe du lieu, a créé la « Maison des mégalithes », un bâtiment construit en 1990 et conçu comme un véritable outil de méditation pour accompagner les visiteurs dans leur découverte des monuments mégalithiques sud-morbihannais.

Alignements de Carnac pendant le spectacle nocturne annuel, Skedanoz © Julien Danielo – CMN

Le CMN a décidé d’investir 3,5 millions d’euros pour réaménager entièrement les intérieurs de la Maison des mégalithes de Carnac, afin que le lieu devienne « le point nodal du processus de médiation concernant les alignements ». Les travaux ont duré 18 mois et se sont terminés en mars. Ils avaient pour but d’améliorer les conditions d’accueil du public en créant un nouvel espace d’information, une boutique ou encore un espace de médiation culturelle repensé. L’intérieur a été entièrement modernisé afin de proposer de nouveaux outils de médiation plus adaptés et innovants. Parmi ces transformations, on peut compter une séquence introductive, placée dans le hall principal, renseignant le visiteur sur la contextualisation et l’interprétation des mégalithes, mais également un espace d’information connecté, affichant en temps réel les informations pratiques de visite, ou encore une salle de projection qui met à la disposition des visiteurs un film présentant l’état des connaissances actuelles sur les mégalithes. Le lieu a aussi été adapté à tous les types de handicaps grâce à un espace constitué de maquettes tactiles destinées aux mal voyants et à une borne multimédia pour les malentendants. La Maison des mégalithes propose, en outre, des visites commentées, des ateliers pédagogiques et des expositions-dossiers ou photographiques qui permettent de renforcer sa politique de médiation et sa visibilité.
Le renouvellement de l’offre culturelle du site, voulu par le CMN, comprend également la création du « Sentier des mégalithes », un itinéraire de promenade et de randonnée longeant les alignements du Ménec, de Kermario, de Kerlescan et le tumulus Saint-Michel, une application mobile d’accompagnement à la visite ou encore le spectacle nocturne « Skedanoz », proposé chaque année par le collectif d’artistes ZUR.

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Le Kunstmuseum de Bâle, du Moyen Âge à nos jours

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Ferdinand Hodler, Lac Léman vu de Chexbres, 1913, huile sur toile, 82,1 x 140,2 cm, Kunstmuseum de Bâle

Riche de plus de 4 000 peintures, sculptures, installations et œuvres vidéo, le Kunstmuseum Basel déploie ses collections encyclopédiques en trois lieux. Le Hauptbau, construit en 1936 par les architectes Rudolf Christ (Bâle) et Paul Bonatz (Stuttgart) et repérable à ses grandes arcades, est consacré aux collections permanentes. L’art ancien est à l’honneur sous le pinceau d’Hans Holbein le Jeune, de Konran Witz, de Lucas Cranach…, tandis que la section dédiée à l’art moderne réunit les plus grands noms, Ferdinand Hodler et son Lac Léman vu de Chexbres, Arnold Böcklin, Edgar Degas, Vincent Van Gogh, Piet Mondrian, Pablo Picasso, Paul Klee, Alexander Calder, Mark Rothko, Wassily Kandinsky… Un deuxième édifice (Gegenwart), inauguré en 1980, accueille quant à lui une partie des collections d’art contemporain du Kunstmuseum et de la fondation Emanuel Hoffmann, avec des pièces de Frank Stella, d’Andy Warhol, de Barnett Newman, de Gerhard Richter ou d’Andreas Gursky. En 2016, l’institution s’est dotée d’une nouvelle aile en briques grises reliée au bâtiment historique par un corridor souterrain, le Neubau (imaginé par le cabinet d’architecture Christ & Gantenbein), où sont présentées les expositions temporaires. Enfin, le Kunstmuseum abrite un trésor méconnu. Son cabinet d’art graphique, né de l’acquisition en 1661 par la ville de Bâle de la collection du juriste Basilius Amerbach (1533-1591), compte aujourd’hui plus de 300 000 feuilles, dessins, aquarelles et estampes. Le fonds le plus important de Suisse !

Kunstmuseum
St Alban-Graben 16, 4051 Bâle
+41 61 206 62 62

À voir en 2018 :

« Basel Short Stories », du 10 février au 21 mai.
« Theaster Gates », du 9 juin au 30 septembre.
« Sam Gilliam », du 9 juin au 30 septembre.
« Füssli. Drame et théâtre », du 21 octobre 2018 au 11 février 2019

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Focus œuvre : « Blue and Gray » de Mark Rothko

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L’immersion dans la lumière.
« Quand on peint les grands tableaux, déclarait Mark Rothko, quoi qu’on fasse, on est dedans. » Et ce sont donc très logiquement les grands formats exécutés par Monet qui l’ont le plus impressionné, ceux dans lesquels le spectateur se trouve immergé, happé par un espace qui sature son champ visuel d’innombrables stimuli, envahi par les couleurs et la lumière qui en émanent. Le modèle de composition pour lequel l’artiste a opté à partir de 1949-1950 est en effet conçu pour l’œil : son orientation verticale qui établit un face-à-face avec le spectateur, ses étagements de bandes et d’aplats qui engendrent le plus souvent un horizon, les jeux de cadre dans le cadre qui dessinent presque toujours comme la découpe d’une fenêtre. Car si Monet traduit en peinture des paysages vus et des impressions lumineuses, Rothko élabore, lui, un espace pictural et une certaine qualité de lumière par l’agencement de champs de couleurs brossées, aux contours flous. Ici, la gamme qu’il emploie est des plus réduites – gris sombre pour la couche inférieure, blanc et bleu-violet pour la couche supérieure – et pourtant génère un contraste d’une intensité remarquable : le blanc émerge du gris, tout en transparence, flottant comme une brume volatile sur un fond insondable. Entre évanescence et dissipation, ce voile s’oppose à la densité du bleu qu’il faut du temps pour percevoir sur l’ombre du fond. L’œil ainsi doit s’adapter : « Un tableau vit de son entourage, il s’élargit et s’anime dans le regard de l’observateur sensible », écrit encore l’artiste. Le temps de la réponse est aussi celui de la méditation, car ces ombres et ces lumières sont atmosphériques autant que spirituelles.

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Art Brussels, 50 ans d’art

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Pour la directrice d’Art Brussels, Anne Vierstraete, célébrer le jubilé de cette foire d’art contemporain belge a également signifié regarder ce qui s’était passé auparavant dans ce secteur d’activité. Ainsi, nous remémore-t-elle que le critique d’art René Berger fut le premier, en 1963, à regrouper des marchands sous l’appellation du Salon international de Galeries-Pilotes. Leo Castelli y avait participé et cette initiative inspira Rudolf Zwirner pour fonder Art Cologne, en 1967, juste un an avant que ne soit inauguré Art Brussels. L’identité de la foire s’affirme aujourd’hui dans un savant mélange entre des artistes établis et le secteur Discovery. « Présenter la scène émergente, précise encore Anne Vierstraete, fait vraiment partie de notre ADN et nous avons souvent été parmi les premiers à exposer des plasticiens tels qu’Adrian Ghenie, David Adamo, Cyprien Gaillard ou Elmgreen & Dragset. » Dans cette section, figuraient 93% d’artistes vivants, et 30% d’entre eux avaient moins de 40 ans. Mais dans l’ensemble d’Art Brussels, où nombre de marchands ont présenté des accrochages aérés, dotés de pièces de grande qualité, on saluera également le secteur Rediscovery, avec des œuvres de 1917 à 1987. S’y dévoilaient notamment celles de Dario Villalba (chez Luis Adelantado). Au sein de ce réencrage vers le passé, davantage de galeries vernaculaires étaient invitées, « afin de retourner vers nos racines et montrer le meilleur de la Belgique ! ». Et ce n’est pas Albert Baronian, exposant depuis 1975, qui dira le contraire !

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Décès de l’archéologue Jacques Tixier

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Décédé à l’âge de 93 ans, Jacques Tixier aura marqué le monde de l’archéologie. Né en Aquitaine le 1er janvier 1925, il s’intéresse très tôt à la préhistoire, mais le réel déclic a lieu en Algérie, où il part enseigner en tant qu’instituteur, à tout juste 22 ans. Il fait alors une rencontre décisive, celle de Lionel Balout, professeur à la faculté d’Alger et conservateur du musée du Bardo, près de Tunis, qui lui donna envie de poursuivre ses recherches en préhistoire. Dix années plus tard, en 1955, et il entre en tant que préhistorien au CNRS, puis à l’Institut de paléontologie humaine, dès 1961. En 1980, il crée le laboratoire « Préhistoire et technologie » (UMR 7055) du CNRS et le dirige jusqu’en 1987. Cette unité d’archéologie, qui réunit des chercheurs, des ingénieurs et des techniciens de différentes institutions, dont l’Université Paris-Nanterre, étudie les produits de l’activité préhistorique d’un point de vue technologique.
Jacques Tixier a aussi mis au point une méthode d’analyse, baptisée « technologie lithique », qui grâce à l’étude des techniques de réalisation des outils en pierre taillée permet de comprendre autrement les comportements sociaux, la culture et les capacités cognitives des sociétés préhistoriques. Un nouveau regard a ainsi pu être porté sur un grand nombre de découvertes et sur des centaines de vestiges préhistoriques. Pionnier de la recherche en préhistoire, Jacques Tixier lui aura donné un rayonnement nouveau, en France comme à l’international, en favorisant une mutation de la pratique. Ces avancées auront aidé à mettre en lumière des millénaires de production humaine, depuis le paléolithique inférieur jusqu’au néolithique. Grâce ses recherches sur le terrain en Dordogne, en Algérie, au Liban ou encore au Qatar, Jacques Tixier aura activement participé à la construction d’une science de la Préhistoire, à la fois expérimentale et spéculative.

Découvrez les entretiens de Jacques Tixier du programme « Les Témoins de la Préhistoire » sur le site du Pôle international de la Préhistoire.

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Fritz Hansen rhabille Jacobsen

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Quand la géométrie ordonne avec élégance les formes organiques. Telle est l’essence du très confortable minimalisme scandinave incarné par les créations du designer danois Arne Jacobsen (1902-1971) auquel le Bon Marché Rive Gauche consacre une exposition. Conçue par Republic of Fritz Hansen, cette rétrospective retrace la carrière de Jacobsen au fil de pièces vintage jamais présentées au public, mettant en lumière trois de ses créations : les fauteuils Egg et Swan ainsi que la chaise Drop. Pour célébrer les 60 ans de ces pièces iconiques, Fritz Hansen dévoile également sa nouvelle collection, Soixantenaire, une variation tout en pureté et en raffinement autour de trois modèles intemporels.

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