Actualité artistique

[Entretien] Les mondes codés de Ryoji Ikeda au Centre Pompidou à Paris

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Compositeur et plasticien japonais, Ryoji Ikeda développe depuis les années 1990 une œuvre singulière où en conjuguant bruits blancs et ondes sinusoïdales et à travers des performances et des installations audiovisuelles, l’artiste explore le code informatique, les mathématiques, les sciences de la vie, enfin toutes les matières technologiques les plus innovantes. Dans l’univers du code informatique, du code binaire formé de série de 0 et de 1 qui se retranscrive visuellement en noir et blanc, pour son exposition au Centre Pompidou, Ryoji Ikeda propose deux œuvres : code-verse et A [continuum] qui se matérialisent en une salle noire et en une salle blanche, deux univers à la fois opposés et complémentaires. Des œuvres partitions que le regarder peut vivre et expérimenter à travers l’ouïe et la vue et plus globalement à travers son corps et ses mouvements. Lire la suite ici.

Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois, la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005).
FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores, de textes et de liens interactifs rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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Le Bauhaus à la lettre selon Adobe

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Fermée brutalement en 1932 par le régime national-socialiste allemand, l’école du Bauhaus laissait derrière elle de nombreux projets inachevés… Adobe Systems, à qui l’on doit les célèbres logiciels Photoshop ou encore Indesign, s’est associé à la Bauhaus Dessau Foundation pour faire revivre ces trésors cachés du design moderne à travers la création de cinq nouvelles polices de caractères, destinées à enrichir le catalogue Adobe Typekit. Cette délicate mission a été confiée au designer Erik Spiekermann qui, accompagné d’étudiants et de professionnels de la typographie, a exploré les archives du Bauhaus à la recherche de croquis et de projets d’alphabets inédits. Soucieux de modernité et de fonctionnalisme, les artistes typographes du Bauhaus ont travaillé à renouveler la graphie de l’alphabet latin à l’aide de formes géométriques combinables, sacrifiant parfois la lisibilité du caractère sur l’autel du design expérimental.

« Joschmi » et « Xants » les deux premières polices de caractères issues du projet « Hidden Treasures of the Bauhaus Dessau ».

Affiche de l’exposition de l’École du Bauhaus à Weimar en 1923 conçue par Joost Schmidt, Bauhaus-Archiv Berlin © VG Bild-Kunst, Bonn 2017

Tout l’enjeu de l’équipe du projet « The Hidden Treasures-Bauhaus Dessau » était donc de créer de nouvelles polices, capables de séduire les graphistes du XXIe siècle, tout en maintenant perceptible leur filiation. Joschmi et Xants, les deux premières-nées d’une série annoncée de cinq polices, sont dès à présent disponibles dans le catalogue d’Adobe. Elles doivent respectivement leur nom (et leur design) à Joost Schmidt (1893-1948), professeur de calligraphie, de publicité et de typographie à l’École de Weimar puis de Dessau, et à Xanti Schawinsky (1904-1979), professeur au Bauhaus puis au Black Mountain College, qui eut une influence décisive sur le théâtre expérimental et l’art de la performance.
Quoi de mieux qu’un illustre modèle pour attirer l’attention sur de nouveaux produits ? D’autant plus quand il s’agit d’outils de création graphique dont on peine souvent à retenir les caractéristiques et les noms… En 2017, Adobe s’associait ainsi au musée Munch Museum d’Oslo pour créer une nouvelle gamme d’outils digitaux (en l’occurrence des « brushes ») à partir des différentes formes de pinceaux utilisés par le peintre, que le musée conservait dans ses réserves.

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Récit d’une vie : Jean Cotelle, peintre mystérieux

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Rares sont les expositions totalement inédites. C’est le cas de celle consacrée par le château de Versailles au peintre Jean Cotelle (1646-1708), qui n’est ni plus ni moins qu’une révélation. Même si l’on formule plus d’hypothèses que de certitudes sur la vie de l’artiste, car de Jean Cotelle, nulle correspondance, peu d’archives, et une longue litanie d’œuvres aujourd’hui détruites ou perdues. Quasi-certitude : il naît en 1646 à Paris, dans la paroisse Saint-Gervais. Son père, Jean Cotelle le Vieux (1607-1676), ornemaniste et peintre ordinaire du roi, a travaillé pour Fouquet ou Anne d’Autriche à Fontainebleau et pour divers décors des chantiers royaux. Le jeune Cotelle évolue dans un milieu cultivé : trois de ses sœurs épouseront des peintres et Simon Vouet a été témoin au mariage de ses parents. Auprès de qui se forme-t-il ? Il est plus que probable que son père l’a guidé dans son apprentissage, peut-être bientôt relayé par le portraitiste Claude Lefebvre. Entre 1665 et 1670, le voici en Italie, à Rome, pour un séjour dont on ignore presque tout. On devine cependant, et c’est un point important pour la suite de sa trajectoire, qu’il a pu voir dès ce moment les œuvres de Francesco Albani (1578-1660), dit L’Albane, maniériste qualifié de « peintre des Grâces » et dont le plus fervent admirateur n’est autre que Louis XIV lui-même.
À son retour à Paris, Cotelle présente à l’Académie royale de peinture et de sculpture Le Ravissement des Sabines. Il sera reçu en 1672, dans la section des miniaturistes, avec L’Entrée du roi et de la reine à Paris sous des figures allégoriques, deux œuvres aujourd’hui perdues. Peut-être Charles Le Brun l’emploie-t-il à cette époque à la décoration des Grands Appartements du roi à Versailles. On le retrouve, en 1678-1680, chargé par Philippe de Vendôme, prince du sang, de travaux de peinture et dorure à l’Hôtel du Temple (démoli en 1853). Un peu plus tôt, il lui a été demandé d’illustrer de miniatures deux volumes des Campagnes de Louis XIV, précieux témoignage aux yeux du roi, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale de France. En 1680, le voici engagé par Monsieur, frère du roi, à Saint-Cloud, pour le décor du fameux cabinet des Bijoux. On perd la trace des tableaux de Cotelle, probablement relatant l’histoire d’Énée, bien avant l’incendie du château en 1870, disparus comme les trois illustrations des Fables de La Fontaine demandées en 1690 par le prince de Condé à Chantilly, ou le Portrait de Catherine Touchelée fait en 1682, ou encore Naissance de la Vierge, exécuté avec François de Troy pour une chapelle toulousaine la même année. Le sort semble s’acharner sur les œuvres de Jean Cotelle.

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Découvrir d’autres lieux au musée du Quai Branly

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Pour un enfant, l’autre côté de la rue, déjà, est un ailleurs. Comment s’imagine-t-on alors les contrées lointaines ? Et comment la société, par les livres, l’éducation, les images, a-t-elle, depuis le XIXe siècle, contribué à dévoiler les autres mondes à des générations de futurs adultes ? Robinson Crusoé et Bob Morane, Phileas Fogg, Freddy la Bougeotte ont forgé l’imaginaire, les références et finalement, les attitudes de milliers d’enfants. Aller à leur rencontre c’est visiter une nostalgie mais aussi s’interroger sur la construction des représentations du monde.

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La Fondation LVMH sous le signe de l’eau

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Est-ce parce qu’il est né un 9 mars, sous le signe des Poissons, que Bernard Arnault, le P.-d.g. du groupe LVMH, semble avoir voulu placer sous le signe de l’eau la collection d’œuvres d’art contemporain qu’il réunit avec Suzanne Pagé pour la Fondation Louis Vuitton ? Le nouvel accrochage de ce fonds important fait la part belle aux pièces évoquant l’élément aquatique sous toutes ses formes, d’une monumentale Anthropométrie d’Yves Klein, belle comme un plongeon dans la Grande Bleue, jusqu’à l’histoire de la pieuvre mangeant ses tentacules, réinterprétée par Takashi Murakami dans un incroyable panoramique monstrueux.
« Dès sa création, avant même l’ouverture au public, la Fondation Louis Vuitton s’est distinguée par la constitution d’une collection d’art contemporain d’envergure internationale, assure Bernard Arnault. Cet engagement est essentiel. Il répond aux différents rythmes et missions que j’ai définis pour la Fondation : des expositions à caractère historique, des expositions résolument prospectives, et aussi la présentation régulière d’ensembles d’œuvres qui puissent constituer des repères face aux sensibilités et parti-pris artistiques de la Fondation, ceux d’une histoire qui se dévoile et s’écrit progressivement pour et avec le public. » Alternant donc avec des blockbusters comme « Icônes de l’art moderne : la collection Chtchoukine » en 2017 ou « Être moderne : le MoMA à Paris » en 2018, des expositions autour de la collection Louis Vuitton ont déjà montré certaines facettes de cet ensemble patiemment assemblé : la commande à Olafur Eliasson pour le Grotto et des œuvres engagées, de Bertrand Lavier à Thomas Schütte, dès l’ouverture en 2014, puis les œuvres d’artistes chinois ou celles liées à l’Afrique. Toutes ces présentations de la collection tournent autour de quatre notions phares : le contemplatif, le subjectif, le pop et la musique. Au contemplatif, il faut associer l’idée de méditation devant la nature, comment le spectateur peut s’immerger dans l’œuvre d’art, comment une œuvre abstraite peut toucher à la radicalité. Le versant subjectif est à placer dans la lignée du courant expressionniste, le côté obscur du doute mais aussi de la fascination pour la nouveauté. Le troisième axe, dit pop, « regroupe des œuvres qui amplifient, déforment, voire mettent à distance la vie actuelle, notre époque, ses inventions, ses symboles », précise Bernard Arnault. Enfin, tout ce qui peut avoir un lien avec la musique et le sonore fascine ce pianiste, qui adore la programmation musicale que la Fondation Louis Vuitton développe dans son auditorium orné de monochromes d’Ellsworth Kelly. […]

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Les jardins de la pensée au Domaine de Chaumont-sur-Loire

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La pensée est naturelle à l’homme, le jardin en est souvent l’expression. Tel est le thème de la 27e édition du Festival international des jardins qui met en scène, notamment, un jardin de méditation japonais bleu Klein, une spectaculaire anamorphose rouge, un sculptural livre de sable, un cloître contemporain orné de « fleurs de plume » et un stimulant jardin des Voyelles conçu par équipe de l’Oulipo  (Ouvroir de littérature potentielle).

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La Grande Galerie : La Grande Galerie de Radio Classique : Les Impressionnistes à Londres au Petit Palais (2/2)

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les vendredis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie », les lundis à 19h45 dans l’émission de Patrick Poivre d’Arvor, le vendredi à la fin du flash info de 13h pour ses « Chronique Sorties ».

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Le musée Nicéphore Niépce s’est enfin trouvé une directrice

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Laissé dix-huit mois sans directeur, le musée Nicéphore Niépce, l’une des plus grandes institutions européennes de photographie, sera finalement dirigé par Brigitte Maurice-Chabard, conservateur en chef du patrimoine depuis 2006. François Cheval, son ancien directeur, avait démissionné en 2016, après vingt ans d’exercice, considérant que Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône, ne lui octroyait plus les moyens nécessaires pour assurer ses missions. Il s’opposait également à la volonté de ce dernier de transformer l’institution en un musée du vin, de la culture et de l’archéologie. Créé en 1872 dans l’ancien hôtel des messageries royales, le musée Nicéphore Niépce sera finalement préservé et même agrandi puisqu’un déménagement dans l’ancien hôtel de l’Île Saint-laurent est actuellement à l’étude.
Diplômée de l’Université de Dijon, Brigitte Maurice-Chabard, historienne de l’art spécialiste de l’art médiéval, a commencé sa carrière au musée de Sens, dans l’Yonne, avant de prendre la direction du musée Ochier de Cluny en Saône-et-Loire en 1985. En 1989, elle a rejoint la Direction des musées d’Autun qu’elle a dirigé durant trente ans. Devenue conservateur en chef du patrimoine en 2006, elle a notamment participé à la création de deux projets de rénovation et d’extension pour le musée Ochier de Cluny et le musée Rolin à Autun. À compter du 20 août prochain, Brigitte Maurice-Chabard prendra la direction du musée Nicéphore Niépce ainsi que du musée Vivant Denon, doté d’une grande collection d’antiquités locales et de peintures, allant du XVIe au XXe siècle.

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Chronique sorties : La cuisine de Picasso au Museu Picasso de Barcelone

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les vendredis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie », les lundis à 19h45 dans l’émission de Patrick Poivre d’Arvor, le vendredi à la fin du flash info de 13h pour ses « Chronique Sorties ».

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Giacometti-Bacon, destins croisés à la Fondation Beyeler à Bâle

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Amie de Francis Bacon (1909-1992), amante occasionnelle d’Alberto Giacometti (1901-1966), l’artiste britannique Isabel Rawsthorne organise à Londres à l’automne 1962 un dîner réunissant ces deux visionnaires dont elle a été le modèle et l’inspiratrice. Malgré une estime réciproque, le peintre et le sculpteur ne se sont encore jamais rencontrés. Tous deux témoignent, chacun dans son ordre et sa singularité, de la vitalité de la figuration. La Fondation Beyeler réunit à nouveau ces deux géants, à travers leurs œuvres cette fois. Catherine Grenier, directrice de la Fondation Giacometti de Paris, Michael Peppiatt, spécialiste de Bacon dont il fut l’ami proche, et Ulf Küster, conservateur à la Fondation Beyeler, révèlent, à travers une centaine d’œuvres des deux artistes, des parallèles éclairants. Giacometti et Bacon placent tous deux l’homme au cœur de leur œuvre. Tous deux dialoguent avec les grands maîtres du passé, qu’ils ont étudiés et paraphrasés. Ils partagent une même préoccupation pour la représentation de l’espace en deux ou trois dimensions, imaginent des structures en forme de cage enfermant leurs figures. Obsédés par le portrait, ils font subir à la figure humaine déformations et distorsions, poussant la figuration dans ses ultimes retranchements. Leur vision d’une humanité décharnée nous transperce comme un cri sublime et douloureux.

 

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Restitution d’un pastel Musées Nationaux Récupération aux ayants droit de la famille Léonino

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Avec la restitution du pastel Portrait d’homme, dit Monsieur d’Albespierre, c’est une œuvre de plus qui disparaît des inventaires de la récupération artistique. L’acronyme MNR, qui distingue au sein des collections publiques les pièces dites des Musées nationaux Récupération, désigne les œuvres issues de spoliations de collections juives, par le nazis ou le régime de Vichy, qui furent rapportées d’Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Placés sous la garde des musées nationaux, ces biens ont vocation à être restitués à leurs légitimes propriétaires, ou à leurs ayants droit. Menée par le Ministère de la Culture, cette politique de restitution s’est plus particulièrement intensifiée depuis 2013 grâce à l’approfondissement des recherches menées sur les provenances des biens concernés.
Anciennement attribué à Maurice Quentin de La Tour, l’un des plus grands portraitistes du règne de Louis XV, le pastel restitué aux ayants droit la famille Léonino prend probablement pour modèle l’un des éminents membres de la famille d’Albespeyre. Racheté en 1937 par Antoinette Léonino lors de la vente après décès de son père la Baron Léonino, l’œuvre est spoliée par les Allemands en octobre 1942 avec l’ensemble de la collection de cette dernière. Elle passe alors entre les mains du marchand Hildebrand Gurlitt (1895-1956), en charge de la vente de « l’art dégénéré » des musées allemands à l’étranger ainsi que des acquisitions de biens culturels spoliés en France pour le projet du Führermuseum à Linz. Son fils, Cornelius Gurlitt sera mis en cause en 2013 après la découverte de 1500 œuvres spoliées dans ses résidences à Munich. En 1943, le pastel est finalement vendu au musée de Cologne.
À la Libération, plus de 60 000 œuvres d’art, spoliées ou ayant fait l’objet d’un commerce illégal, vont être rassemblées par les Alliés dans des dépôts provisoires puis réorientées vers leur pays d’origine. Le pastel revient en France par le deuxième convoi de Baden-Baden, en juillet 1947, et est affecté en tant que MNR au musée du Louvre deux années plus tard. Une erreur de retranscription dans le titre de l’œuvre ne permet pas alors de répondre à la demande de restitution déposée par Madame Léonino. Il aura donc fallu attendre les nouvelles recherches de provenance menées récemment par le service des musées de France de la direction générale des patrimoines ainsi que les chercheurs, en collaboration avec les conservateurs du département des arts graphiques du Louvre et d’autres chercheurs, pour retracer l’historique de ce pastel et établir l’identité de son propriétaire légitime.

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Vendredi lecture : Prouvé (re) décrypté

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C’est certainement le livre le plus complet consacré à l’architecte et designer Jean Prouvé. Ces deux lourds volumes bilingues en coffret sont la réédition enrichie d’un ouvrage épuisé, édité en 2007 par la galerie Patrick Seguin et la galerie Sonnabend de New York. Une partie du succès de Jean Prouvé (1901-1984) sur le marché de l’art tient à la propension des marchands à faire dialoguer ses œuvres avec l’art contemporain. Toute une partie du second tome s’apparente d’ailleurs à un album de grande décoration. On découvre des intérieurs de happy few où les fauteuils Visiteur, bureau Présidence ou lit Cité s’harmonisent avec des œuvres de Mike Kelley ou Christopher Wool. Mais ce livre est surtout un ouvrage d’histoire de l’art. L’historienne de l’art et journaliste Françoise-Claire Prodhon y donne la parole à la fille de Jean Prouvé, Catherine Drouin-Prouvé, comme aux architectes Jean Nouvel et Renzo Piano. On comprend le fort enracinement de Prouvé dans l’art et l’artisanat. Chaudronnier de formation, fils de peintre, il s’entendait mieux avec les artistes qu’avec les bâtisseurs. Les amoureux de Prouvé sortiront de cette lecture un peu plus épris. Les sceptiques trouveront matière à changer de point de vue.

 

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