connaissance des arts

[Visite Live] « Guernica », genèse d’un chef-d’œuvre au musée Picasso à Paris

En direct du musée Picasso à Paris, Guy Boyer, directeur de la rédaction de Connaissance des Arts, vous fait découvrir l’exposition « Guernica » consacrée à ce tableau exceptionnel de Pablo Picasso devenu un symbole de l’antifascisme.

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La Fondation Roy Lichtenstein liquide

Près de 500 000 documents et de 400 œuvres vont être offerts respectivement à la Smithsonian’s Archives of American Art à Washington et au Whitney Museum of American Art de New York, une première pour ce dernier qui n’a jamais reçu d’aussi grande donation autour de l’œuvre d’un seul artiste. Installée depuis 2015 dans un bâtiment high-tech de Renzo Piano, pouvant accueillir jusqu’à 19 000 œuvres, l’institution abrite déjà une importante collection de Roy Lichtenstein et entretient d’excellentes relations avec la Fondation, créée un an après le décès de l’artiste, en 1998. C’est pour cette raison que la Fondation l’a choisi lui plutôt qu’un autre musée dont elle aurait été moins proche, comme le MoMA qui possède pourtant une collection Lichtenstein conséquente. Bien que la fermeture de la Fondation ne soit pas prévue pour tout de suite, puisqu’il faut compter de sept à huit ans pour finir la campagne de numérisation de la collection et le catalogue raisonné de l’artiste, Jack Cowart, le directeur, souhaite distribuer les œuvres de l’institution petit à petit. Il affirme que la raison n’est pas économique mais qu’elle suit plutôt une volonté de faire découvrir au public des œuvres de l’artiste qui étaient conservées dans les réserves. Jack Cowart envisage également de collaborer avec le Centre Pompidou (à qui il a déjà offert 10 000 clichés de Lichtenstein en 2013), la Tate Modern de Londres, le Ludwig Museum à Cologne, ainsi que d’autres institutions de moindre envergure. D’autres projets seront certainement mis en place dans les dix années à venir.

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Carte blanche à Lassaâd Metoui à l’Institut du monde arabe à Paris

Pleines et déliées, cambrées, enguirlandées, les belles lettres de Lassaâd Metoui n’écrivent pas seulement les mots des autres. Tunisien né à Gabès en 1963, ce Nantais d’adoption se forme à la calligraphie auprès des maîtres Abbas Taba, Jalali ou Salah Jemni. Les arabesques de ce complice du linguiste et lexicographe Alain Rey, père du Petit Robert, entrent en dialogue avec les textes du poète libanais Gibran Khalil Gibran, du mystique persan Djalâl ad-Dîn Rûmî, du sage chinois Lao Tseu… mais encore de Victor Hugo, du psychosociologue Jacques Salomé, ou de l’anthropologue algérien des religions Malek Chebel. Dans le sillon de son « pinceau ivre », un calame – roseau ou bambou taillé en pointe et apprécié depuis l’Antiquité pour la sagacité de son trait –, Lassâad Metoui nous entraîne dans une sarabande dont la chorégraphie fait le grand écart entre Extrême-Orient et Occident : on y lit l’influence du shodô, l’art de la calligraphie japonaise, comme des peintures de Matisse, Klee ou Soulages. L’IMA nous enseigne en cent trente-cinq oeuvres et quatre séquences (« L’œil écoute », « La Genèse des formes », « La Passion de l’esthétisme » et « L’Aventure du geste ») son langage des signes, comme le rapporte Éric Delpont, directeur du musée : « Lassaâd incarne les sons et rythmes de l’oralité, en croisant les influences issues d’autres expressions que le verbe mais tout aussi signifiantes ». Une carte blanche qui fait preuve de caractère.

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Focus œuvre : « Le Nez » d’Alberto Giacometti

Alberto Giacometti, Figure dans une cage, 1950, plâtre peint, 66 x 11,3 x 16 cm, coll.Fondation Giacometti, Paris © Succession Giacometti (Fondation Giacometti, Paris et ADAGP), Paris 2018.

C’est en 1930, dans Boule suspendue, qu’Alberto Giacometti a utilisé pour la première fois en sculpture un dispositif spatial apparenté à une cage : une structure rigide mais transparente délimitant dans l’espace, par des arêtes en tiges métalliques, un volume sans parois. Là, comme dans Le Nez, la cage sert à la suspension d’un élément, abstrait ou figuratif, que l’on suppose lourd et qui peut s’avérer mobile, voire ici menaçant, la pointe du nez dépassant largement hors de ces limites invisibles. Avec la cage, la sculpture s’émancipe du socle en intégrant sa propre structure portante, et par là rend sensible l’action de la pesanteur ; elle rompt tout autant avec la compacité du bloc par l’inclusion du vide comme composante à part entière et élément actif.
Le motif de la tête coupée est lié à des visions de corps-morts qui ont inspiré à l’artiste une terreur violente, que le nez démesurément allongé tente ici de tenir à distance : car c’est la vie que manifeste cette excroissance intempestive, qui évoque également l’univers du conte (Pinocchio) ou encore les grotesques difformités des masques de carnaval. Face à cette puissante horizontale, la Figure dans une cage, elle, est toute ascension verticale, les montants de la cage amplifiant l’allongement de la figure qu’ils serrent de près : ambivalence de cette structure qui contient, enferme, tout en s’élançant vers les hauteurs. L’air qu’elle emprisonne aussi participe de la disparition de ce corps filiforme dont il pallie pourtant la fragilité.

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À la rentrée, la Petite Galerie du Louvre fera dialoguer archéologie et BD

Alors que le musée des Confluences à Lyon consacre une exposition au long cours à l’univers du dessinateur Hugo Pratt, le musée du Louvre vient d’annoncer que la 4e exposition de sa « Petite Galerie », l’espace d’éducation artistique et culturelle du musée, fera également dialoguer archéologie et bande dessinée. Dès le 26 septembre, l’exposition « L’archéologie en bulles » proposera effectivement au public de redécouvrir le métier d’archéologue, ainsi que les méthodologies de la fouille et de la recherche, grâce à une sélection de planches d’auteurs de bande dessinée inspirés par l’archéologie, parmi lesquels Jul, Enki Bilal ou encore Nicolas de Crécy. Les quatre salles du parcours, conçu par Jean-Luc Martinez, président-directeur du Louvre, et Fabrice Douar, responsable éditorial au service de la médiation et de la programmation culturelle du musée, illustreront quatre thématiques distinctes : « Artistes et archéologues », « Trésors archéologiques », « Classer pour comprendre » et « Interpréter et rêver ». La première sera consacrée à la question du dessin comme outil commun à l’archéologue et à l’auteur de bandes dessinées. La deuxième salle proposera une variation autour des notions de trouvaille et de trésor, illustrées par des objets issus des collections de l’institution. La troisième salle évoquera la méthodologie de la recherche en archéologie et son pendant dans la construction de l’univers d’un héros de bande dessinée. Enfin, la quatrième salle portera sur l’importance du rêve et de l’imaginaire dans le travail du dessinateur comme de l’archéologue. Pour accompagner cette exposition, l’auditorium du Louvre proposera différentes conférences ainsi qu’un cycle de films portant sur le thème « Aventure et archéologie ».
Pour nous faire patienter jusqu’à la rentrée, le musée du Louvre, en collaboration avec la Ville de Paris, présentera dans le cadre de Paris-Plage une exposition de reproductions d’œuvres autour de « L’archéologie en bulles », ainsi que des animations gratuites pour s’initier à la fouille archéologique. Rendez-vous au bassin de la Villette à partir du 7 juillet !
C’est une véritable saison consacrée à l’archéologie que s’apprête à lancer le musée du Louvre, qui accueillera également, au mois de novembre, l’exposition « Un rêve d’Italie, la collection du marquis de Campana » puis, en avril 2019, « Royaume oubliés. Les héritiers de l’empire hittite », construite autour de l’étude du site archéologique de Tell Halaf, en Syrie.

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[Entretien] Quand la Fondation Custodia rêve d’Amérique

Dans l’univers de l’estampe, la Fondation Custodia, appelée également la « Maison de l’art sur papier », est connue et réputée pour ses collections de dessins anciens et d’estampes essentiellement composées d’artistes hollandais, flamands, italiens et français du XVe au XVIIIe siècle. Dans son ouverture à d’autres territoires, la Fondation Custodia invite le public français à découvrir une sélection de la collection d’estampes du British Museum réunissant plus de 100 estampes réalisées par quelque 42 artistes américains. D’Andy Warhol à Kara Walker en passant par Jim Dine, l’exposition « Le Rêve américain : du pop art à nos jours », qui aborde tous les courants, toute la diversité des écritures plastiques explorées à travers le médium de l’estampe des années 1960 à nos jours, nous présente donc de l’art américain à travers une collection britannique sur le territoire français par une fondation d’origine néerlandaise… Lire la suite ici.

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Afrique : quelles oeuvres va-t-il falloir restituer ?

Ils s’appellent Bénédicte Savoy et Felwine Sarr. Elle est française, historienne d’art, membre du Collège de France et professeure à l’université technique de Berlin. Il est sénégalais, économiste, écrivain, musicien, activiste politique et professeur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis. Tous deux sont nés en 1972. C’est à ces deux intellectuels de sa génération que le président de la République a confié la mission d’examiner dans quelles conditions des œuvres d’art classique africain conservées en France pourront être rapatriées dans leurs pays d’origine. Dans son premier discours de politique générale africaine, le 28 novembre 2017 à l’université de Ouagadougou au Burkina Faso, il a déclaré : « Le patrimoine africain ne peut pas être uniquement dans des collections privées et des musées européens. Il doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, à Lagos, à Cotonou, ce sera une de mes priorités. (…) Je veux que, d’ici à cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique ». Il appelle aussi de ses vœux un partenariat scientifique et muséographique. Le 5 mars, Bénédicte Savoy et Felwine Sarr recevaient leur lettre de mission. Elle stipule qu’ils consultent un groupe international et paritaire (d’un nombre égal d’Africains et de Français) de personnalités « issues des différentes parties prenantes de cette question ». Leurs propositions concrètes doivent être remises en novembre 2018, un délai très court compte tenu des nombreuses questions qui se posent. Quels objets sont concernés ? S’agit-il seulement des œuvres pillées pendant les guerres coloniales ? Qu’en est-il des œuvres collectées par l’administration coloniale et les missionnaires, et de celles issues de fouilles clandestines après les indépendances ? Parle-t-on seulement de sculptures sacrées ou aussi d’objets usuels ? […]

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Chagall, entre Vitebsk et Paris au Guggenheim de Bilbao

Arrivé de sa Biélorussie natale à Paris en 1910, Marc Chagall découvre l’avant-garde artistique parisienne – fauvisme, cubisme – et s’en inspire librement, mêlant les expériences stylistiques les plus audacieuses à ses souvenirs de la communauté hassidique de Vitebsk (« Connaissance des Arts » n°769, pp. 64-73). De retour en Russie en 1914, il y est retenu par la guerre. Il prend la direction de l’école d’art de Vitebsk, d’où il sera évincé par Kasimir Malévitch puis part pour Moscou où il peint le Théâtre d’art juif.

 

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Visite d’atelier : Jérôme Zonder en noir et blanc

L’endroit où travaille Jérôme Zonder est curieusement peu connu. La Villa des Arts, installée dans un immeuble construit par Henri Cambon en 1888-1890 dans le XVIIIe arrondissement de Paris, a pourtant vu passer, entre autres, Eugène Carrière, Henri de Toulouse-Lautrec, Paul Cézanne ou Raoul Dufy. L’artiste occupe l’un des quarante-sept ateliers (réhabilités il y a cinq ans), auxquels on accède par un double escalier spectaculaire, dont les ferronneries proviennent d’éléments récupérés de pavillons de l’Exposition universelle de 1889.
En ce début du mois de mars où nous le rencontrons, Jérôme Zonder est en pleine préparation de trois expositions, à la galerie Nathalie Obadia (qui collabore pour la première fois avec l’artiste et présente un large panorama de ses créations), au château de Chambord et au centre d’art Transpalette, à Bourges. Il est également présent dans l’exposition « Guernica » du Musée national Picasso à Paris et dans l’accrochage collectif « Quel amour ? » au musée d’Art contemporain de Marseille.
Le jeune homme, qui compte parmi ses voisins l’artiste et réalisateur Clément Cogitore et la plasticienne Katia Bourdarel, vient ici chaque matin à 7h30, et reste souvent assez tard le soir. « Le dessin est un travail qui implique une durée. Il faut le temps de faire, et j’ai besoin de faire pour trouver », confie-t-il sous la haute verrière d’une pièce au plancher noirci par le fusain, jonché de papier kraft, d’aérosols de fixatif, de coupures de presse et de livres : Le Journal d’Anne Frank, Où en sommes-nous ? d’Emmanuel Todd, Vernon Subutex de Virginie Despentes… Nourri de littérature, de philosophie, de bande dessinée, de cinéma et d’histoire de l’art (du Massacre des Innocents de Nicolas Poussin aux visions hallucinées de Francisco de Goya ou d’Otto Dix), Jérôme Zonder est avant tout un passionné d’histoire, qui traduit sur le papier sa vision, plutôt sombre, de la marche du monde. Il s’intéresse à ses mutations, sociales, politiques ou culturelles, et s’empare de ses drames passés (la Shoah et la guerre d’Algérie dans la série des Chairs grises) ou contemporains (l’attentat de Nice). […]

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Isabelle Mège, la belle hyperphotographiée au Centre d’art contemporain La Chapelle

Isabelle Mège a une singularité : elle expose son « sujet » de modèle. À savoir, les photographies qu’ont faites différents photographes de son corps et de ses divers états durant vingt ans. Pas n’importe quels photographes : Patrick Tosani, Christian Courrèges, Ralph Gibson, Jan Saudek, parmi les plus connus. Beaucoup de nus bien sûr, dans toutes les positions. La question est de savoir si toutes ces facettes ainsi exposées forment uniquement un puzzle narcissique ou une monstration artistique différente des autres.

 

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Nouveau talent : L’esprit d’enfance de Will Ryman

« Enfant, je demandais à grimper sur les sculptures de Carl Andre… », lance Will Ryman avec un sourire. Pourtant, au contact de l’œuvre de son père, Robert Ryman, il pensait alors que le propos de l’art était l’abstraction, tant l’ascèse des œuvres minimalistes vues dans l’atelier était « déroutante » pour son regard d’enfant. Attiré par la littérature et la sculpture, il s’évade, rêveur. Il s’intéresse aux mots et à l’écriture théâtrale, qu’il pratique de longues années. En 2001, il élabore sa première sculpture, un personnage de pièce de théâtre, dans l’idée de créer une « pièce silencieuse ». Fin et discret, il est dans son monde et lance une passerelle pour qu’on vienne l’y rejoindre. De la sculpture, Will Ryman aime l’approche directe et expérimentale, et le contact manuel avec l’argile, qui induit une forme de « méditation ». À New York, il installe une sculpture géante de trente-huit roses, bousculant la perception des dimensions de la ville. Son travail est une réflexion sur l’histoire et la notion sociétale de progrès, avec distanciation et humour. Il fait appel à des matériaux élémentaires ou recyclés, qui relèvent d’une sorte de nouvel Arte Povera. Invité à La Villette pour sa première exposition majeure dans l’espace public en Europe, Will Ryman y présente trois œuvres monumentales in situ, dont l’enjeu (le jeu) est de modifier le paysage visuel et urbain. En lien avec la philosophie de l’absurde, Heads est un écho des répliques d’En attendant Godot de Samuel Beckett, et Sisyphus tient son titre du Mythe de Sisyphe d’Albert Camus. Face à la Géode, Pac-Lab est une allusion au jeu vidéo culte Pac-Man, sous la forme d’un immense dédale aux couleurs de Mondrian, dont les parois irrégulières façonnées de main d’homme évoquent les créations de l’enfance et invitent à se perdre dans un labyrinthe ludique.

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La Grande Galerie : Les Impressionnistes à Londres, au Petit Palais

Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les vendredis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie », les lundis à 19h45 dans l’émission de Patrick Poivre d’Arvor, le vendredi à la fin du flash info de 13h pour ses « Chronique Sorties ».

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Décès de Patrice Fustier, le fondateur des Journées des plantes de Courson

C’est en 1974 qu’Hélène, l’épouse de Patrice Fustier, hérite du domaine familial de Courson avec son frère Olivier de Nervaux-Louÿs. Avec l’aide de Gilles Clément, Louis Benech, Franklin Picard et Robert Mallet, ils remettent en état le parc arboré. Huit ans plus tard, Hélène et Patrice Fustier invitent des pépiniéristes à vendre sur place leurs plantes à l’occasion de l’assemblée générale de l’Association des Parcs botaniques de France. On traite Hélène et Patrice Fustier de fous mais le succès est immédiat. Ces deux rendez-vous de printemps et d’automne deviennent incontournables. Tous les amateurs de plantes rares s’y retrouvent et repartent, les pieds pleins de boue, qui avec un rosier odoriférant, qui avec une orchidée introuvable. Paralysé après une chute grave mais s’obligeant à marcher malgré la douleur, Patrice Fustier s’est battu pour que le château brique et pierre et son incroyable collection de tableaux anciens, le parc dessiné par un élève de Le Nôtre puis repris par Berthault, les frères Bühler et Ernest de Caraman, restent ouverts et vivants. Au bout de 32 ans et 61 sessions et devant les difficultés occasionnées par ces Journées des plantes, le prince Amyn Aga Khan, mécène du château de Chantilly, a proposé de reprendre cet événement à Chantilly en 2015. Patrice Fustier s’est éteint samedi 8 juin à l’âge de 78 ans.

 

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Langres inaugure son studiolo restauré

Vue de la façade de l’ancien hôtel particulier de Claude Bégat, rue du Cardinal Morlot à Langres, 2018 © Guy Boyer

« Écuyer, lieutenant pour le roi à la garde des clefs de la ville de Langres », Claude Bégat était au milieu du XVIe siècle le propriétaire d’une demeure de l’actuelle rue du Cardinal Morlot à Langres. Riche percepteur d’impôts, il se fait aménager au rez-de-chaussée de son hôtel particulier un cabinet de travail. Le style architectural retenu est proche des proportions figurant dans les traités contemporains de l’Italien Sebastiano Serlio (1537) ou du Français Jacques Androuet du Cerceau (1542-1545). On peut également rapprocher le décor de ce studiolo de ceux présents dans des monuments de la ville de Langres, qu’ils soient antiques, comme la porte de Longe-Porte, ou Renaissance, comme la chapelle d’Amoncourt dans la cathédrale Saint-Mammès. Les murs sont décorés d’arcatures à fond plat, séparées par des pilastres corinthiens. Des marbres de couleur rompent la blancheur de cette petite pièce carrée. Le plafond est orné de caissons bordés de cuirs enroulés mais, à la fin des années 1980, deux dalles de la voûte éclatent au droit de leurs agrafes métalliques, entraînant la chute de fragments de pierre. Le studiolo est donc fermé à la visite et étayé. Pour 2018, l’année dédiée à Langres à la Renaissance, l’ensemble a été stabilisé. Profitant de ces travaux de restauration, il a été décidé de refaire le pavement d’origine qui reprend, comme un miroir, les motifs décoratifs du plafond, quelques dalles du sol ayant été conservées sur place.

Restitution du pavement d’origine du studiolo de Claude Bégat à Langres, 2018 © Guy Boyer

L’intérêt du studiolo de Claude Bégat est à trouver du côté de son décor architectural mais aussi du côté de sa rareté. Il n’existe en effet que très peu de cabinets de travail similaires. En Italie, celui de Guidobaldo de Montefeltre avec ses panneaux de marqueterie aujourd’hui au Metropolitan Museum de New York, celui de Federico de Montefeltro au palais ducal de Mantoue, ceux de Lionel d’Este au palais Belfiore à Ferrare (détruit) et d’Isabelle d’Este au palais ducal de Ferrare décoré par Andrea Mantegna et Lorenzo Costa, ceux de Côme Ier de Médicis et de François Ier de Médicis, tous deux au Palazzo Vecchio de Florence et décorés par Giorgio Vasari, sont les exemples le plus souvent cités. En France, celui de François de Coligny au château de Tanlay orné de fresques sur le thème des Hymnes de Pierre de Ronsard et celui de François Ier au château de Blois décoré de panneaux de chêne et de placards dissimulés sont les deux autres témoignages français de ces espaces fermés permettant aux maîtres de maison de se retirer et de travailler discrètement. Dans ces cabinets étaient alors conservés des objets rares, des cristaux, des bijoux, des médailles ou, plus original des plantes médicinales (Côme Ier de Médicis). Ancêtres des musées, ces petites pièces abritaient les trésors des princes collectionneurs. À Langres, nul ne sait ce que renfermait le studiolo de Claude Bégat mais ses décors, à eux seuls, valent le détour.

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Vente aux enchères : Sotheby’s relance les peintres lorrains

À la fin du XIXe siècle, l’école naturaliste de Lorraine est connue bien au-delà des frontières françaises. Les Américains aiment cette peinture intimiste, qui est régulièrement exposée aux États-Unis. Sotheby’s met en vente quarante-quatre tableaux lorrains provenant de la collection du sculpteur nancéien Jean-Louis Burtin, qui avait été désigné comme exécuteur testamentaire d’Émile Friant (1863-1932), l’un des chefs de file du mouvement. Si les tableaux d’Émile Friant se vendaient très cher du vivant de l’artiste, ils obtiennent encore de très beaux prix : en 2005, Sotheby’s a vendu à New York Ombres portées pour $508 800… Pour cette vente, La Discussion politique est attendue entre 30 000 € et 50 000 €. Une autre œuvre emblématique du travail de Friant, Le Repas frugal, est estimée au même prix. À ses côtés, on trouve un Bord de mer d’Edmond Petitjean (de 20 000 € à 30 000 €) et une étude de Jules Bastien-Lepage (de 2000 € à 3000 €). Les Américains vont-ils faire monter les prix ?

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Les sculptures marmoréennes de Louis Thomas-d’Hoste chez Martel-Greiner

Un grand merci à Hélène Greiner pour le saisissant hommage qu’elle rend aujourd’hui au regretté, et si discret, Louis Thomas-d’Hoste disparu en ce début d’année. Cette personnalité timide, toujours rieuse, marque l’histoire de la sculpture abstraite qu’elle a servie d’un talent exigeant, d’une rigueur absolue, avec la foi de celui qui a trouvé la voie où chercher sa vérité. Parmi les derniers tailleurs de pierre, le sculpteur a su, depuis plus de soixante années, nous porter, au-delà de la séduction du marbre lisse et doux, aux confins de ce monde idéal que chacun de nous, un jour, a rêvé. Il a, en effet, toujours privilégié cette même quête, et jamais ne s’est égaré.
Non, la figuration n’était pas son affaire. L’exposition rétrospective présentée à la galerie Martel-Greiner montre comment il s’est affronté à la matière pour mieux en déceler le mystère, y puiser l’ineffable secret de la vie, ou encore, le transcender. Lumière, Esprit, Cathédrale, Cosmogonie, autant de titres dont il a paré ses pierres pour en affirmer le caractère mystique. De ces blocs informes, le geste du sculpteur révèle l’essentielle beauté. Et par l’infini d’une ligne, la sensualité d’un volume ou l’équilibre d’une masse, il fait naître une harmonie, qui, telle une prière, nous convie au calme de la méditation. Comme par défi, l’artiste fouille avec ténacité l’opacité de la pierre pour en extraire la lumière et offre ainsi à nos émerveillements les jeux virtuoses de sa technique qui, presque toujours, libèrent par d’improbables passages, une percée, – comme un espoir… Ponctuée de noir et de blanc, l’exposition choisit la plus grande rigueur, et la plus suave élégance, pour, de cette profondeur marmoréenne, nous porter à la pureté d’un ailleurs, tout de lumière et de spiritualité.

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