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L’été de Picasso : Picasso, Matisse et leurs modèles

Matisse et Picasso ont eu, tout au long de leur carrière, un rapport d’émulation et de rivalité extrêmement fécond. Leurs relations, le fil de leur dialogue esthétique, firent l’objet d’une exposition mémorable, à Paris, en 2002. Le sujet est ici abordé sous un angle particulier, celui du rapport du peintre à son modèle. Tous deux, et même s’ils se sont parfois risqués au seuil de l’abstraction, ont gardé un lien indéfectible avec le réel, fondé en grande partie sur le travail d’après modèle. Pour Picasso, le thème du peintre et son modèle prit même une ampleur poétique sans précédent…

« Matisse et Picasso, la comédie du modèle »
Du 25 juin au 29 septembre. 
Musée Matisse
164, avenue des Arènes-de-Cimiez, 06000 Nice

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Les Prix 2018 du Festival international des Jardins du Domaine de Chaumont-sur-Loire

Des jardins comme des « bulles de pensée ». Voilà la promesse de la 27e édition du Festival international des Jardins qui s’épanouit sous le ciel de Chaumont-sur-Loire depuis le 27 avril. Pour la cinquième fois, la manifestation offre l’occasion à un jury de professionnels de récompenser l’imagination et l’inventivité des participants, invités cette année à concevoir des architectures vertes inédites sous le thème « Jardins de la pensée ». Présidé par l’écrivain Jean Echenoz, le jury de cette édition 2 018 a remis les quatre prix du festival aux lauréats le 26 juin dernier.
Le Prix de la Création a été remis à l’équipe américaine composée de Phoebe Lickwar, Matthew Donham, Hannah Moll et Andersen Woof pour leur réalisation Dans les bois, un jardin conçu comme un roman inspiré de l’univers du poète Jorge Luis Borges. Les collectifs Moonwalklocal et Paysagistes sans frontières reçoivent le Prix Design et Idées novatrices pour Le Livre de Sable, une création labyrinthique où « le sable, balayé par les pas des visiteurs, dessine et redessine indéfiniment le paysage ». Le prix Palette et Harmonie végétales a été attribué au jardin Entrez dans la pensine, conçu par Bérengère Lecat et Stéphane Larcin, qui invite à une promenade initiatique pensée comme un clin d’œil à la saga littéraire et cinématographique Harry Potter. Enfin, le prix Jardin transposable revient à Delphine Esterlingot et Hervé Paillot qui ont proposé Dans ma bulle, une mise en scène inspirée de Girardin et de Rousseau sur le thème du « jardin vécu » propice à la rêverie. Le jury 2018 a également souhaité décerner un « coup de cœur » au jardin La possibilité d’une île créé par le concepteur allemand Ulli Heckmann en référence au roman éponyme de Michel Houellebecq.

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Pablo Gargallo en toute grâce au musée de Castre

L’histoire de l’art compte ce superbe sculpteur parmi les plus audacieux novateurs du début du XXe siècle, où, si foisonnant fût-il, l’artiste sut conquérir une place incontestable et prépondérante. Les plus grands musées du monde, du Metropolitan de New York, au Reina Sofia de Madrid ou au Centre Pompidou, ont enrichi de ses oeuvres leurs collections, les plus significatives et prestigieuses.L’Espagne lui a consacré un musée dans sa ville natale de Saragosse, et, rappelons- le, avant l’euro, une petite danseuse de Gargallo figurait fièrement comme emblème national, au revers des pesetas…Parallèlement au monde hispanique, la France, où il vécut ses plus belles années de maturité créatrice, célébra son centenaire au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Kiki de Montparnasse, 1928, bronze, 20 x 17 x 11,5cm © ville de Castres, musée Goya-musée hispanique.

Le grand public, cependant, ne connaît pas toujours ce travail attachant, tout d’harmonieuse délicatesse qui ne s’affiche certainement ni dans la grandiloquence ni dans l’ostentation trop souvent requises aujourd’hui. L’homme lui-même, de personnalité discrète et profonde, sentait la difficulté d’être reconnu en un temps de radical renouveau : « Un véritable inspiré, un génie incompris de son époque est assez fort pour supporter son inactualité ». Non qu’il se prît pour un génie ! le mot prend ici le sens de talent ou de découvreur. Dans un autre carnet, Gargallo confie : « Pourquoi ne pas donner toute sa valeur à la modestie de celui qui apporte un grain de sable à l’édifice quand cet apport est là pour fortifier ce qui durera trois siècles ? ». L’homme tout entier nous apparaît ici exigeant, rigoureux, prêt au sacrifice pour la postérité, mais surtout confiant en la qualité de son travail, qu’il peut jauger à l’aune de ce que produisent ses amis les plus proches, tels Picasso, Gris, Miro, et encouragé par les plus renommés critiques de l’époque, ceux qui ont glorieusement contribué à l’avènement de l’art du XXe siècle, comme Maurice Raynal, André Warnod et Pierre Courthion ! Ce dernier le décrit comme un « alchimiste inquiet » qu’une inébranlable fraîcheur d’âme savait rendre tendre et poète. Ainsi l’emphase et l’exubérance espagnoles étaient tempérées. Tempérée également par un travail acharné, l’inspiration ; l’artiste et l’artisan, pour lui, ne faisant qu’un.
La lecture de l’œuvre révèle ces élans, ces réflexions, ces prises de risque, cette heureuse obstination et cette conviction qui ont porté l’artiste toute sa trop brève carrière – rappelons qu’il s’éteint à cinquante-trois ans. Si ce sont les fers découpés, si novateurs, qui caractérisent la recherche du sculpteur, Gargallo n’a jamais pour autant délaissé les techniques traditionnelles de taille ou de modelage. Toute sa vie, il se consacre, de façon parallèle, avec le même plaisir et la même ardeur, tant à la ronde bosse qu’à ses montages de « couturière » ! Si son travail évolue, c’est, au fil du temps, dans la perfectibilité de chacune de ses manières, non pas dans la succession de ses différents modes d’expression.
De 1906 à 1934 en témoigne l’exposition. Dès les toutes premières œuvres répertoriées depuis 1894 – sujets religieux, portraits et nus taillés dans la pierre, le bois, modelés dans la terre ou le plâtre- l’habileté et la sensibilité du très jeune Pablo ne font aucun doute. Déjà exposé à Barcelone, il reçoit ses premiers prix, répond à ses premières commandes. Les petites faunesses aujourd’hui présentées, datées de 1906 et de 1908, marquent une rupture avec le style néo-moderniste début du siècle qu’il a suivi dans ses premières années, et par là même affichent la volonté de l’artiste de s’affirmer au-delà de tout mouvement. Les déformations anatomiques, l’exagération des volumes dégagent une puissance et une vigueur qui gonflent le corps de vie. Un même parti pris d’amplification des formes des Voluptés exacerbe la douceur et la sensualité de la figure, toujours centrale dans l’œuvre du sculpteur et traitée avec la plus grande ferveur. Mais, en 1907, Gargallo a vu les études des Demoiselles d’Avignon dans l’atelier de son ami Picasso. L’effervescence artistique qui règne alors à Paris favorise l’émulation de ces jeunes artistes décidés à en découdre avec la tradition ! Quelque chose de neuf flotte dans l’air du siècle nouveau…La déconstruction de la forme semble un préalable absolu. La re-construction cubiste, sans doute trop brutale, ne tente pas Gargallo qui ouvre sa voie, si personnelle, par un génial petit bricolage : Le Petit masque à la mèche de 1907 martelé dans une plaque de cuivre, annonciateur des « cuivres » dont l’exposition révèle, de 1910 à 1929, quelques-uns des plus fameux. Le matériel du sculpteur est alors rudimentaire, et le cuivre est malléable mais la cisaille impose une raideur aux contours. Pliures, torsions, rivetages confèrent un léger volume à la plaque traitée en bas-relief. Cette technique ne permet guère de déploiement dans l’espace et la matière se révèle trop peu épaisse pour autoriser des passages entre masses de différentes importances.

Pablo Gargallo, « chanteuse de cour », 1915, cuivre, 32 x 24 x 10,5cm © ville de Castres, musée Goya-musée hispanique

La Chanteuse de cour, si expressive et vivante relève toujours du bas-relief et n’offre toujours qu’une lecture frontale. Plus de dix années plus tard, la Tête d’Arlequin réalisée en un cuivre plus épais, en réelles trois dimensions marque l’aboutissement de sa recherche plastique. Gargallo aura tenté le fer, plus solide, dès 1913, pour le Portrait de Magali dont le rendu trop raide et figé s’explique toujours à l’époque par le manque de moyens techniques. Mais avant l’accomplissement de ses grands fers, à partir de 1924, il aura aussi cheminé par cette sculpture, dite « en creux », par laquelle il bouleverse magistralement notre lecture !
Tout s’inverse en effet, en 1922 : les volumes se creusent, la lumière frappe des saillies plutôt que des surfaces tendues, se niche avec douceur au cœur de la matière, l’œil suit une ligne, comme dessinée dans l’espace, avant de reconstituer un volume dont les différents éléments s’emboîtent et s’offrent, tels des coquilles.

Pablo Gargallo, « Femme au repos en creux », 1922, bronze, 25,5 x 32,5 x 25cm © ville de Castres, musée Goya-musée hispanique

Notre imaginaire convoqué, nous faisons, nous-mêmes, guidés par le sculpteur, œuvre de création. Là est le génie de Gargallo. Puis, l’idée de donner de la transparence à ces creux ne peut manquer de surgir. Sa profonde réflexion, son expérience des premiers cuivres et ses tentatives dans le fer peuvent aujourd’hui lui servir de base pour un nouveau travail autorisé par un matériel, avec les années, de plus en plus perfectionné. Naissent les premiers cuivres épais, puis, en fer, l’Autoportrait de 1927. L’inventivité de Gargallo touche au sublime : toute idée de plein est transposée en un vide aérien. Une plaque de métal structure le crâne, mais le profil, caractéristique identitaire du sujet, n’est que suggéré par une découpe dont la précision, la légèreté donnent toute sa force à l’œuvre et nous permet de le reconnaître, de le voir, malgré l’évidement du visage. La suggestion plus efficace et puissante que la représentation ! De la simplicité du portrait de Kiki de Montparnasse (1928) au Chagall (1933) baroquisant, le même principe témoigne de la justesse du parti pris du sculpteur, de la virtuosité expressive de sa technique.

Quelles que soient sa manière ou la matière –terre, bronze, fer, marbre-, des années 1920 à sa mort, en 1934, il suscite une émotion esthétique sans égale : « Le relief a des bâtis de lumières et d’ombres avec des reflets déformateurs involontaires ; tandis que le plat est constructif, le creux est franc et doux, avec des finesses extraordinaires dans le clair- obscur » reconnaît-il dans ses notes. Ainsi, des premiers surprenants petits masques des années 1910 à la douce Femme au repos en creux (1922) façonnée de lumière, du Torse de gitan frémissant de jeunesse (1923) au Prophète grandiloquent (1934), de la sinueuse Petite Bacchante (1932) au Torse de jeune fille (1933) dont la sensualité exacerbée touche à l’absolu, Gargallo définit un langage plastique où se côtoient avec bonheur un modelage traditionnel porté à la perfection, une sculpture en creux et une sculpture découpée totalement novatrices, qui affirment la personnalité d’un créateur tout à fait conscient de sa noblesse et de sa modernité.

Pablo Gargallo, « Hommage à Chagall, 1933, bronze, 37 x 22 x 21,5cm © ville de Castres, musée Goya-musée hispanique

L’ami si cher, Pierre Reverdy, qui l’avait accompagné et soutenu au fil des années, le savait : « Son filon ne s’est pas dessiné brusquement, comme un éclair, mais il l’a ouvert lui-même, organisé, exploité et suivi patiemment…il a libéré les lignes et les masses par un effort de son esprit, mais il a su conserver à l’œuvre toute sa valeur matérielle et humaine, toute sa puissance de signe en contact étroit avec la réalité vivante. »

 

Quelques mots du Musée Goya qui s’enorgueillit de cette belle initiative, et la justifie : situé au cœur de l’Evêché construit sur des plans de Jules Hardouin-Mansart, il abrite depuis1894 trois chefs-d’œuvre de Goya, l’Autoportrait aux lunettes, le Portrait de Francisco del Mazo et la Junte des Philippines offerts par Pierre Briguiboul, généreux mécène de la région. Une série de dépôts prestigieux précisa la vocation hispanique du lieu, avec notamment le Portrait de Philippe IV par Vélasquez et la Vierge au chapelet de Murillo, confortée par la passion dynamique de l’actuel Conservateur qui depuis trois décennies procède à l’enrichissement de la collection, aujourd’hui modestement, mais magistralement, par d’éblouissants papiers, de Goya toujours, de Picasso…Castres, sur la route des vacances, mérite absolument une halte curieuse et place l’été 2018 sous le signe de la découverte exigeante. LC

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À pleins tubes au Frac Grand Large à Dunkerque !

Le Frac Grand Large a concocté un parcours thématique autour de l’idée de « tube », du mobilier tubulaire à l’évocation des tubes digestif ou bronchique du corps humain, en passant par l’architecture (les cheminées d’usines des paysages du Nord), ou les tuyaux et autres câbles de l’ère industrielle. Ces derniers, à l’heure du wifi, ont laissé place à d’autres manières de transmettre les énergies et de relier les hommes. Il est question de tout cela ici, au travers d’une sélection d’œuvres d’art contemporain et de design signées Gaetano Pesce, Charles Eames, Olivier Mourgue, Peter Friedl, Sam Durant, Terry Riley, Taryn Simon, Didier Faustino ou Barbara Visser.

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Jouez à Sherlock Holmes au jardin des Tuileries avec le jeu d’été gratuit du Musée du Louvre

Et si le jardin des Tuileries n’avait pas encore livré tous ses secrets? Installé dans les jardin des Tuileries, le jeu d’aventure, conçu comme un escape game à ciel ouvert, propose de mener l’enquête à deux ou par groupe de quatre personnes pour dénicher une lettre qu’André Le Nôtre, jardinier du roi, aurait soigneusement caché. Grâce à des énigmes de logique, d’observation et de réflexion, plus ou moins difficiles selon le niveau choisi et à l’aide d’un plan de l’époque, de gravures historiques et de lettres cryptées, les participants devront trouver la solution à l’énigme pour découvrir la missive secrète. S’ils parviennent à la trouver, une surprise leur permettra de prolonger cette aventure atypique !
Gratuit, le jeu d’une heure trente, proposé par le musée du Louvre et créé par Gamescaper, prendra place tous les jours de 11H à 18H15 du 7 juillet au 26 août au départ du kiosque de Diane (il est possible de réserver sur place mais une réservation sur le site du musée du Louvre est fortement conseillée). Les 23 hectares du jardin des Tuileries, comportant près de 100 sculptures anciennes, modernes et contemporaines, pourra ainsi être découvert ou redécouvert par chacun des participants.

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Vente aux enchères : Sotheby’s à la mode vintage

Emmanuelle et Philippe Harros ont ouvert en 1999 une boutique de vêtements vintage de luxe couvrant les années 1930-2000, sous la marque Quidam de Revel. Pour Sotheby’s, ils ont sélectionné dans leur collection cent soixante modèles, dont le fil d’Ariane est le vêtement- bijou, pièce symbolique d’une période ou d’un artiste, comme la saharienne d’Yves Saint Laurent des années 1960 (de 1500 € à 2000 €), ou encore la robe en plaques de métal de Paco Rabanne (de 6000 € à 8000 €) immortalisée par Françoise Hardy.

 

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Le baroque apaisé de Crayer au Musée de Flandre

Poursuivant son cycle de grandes expositions consacrées à l’art flamand, le Musée de Flandre, en association avec le musée de Gand (Belgique), nous offre cette première exposition honorant Gaspar de Crayer. Né à Anvers en 1584 mais formé à Bruxelles auprès de Raphaël Coxie, Crayer acquit la gloire en brossant des portraits de la famille royale d’Espagne au côté de toiles religieuses. Réclamés par la Contre-Réforme catholique, ses grands tableaux d’autels, de composition très maîtrisée, lui valurent un succès continu jusqu’à ses ultimes années, passées à Gand. Comme nombre de ses contemporains, Crayer subit l’irrésistible ascendant de Peter Paul Rubens puis d’Anton Van Dyck, ces deux peintres l’appréciant du reste vivement. Après les morts des deux maîtres, seul Jordaens aurait pu lui disputer sa place mais ce dernier, à l’image de Rubens, rechercha des commandes internationales et cultiva en outre une peinture volontiers profane. L’extraordinaire ensemble de tableaux, esquisses et dessins rassemblés à Cassel permet de découvrir la richesse d’inspiration et l’évolution de l’art fastueux de Crayer, synthèse d’un certain classicisme avec un souffle baroque dont l’intensité dramatique s’ouvre aux émotions intérieures.

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Installation de l’artiste Astrid de La Forest à l’Académie des Beaux-Arts

Astrid de La Forest a été élue à l’Académie des Beaux-Arts le mercredi 1er juin 2016, au fauteuil précédemment occupé par Louis-René Berge, dans la section de Gravure. Ce 27 juin, une cérémonie a officiellement marqué son installation au sein de l’Académie des Beaux-Arts.
Née en 1962 à Paris, elle y a intégré l’école Penninghen, rue du Dragon. Au début de sa carrière, elle a travaillé avec l’équipe de décors du théâtre des Amandiers à Nanterre, où elle a, entre autres, réalisé l’affiche de Ivanov de Tchekhov, puis elle a travaillé comme illustratrice avec de nombreux médias ainsi qu’avec la justice. Devenue dessinatrice judiciaire pour la télévision, elle a couvert de grands procès, dont ceux de Paul Touvier, ancien chef du service de renseignements de la Milice à Lyon durant l’occupation allemande de la France, ceux d’Action directe, un groupe terroriste anarcho communiste, ou encore ceux d’ETA, l’organisation séparatiste basque. Parallèlement à ce travail, Astrid de La Forest a poursuivi son apprentissage des techniques de l’estampe avec Yvonne Alexieff à l’atelier de l’Association pour le développement de l’association culturelle. Elle a toujours aimé découvrir de nouvelles pratiques et est d’ailleurs passée de la peinture, dans les années 1990, à la gravure, à partir de 1995. Astrid de La Forest utilise plusieurs méthodes (eau-forte, aquatinte, pointe sèche, ou carborundum), qu’elle pratique ensemble ou séparément, pour créer de grands formats dont les thématiques sont souvent en lien avec la nature. Elle a d’ailleurs inventé de nouvelles techniques de gravure, qu’elle a pu développer au fil des années, qui lui ont permis de créer de très grands formats de gravures et de monotypes.
Exposée en Suisse, en Allemagne, en Belgique et à Paris, elle a aussi enseigné 4 ans avec l’équipe d’arts plastiques de l’École Nationale Supérieure d’Architecture du Paris-Belleville. À l’occasion de son installation à l’Académie des Beaux-Arts, la galerie Forest Divonne (dirigée par sa sœur Marie-Hélène de La Forest), qui la représente, exposera les œuvres d’Astrid de La Forest aux côtés du travail des artistes Arthur Aillaud, Bernadette Chéné, Alexandre Hollan et Anna Mark.

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Les inédits de Pierrette Bloch à la galerie Karsten Greve Paris

« La maille est une forme de peinture ou de dessin », disait Pierrette Bloch (1928-2017) au sujet de son œuvre si singulière (« Connaissance des Arts » n°658, pp. 66-71). « Mon monde, je sais ce qu’il n’est pas, mais je ne sais pas à quoi il se réfère. La peinture a à voir avec le secret, avec ce qui est secret à soi-même. » Avec cette exposition rétrospective, la galerie Karsten Greve réaffirme son soutien engagé depuis dix ans en faveur du travail de cette artiste, aujourd’hui pleinement reconnue, à travers une exceptionnelle sélection de pièces, dont beaucoup sont inédites. La fourchette de prix est large, de 8000 € à 85 000 € selon le format, la rareté de la technique et l’année de réalisation. Avec une fascinante simplicité de moyens, Pierrette Bloch cherchait constamment à « rencontrer le temps ».

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Incubateur d’amour numérique au Centre d’art Les Pénitents noirs à Aubagne

Peut-on tomber amoureux d’une intelligence artificielle ? Les ordinateurs peuvent-ils comprendre les émotions ? L’artiste écossais Charles Sandison tente de répondre à ces questions à travers une installation animée immersive créée spécialement pour Les Pénitents noirs. « Mon travail artistique est une entité vivante et évolutive qui habite en totalité l’espace de la chapelle, couvrant le sol, les murs et le plafond. Les visiteurs marchent à l’intérieur et font partie de l’œuvre », résume l’artiste « geek » dont le travail consiste à concevoir des algorithmes générant mots et signes et déterminant leur mouvement et leur disparition.

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[Entretien] Dernier envol pour la Maison Rouge

Si on reprend la définition de l’envol, c’est l’action de s’envoler, de décoller, de quitter le nid pour découvrir de nouveaux horizons. C’est aussi une façon de s’élever pour amorcer de nouveaux projets, une nouvelle vie. Dans la diversité des typologies, des signes de l’envol, le commissariat collectif – Antoine de Galbert, Bruno Decharme, Barbara Safarova et Aline Vidal – s’est intéressé à ceux qui n’y sont jamais réellement parvenus, à ces artistes, à ces êtres utopiques, chimériques, qui en voulant conquérir le ciel, atteindre le cosmos, ont imaginé des protocoles, ont fabriqué des machines. Des tentatives de voler où la chute peut s’avérer parfois mortelle. Lire la suite ici.

Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois, la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005).
FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores, de textes et de liens interactifs rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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Un nouveau président pour le Palais de Tokyo

La nomination de Laurent Dumas, fondateur du groupe Emerige, à la tête du Conseil administratif du Palais de Tokyo a été proposée par Jean de Loisy, président du lieu culte de l’art contemporain, pour remplacer Jacques-Antoine Granjon, créateur du site Vente Privées, qui a su défendre une politique d’ouverture du lieu à des publics divers et variés.
Laurent Dumas est un passionné d’immobilier et d’entreprenariat. Il s’est lancé en 1989 dans l’immobilier et a fondé le groupe Transimmeubles qui a pris le nom d’Emerige en 2008. Toujours attiré par l’art, il s’est efforcé, en tant que promoteur immobilier, d’être exigeant et de faire le plus souvent possible appel aux meilleurs architectes, ouvriers et artisans. En 2014, il a créé le fonds de dotation Emerige ainsi que la Bourse Emerige pour encourager la jeune scène artistique contemporaine. Grand collectionneur et mécène français, Laurent Dumas se réjouit de sa nomination et assure qu’il est « engagé depuis longtemps auprès des artistes, en particulier de la scène française » et promet de prendre « cette responsabilité comme une opportunité de soutenir avec encore plus de force la création contemporaine et sa diffusion ».

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Arles 2018 : un site de rencontres

Décontracté, le braque de Weimar aux yeux vairon et collier rouge carmin ornant l’affiche des 49e Rencontres d’Arles. C’est la légende qui nous le dit. Même la tête en bas, on devine la signature, reconnaissable entre mille, de l’Américain William Wegman, passé maître dans l’art du portrait canin, élégant et facétieux. Hasard ou coïncidence, c’est au Sans Souci, à deux pas du bureau parisien des Rencontres, que Sam Stourdzé, aux commandes du festival depuis avril 2014, nous donne rendez-vous. Avec l’énergie peu commune qu’on lui connaît, il passe en revue les quelque trente-six expositions que compte cette nouvelle édition, sous le signe du « Retour vers le futur ». Au programme, trois temps forts : « Le premier, la séquence « America Great Again ! », part de 1958, avec la publication choc des Américains de Robert Frank : une équivalence photographique des poèmes de la Beat Generation, annonciatrice du grand bouleversement de 68 ». Les chroniques made in USA de Frank dialoguent avec celles des têtes d’affiche Raymond Depardon et Paul Graham, mais croisent aussi les regards, moins attendus, de la Française Laura Henno et du Palestinien Taysir Batniji.
« Cours Camarade, le vieux monde est derrière toi », le deuxième temps fort, « parle de l’entrée dans une société moderne dont nous sommes aujourd’hui les héritiers ». C’est le temps du basculement, comme en témoigne l’enquête menée par Christoph Draeger et Heidrun Holzfeind à Auroville, cité communautaire utopique, plantée à une dizaine de kilomètres de Pondichéry au lendemain du joli mai, ou « The Train », projet choral autour du dernier voyage de Kennedy. Aux images de l’Amérique massée le long de la voie ferrée prises par Paul Fusco depuis le train qui emportait la dépouille du Président de New York à Washington, le Hollandais Rein Jelle Terpstra oppose un contrechamp, résultat d’une « folle enquête pour retrouver les personnes présentes ce jour-là le long du cortège et leur faire ouvrir leur album de famille ». La reconstitution de Philippe Parreno sur un film 70 mm, pour laquelle il affrète un train de San Francisco à Los Angeles et mobilise des figurants, clôt ce « dispositif très contemporain ». […]

 

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Peter Soriano, le paysage autrement à la galerie Fournier à Paris

Né de l’envie de traduire le paysage autrement, le projet Cresta s’inspire d’espaces traversés par Peter Soriano : vues de fenêtres d’atelier ou de chambres d’hôtel, lieux architecturaux. Les deux projets présentés pour cette exposition évoquent deux conceptions alternatives du paysage, avec des prix allant de 2500 € à 10 000 €. Avec Cresta, Peter Soriano donne l’idée de l’immensité du paysage à partir d’un objet du quotidien, tandis que pour L’art dans les chapelles, le projet surgit à partir du lieu même de la chapelle qu’il investit.

 

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Nouveau talent : Petros Efstathiadis, l’équilibriste

Il élabore des assemblages improbables, de bric et de broc, avec les moyens du bord, de modestes objets de fortune. Avec inventivité et intelligence, Petros Efstathiadis leur offre une seconde vie, un nouveau karma. « Dans mon enfance, je ne m’intéressais pas vraiment à l’art. J’avais 14 ans quand j’ai utilisé pour la première fois un appareil photo, j’étais tellement excité de pouvoir figer le temps. » Son regard, alors « naïf et sensible », s’arrête sur les papillons, les paysages, les sourires… « Pendant de nombreuses années, je ne pouvais saisir ce qu’était l’art, jusqu’à ce que je commence à regarder des films européens : Alphaville de Jean-Luc Godard, La Maman et la Putain de Jean Eustache. » Devenu « obsédé » par le Septième Art, il essaie alors de « connecter sa photographie avec l’esthétique du cinéma ». « J’ai commencé à mettre en scène mes portraits, à construire des mises en scène, à concevoir des storyboards. » Sur un mode narratif à la distanciation souvent teintée de second degré, il conçoit des scénographies exigeantes malgré leur aspect désinvolte. « J’ai besoin de contrôler mon travail, je prends mon temps et, afin de visualiser mes idées, il m’est nécessaire de tout mettre en scène. » Pour lui, la photographie est un moyen d’expression qui va bien au-delà de la réalité et il reconnaît avoir besoin de « quelque chose de technique » comme l’appareil photo, entre lui et l’œuvre. Il instille ensuite des éléments de surprise, d’exagération. « J’aime vraiment manipuler la réalité et tout ce qui est établi. » Car pour lui, l’art est nécessaire pour montrer les ambivalences de la vie, tour à tour agréable et complexe. « Il y a un jeu cosmique où les opposés s’affrontent, l’art doit faire partie de ce jeu qui ne donne pas de réponse et qui crée des choses à la fois étranges et simples. »

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Familles, je vous aime au musée de la Grande Guerre à Meaux

Quelles répercussions la Grande Guerre a-t-elle eu sur les familles qui ont subi le conflit ? En quoi la Première Guerre mondiale a-t-elle bouleversé la vie des foyers ? Une exposition labellisée « d’intérêt national » par le ministère de la Culture revient sur cette rupture brutale qui bouleversa tant de destins individuels. Grâce à ses collections et aux prêts d’institutions publiques et de particuliers, le musée de la Grande Guerre présente près de trois cents pièces dans une scénographie intimiste, qui révèle comment les repères familiaux se brouillent et comment les liens de sang ou d’amour perdurent, se renouvellent ou se brisent du fait de la guerre.

 

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