connaissance des arts

Stéphane Bern et France 2 lancent « L’émission patrimoine »

Trois semaines après l’annonce de la liste des 18 monuments en péril qui bénéficieront des recettes du Loto du Patrimoine, la « Mission Bern » se dote d’un nouveau moyen d’action : « L’émission patrimoine ». Diffusé dès la rentrée prochaine sur France 2, ce nouveau rendez-vous quotidien permettra aux téléspectateurs de découvrir l’un des 270 monuments sélectionnés par la mission « Patrimoine en péril », confiée en septembre dernier par le Ministère de la Culture à Stéphane Bern. Dévoué à la cause, l’animateur prêtera sa voix à ces pastilles de 90 secondes, diffusées chaque jour à 20h40, pour présenter le monument et son histoire. L’enjeu est ici de sensibiliser le grand public à l’urgence de la restauration de ces sites pour générer de nouvelles donations en faveur de la campagne de financement participatif animée par la Fondation du Patrimoine. Les téléspectateurs seront ainsi incités à se rendre sur le site de la « Mission Bern » pour effectuer un don.
Si l’ensemble des projets de restauration retenus par le Ministère doivent être passés en revue, le programme mettra d’abord l’accent sur 60 sites prioritaires qui révèlent la grande diversité du patrimoine à sauver. Les 18 « monuments emblématique » feront probablement l’objet d’une mise en lumière particulière à l’approche du tirage du Loto du patrimoine, qui doit avoir lieu le 14 septembre.

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L’art sans frontières de Joan Jonas à la Tate Modern à Londres

Pionnière de la performance et de la vidéo, l’Américaine Joan Jonas prend ses quartiers à la Tate Modern, non seulement dans les salles d’exposition, mais aussi dans le cinéma et dans les Tanks, les anciens réservoirs de fuel de la centrale, où l’artiste se produira en personne à deux reprises. Cette omniprésence rend bien compte du travail de Jonas, qui franchit allègrement les frontières disciplinaires, comme le montre la rétrospective incluant toutes ses pièces majeures depuis les années 1960.

 

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Sacré Charlemagne au palais des Beaux-Arts de Bruxelles

Charlemagne Palestine est plus qu’un artiste, c’est un chamane, créateur d’un univers aussi déroutant que fantaisiste, aux résonances mystiques. Ses premières expérimentations l’avaient porté vers une musique répétitive aux effets hypnotiques. Auteur de performances et de vidéos, l’Américain de Bruxelles est aussi un collectionneur passionné de peluches, qu’il recueille et déploie dans de luxuriantes installations.

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Nouveau talent : Coco Amardeil, révélatrice d’émotions

Alors qu’elle vient tout juste d’obtenir sa licence de psychologie à l’université McGill de Montréal en 1986, Coco Amardeil découvre sa véritable vocation : la photographie. Et parce qu’elle doit gagner sa vie, elle choisit la mode, qui lui permet d’apprendre le métier sur le terrain. Durant dix longues années, la jeune assistante se fera la main, à Paris, dans les plus grands studios. Déterminée, patiente, combative, elle aiguise son regard et sa technique. Et développe une endurance et un humour à toute épreuve, dans ce secteur semé d’embûches et dominé par les hommes. Lorsque, en 1998, elle signe enfin de son nom ses propres images, la photographe laisse éclater un vocabulaire visuel ébouriffant, décalé et joyeux. Les grandes marques se l’arrachent, elle qui met sens dessus dessous les corps et les vêtements, les accessoires et les décors. Citant volontiers Irving Penn, Guy Bourdin, Viviane Sassen ou Wolfgang Tillmans, Coco Amardeil crée des compositions dont la rigueur et la précision riment avec la fantaisie, la grâce et la légèreté. Mais ce qui fait surtout battre le cœur de la photographe, c’est l’enfance et l’adolescence. Ses modèles préférés, acteurs et complices devant l’objectif, ont en effet moins de 20 ans. Elle leur a consacré une série personnelle, intitulée Come Hell or High Water, qui lui a valu le « Coup de cœur » de la Bourse du Talent 2017 pour la catégorie Mode, après avoir été récompensée par le prix Virginia et le prix LensCulture. Ses images sont exposées avec celles des autres lauréats à la Maison de la photographie de Lille. Entre théâtralité et spontanéité, naturel et sophistication, ses portraits puissants de jeunes surgissant de l’eau décrivent, selon la photographe, la fulgurance des « émotions ». Ou leur mystère.

 

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Beyoncé, Jay-Z…et Mona Lisa

Elle en aura vu la Mona Lisa ! Happening militant, fesses de performeurs, fantôme de momie, Tom Hanks… De quoi tromper l’ennui du sfumato durant les longues soirées d’hiver. Après Will.I.am, ex-chanteur des Black Eyed Peas, qui réalisait en 2016 un mini-documentaire autour des collections du Louvre, c’est au tour de Beyoncé et de son non moins célèbre époux Jay-Z de profiter de l’exceptionnel décorum qu’offre l’institution. Samedi dernier, à la sortie d’un concert à Londres, le couple annonçait, en effet, la sortie d’un nouvel album commun tout en dévoilant le clip du premier single Apeshit (« colère » en argot américain), tourné dans les galeries du musée.

Extrait du clip « Apeshit », 2018 © Youtube/Beyoncé

Ce surprenant mariage de la culture pop et de l’histoire de l’art n’aurait sans doute pas eu lieu si le couple n’avait témoigné à plusieurs reprises d’un authentique intérêt pour les arts. En 2013, Jay-Z, collectionneur à ses heures des œuvres de Basquiat, réalisait Picasso Baby, un documentaire autour d’une performance de six heures menée par ce dernier au sein de la Pace Gallery de New York. On se souvient également des quelques clichés partagés par les époux Carter suite à la visite privée que leur organisait le Louvre en 2014. Accompagnées de leur fille Blue Ivy, les deux stars prenaient la pose devant les peintures et les sculptures, comme tout bon touriste qui se respecte, se laissant même aller à une photo souvenir devant La Joconde. Leur amour des belles choses les aura donc poussés à réitérer l’expérience, mais cette fois avec force moyens et renforts techniques. Si les conditions du tournage sont soigneusement tenues secrètes par le musée, il est probable que celui-ci se soit déroulé en toute discrétion dans les nuits du 31 mai et du 1er juin, entre 22h30 et 6h30 du matin. Quant à la somme déboursée par les artistes pour pouvoir s’offrir une si noble promotion, Le Louvre ne souhaite pas davantage communiquer à son sujet. Si l’on s’en réfère aux grilles tarifaires mises en place par l’institution, on pourrait envisager un coût global entre 20 000 et 40 000 euros mais l’histoire voudrait qu’il ait plutôt frôlé les 200 000 €…
D’une durée d’environ 6 minutes, le clip d’Apeshit s’emploie consciencieusement à mettre sur un pied d’égalité culture pop et fleurons de l’histoire de l’art, dans une mise en scène un brin orgueilleuse (voire blasphématoire pour les plus idolâtres) qui fait cependant la part belle aux citations visuelles. Les esprits conservateurs, adeptes d’une certaine sacralisation de l’art, seront sans doute un peu déstabilisés par le sort réservé à la crypte du Sphinx, dans le département des Antiquités égyptiennes, transformée pour l’occasion en boîte de nuit… Mascotte d’un soir, le Grand Sphinx de Tanis assiste impuissant à cette party improvisée et sans grande signification, sinon celle liée aux plaisirs puérils de la transgression. Certains auraient été bien inspirés de se renseigner sur cette fâcheuse tendance à la malédiction du vestige égyptien offensé…

Extrait du clip « Apeshit », 2018 © Youtube/Beyoncé

Ceci dit, rendons à César ce qu’on ne peut lui retirer. La réalisation du clip donne lieu à quelques intéressants jeux de correspondance qui entretiennent un dialogue entre les corps des danseurs et des pièces insignes des collections du Louvre, toutes périodes confondues. Dans l’escalier Daru, au pied de la Victoire de Samothrace (190 av. JC), Queen B brasse ainsi une maxi jupe au métrage de tissu disproportionné qui évoque aussi bien les drapés de la sculpture hellénistique que les flots que s’apprête à fendre l’éperon du navire sur lequel se dresse la Victoire. Devant le Portrait de Juliette Récamier, peint par David en 1800, deux danseurs reproduisent la forme caractéristique de la chaise longue sur laquelle pose le modèle, tandis qu’un couple d’amants s’enlaçant sur un lit vient donner corps à la funeste étreinte des ombres de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta, les amants maudits d’Ary Scheffer. Un peu plus loin, la posture contorsionnée d’un danseur évoque la silhouette aux bras amputés de la Vénus de Milo. La vie imite l’art, l’art imite la vie.
Certes le jeu est plaisant et les clins d’œil bien pensés mais n’allons pour autant crier au chef-d’œuvre ou à la leçon d’esthétique. Tout cela surfe en réalité sur la vague du « Art dopplegänger », encouragée notamment par l’application Google Arts & Culture, comme sur cette vilaine habitude du selfie pour lequel les visiteurs/instagramers de musée rivalisent d’ingéniosité dans la mise en scène. Mais quelle espèce d’esthète est-on quand on accorde à sa présence devant les œuvres autant d’importance qu’à l’œuvre elle-même ? Depuis quand le « J’y étais » prime sur le « J’ai vu » ?

Extrait du clip « Apeshit », 2018 © Youtube/Beyoncé

Cette pratique ne sert-elle pas avant tout l’ego et la réputation du visiteur connecté, qui fait ainsi la démonstration conjointe de son goût pour la chose culturelle et de sa relation « authentique », non-élitiste à l’art ? Sous prétexte de déroulé le thème de la vie face à l’art, Beyoncé et Jay-Z nous donnent peut-être simplement une bien efficace leçon de marketing. Quant au Louvre, l’opération lui offre une extraordinaire visibilité auprès du jeune public, et ce dans le monde entier, puisque la vidéo a déjà été visionnée plus de 21 millions de fois sur YouTube !
Mais cette association de la culture RnB avec les illustres collections du musée du Louvre sert également un autre but qui constitue l’un des fils rouges de la vidéo. Du Radeau de la Méduse de Géricault au Portrait d’une femme noire de Marie-Guillemine Benoist, en passant par les Noces de Cana de Véronèse, ce sont les figures de personnages noirs dans la peinture occidentale qui sont régulièrement mises en exergue. Ce procédé, tout comme les partis pris et les parallèles formels soulignés par la chorégraphie, met en évidence certaines revendications quant à l’égalité entre les cultures et à la réappropriation de l’histoire de l’art occidental par les populations noires. Ce message sous-jacent inscrit donc le clip au cœur de l’engagement des deux artistes en faveur des droits des Afro-Américains.

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La Glasgow School of Art menacée de démolition après un second incendie

Tout est parti en fumée durant la nuit de vendredi à samedi, laissant le bâtiment en ruines et amenant les autorités à se demander si la Glasgow School of Art pourrait réellement être sauvée ou une démolition devait être envisagée. Hier, les hautes autorités du Conseil municipal ont affirmé que le bâtiment de 110 ans pourrait bien être sauvé. Une excellente nouvelle pour le patrimoine écossais. Un porte-parole du Conseil municipal se réjouit d’ailleurs qu’« en dehors de la partie est, qui semble avoir légèrement bougé, l’extérieur du bâtiment semble être réccupérable grâce aux murs du bâtiments qui sont liés par le toit ». Les discussions sont toujours en cours, mais les gouvernements anglais et écossais ont promis de donner des fonds pour aider à la restauration, estimée à plus de £100 millions.
Le sort s’acharne contre la Glasgow School of Arts. Il y a quatre ans, le bâtiment avait déjà souffert d’un terrible incendie provoqué par un projecteur, qui avait détruit la grande bibliothèque du bâtiment. L’incendie de ce week-end a fait encore plus de ravages en se répandant comme une traînée de poudre jusqu’aux bâtiments voisins. En 2014, Iain Connelly, président de la Société royale des architectes britanniques (RIAS), avait déjà décrit le bâtiment comme un « trésor international qui reflète le génie d’un de nos plus grands architectes » et que ce bâtiment était « une œuvre de patrimoine architectural de renommée mondiale », dont « l’influence sur l’architecture du XXIe siècle était incommensurable ». Créée en 1909 par l’architecte Charles Rennie Mackintosh, la Glasgow School of Art devient rapidement l’école d’art et de design la plus progressiste d’Europe, jusqu’à l’ouverture en 1919 du Bauhaus à Berlin. Chargé d’histoire, le bâtiment  phare du mouvement Arts and Crafts était en cours de rénovation depuis l’incendie de 2014. Des travaux considérables, d’un montant de 20 à 35 millions de livres auraient été dépensés pour le rénover.»»

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Folon, ivre de liberté au château d’Arsac

Chaque année, Philippe Raoux, propriétaire du château d’Arsac et collectionneur d’art contemporain, fait l’acquisition d’une nouvelle œuvre spécialement conçue pour orner le parc, les chais ou les vignes du domaine. Des œuvres de Niki de Saint Phalle (Soleil, 1968), de Jean-Pierre Raynaud (Le pot rouge, 2000), de Susumu Shingu (Les ailes de la Terre, 2005), de Bernar Venet (Saturations, 2008) ou encore de Thomas Raysse (Chaos, 2009) se côtoient déjà dans ce lieu où le vin et les arts font bon ménage. En 2002, l’artiste belge Jean-Michel Folon (1934-2005), célèbre pour la poésie de ses aquarelles, avait réalisé près de l’étang du parc du château une sculpture intitulée Fontaine aux oiseaux. Lors du vernissage de cette dernière, l’artiste avait réalisé sur le Live d’or un dessin figurant des oiseaux s’envolant d’un verre de vin, une variation sur le thème de l’ivresse poétique.

Dessin de Jean-Michel Folon réalisé sur le Livre d’or du Chateau d’Arsac en 2002 © DR

Philippe Raoux souhaitait rendre hommage à l’artiste, décédé en 2005, en commandant une reproduction monumentale de ce dessin qui évoque selon lui « le moment où le raisin, transformé en vin, prend sa liberté et s’en va aux quatre coins du monde régaler les amateurs ». Grâce à l’accord de Stéphanie Angelroth, directrice de la Fondation Folon, l’œuvre pourra exceptionnellement être reproduite sur une immense toile de 9,5 m de long sur 5,5 m de haut qui viendra prendre place dans le chai à barriques de la propriété. Cette commande a été confiée, via le musée d’art contemporain de Bordeaux, à l’artiste italienne Tiziana Mazzoni, diplômée de l’École de restauration de Rome. Incarnant le « mariage du Goût et du Beau », selon la devise du domaine, le chantier débutera dans les premiers jours du mois de juillet pour s’achever à la veille des prochaines vendanges.

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Vente aux enchères : Piasa à la Patinoire royale de Bruxelles

Frédéric Chambre, vice-président associé de Piasa, développe l’activité du département Design en organisant des ventes à Bruxelles dans l’ancienne Patinoire royale, devenue la galerie d’art contemporain Valérie Bach. « Nous souhaitons y faire trois sessions de ventes par an, en mars, juin et décembre. » Au programme de la première vente, du design, brésilien, américain, français, scandinave des années 1940 à 1970, avec des prix démarrant à 1000 € et pouvant atteindre des dizaines de milliers d’euros.

 

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Reims, la musique au chœur

Durant trois semaines, la ville de Reims va mettre en ébullition les sens de ses heureux résidents et visiteurs d’un jour ! Les flâneries musicales, festival de musiques classiques de la ville, offrent une occasion unique de (re)découvrir l’exceptionnel patrimoine historique de la cité au son d’une riche programmation musicale. Mélomanes avertis, amoureux de patrimoine, amateurs (raisonnables) des champagnes les plus délicats pourront avec délectation goûter aux joies de la correspondance entre les arts et aux plaisirs terrestres. Un concert d’ouverture dédié à la 9e Symphonie de Beethoven, aura lieu ce soir même à la basilique Saint-Rémi, érigé entre le XIe et le XIIIe siècle, tandis que le cryptoportique, vestige de l’antique forum gallo-romain, accueillera ce dimanche une manifestation consacrée aux musiques de films de guerre, depuis Maurice Jarre pour Laurence d’Arabie jusqu’au John Williams et la saga de la Guerre des Étoiles. Le 29 juin, c’est à l’Église Saint-Nicaise qu’il faudra se rendre pour voir les décors de Maurice Denis s’animer sous les élans des clavecinistes et organistes de l’ensemble baroque Les Surprises. Et parmi les nombreuses autres pépites de la programmation citons la « Fête champêtre » de la Maison Ruinart, ce vendredi, dédiée aux pièces de genre et de caractère du début du XVIIIe siècle, le spectacle de claquettes de Fabien Ruiz au Domaine Pommery, ou encore le spectacle d’ombres musicales contées Hansel et Gretel, présenté le 11 juillet au Cellier, dont l’incontournable façade à décor de mosaïque évoque les phases d’élaboration du Champagne.

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Mur Murs au musée des Beaux-Arts de Caen

Le musée des Beaux-Arts de Caen évoque le motif du mur à travers ses représentations artistiques : tantôt comme appui, tantôt comme limite, instrument d’un interdit ou promesse d’un ailleurs, contrainte pour les uns, protection pour les autres. L’exposition réunit quatre-vingts œuvres des XXe et XXIe siècles (peinture, sculpture, architecture, installation, dessin, estampe, photo, vidéo) de Jean-Michel Alberola, Brassaï, Pierre Buraglio, Jean-Baptiste Corot, Mona Hatoum, Claude Lévêque, Robert Morris, Kurt Schwitters ou Nicolas de Staël.

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Peindre dans le fog : les impressionnistes au Petit Palais

On sait grâce à Oscar Wilde que la nature imite l’art, et non le contraire. L’écrivain expliquait à sa façon l’origine du fameux fog londonien : « À qui donc, sinon aux impressionnistes, devons-nous ces admirables brouillards fauves qui se glissent dans nos rues, estompent les becs de gaz, et transforment les maisons en ombres monstrueuses ? […] Le changement prodigieux survenu, au cours des dix dernières années, dans le climat de Londres est entièrement dû à cette école d’art ». Cependant, les futurs impressionnistes et les artistes français qui découvrent Londres dans les années 1870 ne sont guère séduits par le climat de la capitale britannique. Bien au contraire, tous s’en plaignent. « Après seize heures de traversée et cinq heures de chemin de fer, me voici à Londres où j’étrenne un brouillard exceptionnel, écrit Charles Daubigny. On m’avait prévenu, mais pas assez ! » Mais que sont-ils donc venus faire dans une ville dont ils jugent la population aussi maussade que le climat ? Ils ont tout simplement fui la guerre, les rigueurs du siège de Paris par les Prussiens et le cortège de désolation qui suivit l’insurrection de la Commune. Conçue par Caroline Corbeau-Parsons et la Tate Britain, l’exposition « Les Impressionnistes à Londres. Artistes français en exil 1870-1904 », reprise par le Petit Palais à Paris et adaptée pour le public français, retrace cet épisode peu connu de l’histoire artistique. Dans la version française de l’exposition, une première salle évoque la guerre de 1870, la Commune et le siège de Paris vus par les artistes. On y voit le carnet de croquis du sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux, le lugubre Sœur de la Charité sauvant un enfant. Épisode du siège de Paris peint par Gustave Doré, artiste que nous retrouverons plus tard avec ses terrifiantes vues d’un Londres industriel sans pitié pour les classes laborieuses. On s’arrête devant les poignantes aquarelles de James Tissot, rares représentations de cadavres d’un vérisme saisissant. Un extraordinaire tableau de Corot prêté par le musée Carnavalet, Le Rêve : Paris incendié, 1870, montre la silhouette sculpturale de la France surgissant dans le ciel gris, au-dessus d’un champ de débris rougeoyant et fumant, tandis que disparaît l’Ange exterminateur. Ce cauchemar d’un Paris incendié par les troupes prussiennes n’eut heureusement pas lieu, mais les nombreux monuments ravagés pendant la Commune donnèrent naissance par la suite à un véritable tourisme des ruines. […]

 

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Du neuf pour le Prix Marcel Duchamp

De l’Association pour la diffusion internationale de l’art français (ADIAF) au Prix Marcel Duchamp

L’ADIAF a été fondée en 1994 avec une volonté très précise : soutenir la scène française et participer à son rayonnement international. Elle compte aujourd’hui quatre cents membres. Depuis l’année 2000, son action s’est principalement concentrée sur le Prix Marcel Duchamp, que j’ai créé pour mettre en lumière les artistes de notre scène nationale avec le désir d’organiser un événement à Paris dédié à l’art contemporain Made in France, comme le faisaient d’ailleurs depuis longtemps d’autre pays pour leur propre scène nationale ; je pense en particulier au Royaume-Uni avec le Turner Prize. C’était à l’époque un pari risqué et osé car s’intéresser en France à notre scène hexagonale n’était alors guère dans l’air du temps ! Nous en sommes aujourd’hui à la 18e édition et le Prix Marcel Duchamp est désormais reconnu comme l’un des grands prix de référence pour la scène internationale. Je rappelle que les artistes doivent être français ou résider en France depuis cinq années et qu’ils doivent avoir moins de cinquante ans. Alfred Pacquement, l’ancien directeur du musée national d’Art moderne, en parle comme « l’un des plus pertinents vecteurs d’information sur l’art contemporain en France ». Cela nous confère des responsabilités dont nous sommes tout à fait conscients et qui se sont accrues avec le nouveau format de notre prix. Comme certains d’entre vous peuvent s’en souvenir, nous avons débuté modestement. Certes les contours du Prix Marcel Duchamp étaient tracés mais aucune exposition n’était organisée et seules des discussions autour des rapporteurs pouvaient permettre départager les candidats. Le lauréat était invité à produire une exposition pour le Centre Pompidou qui dès le départ a été notre partenaire de référence. C’est à l’initiative de Martin Bethenod, alors responsable de la FIAC, que nous avons été amenés à exposer à la FIAC un corpus d’œuvres des quatre candidats, le lauréat étant invité comme auparavant par le Centre Pompidou. Depuis trois ans, le Centre Pompidou a accepté d’inviter les quatre artistes à présenter leurs œuvres.

Comment choisir les lauréats du Prix ?

Les collectionneurs, à travers l’ADIAF, sont donc maintenant chargés de choisir chaque année les quatre artistes représentatifs de la scène française qui seront mis en avant par l’une des plus grandes institutions muséales au monde et ce sur 650 m2 pendant trois mois, avec une visibilité record : plus de 70 000 visiteurs pour le prix 2017. C’est la première fois que les collectionneurs ont un rôle aussi déterminant et participent si activement à la vie artistique d’un pays, sans esprit spéculatif, et avec pour seul but le désir d’affirmer les choix des passionnés d’art que nous sommes. Cette dernière initiative a contribué à maximiser le Prix Marcel Duchamp et lui donner ce renom et cette
Crédibilité, qu’il porte désormais en lui. Pour répondre à cette responsabilité nouvelle qui nous incombe, nous avons décidé en premier lieu de faire un important travail en amont auprès de nos membres pour en faire des collectionneurs encore plus avertis et plus documentés qui soient, de vrais connaisseurs et spécialistes de l’art contemporain. Il s’agit en fait d’une véritable formation que nous avons mise en place autour d’un programme qui est proposé à nos membres et que notre comité de sélection se doit de suivre.
Ce programme se compose d’abord de rencontres dans leurs ateliers avec des artistes que nous estimons pouvoir être éligibles au Prix Marcel Duchamp. Il est très dense puisque nous aurons à titre d’exemple près de cinquante visites d’ateliers entre février à novembre 2018. Nous complétons ce programme de visites d’ateliers par des dîners-rencontres avec des personnalités du monde de l’art avec qui nous échangeons sur leur perception de la scène française : des artistes comme Thomas Hirschhorn et Bertrand Lavier, des conservateurs comme Jean-Hubert Martin, Emma Lavigne et Philippe Costamagna, des galeristes comme Maximo Minimi, Yvon Lambert et Esther Shipper, des personnalités comme l’ancien ministre de la Culture Jacques Toubon… Enfin, nous allons visiter des collections telles que celles des Billarant, de David Brolliet ou de la Société Générale, des expositions tels que Hisham Berada, Sheila Hicks, la collection Louis Vuitton, ou des voyages à Lille pour voir le Tri Postal, à Bruxelles pour la Verrière et à Rouen pour l’exposition « ABCDuchamp ». En résumé, ce sont quelque soixante-dix propositions qui sont offertes à nos membres au cours de l’année, soit plus de six par mois. Nous essayons ainsi de diversifier nos propositions afin que chacun puisse s’y retrouver. À titre d’information ces activités sont suivies par près de quatre-vingt de nos membres. Nous sommes conscients de l’effort que cela représente pour chacun d’entre eux mais pensons aussi qu’il s’agit d’un véritable enrichissement pour les amoureux de l’art que nous sommes.
Ce programme me tient très à cœur car je crois que l’ADIAF a une mission d’éducation mais aussi de transmission du goût de l’art et de tout ce que l’art peut apporter à notre vie personnelle. À cet égard, je suis très heureux de notre nouveau partenariat avec l’École ICART avec qui nous allons participer à la formation des futurs acteurs de l’art pour passer le flambeau aux générations qui nous suivent.

La seconde étape essentielle pour notre prix est bien entendu la période cruciale du choix des artistes nommés. Là aussi, j’ai voulu d’une part une grande rigueur et d’autre part un mode de sélection démocratique puisque tous nos membres sont appelés à voter pour les artistes qui leur semblent éligibles au Prix Marcel Duchamp. Chaque année nous demandons à tous nos membres de nous proposer un choix de quatre artistes. Pour les aider – et à leur demande – nous leur fournissons une liste d’environ cinquante artistes. Cette liste est préparée par un Comité artistique composé de trois collectionneurs particulièrement avisés. Cependant, chaque collectionneur a toute latitude pour nous suggérer d’autres noms. Une fois cette liste établie, nous l’envoyons à tous nos membres à qui nous demandons de choisir quatre artistes de cette liste. Nous retenons alors les artistes qui ont reçu plus de cinq voix et élaborons la seconde liste qui sera soumise à notre Comité de sélection dont la lourde tâche sera de sélectionner les quatre artistes proposés pour le Prix Marcel Duchamp.
Ce Comité de sélection compte dix membres, tous collectionneurs de l’ADIAF, avec en plus un représentant de l’Association Marcel Duchamp. Ce comité est assisté lors de ses délibérations par un commissaire du Centre Pompidou qui est à même de répondre aux questions artistiques que les collectionneurs peuvent se poser au cours des débats qui sont toujours intenses et passionnés.

Comme vous le constatez, les collectionneurs ont un rôle essentiel, ils sont totalement impliqués, c’est la grande spécificité du Prix Marcel Duchamp que de représenter un choix collectif et engagé. Ensuite le processus suit son cours : les quatre artistes sont invités par le Centre Pompidou à participer à une exposition collective dans la galerie 4. L’organisation de cette exposition est confiée à un commissaire désigné par le Centre Pompidou. Alicia Knock a assuré le commissariat des deux premières expositions et, cette année, c’est Marcella Lista qui prend le relais. De notre côté, nous constituons le jury final qui est composé de sept membres : trois membres permanents (le président de l’ADIAF, le directeur du musée national d’Art moderne, la représentante de l’Association Marcel Duchamp) et quatre membres français et étrangers renouvelés pour chaque édition (deux directeurs de musées et deux collectionneurs). Nous faisons parvenir à tous les membres du jury une vaste littérature afin que chacun d’entre eux puisse se former une opinion étayée.
Plus de soixante-dix personnalités éminentes du monde l’art ont ainsi participé au prix. Je peux citer Jean-Hubert Martin, Harald Szeemann, Nicolas Serota, Maria de Corral, Hans-Ulrich Obrist ou des collectionneurs tels que les Patricia Re Rebaudengo, Dakis Jouannou, Anton Herbert, Annibal Jozami ou Mao Jihong… Cette année, nous aurons Jean-Claude Gandur (collectionneur et président de la Fondation Gandur pour l’art), Maja Hoffmann (collectionneuse et présidente de la Luma Foundation), Laurent Le Bon (président du musée Picasso-Paris) et Marina Loshak (directrice du musée des beaux-arts Pouchkine, Moscou). Par ailleurs, nous demandons aux artistes de désigner un rapporteur dont le rôle est de le présenter au jury. Là aussi nous avons réuni un panel exceptionnel de personnalités brillantes qui ont apporté un concours précieux. C’est là encore une spécificité du Prix Marcel Duchamp ; les exposés ont acquis une telle notoriété que depuis quelques années ils sont ouverts au public. Au final, le jury voit l’exposition, écoute les rapporteurs, consulte notre catalogue et enfin se réunit pour délibérer et désigner le lauréat à qui l’ADIAF remet une dotation financière de 35 000 euros… et depuis l’année dernière le trophée que réalisé par Fabrice Hyber, ce Marcel spirituel qui illustre parfaitement l’esprit de Marcel Duchamp, comme l’esprit français en général. Notre travail ne s’arrête pas là. Car nous avons également mis en place un suivi des artistes. Il s’agit là de tout un travail en aval du prix que nous avons beaucoup développé au cours des dernières années et c’est une autre spécificité de l’ADIAF qui semble particulièrement séduire tous nos artistes. Nous ne nous contentons pas de leur offrir une vitrine en France et de donner une dotation au lauréat, nous avons un rôle d’accompagnement à l’international. Quelque cinquante expositions ont ainsi été organisées autour des artistes du prix, dont plus de vingt à l’étranger.

Des nouveautés

D’abord, il faut rappeler que la Manufacture de Sèvres a décidé d’attribuer tous les deux ans une résidence à un des artistes nommés pour le Prix Marcel Duchamp. L’actualité de la rentrée va être chargée puisque l’artiste Ulla Von Brandenburg, nommée pour le Prix Marcel Duchamp 2016, va avoir une exposition à la Whitechapel Gallery de Londres du 21 septembre au 31 mars 2019. Puis, le Centre Pompidou accueillera les quatre lauréats de cette année (Mohamed Bourouissa, Clément Cogitore, Thu Van Tran et Marie Voignier) à partir du 9 octobre. Le 15 octobre sera annoncé le nom du lauréat pour l’année 2018. En 2019, les quatre artistes nommés seront révélés début février chez Artcurial, puis une exposition des quatre artistes nommés pour 2018 aura lieu à Bruxelles en avril, suivie d’une participation au festival Croisements à Pékin et Shangai en mai. Nous avons encore de nombreux projets pour le Prix qui pourrait avoir une exposition à Moscou au musée Pouchkine et à Buenos Aires en 2019 ou 2020.
Alors que la responsabilité sociétale est désormais intégrée à la stratégie de la plupart des entreprises et des start-ups, je pense que l’ADIAF doit, en tant qu’association, s’engager encore plus. Je me réjouis de constater que nous avons participé à la renaissance de la scène française qui aujourd’hui est beaucoup plus présente qu’elle ne l’était il y a vingt ans. Les artistes que nous distinguons ont maintenant le plus souvent trois ou quatre galeries étrangères, beaucoup de nos lauréats ont de remarquables parcours à l’international et ont été couronnés de prix divers dans le monde entier. Ce n’était pas le cas il y a quelques années. J’appelle donc les collectionneurs et les mécènes à nous rejoindre et à s’engager pour cette scène française ouverte, plurielle et diversifiée que nous défendons.

AGENDA

21 septembre 2018 : Londres
Première exposition du prix Marcel Duchamp à Londres à la Whitechapel Gallery
Artiste invitée : Ulla Brandenburg, nommée en 2016

8 octobre 2018 : Centre Pompidou
Vernissage de l’exposition des artistes de la 18e édition du prix Marcel Duchamp
Mohamed Bourouissa, Clément Cogitore, Thu Van Tran, Marie Voignier

Annonce du lauréat le lundi 15 octobre, 19H30

PROJETS 2019/2020

Février 2019 
Lancement de la 19e édition du prix Marcel Duchamp

Avril 2019
Exposition prix Marcel Duchamp à Bruxelles

Mai 2019
Exposition prix Marcel Duchamp à Pékin et Shanghai

Octobre 2019
Exposition prix Marcel Duchamp 2019 au Centre Pompidou

Fin 2019
Exposition prix Marcel Duchamp à Buenos Aires

2020
Exposition prix Marcel Duchamp à Moscou

2020
6e édition de l’exposition De leur temps

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Décès de Michel Enrici, enseignant et ancien directeur de la Fondation Maeght

C’est en tant que professeur de lettres que Michel Enrici (né à Marseille en 1945) a commencé sa carrière. Il rencontre ensuite Roland Barthes, Jean-François Liotard, Jacques Lacan… Il participe à la revue « Artistes » fondée par Bernard Lamarche-Vadel en 1979 et se lance dans la critique d’art. Il s’intéresse à des artistes très divers tels que Gérard Gasiorowski (dont il fait l’inventaire du travail à la demande de la galerie Maeght), Jean-Michel Basquiat, Lee Ufan, Jean-Pierre Pincemin et Fabrice Hyber. Son métier d’enseignant l’entraîne de l’École nationale des Beaux-Arts de Dijon à l’École supérieure d’art et de design de Marseille-Luminy puis le Pavillon Bosio à Monaco, qu’il fonde en 2002. En 2006, il prend la direction de la Fondation Maeght de Saint-Paul où il invite aussi bien Takis que Yan Pei-Ming. Il est mort à Marseille, sa ville natale, à l’âge de 73 ans.

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Trésor à vendre : Une paire de portières et un dessus-de-porte par Claude III Audran

En un peu plus de deux siècles, le grotesque redécouvert de la Domus Aurea romaine, retranscrit à la Renaissance par Raphaël, diffusé, entre autres, par l’œuvre gravé de Jacques Androuet du Cerceau, aura vécu bien des évolutions. C’est à Jean Bérain, dessinateur de la Chambre du roi et ordonnateur des décors de fêtes de Louis XIV, que l’on doit le style dit à la Bérain, autrement dit le renouvellement de l’art des grotesques à la fin du XVIIe siècle. Désormais, l’élégance et la symétrie priment sur la fantaisie excentrique des grotesques de la Renaissance, et c’est cette réinterprétation qui conquiert toutes les cours d’Europe, jusqu’aux arts décoratifs où l’on retrouve le motif à la Bérain, en marqueterie Boulle comme dans la faïence.
Sur l’ensemble à fond d’or présenté chez Maître Leclere, le décor est inventif et léger : sur les portières, arabesque polychrome, figures allégoriques, médaillons en grisaille, roses, putti, vases Médicis se déversant de fruits, trophées et outils de jardin ; sur le dessus-de-porte, Bacchus aux léopards, treille, coquilles, perroquets et mascarons féminins. On avance une allégorie des Saisons… Quoi qu’il en soit, on reste saisi par l’agilité du trait, la grâce des figures, l’allégresse qui se dégage des éléments qui, il ne fait aucun doute, appartenaient à un ensemble plus important devant orner un petit cabinet. « Il s’agit d’un témoignage précieux et inédit du rayonnement français sous le règne de Louis XIV », commente le directeur du département Mobilier et Objets d’Art chez Leclere, Grégoire de Thoury.

Détail du dessus de porte attribué à Claude III Audran mis en vente par la maison Leclere le 29 juin prochain © Maison de ventes Leclere

Cette légèreté dans l’ornement, ce style fin et fouillé font avancer une attribution à Claude III Audran, très connu en son temps pour ses grotesques. Peintre du roi, conservateur du Palais du Luxembourg, lui-même issu d’une famille de peintres (son oncle collabore avec Charles Le Brun, Jean Jouvenet et Antoine Coypel), Claude III Audran aura comme élèves et collaborateurs Antoine Watteau, Pierre Nicolas Huillliot ou encore Alexandre-François Desportes, et honorera de nombreuses commandes, pour les grands du Royaume comme pour la Couronne. Sa production, très variée, touche à toutes les disciplines : textiles (broderies, vêtements d’Église), tapis de la Savonnerie, carrosses, clavecins et bien sûr, programmes décoratifs d’importance. Malheureusement, nombre de ses réalisations ne nous sont pas parvenues.

Singe à l’iguane, détail du « Plafond aux singes » du 26 rue de Condé du plafond peint © Christelle Inizan / CRMH Île-de-France, 2010

Pour autant, certaines des œuvres du maître ont échappé au temps… En 2009, on redécouvrait ainsi, au 26 rue de Condé à Saint-Germain-des-Prés, un plafond peint en 1713, deux ans avant la Régence, par Claude III Audran, Antoine Watteau et Nicolas Lancret, à décor de singeries, remarquable par la fraîcheur de sa conservation et dont le style rappelle distinctement l’ensemble actuellement étudié [1]. On conserve également les cartons de tapisseries des douze mois grotesques livrés pour la chambre de Monseigneur au château neuf de Meudon : les figures allégoriques des portières proposées à la vente s’en rapprochent. On retrouve également le style aérien du maître sur un clavecin : celui du facteur Ioannes Rückers conservé au château de Versailles, décoré par Audran en 1704. Les arabesques semblent d’ailleurs s’accorder à la perfection à l’instrument de musique, tant leur légèreté et leur élégance semblent relever de la partition…
Le décor est tel, sur l’ensemble présenté par la maison de ventes, qu’on pourrait longuement en détailler les motifs fins et élancés. C’était sans doute le cas, lorsque les membres de la Maison d’Harcourt les admiraient. Déjà, au XIXe siècle, les portières et le dessus-de-porte à fond d’or se trouvaient dans l’un des trois hôtels particuliers de la famille, à l’angle de la rue Constantine et de l’Esplanade des Invalides…

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Le sublime selon Thomas Cole à la National Gallery à Londres

Natif du Lancashire, Thomas Cole (1801-1848) fait son retour dans sa mère patrie. Émigré avec sa famille en 1818, il allait devenir l’un des plus grands paysagistes américains. Voyageur impétueux, il explore l’Hudson River, les Catskills Mountains, découvre les chutes du Niagara. Et, s’appuyant sur les traditions européennes, il célèbre, dans des toiles comme The Oxbow, la nature vierge et monumentale que le Nouveau Monde offre à son regard. Mais il est en quête d’une forme plus élevée du paysage, qui pourrait exprimer des significations morales ou religieuses. Inspiré par Edward Gibbon, son cycle Destin de l’Empire (1836), composé de cinq tableaux, décrit l’essor et le déclin d’une grande civilisation, de l’état sauvage jusqu’à la désolation. Le cycle du Voyage de la vie (1840) approfondit cette veine morale et annonce un tournant plus explicitement religieux à la fin de sa carrière. Si le sentiment de la nature, si finement exprimé dans les tableaux de Cole, entre en résonance avec la philosophie transcendantaliste d’Emerson, ses liens avec l’Europe, et plus particulièrement avec l’Angleterre, restent étroits. À plusieurs reprises, il séjourne sur le Vieux Continent, où il rencontre notamment Turner et Constable. Pour mettre en scène ce dialogue fécond, la rétrospective de la National Gallery confronte les productions de Cole avec les paysages des deux maîtres anglais.

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Le monde vu d’Asie au musée Guimet

Et si nous regardions le monde depuis l’Asie, délaissant notre vision eurocentrée ? Si la mare nostrum de nos mémoires n’était plus qu’un détail périphérique ? C’est ce que propose le musée Guimet avec des chefs-d’œuvre cartographiques, peintures, gravures, manuscrits produits du XVe au XXe siècle, qui montrent que les cartes ne sont pas seulement des sources historiques et topographiques mais aussi des objets d’art et les outils d’une profonde réflexion. Où se tient donc le cœur du monde et se déplace-t-il au gré des époques ?

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