Actualité artistique

Hokusai, Hiroshige, Utamaro : les grands maîtres de l’estampe japonaise

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Utamaro (1753-1806)

Élève de Sekien, Kitagawa Utamaro est passé à la postérité pour ses admirables portraits de courtisanes représentées en buste ou le visage en gros plan. Un tiers de sa considérable production – près de mille neuf cents estampes – est en effet consacré au Yoshiwara, le quartier des plaisirs de la ville d’Edo. Mais ce chantre de la beauté féminine a aussi illustré de luxueux recueils de poèmes humoristiques, les kyōka, dont Souvenirs de la marée basse ou Le Livre des insectes. Fréquentant les cénacles littéraires et travaillant pour le compte du grand éditeur Tsutaya Jūzaburō, Utamaro est victime, en 1804, de la censure shogunale. Emprisonné puis placé sous surveillance, l’auteur du magnifique recueil érotique Le Chant de l’oreiller meurt quelques années plus tard.

Kitagawa Utamaro, La Beauté Tomimoto Itsutomi, série Comparaison de cinq femmes charmantes, 1795-1796, signé Shōmei Utamaro hitsu, éditeur Ōmiya Heihachi, nishiki-e, ōban, 37,9 × 25,4 cm.

Hokusai (1760-1849)

Né dans un faubourg campagnard d’Edo, Katsushika Hokusai est adopté à l’âge de 3 ans par un fabricant de miroirs employé à la Cour. Doté d’aptitudes exceptionnelles et d’une curiosité insatiable, ce génie protéiforme laisse, en soixante-dix ans de carrière, une production hors norme tant par le nombre de ses œuvres que par leur variété. Que ce soit dans ses peintures, dessins, gravures, livres illustrés ou manuels didactiques, Hokusai fait preuve d’une virtuosité sans égale et d’une imagination débordante, confinant parfois au fantastique. À partir des années 1830, ses admirables séries de paysages réalisent la symbiose parfaite entre sa vision mystique de la nature et ses influences occidentales. Appartenant à la série des Trente-six Vues du mont Fuji, son chef-d’œuvre, La Vague, est universellement célébré.

Katsushika Hokusai, Murasaki-gai (Le coquillage violet), de la série Genroku kasen kaiawase (Le jeu des coquillages avec les poètes de l’ère Genroku) signé Getchirôjin Iitsu hitsu, 1821, nishiki-e pigment métallique, 19,7 x 17,5 cm, shikishiban surimono

Hiroshige (1797-1858)

Fils d’un officier de la brigade du feu à la cour d’Edo et héritier de cette charge shogunale, Utagawa Hiroshige accompagne à ce titre le cortège officiel sur la route du Tōkaidō. Formé auprès du graveur Utagawa Toyohiro, il réalise d’abord des portraits de courtisanes, d’acteurs et de guerriers, ainsi que des surimono pour des clubs de poésie. À partir de 1833, il parcourt inlassablement le Japon pour dessiner des paysages d’une extrême sensibilité. Saisissant sur le vif des scènes de genre, captant avec grâce les effets atmosphériques, ses séries, telles les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō, ont séduit et influencé les impressionnistes français. Hiroshige est également célèbre pour ses estampes de fleurs, d’oiseaux et de poissons, d’une exquise poésie.

Utagawa Hiroshige, Jardin de paulownias (52e vue), série Cent Vues célèbres d’Edo, 1856, signé Hiroshige ga, éditeur Uoya Eikichi, nishiki-e, ōban, 35,8 × 23,6 cm

Sharaku (actif vers 1794-1795)

Un voile de mystère nimbe la fulgurante carrière de Tōshūsai Sharaku. Créées en l’espace de dix mois, entre les années 1794 et 1795, ses cent cinquante-neuf estampes de format ōban (38 x 25 cm) représentent des portraits d’acteurs célèbres, en plan rapproché ou en pied. Publiées par l’éditeur Tsutaya Jūzaburō, ses œuvres, d’une intensité psychologique rare dans l’art japonais, ont beaucoup inspiré le peintre français Toulouse-Lautrec, autre grand amateur des figures du spectacle.

Toshusai Sharaku, Ichikawa Yaozō III dans le rôle de Fuwa no Banzaemon et Sakata Hangorō no Kosodate kannonbō, 1794, signé Tōshūsai Sharaku ga, éditeur Tsutaya Jūzaburō, sceau de censure kiwame, nishiki-e, mica, ōban, 38 × 25,3 cm.

Kunisada (1786-1864)

Fils d’un officier de la brigade du feu à la cour d’Edo et héritier de cette charge shogunale, Utagawa Hiroshige accompagne à ce titre le cortège officiel sur la route du Tōkaidō. Formé auprès du graveur Utagawa Toyohiro, il réalise d’abord des portraits de courtisanes, d’acteurs et de guerriers, ainsi que des surimono pour des clubs de poésie. À partir de 1833, il parcourt inlassablement le Japon pour dessiner des paysages d’une extrême sensibilité. Saisissant sur le vif des scènes de genre, captant avec grâce les effets atmosphériques, ses séries, telles les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō, ont séduit et influencé les impressionnistes français. Hiroshige est également célèbre pour ses estampes de fleurs, d’oiseaux et de poissons, d’une exquise poésie.

Utagawa Kunisada, Shichidaime Ichikawa Danjurô no Soga no Gorô to Omi no Okane (L’acteur Ichikawa Danjûrô VII dans le rôle de Soga no Gorô et Omi no Okane) signé Gototei Kunisada ga, 1818-1830, nishiki-e pigments métalliques, 20 x 27,2 cm, chûban surimono

Shinsai (actif vers 1799-1823)

Ryūryūkyo Shinsai appartient au cercle prestigieux des premiers élèves de Hokusai. Son maître l’autorise à adopter l’un de ses nombreux noms (« Ryūryūkyo ») et l’introduit auprès d’un cercle de poètes qui lui passe ses premières commandes. Shinsai est également sollicité pour ses estampes de paysages nourries d’influences occidentales. Son talent éclate dans des surimono qui mêlent de façon incongrue compositions exquises et objets de la vie quotidienne (livres, plateaux, bouilloires, boîtes…).

Ryuryukyo Shinsai, Table de fête pour le Nouvel An, 1820, signé Shinsai, shikishiban surimono, nishiki-e, gaufrage, pigment métallique, 18,2 × 20 cm.

Hokkei (1780-1850)

Totoya Hokkei a été poissonnier avant de se consacrer pleinement à l’art de l’ukiyo-e. Élève de Hokusai, il partage avec son maître un style clair et une fine observation de la nature. Dans les années 1820-30, son activité est particulièrement prolifique. Il réalise ainsi pas moins de huit cents surimono et illustre une centaine de livres, dont des romans comiques, des manuels érotiques, ainsi qu’un recueil de croquis, appelé Hokkei Manga, dans la veine de celui de Hokusai.

Totoya Hokkei, L’honnêteté, de la série Santai sanban tsuzuki (Triptyque des trois qualités) signé Hokkei, 1820-1833 nishiki-e, gaufrage pigment métallique 21,4 x 18,7 cm, shikishiban surimono

Gakutei (vers 1786-1868)

Né à Edo, Yashima Gakutei est l’élève de Hokkei et bénéficie, comme son maître, de l’influence du grand Hokusai. Après avoir produit quelques estampes sur des feuilles libres, ce fils de samouraï s’illustre autant par ses poèmes humoristiques (kyōka) que par ses dessins de surimono. Il s’installe à partir des années 1830 dans la ville d’Osaka où il s’adonne à la peinture de paysages, tout en poursuivant son œuvre d’illustrateur. On lui doit aussi une traduction du poème chinois La Pérégrination vers l’Ouest, qu’il publie avec ses propres gravures.

Yashima Gakutei, Tsuru (Grues), de la série Tsuru kame ni ban (Grues et tortues), 1820-1830, nishiki-e, pigment métallique, 20,6 x 18,3 cm, shikishiban surimono

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Le Louvre lance un appel aux dons pour acquérir une statue en bronze rescapée de Pompéi

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Cette année encore, vous pouvez devenir mécène du Louvre. Pour le 10e anniversaire de « Tous mécènes ! », le musée lance une campagne de mécénat participatif pour acquérir un Apollon citharède (joueur de cithare) d’une valeur de 6,7 millions d’euros. La Société des Amis du Louvre ayant déjà version 3,5 millions d’euros, l’objectif minimum de la souscription est de 800 000 euros, avant le 28 février 2020.
Connue depuis 1922 dans la collection Durighello, la statuette en bronze (hauteur 68 cm) représentant le dieu grec des arts date du IIe ou Ier siècle avant notre ère. D’après le Louvre, elle appartenait au décor d’une villa romaine des environs de Pompéi. Ensevelie sous les cendres de l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C., l’œuvre est l’une des rares à avoir échappé aux refontes des bronzes grecs et romains pratiquées dès l’Antiquité et durant le Moyen-Âge pour récupérer le métal. L’institution conserve déjà deux sculptures similaires, un Mercure et un Hercule découverts à Herculanum, illustrant le programme statuaire des villas romaines. L’acquisition de cette œuvre, en mains privées depuis près d’un siècle sans avoir été présenté au public, permettrait de compléter le corpus de bronzes antiques du Louvre. Pour l’heure, le crowdfunding a rassemblé plus de 23 000 donateurs.
« Tous mécènes ! » est la première opération de mécénat lancée par un musée national français. La campagne a notamment permis au Louvre de réunir 1 260 000 euros pour finaliser l’acquisition du tableau Les Trois Grâces de Lucas Cranach en 2010, ou encore près de 1,5 million d’euros pour le Livre d’Heures de François Ier en 2017. Pour cette édition, les donateurs peuvent payer via la plateforme de dons donate.louvre.fr, ou sur place dans une urne à espèces ou sur une borne de paiement sans contact, ou par SMS en envoyant LOUVRE au 92004.

Apollon Citharède, seconde moitié du IIe siècle av. J.-C., bronze, h. 68 cm © Christie’s

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Le Centre Pompidou s’installe à Shanghai

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Le 19 décembre 2018, le West Bund Group (entreprise publique en charge du développement, de l’exploitation et de la gestion des berges du district de Xuhui) et le Centre Pompidou signaient un contrat de cinq ans (renouvelable) scellant leur partenariat pour la création du Centre Pompidou x West Bund Museum Project. Moins d’un an plus tard, l’institution ouvre ses portes dans un bâtiment de vingt-cinq mille mètres carrés construit par l’architecte britannique David Chipperfield, situé sur la rive nord du fleuve Huang Pu. « Le Centre Pompidou a depuis longtemps de nombreux échanges et coopérations avec la Chine, et la collection comporte aujourd’hui plus de deux cents œuvres réalisées par près de cent vingt artistes chinois ou nés en Chine, datant des années 1930 à nos jours et couvrant tous les médiums », explique Serge Lasvignes, le président de l’établissement. Composé de trois volumes de galeries aux lignes pures, déployées sur deux étages et articulées autour d’un hall central, l’édifice est inauguré avec un parcours semi-permanent (il sera renouvelé tous les six mois) intitulé « The Shape of time ». Il réunit une centaine de peintures, de sculptures, de photographies et d’installations des XXe et XXIe siècles prêtées par le Centre Pompidou (Paris). En dix chapitres, l’accrochage propose une réflexion sur le temps et sa représentation dans les arts visuels européens (Pablo Picasso, Sonia Delaunay, Cy Twombly, Christian Boltanski, Gerhard Richter…) et chinois (Zhang Huan, Ding Yi, Zao Wou-Ki, Cai Guo Qiang…). En parallèle, la première exposition temporaire met en lumière la collection Nouveaux Médias du Centre Pompidou, à travers une sélection d’une vingtaine de pièces vidéo et numériques signées Bruce Nauman, Joan Jonas, Pierre Huyghe ou encore Ryoji Ikeda.

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Ma langue au chat : Quels sculpteurs vivant en France Barbara Hepworth admira-t-elle particulièrement ?

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Jusqu’au 22 mars, le musée Rodin monte avec la Tate de Londres une rétrospective de la sculptrice britannique Barbara Hepworth (1903-1975). Son travail, entre abstraction et figuration, s’attache aux formes libres et aux notions de plein et de vide.

QUESTION

Quels sculpteurs vivant en France Barbara Hepworth admira-t-elle particulièrement ?


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RÉPONSE

Le Roumain Constantin Brancusi est le sculpteur que Barbara Hepworth admire le plus. Elle le rencontre en 1933 à Paris et parle alors d’un choc esthétique, d’« un sentiment miraculeux d’éternité » devant la perfection et la joie vivante des formes produites par Brancusi. Elle admire également Jean Arp dont elle visite l’atelier à Meudon.

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Barbara Hepworth
In Fine Éditions d’art, 256 pp., 35 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition présentée au musée Rodin
du 5 novembre 2019 au 22 mars 2020 en partenariat avec la Tate
et avec le soutien du British Council et de l’Ambassade de Grande-Bretagne.

+ d’infos

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Le Greco en 5 chefs-d’œuvre

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L’Adoration du nom de Jésus
dit aussi Le Songe de Philippe II, vers 1578-1579
huile sur toile, 140 x 109,5 cm
Madrid, monastère San Lorenzo de El Escorial ©Scala, Florence

Peinte pour Philippe II vers 1578-1579, cette œuvre a été interprétée comme une allégorie de la Sainte Ligue conclue entre l’Espagne, la papauté et la République de Venise pour combattre l’expansion de l’Islam et les Ottomans. Au premier plan sont représentés le pape Pie V, le doge de Venise Alvisio Ier Mocenigo et le roi Philippe II. En prière ou en action de grâce, les yeux tournés vers le ciel, ces représentants des pouvoirs spirituel, économique et politique alliés contre l’Infidèle composent virtuellement une pyramide dont le sommet pointe une nuée céleste, assemblée d’anges et d’élus réunis en apesanteur autour du nom rayonnant du Sauveur, le monogramme IHS. En fond, au-delà d’une arche rougeoyante, le paysage se transforme en une géhenne obscure parcourue de fleuves incandescents, peuplée d’une foule ondulante de chrétiens implorants tandis qu’à droite, la gueule béante et sinistre d’un monstre, la bouche de l’enfer, engloutit une multitude de damnés. La variété des titres donnés à cette composition – Le Songe de Philippe II, L’Allégorie de la Sainte Ligue, L’Adoration du nom de Jésus, Le Jugement dernier mais aussi La Gloire de Philippe II, en référence à La Gloire commandée par Charles Quint à Titien – traduit sa richesse. À l’idéologie politique de la défense de la Chrétienté, à la célébration de la victoire de Lépante, s’ajoute une symbolique plus vaste, propre à la pensée de l’époque, celle d’une lutte spirituelle entre le Ciel et la Terre, qui doit se résoudre par l’élévation vers le Salut. Stylistiquement, la toile condense tout ce qui fait la profonde originalité de Greco : l’indifférence à une imitation vraisemblable de la nature et de l’espace, le schématisme conceptuel de la tradition byzantine, joints à l’expressivité de la forme serpentine et au chromatisme de l’art maniériste italien. Le foisonnement des scènes se résorbe grâce aux mouvements des figures, aux ondulations des lignes dans un mouvement ascensionnel vers la couleur pure et la lumière dorée.

Pietà
1580-1590, huile sur toile, 121 x 155,8 cm
Collection Niárchos ©Collection particulière

Réalisée à Tolède, vers 1580-1590, la Pietà de la collection Niárchos traduit l’influence de celle sculptée par Michel-Ange pour Saint-Pierre de Rome. Le cadrage est dramatiquement resserré sur le groupe horizontal des figures, réduisant l’arrière-plan à un pan de ciel obscur, pour se concentrer sur le corps étendu offert à la vénération. L’exposition des blessures, les regards de Marie-Madeleine et de la Vierge accentuent l’intensité spirituelle de la scène. La composition se développe de droite à gauche, de Marie-Madeleine et de la Vierge en position d’adieux à Joseph d’Arimathie qui soulève le corps pour l’emporter. Les diagonales ascendantes répétées jusqu’au manteau à gauche qui semble se dresser de lui-même rendent visible le mystère de la scène : le « transport » d’un corps mort devenant un corps gracieux, promis à la résurrection.

Sainte Marie-Madeleine pénitente
vers 1584, huile sur toile, 108 x 101,3 cm
Worcester, Worcester Art Museum ©Bridgeman Images

La figure de Marie-Madeleine, prostituée repentie, est parmi les plus sollicitées par l’Église de la Contre-Réforme. Symbole de la pénitence et du Salut par la foi, la pécheresse convertie est emblématique de l’iconographie post-tridentine : l’effet pathétique vise l’empathie du spectateur, sollicitant la sensibilité plutôt que la raison. Le tableau de Worcester a été peint peu après l’arrivée de Greco en Espagne, initiant de nombreuses autres variations sur ce sujet qu’il affectionnait et dont on connaît cinq types de compositions, abondamment copiées par son atelier. De manière évidente, cette version procède de La Madeleine de Titien (Florence, Galerie Palatine) en dépit de l’inversion de l’arrière-plan : même césure diagonale entre le ciel lumineux, le lointain du paysage et l’opacité sombre du rocher, même présence immédiate de cette masse contre laquelle la sainte, baignée de lumière, apparaît les yeux tournés vers le ciel avec les accessoires de sa réclusion érémitique – le crâne, les Évangiles – et son attribut, le pot à onguent. Greco élimine d’emblée l’ambiguïté de l’extase au profit d’une expression méditative. Toutefois, la touche mouvementée qui bouleverse dramatiquement le ciel et le paysage désertique à l’allure fantastique révèlent une prise de distance avec le modèle du maître vénitien. Dans la toile de Worcester, le peintre abandonne certains éléments d’iconographie présents sur les versions antérieures : la nudité de la chair, le sein qui transparaît sous le voile, la main posée sur la poitrine. La prostituée repentie est ici enveloppée d’étoffes, mains croisées en prière sur les genoux. De même, l’allongement sinueux de la figure, le surdimensionnement des yeux baignés de larmes, ce mouvement de tension vers le haut qui affecte l’ensemble de la toile provoquent une spiritualisation accrue de la sainte, comme absoute de tous les signes de son passé peccamineux.

Le Christ en Croix
vers 1600, huile sur toile, 193 x 116 cm
Cleveland, Cleveland Museum of Art ©Bridgeman Images

Peinte vers 1600, la Crucifixion de Cleveland porte à leur paroxysme les choix picturaux mis en œuvre dix ans plus tôt par l’artiste dans le Christ en croix du Musée du Louvre. Croix dressée sur un ciel d’orage, suppression des figures de la Vierge et de saint Jean, cadrage en contre-plongée : tout est fait pour focaliser le regard sur le corps du Christ et sa nature transcendante. Ici, le peintre a également supprimé les donateurs. Ne demeure que le noir du ciel et le corps lumineux du Christ démesurément allongé, comme tendu vers le ciel. Si au niveau inférieur apparaissent le profil obscur d’une colline et les frondaisons de quelques arbres, paysage déserté et funèbre, la base de la Croix demeure invisible et le lieu se réduit toujours à un ciel ténébreux de fin du monde. Les trouées lumineuses sont devenues quelques zébrures électriques, la palette s’est assombrie – des noirs, des verts acides, des gris. L’opacité, la densité en sont accrues et ainsi la puissance dramatique de la scène. Devant ce ciel « crucifié » se contemple la solitude du Christ.

L’Ouverture du cinquième sceau, dit aussi La Vision de saint Jean, 1610-1614, huile sur toile, 222,3 x 193 cm, New York, Metropolitan Museum of Art ©The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais/image of the MMA

L’Ouverture du cinquième sceau
dit aussi La Vision de saint Jean,
1610-1614, huile sur toile, 222,3 x 193 cm
New York, Metropolitan Museum of Art ©The Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais/image of the MMA

Oeuvre de la maturité, peinte entre 1610 et 1614 pour l’église de l’hôpital Saint-Jean-Baptiste de Tolède (hôpital Tavera), L’Ouverture du cinquième sceau appartient à un ensemble monumental conçu pour le maître-autel. Une Annonciation, aujourd’hui conservée à la Galerie nationale d’Athènes, et un Baptême, demeuré in situ, encadraient cette vaste composition dont la partie supérieure a été coupée lors d’une restauration au musée du Prado en 1880. Dans un espace dépouillé de toute référence familière, réduit à des coordonnées plus conceptuelles que concrètes, à des pans de couleur, l’immense arc de cercle que forme la figure démesurément allongée de saint Jean semble générer, au second plan, le déploiement sinusoïdal de sept corps nus en mouvement. Les déformations étirent les silhouettes, les ombres sinueuses et le cerne noir en exaltent la plasticité : ces corps mouvants semblent se draper autant que plonger dans la couleur. Du premier agenouillé jusqu’au dernier en extension vers le ciel, devant l’écran des voiles jaune, vert et blanc, ces silhouettes d’hommes et de femmes soulignent le paradoxe de la figure de saint Jean, l’étrangeté de ce corps qui semble autant s’allonger jusqu’à toucher le ciel de ses mains qu’être sur le point de tomber à genoux. Mais davantage, par cette torsion des personnages et de l’espace, Greco donne figure à l’étrangeté même de la vision-révélation de saint Jean à Patmos, l’Apocalypse, qui signifie littéralement « dévoilement ». Ce tableau en représente un passage, l’ouverture du cinquième sceau, qui survient après l’apparition successive des quatre cavaliers : « Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu’ils avaient rendu […]. Une robe blanche fut donnée à chacun d’eux ; et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore ». Dans le dépouillement autant que dans l’outrance de la picturalité, le peintre épouse la structure du récit prophétique, son ambiguïté : l’expérience humaine d’une réalité spirituelle transcendante, la vision d’un monde nouveau à venir par un homme de ce monde.

Découvrez dès à présent en kiosque notre hors-série
publié en collaboration avec « La Croix »

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Les Conférences de Connaissance des Arts

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Pourquoi le point fascine-t-il les postimpressionnistes ?
Quelle révolution ont accompli les Avant-Gardes ?
Qu’est-ce que le Beau surréaliste ? Découvrez notre cycle de conférences
« Comprendre l’Art moderne »

Pour la saison 2019-2020, les conférences de « Connaissance des Arts » seront consacrées à l’Art moderne ! De Seurat à Soulages, en passant par le Bauhaus et la Pop Culture, c’est une épopée artistique hors du commun que nous vous invitons à découvrir au fil de 8 nouvelles conférences.
Retrouvez-nous chaque mois, dans notre Auditorium, situé au 10, boulevard de Grenelle à Paris, pour comprendre un mouvement ou grand thème de l’art du XXe siècle avec un expert du domaine.

CYCLE
♦ 8 conférences ♦

1 inscription au Cycle = 1 conférence offerte
Inscrivez-vous pour 8 conférences au tarif préférentiel de 180€ au lieu de 200€

À LA CARTE Tarif par conférence : 25€ Les Avant-Gardes, autour des Fauves et des cubistes
21 novembre 2019 – 
18h30 à 20h00 

Autour des figures de Matisse et de Picasso se trament deux grandes révolutions du début du XXe siècle. La recherche chromatique issue des postimpressionnistes est désormais au centre des préoccupations d’un cercle d’artistes réunissant Matisse, Derain, Vlaminck et bien d’autres. Les formes simplifiées, l’audace des aplats aux couleurs vives bouleversent les visiteurs du Salon d’automne de 1905 et notamment Louis Vauxcelles qui surnommera ce groupe « les Fauves ». Picasso, quant à lui, opère un tournant décisif dans son art. S’inspirant de Cézanne et de l’art primitif, le peintre déconstruit son motif par géométrisation. Sa toile, Les demoiselles d’Avignon, présentée en 1907 engage une jeune génération d’artistes à l’instar de Braque ou Juan Gris dans l’exploration de formes et de supports.

Animée par Caroline Rastello, conférencière en histoire de l’art

♦ Entre archaïsme et expressionnisme, une nouvelle esthétique
19 décembre 2019 – 18h30 à 20h00 

Lorsque les artistes européens découvrent les arts non-occidentaux à la faveur des expositions coloniales, ils sont à la recherche de nouvelles formes de création, capables d’allier subjectivité et esthétique. La liberté d’expression des œuvres qu’ils découvrent – masques africains, parures colorées – les incite à se tourner vers la redécouverte d’un passé ignoré. Depuis les contes populaires références pour August Macke dans Die Brücke ou chez Gabriele Münter pour le Blaue Reiter aux recherches du sauvage chez le naïf Douanier Rousseau, la marque de l’archaïsme devient source de création associée aux théories scientifiques et psychanalytiques les plus modernes. La conférence se propose d’aborder le primitif en art à travers les multiples facettes de cette expérience et ses impacts sur les nouvelles esthétiques du début du XXe siècle.

Animée par Caroline Rastello, conférencière en histoire de l’art

♦ Les révolutions dans l’art : Bauhaus, Constructivisme, Abstraction
23 janvier 2020 – 18h30 à 20h00 

Entre 1917 et 1919, de grands mouvements artistiques émergent autour de pratiques nouvelles : photographies, mise en avant de la spatialité, attention particulière à la matière, rejet de la figuration. De la première aquarelle abstraite de Kandinsky aux nouveaux espaces définis par Mondrian pour De Stijl et Pevsner pour le Constructivisme Russe, les artistes s’engagent sur de nouvelles réflexions. La conférence confrontera ces pratiques révolutionnaires à l’enseignement du Bauhaus et aux œuvres de ces professeurs engagés.

Animée par Sybille Bellamy-Brown, historienne de l’art et chargée de cours à l’École du Louvre

♦ Dada et les Surréalistes, l’art comme terrain de jeu
27 février 2020 – 18h30 à 20h00 

L’entrée de l’Europe dans la Première guerre mondiale pousse quelques artistes à regarder vers l’absurde comme motif de création. Symbole de fébrilité du temps, le mouvement Dada après quelques heures de gloire, s’essouffle et les figures fortes du dadaïsme évoluent vers d’autres réflexions. Les thématiques de l’inconscient, du rêve et de la beauté convulsive sont communes à la création de Man Ray, Max Ernst, Francis Picabia, René Magritte ou Salvator Dali – chantres du Surréalisme. La conférence se concentrera sur les temps forts des deux mouvements phares de l’entre-deux-guerres, depuis la publication de leurs manifestes respectifs aux expositions les plus marquantes des membres des deux groupes.

Intervenant à confirmer

♦ L’Art Déco et les Expositions internationales de 1925 et 1937
19 mars 2020 – 18h30 à 20h00 

Géométrisation, sensibilité accrue pour la modernité, l’art Déco marque durablement les conceptions artistiques du XXe siècle. Sa diffusion internationale, à travers les expositions, les paquebots et les voyages fréquents des artistes en fait un mouvement connu à travers le monde. La vitalité des expositions parisiennes de 1925 et de 1937 témoigne d’une force du milieu artistique parisien, autour des figures aussi accomplies que Robert Mallet-Stevens, les frères Martel, le couple Delaunay, le couturier Poiret ou les créateurs de Cartier. La conférence se propose de vous faire découvrir ce monde fait de luxe, de mots et d’images, pour une promesse artistique de haute volée.

Animée par Anne-Sophie Godot, historienne de l’art et chargée de cours à l’École du Louvre

♦ De Pollock à Soulages : abstraction américaine et reconstruction européenne
23 avril 2020 – 18h30 à 20h00

La maturité artistique de Jackson Pollock (1912-1956), ses grands formats utilisant la technique des éclaboussures de peintures inaugurent l’émergence d’un art abstrait états-unien qui selon le puissant critique Clement Greenberg, ne doit rien plus rien à l’art européen. L’abstraction américaine se développe avec des personnalités artistiques aussi diverses que Ellsworth Kelly, Clifford Steel, Barnett Newmann ou Marx Rothko. La Seconde Guerre mondiale et ses traumatismes ont profondément bouleversé les artistes et le monde de l’art. L’École de New York devient prépondérante. Mais L’Europe n’a pas dit son dernier mot avec des artistes comme Georges Mathieu, Jean Dewasne, Zao Wou Ki ou Soulages au parcours si singulier.

Animée par Cendrine Vivier, conférencière nationale

L’objet du quotidien, entre Nouveau Réalisme et Pop culture
28 mai 2020 – 18h30 à 20h00

De Richard Hamilton en Angleterre à Andy Warhol ou Roy Lichtenstein, le Pop art choisit comme source d’inspiration la société de consommation alors émergente et qui exerce sur eux une forme de fascination. Loin des sources savantes et littéraires, le Pop art se veut accessible et populaire. Warhol et son atelier la Factory deviennent emblématiques de ces nouvelles pratiques à partir de 1963. En France, des artistes se regroupent autour du critique et théoricien Pierre Restany pour créer le Nouveau Réalisme : Martial Raysse, Daniel Spoerri, Yves Klein, Arman, Jacques Villeglé, Niki de Saint-Phalle, Jean Tinguely veulent développer le « recyclage poétique du réel urbain » pour citer Pierre Restany.

Intervenant à confirmer

♦ L’éclatement des pratiques dans les années 1960 et 1970
25 juin  2020 – 18h30 à 20h00

Ces deux décennies sont celles d’un éclatement tous azimuts des pratiques, des enjeux, des méthodes dans le monde artistique. Dans l’art cinétique, le mouvement devient le medium principal. Avec l’Op Art, la vision du spectateur est la cible : Vasarely, Bridget Riley, les artistes du GRAV s’attachent à créer des jeux d’optique et d’illusion dépourvus de toute signification. Le mouvement Supports-Surfaces, l’Arte Povera, Le Land Art, le minimalisme… autant de tendances qui font sortir l’art de ses catégories dans un renouvellement souvent contestataire et radical. D’autres artistes ne produisent plus des œuvres mais des événements, des happenings qui doivent faire réagir les spectateurs. Les artistes de Fluxus, Carole Schneemann, Claes Oldenburg sont quelques représentants de cette lame de fond qui touche également l’Europe : Joseph Beuys, Wolf Vostell, pour l’Allemagne, Jean-Jacques Lebel pour la France.

Animée par Baptiste Brun, maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l’université Rennes 2

 

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La photo fait salon(s) à Paris

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« Paris Photo »
Grand Palais
du 7 au 10 novembre

Samuel Fordham, I Thought I Would Sit Here and Look Out Over the Fjord for the Last Time (détail) © Samuel Fordham,

Pour sa 23e édition, Paris Photo accueille, parmi cent soixante-dix-neuf marchands et trente-trois éditeurs, quinze nouvelles galeries, qui témoignent de sa diversité. Ainsi, quand Hauser & Wirth propose un solo show du classique August Sander, Anne-Sarah Bénichou et The Pill s’associent pour faire découvrir la photographie politique de Mathias Depardon, Decebal Scriba ou Seton Smith. La section Curiosa, qui avait beaucoup fait parler d’elle l’an dernier, est aujourd’hui confiée au commissaire anglo-ghanéen Osei Bonsu, qui a travaillé sur l’instabilité du monde vue par des photographes émergents. « Car une réelle demande se fait toujours ressentir envers la jeune création », observe le directeur artistique de Paris Photo, Christoph Wiesner. Si la foire parisienne s’est définitivement positionnée comme leader mondial, son nouveau défi est le lancement de Paris Photo New York en avril 2020. Le but est de séduire les scènes d’Amérique du Nord et du Sud, et de favoriser les échanges avec la France… dans un second temps.

PhotoSaintGermain
quartier Saint-Germain-des-Prés
du 6 au 23 novembre

Carl Strüwe, STR 1-167, Dessin de toupie. Cmlair-obscur métallique (détail), Fraisure d’un cliché en plomb, 1952 ©Carl-Strüwe-Archiv, Prof. Gottfried Jäger/VG BIld Kunst, Bonn

« En adéquation avec l’esprit des lieux, PhotoSaintGermain joue pour cette édition encore plus avec les codes du quartier », selon sa codirectrice Virginie Huet. Ainsi, accompagnant la vingtaine de participants – marchands et institutionnels –, un group show est organisé par le photographe Aaron Stern à l’hôtel La Louisiane et un nouveau format d’exposition, coordonné par l’artiste Nicolas Silberfaden, est inauguré chez les bouquinistes des quais situés juste en face des Beaux-Arts de Paris.

« Fotofever »
Carrousel du Louvre
du 8 au 10 novembre

Julia Amarger, Série Ceci est un secret (détail) ©DR

Deux lignes sont affichées cette année par la foire qui défend la photographie émergente : la recherche de l’égalité entre artistes hommes et femmes, puis l’attention à la scène française. Comme le rappelle Cécile Schall, « même si nous avons vingt pays représentés parmi nos cent exposants, il ne faut pas oublier que le médium a été, en partie, inventé il y a cent quatre-vingts ans par Louis Daguerre. Mais nous ne sommes pas forcément bons en France pour valoriser notre patrimoine… Quant aux créatrices, il faut toujours les encourager. En effet, sur 70% d’étudiantes en écoles de photo, peu se font un nom et elles vendent à des prix moins élevés que leurs confrères masculins ». Parmi les coups de cœur de la directrice de Fotofever, citons Julie Lagier chez Follow Your Dreams, Anaëlle Cathala chez ALB, mais aussi Gilles Lorin, présenté par Jörg Maass.

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Fribourg, cœur de l’Europe au musée d’Art et d’Histoire

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Le XIVe siècle fut, pour Fribourg, une période de développement et de mutation qui méritait cette exposition, riche de réalisations diverses. Fondée sur un éperon dominant la Sarine par le duc Berthold IV de Zäringhen en 1157, puis passée sous domination Habsbourg en 1278 avant de rejoindre (1481) la confédération suisse, la cité, en signe d’émancipation, avait lancé dès 1283 la reconstruction de l’église paroissiale Saint-Nicolas à deux portails sculptés (années 1340 et 1400) et ornée, en façade, d’une tour spectaculaire (1370-1490) de quatre-vingts mètres. En témoignent ici des figures originales ainsi que de rares projets dessinés relatifs à la tour. Hauterive, abbaye cistercienne proche de Fribourg, est illustrée par de magnifiques verrières (1322-1328 et 1330-1340) ainsi que par des manuscrits issus de son scriptorium. Dans l’art statuaire qui concentre le jeu des influences, si le grès rouge de certaines œuvres signale des importations du Rhin supérieur, la pierre régionale trahit ailleurs des réalisations locales. De même, l’analyse du bois de l’extraordinaire Christ mort (c. 1330) de l’église des moniales cisterciennes de Maigrauge à Fribourg, avec son coffre peint rattaché à l’art de Constance, désigne-t-elle une exécution locale. Signalées ici parmi d’autres, les études scientifiques et restaurations apportent, comme on le voit, de très précieuses informations sur les courants d’échanges artistiques du temps.

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La maison de ventes Leclere rachetée par de Baecque

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L’affaire de la maison de ventes Leclere n’est pas terminée. Pour rappel, Damien Leclere avait déposé le bilan de sa maison de ventes, établie à Marseille et à Paris, le 26 août dernier suite à un problème de trésorerie. Le redressement économique étant jugé impossible par le tribunal de commerce de Marseille, une procédure de liquidation avait été ordonnée. Le sort, ou du moins Étienne de Baecque, en a décidé autrement. Suite à un appel d’offres de « reprise du fonds de commerce », la maison De Baecque-d’Ouince-Sarrau, implantée à Lyon et à Paris, a repris l’hôtel des ventes marseillais, depuis le 22 octobre dernier. Depuis le 4 novembre, celle-ci a rouvert ses portes. Cependant, depuis la réouverture de ses portes le 4 novembre, seuls trois des seize anciens employés ont été pour l’heure recrutés par de Baecque avec de nouveaux contrats. D’après « Le Journal des Arts », une structure dénommée De Baecque Marseille, filiale de la maison de ventes, est en cours de création.

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Lumière(s) sur le Bauhaus aux Puces du Design

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La Porte de Versailles accueille, du 14 au 17 novembre, l’événement biannuel des Puces du Design, dont raffolent les amoureux des arts décoratifs modernistes. Cette année, outre la présence habituelle des pièces emblématiques du design des années 1950 à nos jours, c’est le centenaire de la création du Bauhaus (en 1919 à Weimar) qui promet d’en faire une édition un brin à part. Dans cette optique, deux antiquaires passionnés, Joanna et Emmanuel Jourgeaud, fondateurs du site de vente et location de design 5-element.fr, présenteront un stand entièrement dédié à des luminaires imaginés par les élèves de l’atelier du métal du Bauhaus et édités par les plus grandes fabriques de leur temps. Avec leurs formes simples et épurées, leurs fûts et leurs abat-jours modulables, l’ingéniosité de leurs interrupteurs poussoirs intégrés sur la base ou la calotte, ces luminaires sont à la fois fonctionnels et esthétiques et suivent le fameux précepte de l’architecte Louis Sullivan : « La forme suit la fonction ». Leurs matériaux avant-gardistes, tels que le verre pressé ou l’acier, les rendent résistants et répondent aux nouveaux besoins de l’époque. Une soixantaine de lampes dessinées par Marianne Brandt, Karl Trabert ou Christian Dell seront ainsi exposées durant les quatre jours du salon, en confrontation avec une sélection de luminaires du designer Curt Fisher (1890-1956), dont les modèles flexibles et pratiques ont beaucoup inspiré les élèves du Bauhaus.

Exposition Luminaires 5-element.fr « Bauhaus 100 ans de design »
Les Puces du Design x Design art Fair
Du 14 au 17 novembre 2019
Paris Expo – Porte de Versailles – Hall 2.01

©5element.fr

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François Brouat prend la tête d’Arc en rêve à Bordeaux

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À l’ombre du Capc de Bordeaux, le centre Arc en rêve fait son bilan. Depuis le 3 octobre et jusqu’au 26 janvier, une exposition intitulée « yellow demain » et présentée dans la galerie blanche raconte cette aventure originale « entre poétique et politique » entièrement dédiée à l’architecture depuis bientôt quarante ans. Avec ce rappel de toutes les manifestations ayant eu lieu dans ce bâtiment des Chartrons, une page se tourne. Elle a été marquée par le départ du président Denis Mollat (depuis 2017 mais il reste au conseil d’administration) et celui prochain des deux fondateurs, Francine Fort, la directrice générale, et Michel Jacques, le directeur artistique. Administrateur à l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, puis directeur des Affaires culturelles de la Ville de Paris et actuel directeur de l’École nationale supérieure d’Architecture de Paris-Belleville, François Brouat a donc pris la présidence d’Arc en rêve. Ce bon connaisseur des services publics culturels, aguerri aux questions sur l’architecture avec ses derniers postes, devra donc réveiller Arc en rêve (qui malgré ses conférences et projets multiples n’a plus l’aura qu’il avait dans les années 1990-2000) et lui redonner sa place de scène expérimentale autour du bâti. Un défi de taille.

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Ma langue au chat : Quel était le mari-peintre de Barbara Hepworth ?

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Jusqu’au 22 mars, le musée Rodin monte avec la Tate de Londres une rétrospective de la sculptrice britannique Barbara Hepworth (1903-1975). Son travail, entre abstraction et figuration, s’attache aux formes libres et aux notions de plein et de vide.

QUESTION

Quel était le mari-peintre de Barbara Hepworth ?


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RÉPONSE

Après avoir épousé en 1925 le sculpteur John Skeaping avec lequel elle a eu un enfant, Barbara Hepworth rencontre le peintre Ben Nicholson en 1931. Trois ans plus tard, ils auront des triplés et se marieront en 1938 après le divorce de celui-ci.

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Barbara Hepworth
In Fine Éditions d’art, 256 pp., 35 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition présentée au musée Rodin
du 5 novembre 2019 au 22 mars 2020 en partenariat avec la Tate
et avec le soutien du British Council et de l’Ambassade de Grande-Bretagne.

+ d’infos

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Peter Saul toujours Pop aux Abattoirs de Toulouse

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Pour un artiste qui a fait de l’outrance et du mauvais goût sa marque de fabrique, le sujet s’offrait naturellement à lui. Un Portrait expressionniste abstrait de Donald Trump démultiplie ainsi la moumoute présidentielle dans un entrelacs de coups de brosse empâtés. Cette peinture constitue le point d’orgue de la rétrospective que Les Abattoirs consacrent à l’artiste américain. Un parcours qui commence à l’orée des années 1960, alors que Saul séjourne à Paris. Dans un esprit résolument pop, il s’empare de figures de comics ou de cartoons comme Donald… Duck, et les insèrent dans des compositions baroques, saturées de peinture. Là où des artistes comme Warhol ou Liechtenstein préfèrent une manière mécanique et impersonnelle, Saul joue la carte d’une picturalité débridée, dégoulinante même. De retour aux États-Unis en 1964, il œuvre en véritable peintre d’histoire, livrant sa vision acide de la Guerre du Vietnam ou de la lutte pour les droits civiques. De la peinture d’histoire à l’histoire de la peinture, il n’y a qu’un pas, que Saul franchit allègrement à partir des années 1970, lorsqu’il revisite les classiques comme La Ronde de nuit de Rembrandt ou la Joconde, vomissant une pizza !

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Raghu Rai reçoit le Prix de photographie de l’Académie des Beaux-Arts William Klein 2019

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Portrait de Raghu Rai ©Raghu Rai Archives

Pour la première édition du Prix de la photographie de l’Académie des Beaux-Arts William Klein, créé cette année avec le soutien du Chengdu Contemporary Image Museum, c’est le photographe Raghu Rai qui a été remarqué. Récompensant un ou une photographe pour l’ensemble de sa carrière, doté de 120 000 euros et d’une exposition, ce Prix très important sera décerné tous les deux ans à l’Académie des Beaux-Arts à Paris en alternance avec le Prix de photographie Marc Ladreit de Lacharrière. Né en 1942 à Jhang (actuel Pakistan), Raghu Rai devient photographe à l’âge de 23 ans et s’implique rapidement dans le journal The Statesman et le magazine Sunday à Calcutta. La première fois que son travail a pu être admiré en France, c’est à l’occasion de son exposition à la galerie Delpire en 1971 lorsque Raghu Rai présente ses photographies sur les réfugiés pakistanais du Bengale. Henri Cartier-Bresson lui demande alors d’intégrer l’agence Magnum Photos. Tout le travail de Raghu Rai tourne autour de l’Inde et de ses habitants, d’un reportage sur Mère Teresa à la catastrophe du Bhopal en 1984. « Pour moi, explique-t-il, l’Inde est le monde entier, un océan de vie, en perpétuel remous. Ce n’est plus jamais pareil… au même endroit… Mais l’Inde garde vivant l’esprit intérieur de sa propre civilisation avec toutes ses contradictions ». Les Rencontres internationales de la Photographie d’Arles lui ont rendu hommage en 2007. Raghu Rai est également un ardent défenseur de la nature. « Un réel écologiste, commente Sebastiao Salgado. Un grand planteur d’arbres. Avec Meeta, son épouse, ils ont acquis dans les environs de New Delhi, un lopin de terre sur lequel ils ont planté toute une forêt miniature… C’est là qu’il a récolté sa sagesse. C’est en Inde qu’il a trouvé cette paix que l’on retrouve dans ses images ». Le public va pouvoir retrouver celles-ci dans les nouveaux locaux de l’Institut, Pavillon Comtesse de Caen, du 27 novembre 2019 au 5 janvier 2020 avec l’exposition « Voyages dans la nuit ».

Pilgrim Varanasi, 2008 © Raghu Rai

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Idée Lecture : L’Art Brut. D’Aloïse à Zinelli

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Décryptant quelques assertions (« L’art brut, c’est comme l’art primitif, c’est comme le dessin d’enfant, ça n’a rien à voir avec l’art contemporain ») puis analysant les sujets traités (les bestiaires, la guerre, le sexe, l’écriture), l’ouvrage se termine sur un inventaire des vingt artistes phares, d’Aloïse Corbaz à Carlo Zinelli. Enfin, une liste des lieux de l’art brut dans le monde vient compléter cette étude grand public et conseille d’aller voir les beaux ensembles conservés à l’hôpital Prinzhorn à Heidelberg, à la maison des artistes de Gugging, en Autriche, ou au Lam de Villeneuve-d’Ascq.

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Visite d’atelier : Denis Laget, le peintre-peintre

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L’atelier est grand et semble presque vide, les toiles étant parties sur les cimaises du musée des Beaux-Arts de Rennes. Il reste une profusion de gros tubes éclatés en tous sens, de journaux sales entassés sous des tables à roulettes éclaboussées de coulures, de câbles qui courent comme des serpents et s’entortillent sur le béton gris, maculé comme il se doit. Parmi ces quelques traces d’une activité gestuelle violente, émergent calmement un crâne en ivoire et quelques grands coquillages à la béance rose comme ceux que l’on trouve chez Odilon Redon : l’attirail classique et pittoresque d’un peintre dans son atelier … Immensément blanc, sans les rideaux qui pourraient atténuer la luminosité venue de toute la longueur d’un mur vitré, l’atelier n’est nullement tourné vers le nord comme c’est de tradition. Car aujourd’hui les lieux de création se lovent dans des bâtiments industriels reconvertis. Denis Laget, né en 1958, très tôt exposé, a connu des ateliers de toutes sortes. Certains exigus, d’autres historiques comme celui de la Villa Médicis, où il vécut en 1989 et 1990. Atelier magique qui s’embrasait au coucher du soleil, enflammant les quelques harengs saurs décharnés qu’il aimait alors représenter. Aujourd’hui il s’est construit un atelier bucolique dans l’Hérault, où il passe l’été. L’hiver, il peint donc à Montreuil, dans ce vaste lieu sans charme, installé dans une ancienne fabrique de traitement de peausseries. Sur un mur restent quelques tableaux de petits formats. Un oiseau surgi d’un fouillis de fleurs, des méduses à l’air perdu, des feuilles de figuier entrelacées… Plus loin, quelques paysages urbains délavés et sombres.

[…] Il reste 80% de notre article
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Ma langue au chat : Pourquoi Henry Moore est-il plus connu que Barbara Hepworth ?

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Jusqu’au 22 mars, le musée Rodin monte avec la Tate de Londres une rétrospective de la sculptrice britannique Barbara Hepworth (1903-1975). Son travail, entre abstraction et figuration, s’attache aux formes libres et aux notions de plein et de vide.

QUESTION

Pourquoi Henry Moore est-il plus connu que Barbara Hepworth ?


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RÉPONSE

Même s’ils ont étudié au même moment à l’École des Beaux-Arts de Leeds et au Royal College of Art de Londres, Barbara Hepworth est la cadette de cinq ans de Henry Moore mais elle n’est pas sa disciple. Pendant sa carrière, celui-ci bénéficia d’une aide plus grande du British Council et son exposition à la Biennale de Venise eut lieu deux ans avant celle de Barbara Hepworth.

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Barbara Hepworth
In Fine Éditions d’art, 256 pp., 35 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition présentée au musée Rodin
du 5 novembre 2019 au 22 mars 2020 en partenariat avec la Tate
et avec le soutien du British Council et de l’Ambassade de Grande-Bretagne.

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10 expos photo à ne pas manquer

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Denis Brihat, l’esprit poétique de la nature

Denis Brihat n’a toujours voulu qu’une seule chose : honorer la nature. Mais pas n’importe laquelle : des pétales de coquelicot, des herbes folles, des fragments de lichen, des cœurs de kiwi. Depuis les années 1950, ce maître de l’argentique né en 1928 développe une œuvre sensible et sensuelle, dont la beauté n’a d’égale que l’extrême rigueur formelle et une recherche expérimentale constante. À chaque négatif il sait donner une forme idéale, pour en faire de véritables tableaux photographiques uniques par leur forme, leur matière et leur couleur. Longtemps méconnu en France, il a été exposé au MoMA de New York dès les années 1960. Cet immense artiste est à l’honneur cet automne à Paris avec trois expositions. La galerie Camera Obscura, qui le représente, expose un ensemble exceptionnel de grands classiques et d’inédits, tandis que la galerie des Collectionneurs de la BnF dévoile une partie de la collection que le photographe vient d’offrir en donation à l’institution. À voir également, la vingtaine de tirages en noir et blanc de ses voyages en Inde exposés à l’Atelier L’Œil vert.

« Denis Brihat », BnF, site François-Mitterrand, Paris, 01 53 79 59 59 du 8 octobre au 8 décembre

Denis Brihat, Pelure d’oignon (détail), 2002, tirage argentique, virage à l’or, 50 x 60 cm ©D. Brihat/Paris, BnF

Peter Hujar, icône de l’underground new-yorkais

Son nom est indissociable de celui de l’underground new-yorkais des années 1970-1980. Cultivé, ami de Susan Sontag, l’Américain Peter Hujar (1934-1987) s’est concentré sur les avant-gardes de l’East Village, où il résidait. Son œuvre témoigne de l’évolution et de la visibilité des gays entre 1969 les années 1980 avec les ravages du sida. De ses portraits en noir et blanc émerge une sensibilité rare, une écriture à la fois crue et élégante, empreinte de tendresse pour ses sujets.

« Peter Hujar », Jeu de paume-Concorde, Paris, 01 47 03 12 50, du 15 octobre au 19 janvier

Peter Hujar, Candy Darling on her Deathbed (détail), collection of Ronay and Richard Menschel © Peter Hujar Archive, LLC, courtesy Pace/MacGill Gallery, New York and Fraenkel Gallery, San Francisco

Deauville à la croisée des regards

Pour sa dixième édition, le festival Planche(s) contact à Deauville, fidèle à sa formule, a invité six photographes à livrer leur vision de la célèbre cité balnéaire. Au programme cette année, Carole Bellaïche, Nicolas Comment, Larry Fink, Alisa Resnik, Klavdij Sluban et le collectif Riverboom. Toutefois, sous l’impulsion de sa nouvelle directrice artistique, Laura Serani, le festival élargit son champ d’action. D’une part, les artistes ont été conviés à explorer également les territoires voisins. C’est ainsi que Carole Bellaïche est partie à la rencontre des maraîchers du territoire. D’autre part, de nouveaux lieux d’exposition s’ouvrent au public, comme le quartier de la presqu’île, l’hôtel Barrière Normandy ou encore des espaces extérieurs tels que le plongeoir, la piscine et des édifices désaffectés. C’est dans l’un de ces lieux inédits, la villa Strassburger, que se tiendra l’hommage à Claude Lelouch. Enfin, sur la plage, magnifiée par le cinéaste dans Un homme et une femme, le photographe sud-africain Koto Bolofo expose la diversité de son travail, entre images poétiques et photos de mode.

Festival Planche(s) contact, du 19 octobre au 5 janvier

Nicolas Comment, série Cavale, 2019, tirage sur film rétroéclairé, 54 x 80 cm ©Nicolas Comment pour Festival Planche(s) Contact, 2019

Le Japon en clair-obscur de Narahara

Ikkô Narahara (né en 1931) fait ses premiers pas de photographe dans le Japon des années 1950, alors en pleine reconstruction. Cofondateur de l’agence Vivo, il explore dans un noir et blanc expressif un pays parallèle, celui des mines sur l’île de Gukanjima, des prisons ou des monastères, un monde clos et replié sur lui-même. Mais le regard de Narahara se révèle aussi singulier dans l’espace ouvert, comme le souligne sa série consacrée aux États-Unis (1970-1974), dominée par des paysages méditatifs, où affleure une poésie surréaliste.

 « Ikkô Narahara. Japanesque », vieille église Saint-Vincent, Mérignac, du 28 septembre au 15 décembre

Ikko Narahara, Quand le temps s’est effacé #7, Deux poubelles, village amérindien, Nouveau Mexique, États-Unis, 1972, photographie, 34,2 x 22,8 cm ©Paris, Mep, don de la société Dai Nippon Printing Co. LTD

La photographie libanaise à l’Ima

Déployée sur plusieurs lieux, la troisième Biennale des photographes du monde arabe contemporain porte un regard sur le monde arabe d’aujourd’hui en privilégiant la démarche artistique. L’Institut du monde arabe met la scène libanaise à l’honneur avec, notamment, la photographe Lamia Maria Abillama, auteur de portraits de femmes libanaises marquées par les incessantes guerres qui émaillent l’histoire de leur pays depuis les années 1970.

3e Biennale des photographes du monde arabe contemporain, Institut du monde arabe, Paris, 01 40 51 38 38, du 11 septembre au 24 novembre

Nadim Asfar, Where I End and you Begin, projet en cours

Maxime Duveau ou la réinvention du tableau

Chaque exposition de Maxime Duveau procure une sensation de voyage dans le monde contemporain que ce jeune artiste, appuyé sur sa passion du dessin et de la photographie, réinvente en un implacable spectacle graphique noir et blanc. À la Fondation Salomon comme ailleurs, Maxime Duveau ménage en outre la transition en traitant au pochoir les parois murales accueillant ses visions urbaines. Un monde guère peuplé d’hommes mais regorgeant de présence humaine dans une réalité muée en une fascinante machine fictionnelle kaléidoscopique.

 « Maxime Duveau, œuvres récentes », Fondation Salomon, Annecy, 04 50 02 87 52, du 27 septembre au 14 décembre

Maxime Duveau, 2358 15th St Renewed Stamps, 190 cm x 270 cm, fusain et tampons sur papier, 2019 ©Courtesy Maxime Duveau et Galerie Houg

Clichés de l’Inde du XIXe siècle

L’Inde du XIXe siècle sous l’œil de grands photographes, en une centaine de rares et sublimes clichés, est à découvrir au musée des arts asiatiques Guimet, à Paris. Les 90 tirages originaux exposés témoignent des paysages, de l’architecture et des scène de la vie quotidienne en mettant en lumière la « grandeur de la civilisation indienne » tout en construisant l’image de ce pays pour les Occidentaux, dans la seconde moitié du XIXe siècle.

« L’Inde, au miroir des photographes », musée des arts asiatiques Guimet, Paris,  01 56 52 54 33, du 6 novembre au 17 février

Sans titre. Udaipur. Le palais de Jag Mandir sur le lac Pichhola Studio Bourne (1834-1912) & Shepherd (actif 1858-1878) Épreuve sur papier albuminé, 1873, AP15344 © MNAAG, Paris, Distr. RMN-Grand Palais / image musée Guimet

Einsenstein, le cinéma et l’histoire de l’art

Considéré comme le « Vinci du cinématographe », Sergueï Eisenstein (1898-1948) n’a eu de cesse d’expérimenter le langage cinématographique à travers la mise en scène, la lumière et surtout le montage (« Cinéma-Poing ») à l’aune de l’histoire de l’art. Issu du théâtre révolutionnaire, polyglotte extrêmement cultivé, l’auteur de La Grève (1924), du Cuirassé Potemkine (1925), d’Octobre (1927), d’Alexandre Nevski (1938) ou encore d’Ivan le Terrible (1944-46), voit son œuvre revisitée au Centre Pompidou-Metz. À travers des films, des photographies, des documents, des extraits de textes parmi les milliers de pages écrites, pour la plupart, à la fin de sa vie, l’exposition met en lumière le cheminement d’une pensée très riche et complexe, soutenue par un dialogue fécond entre théorie et sensibilité.

« L’œil extatique. Sergueï Eisenstein à la croisée des arts », Centre Pompidou-Metz, 03 87 17 37 37, du 28 septembre au 24 février

Sergueï Eisenstein, Ivan le Terrible, 1945, photogramme ©FSF

Hassan Hajjaj, le pop art de Marrakech

Après JR à l’automne 2018, l’artiste Hassan Hajjaj a carte blanche à la Maison européenne de la photographie, où il investit la totalité des espaces qu’il a transformés en un joyeux bazar, un peu à l’image de son atelier-riad à Marrakech où il reçoit ses amis de la mode et de la musique marocaines. Né au Maroc en 1961, résidant à Londres, Hassan Hajjaj se présente comme un artiste pluridisciplinaire autodidacte. Photographe, designer, performeur, musicien, depuis ses débuts en 1992 il désacralise les images traditionnelles de son pays, des babouches aux djellabas en passant par le voile, qu’il pare de couleurs flashy. Ainsi sa série de portraits de femmes voilées à mobylette, débutée en 1998, clin d’œil aux merveilleux clichés noir et blanc du photographe malien Malick Sidibé. Son travail de récupération de tapis en plastique qu’il pose en arrière-plan de ses photos et les petits pots de conserves ornant leur cadre, ont fait de lui le nouvel « Andy Warhol de Marrakech ».

« Hassan Hajjaj. La Maison marocaine de la photographie », Maison européenne de la photographie, Paris, 01 44 78 75 00, du 11 septembre au 24 novembre

Hassan Hajjaj, Time Out (détail), de la série « Vogue : The Arab Issue » © Hassan Hajjaj, 2007/1428

Tadzio, la France à la loupe

Face aux outils de géolocalisation numérique ultraperformants, Tadzio engage une réflexion « dans une époque envahie par la vitesse et une ubiquité illusoire ». En quête de « processus classiques de création, longs et complexes », il met en place un protocole précis qui engage la durée, se réclamant de Roland Barthes. En effet, pour le projet La France, le territoire est quadrillé selon une matrice orthogonale de 100 km d’unité. À chaque intersection est réalisée une photographie avec un objectif 100 mm pointé vers le nord au niveau de l’horizon. Il en résulte un ensemble de cinquante-deux images (entre 1000  € et 1500 €) : « Un paysage enfoui, une œuvre arpentée proposant une radiographie non continue de la France, avec une objectivité construite ». Son approche systématique contraste avec la poésie inattendue des images.

« Tadzio. Matrice », galerie Jean Brolly, 16, rue de Montmorency, 75003 Paris,  01 42 78 88 02, du 26 octobre au 23 novembre

Tadzio, La France, l 10, 2018-2019, tirage platine, 20 x 30 cm ©Galerie Jean Brolly, Paris

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Idée lecture : Le Bazar de la Charité, de l’incendie à la série

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Au rythme de deux épisodes diffusés chaque lundi à partir du 18 novembre, la série des huit épisodes racontant l’Incendie du Bazar de la Charité est basée sur le livre de Bruno Fuligni paru en septembre. L’auteur, maître de conférences à Sciences Po, raconte sous tous les angles possibles (et notamment avec le récit du diable lui-même) ce terrible incendie qui eut lieu dans un bâtiment provisoire installé par le Cocco (Comité d’organisation des cercles catholiques d’ouvriers) rue Jean-Goujon à Paris le 4 mai 1897 et qui vit la mort de plus de cent vingt personnes. Grâce aux archives des pompiers de Paris, l’auteur a retrouvé tous les détails à l’origine du drame. D’abord, et on le sait peu, il s’agit d’un édifice provisoire installé sur un terrain vague mis à disposition par le philanthrope Michel Heine. Il doit abriter une grande vente annuelle pour collecter des fonds destinés à aider une vingtaine d’œuvres charitables tels que les Petites Sœurs de l’Assomption ou l’Orphelinat des Saints-Anges. À l’intérieur, le décor représentant une rue du Vieux-Paris avec son enfilade d’échoppes du Moyen Age, surmontée de remparts, de balcons, d’enseignes, de bannières, et terminée par une église gothique, est constitué de panneaux de toile goudronnée non ignifugés. Ils proviennent de l’Exposition du Théâtre et de la Musique, qui a eu lieu l’année précédente au Palais de l’Industrie, construit à proximité de la rue Jean-Goujon lors de l’Exposition universelle de 1855 et utilisé depuis lors en tant que hall d’exposition, en attendant sa future démolition pour libérer les terrains prévus pour les Grand et Petit Palais de l’Exposition universelle de 1900. Parmi les exposants, figure un cinématographe, installé dans une construction en planches, où une dangereuse lampe à gaz oxhydrique permet de projeter les images sur une toile tendue. Malheureusement, les deux portes de cette salle de spectacle étaient fermées pendant la représentation. On imagine le résultat. À la première flamme déroutée par un courant d’air, tout prend feu. Les visiteurs et visiteuses se précipitent, s’écrasent devant les trop rares sorties. C’est la débandade, l’horreur. Après le récit du drame et l’inventaire des victimes, dont la comtesse de Moustier ou la sœur de l’impératrice autrichienne Sissi, Bruno Fuligni rappelle que les corps des défunts furent présentés dans les salles vides du Palais de l’Industrie aux familles venues retrouver les leurs. Il conclut sur les prolongements indirects de ce sinistre événement, qu’ils soient politiques, diplomatiques ou matériels (les frères Lumière ont du ensuite mettre au point le projecteur électrique). Un livre passionnant, bourré de renseignements, écrit avec précision et une pointe d’humour. On attend désormais avec impatience la diffusion des épisodes de la série filmée.

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