Actualité artistique

Disparition de l’artiste conceptuel Ian Wilson

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C’est la galerie Jan Mot à Bruxelles qui a annoncé le décès de l’artiste conceptuel Ian Wilson, qu’elle représente. Né à Durban, en Afrique du Sud, cet artiste s’est installé aux États-Unis dès les années 1960. Il se forme à l’Art Students League de New York, puis se lance dans la réalisation d’œuvres figuratives, suivies d’œuvres abstraites. Sa dernière sculpture, Chalk Circle, reprend les lettres du mot « temps ».

Peu à peu, il abandonne la matérialité de l’art pour aller vers la transmission orale, lançant des discussions autour de thèmes comme le savoir ou l’absolu. Ces conversations, à sa demande expresse, ne sont ni enregistrées, ni publiées. Seul, un certificat signé par l’artiste sur l’heure et le lieu de la discussion peut être acheté. Il appartient donc à ce mouvement de l’Art conceptuel qui dématérialise les œuvres. Comme Lawrence Wiener, Robert Barry ou Joseph Kosuth. En 1986, Ian Wilson a commencé à se consacrer au langage imprimé et à réaliser des livres d’artiste.

Reconnaissance internationale

Dans ces circonstances, pas facile d’exposer les œuvres immatérielles de Ian Wilson. Pourtant, de nombreux musées internationaux ont voulu présenter son travail. Du Van Abbemuseum d’Eindhoven au musée d’Art moderne de Paris, les rétrospectives ont été nécessaires pour faire comprendre cette œuvre visualisée plutôt que visuelle. En mai 2017, la Tate Modern de Londres s’est essayé une dernière fois à cet exercice.

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L’impressionnisme américain, Hockney et le Petit Palais : 5 vidéos arty à regarder cette semaine

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En ce début de déconfinement, ne perdons pas les bonnes habitudes prises au cours des dernières semaines. Après être monté dans le Poudlard Express pour découvrir les chefs-d’œuvre cachés dans les films Harry Potter et avoir consulté la liste des musées et expositions qui rouvrent, si vous preniez quelques instants pour visiter des musées, découvrir des mouvements artistiques et plonger dans les secrets des grands tableaux… sans bouger de votre canapé ? Cette semaine, Connaissance des Arts a sélectionné pour vous 5 vidéos à regarder à domicile. Au programme : visite privée du Petit Palais, immersion dans Le Bal du moulin de la Galette de Renoir et plongeon dans l’œuvre de David Hockney.

1. Exhibition on Screen sur le site de la Royal Academy of Arts

Votre plus grand regret lors du confinement est de ne pas avoir pu passer celui-ci en Normandie aux côtés de David Hockney ? Plus pour longtemps. La Royal Academy of Arts a mis en ligne son documentaire Exhibition on Screen dédié au peintre anglais. Le film retrace les deux grandes rétrospectives d’Hockney, « A Bigger Picture » et « 82 Portraits and One Still-Life », qui se sont déroulées en 2012 et 2016 dans les salles du musée britannique. La première rassemblait plus de 150 grands formats représentant des paysages peints dans le Yorkshire, tandis que la seconde montrait une série de portraits peints par Hockney à Los Angeles. L’occasion de plonger dans l’œuvre du peintre sans quitter son salon. De plus, le documentaire de 120 minutes est accessible gratuitement sur le site de la Royal Academy of Arts.

Disponible sur le site de la Royal Academy of Arts

2. Rêvons avec… : « Autoportrait de Berthe Morisot⁣ » sur l’IGTV du musée Marmottan Monet

Nous l’avons vu la semaine dernière, les réseaux sociaux des institutions fourmillent de pastilles culturelles passionnantes. Après La Minute anthropologique du Musée du quai Branly-Jacques Chirac, découvrez la série Rêvons avec… du musée Marmottan Monet. En moins de 5 minutes, la directrice du musée Marianne Mathieu et la journaliste Kathleen Evin vous proposent de vous évader avec elles à travers un chef-d’œuvre de la collection de l’établissement. Pour son 18e épisode, le musée revient sur l’Autoportrait (1885) de Berthe Morisot (1841-1895), une œuvre phare de l’hôtel particulier parisien qui possède 83 œuvres de Morisot (26 peintures et 57 œuvres graphiques), soit la plus grande collection de l’artiste impressionniste. Tous les épisodes de Rêvons avec… sont disponibles sur l’IGTV du musée Marmottan Monet. De quoi se cultiver jusqu’à la réouverture prochaine de l’institution.

Disponible sur l’IGTV du musée Marmottan Monet

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⁣⁣⁣⁣Durant cette période de déconfinement, la directrice scientifique du musée Marianne Mathieu et la journaliste Kathleen Evin vous proposent de vous évader avec elles en rêvant des collections du musée Marmottan Monet.⁣⁣⁣⁣⁣ ⁣ Dix-huitième RDV : Rêvons avec… Autoportrait de Berthe Morisot⁣ ⁣ During this period of coming out of the lockdown, the scientific director of the museum Marianne Mathieu and journalist Kathleen Evin invite you to escape with them by dreaming about the collections of the musée Marmottan.⁣ ⁣ Eighteenth RDV : Let's dream with… Self-portrait by Berthe Morisot⁣ ⁣ ⁣⁣⁣ #MarmottanMonetChezVous #MuseumFromHome #MarmottanMonetFromHome #CultureChezNous #StaySafe #BertheMorisot #Womanartist #Impressionist #Impressionism #Autoportrait #Selfportrait #Deconfinement #MarmottanMonetMuseum #MuseeMarmottanMonet @culture_gouv

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3. Visite privée au musée : « Le jardin d’artiste : l’impressionnisme américain » sur Histoire

Après cette pause impressionniste avec l’œuvre de Berthe Morisot, et si vous traversiez l’Atlantique pour vous retrouver au cœur de l’impressionnisme américain ? C’est ce que propose ce dimanche la chaîne Histoire avec un épisode de Visite privée au musée intitulé « Le jardin d’artiste : l’impressionnisme américain », d’après l’exposition qui s’est déroulée en 2015 au Florence Griswold Museum, haut lieu du mouvement américain situé dans le Connecticut. Le documentaire se concentre sur les artistes qui ont réagi outre-Atlantique à l’impressionnisme, tels que William Merritt Chase (1849-1916) ou Childe Hassam (1859-1935) entre 1880 et 1920 pour représenter une Amérique en pleine reconstruction.

Dimanche 17 mai à 11:05 sur Histoire

4. Les Petits secrets des grands tableaux : « Bal du moulin de la Galette, Renoir » sur Arte

Vous pensez tout savoir sur le Bal du moulin de la Galette (1876) d’Auguste Renoir (1841-1919) ? Venez vérifier cela avec l’épisode des Petits secrets des grands tableaux consacré à cette peinture présentée lors de la troisième exposition impressionniste. Tel un voyage dans le temps et l’espace, le documentaire transporte le téléspectateur au lendemain de la Commune, à Montmartre. En effet, cette grande toile au sujet trivial témoigne non seulement de la modernité picturale des œuvres de Renoir, mais aussi et des profondes mutations de la société parisienne à la fin du XIXe siècle.

Dimanche 17 mai à 11:05 sur Arte et sur arte.tv jusqu’au 15 juillet

5. Musée d’art à (re)voir : « le Petit Palais » sur Museum

Terminons cette sélection en beauté avec une visite du Petit Palais, un écrin qui sublime la création artistique sous toutes ses formes, des œuvres picturales aux arts décoratifs. Construit pour l’exposition universelle de 1900 et devenu par la suite le Palais des Beaux-Arts de la Ville de Paris, le musée expose des œuvres de grands maîtres français tels que Courbet, Rodin, Cezanne, Monet ou encore Delacroix. Plein de surprises, l’institution possède également une très belle collection d’art ancien comprenant des objets d’art antique, des icônes religieuses médiévales ainsi que des peintures flamandes du XVIe siècle. Un régal.

Samedi 16 mai à 19h30 sur Museum

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Disparition du galeriste américain Paul Kasmin

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Il n’avait pourtant que 60 ans mais, le 23 mars, le marchand new-yorkais Paul Kasmin est décédé des suites d’un cancer. Il était le fils de John Kasmin (né en 1924) qui a, le premier, présenté l’œuvre de David Hockney dans sa galerie de Londres en 1963. On le voit d’ailleurs dans le film A Bigger Splash de 1974, jouant son propre rôle de marchand de l’artiste britannique.

Son fils Paul, lui, va s’installer à New York. D’abord à SoHO en 1989, puis à Chelsea onze ans plus tard mélangeant artistes historiques (de Max Ernst à James Rosenquist, de Robert Indiana à Robert Motherwell) et artistes contemporains (Ali Banisadr, Roxy Paine ou Will Ryman). Lui-même aimait pratiquer la photographie noir et blanc et le site de ses galeries montre des vues de New York aussi bien que de superbes portraits.

Quatre galeries à New York

Avec le temps, Paul Kasmin possédait un véritable réseau de galeries, deux dans la Dixième Avenue, une sur la 27e Rue et un jardin de sculptures près de la High Line et de Penn Station. Là, à l’air libre, il pouvait exposer les immenses lapins de Barry Flanagan ou les spirales d’acier de Bernar Venet, qu’il représentait aux États-Unis. Venet n’était pas son seul artiste français puisque Paul Kasmin avait exposé l’œuvre des sculpteurs Claude et François Xavier Lalanne, dont il possédait un grand nombre de pièces. La vente de cet ensemble chez Sotheby’s en octobre dernier avait fait un prix record à plus de 90 millions d’euros.

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Le Salon du dessin chez vous : Double portrait au pantin de Nall

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Même si son trait précis et son atmosphère étrange rappellent les feuilles des artistes symbolistes, ce dessin date bien de la fin du XXe siècle. Il est d’ailleurs daté 1979 en haut à gauche. Le rapprochement de cette œuvre de Nall (Fred Nall Hollis, né en 1948 à Troy) avec celles de Khnopff, Lévy-Dhurmer ou Mossa n’est pas qu’une question de style. On peut dire qu’ici il s’agit aussi de pedigree puisque ce Double portrait au pantin a appartenu à Jean-Roger Soubiran, l’ancien directeur des musées de Cannes et de Toulon, spécialiste et auteur de la monographie parue en 1985 sur Gustav Adolf Mossa (1883-1971). C’est dire combien ce dessin, appartenant aux premières années de l’artiste américain à Paris, devait rappeler au collectionneur l’ambiance fin de siècle qui traverse l’œuvre de l’artiste niçois, mort la même année que l’entrée de Nall aux Beaux-Arts de Paris.

« Ses années de formation, rappelle Mathieu Néouze à propos de Nall, sont marquées par de nombreux voyages qui influencent le développement de son langage artistique : Moyen-Orient, Maghreb, Inde et Mexique, sans oublier son Alabama natale, font partie de ses influences visuelles tout comme le fauvisme, l’impressionnisme et l’art psychédélique américain. Sa rencontre avec Dali est significative ».

Fred Nall, Double portrait au pantin, 1979, mine de plomb et aquarelle sur papier, 50 x 32 cm ©galerie Mathieu Néouze

Ingres et Wacker

Ne retenir de son apprentissage que les facettes colorées et psychédéliques serait injuste car Nall possède également un immense talent de dessinateur. Un trait précis et sûr comme dans les portraits à la mine de plomb que le grand Ingres faisait de ses commanditaires. Un sens de la couleur qui lui fait placer là une touche de rouge, là un éclat de jaune, montrant sa parfaite connaissance des maîtres anciens.

Mais que voit-on sur ce dessin ? Laissons au galeriste le soin de l’interprétation : « Un pantin aux jambes désarticulées et aux genoux en sang, portant des chaussures de femme à talon et exhibant une évidente érection dans son slip jaune, semble avoir été séparé de sa tête qui apparait plus bas, à ses pieds, cabossée et abîmée jusque dans les détails de son regard mélancolique et bleu qui n’est pas sans évoquer la disgrâce des mannequins de l’allemand Rudolf Wacker ». Cet artiste autrichien, qui s’est rapproché dans les années 1920 de la Nouvelle Objectivité de Dix et Grosz, a en effet peint des mannequins plus vivants que des humains dans des compositions bourrées de détails.

Au deuxième plan du dessin de Nall surgit un homme noir, crayonné à la mine de plomb, aux yeux fatigués et injectés de sang. Faut-il y voir une référence aux esclaves noirs de l’Alabama raciste, figurant dans les tableaux de certains musées américains ? Comme ceux peuplant les toiles de William Aiken Walker sur les plantations de l’Amérique sudiste, œuvres traduites en chromolithographies et qui ont largement circulé dans tout le Sud, de la Caroline à la Louisiane. Cette haute feuille, au dessin puissant, possède une indéniable force d’attraction par cet étrange collage de formes et par son sujet mystérieux et érotique.

Ce dessin est estimé 9 000 euros et proposé à la vente par la galerie Mathieu Néouze. Contact : mathieu.neouze@gmail.com

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Disparition du marchand portugais Pedro Aguiar-Branco

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Avec son partenaire Alvaro Roquette, Pedro Aguiar-Branco dirigeait une galerie à Lisbonne (AR-PAB) et une autre, rue de Beaune à Paris, toutes deux spécialisées dans l’art portugais et des colonies portugaises. Il s’agissait d’un véritable cabinet de curiosités, qu’ils reproduisaient lors de foires comme la TEFAF à Maastricht ou de Frieze Masters à Londres. « Connaissance des Arts » avait publié en mars 2016 (n°746) un très beau portfolio, photographié par Arnaud Carpentier, de leurs trouvailles. Coffret en écailles de tortue orné de plaques d’argent, bol du Gujarat en nacre et laiton, ou Enfant Jésus sculpté dans de l’ivoire, tous témoignaient de la curiosité des deux marchands pour l’art portugais et pour les productions indiennes ou japonaises à destination du public lusitanien.

Lisbonne et Paris

Originaire d’une grande famille, Pedro Aguiar-Branco s’était formé sur le tas, cherchant toute la documentation nécessaire à la compréhension des objets sur lesquels son regard s’était arrêté. C’est pourquoi le musée Guimet avait acheté des pièces à la galerie. Pedro Aguiar-Branco avait également publié des livres spécialisés sur l’art dînatoire à la cour de Lisbonne ou sur l’héraldique dans la porcelaine chinoise. Décidément, le marché de l’art parisien est particulièrement touché pendant cette crise puisqu’après Yves Gastou, voici encore un des acteurs majeurs de ce secteur qui disparaît. De Lisbonne à Paris, Alvaro Roquette s’est engagé à poursuivre l’activité des deux galeries. D’autant plus que le fils de Pedro avait récemment rejoint le duo de marchands.

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Disparition de l’artiste centenaire Yankel

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Jacques Yankel est né Jakob Kikoïne en 1920 à Paris, il y a donc cent ans à quelques jours près car il est décédé le 4 avril et son jour anniversaire aurait été le 14 avril. Kikoïne ? Ce nom vous dit sans doute quelque chose. Il s’agit de Michel Kikoïne, son père, un peintre français d’origine russe et membre de l’École de Paris, ami de Chaïm Soutine et de Pinchus Krémègne qui, comme lui, habitaient à La Ruche dans le XVe arrondissement parisien.

Jacques fait donc ses premiers pas dans ce phalanstère d’artistes, puis part avec sa famille à Montrouge. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il travaille dans une imprimerie et un atelier de gravure. Il se passionne alors pour la géologie (doctorat à la faculté des sciences de Toulouse), qui l’emmènera vers l’Afrique où il fera des missions. Il est engagé par le ministère des Colonies pour établir la carte géologique de Gao-Tombouctou-Tabankort en Afrique occidentale française. À Gao, il rencontre Jean-Paul Sartre qui l’encourage dans la voie de la peinture. Yankel se lance alors dans l’abstraction gestuelle, réalise des collages et des assemblages et est exposé en 1952 par la galerie Lara Vincy à Paris.

Influencé par De Staël

Ses fréquentations à la Ruche le conduisent à regarder du côté de Nicolas de Staël et de Paul Rebeyrolle. Entre réalisme expressionniste et abstraction gestuelle. Son art est celui de la réserve, de la discrétion. Natures mortes, paysages (parc de Monsouris) et scènes d’intérieur sont exposées dans les années 1970, années où il se lance dans l’enseignement puisqu’il est engagé comme professeur d’arts plastiques aux Beaux-Arts. Il restera proche de ses élèves (en particulier ceux du mouvement Vouhou-Vouhou venus de l’École des Beaux-Arts d’Abidjan dont Joseph Anouma et Ouattara Watts) jusqu’en 1985.

La galerie Yoshii (qui vient de disparaître l’année dernière) présente son travail. Collectionneur acharné des Puces et des brocantes, il donne en 1987 et en 2018 ses trouvailles d’art naïf au musée de Noyers-sur-Serein. Cet été, le département de l’Ardèche doit l’honorer d’une saison Yankel dans différents lieux.

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La Chute des anges rebelles de Pieter Bruegel l’Ancien : focus sur un chef-d’oeuvre

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« Quel est ce nouveau Jérôme Bosch offert au monde, capable d’imiter, par le pinceau ou le crayon, les rêves géniaux de son maître avec un art tel que parfois même il le surpasse ? », s’interrogeait l’humaniste Dominicus Lampsonius en 1572. Peinte en 1562, La Chute des anges rebelles, conservée aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, est une oeuvre à part dans la carrière de Bruegel : ce grand panneau sur bois témoigne en effet de l’influence exercée par Jérôme Bosch (v.1450-1516), le peintre de Bois-le-Duc, sur son confrère flamand du XVIe siècle.

Un tableau d’abord attribué à Jérôme Bosch

Le thème du salut se retrouve ainsi dans le tableau bruegélien. Alliée à une composition visionnaire d’une densité inouïe, la thématique infernale des anges rebelles rapproche à ce point les deux artistes qu’on attribua l’oeuvre à Bosch jusqu’à la découverte de la signature cachée par le cadre. Évocation de l’Apocalypse, le tableau traduit avec une prodigieuse virtuosité le combat de l’archange saint Michel, aux membres grêles comme ceux d’un insecte, contre le mal.

Jérôme Bosch, Triptyque du Jugement dernier (détail), vers 1452-1516, huile sur panneau de bois, Académie des beaux-arts de Vienne (Autriche)

Monstres en profusion

Issus d’un cercle de lumière, des anges aux longues robes blanches opposent la clarté divine à la noirceur de la nuée des anges rebelles, symboles des vices transformés en créatures hybrides. Héritée de l’imaginaire médiéval et de Bosch, l’ingéniosité visionnaire de ce répertoire monstrueux mêle inextricablement les règnes : poissons, batraciens, insectes, oiseaux, végétaux, humains ne font qu’un pour mieux affirmer que tous les vices sont étroitement unis. « On dirait un aquarium rempli jusqu’au bord », écrivait l’historien d’art Max Friedländer. La sensation de saturation de la partie inférieure de la composition crée un effet visuel saisissant qui permet au regard de prolonger l’oeuvre au-delà de ses propres limites.

Pieter Bruegel l’Ancien,
La Chute des anges rebelles, 1562, huile sur chêne, 117 x 162 cm, musées royaux de Belgique

Bruegel et la tradition flamande

Quelques années plus tôt, le peintre Frans Floris avait traité le même sujet à la cathédrale d’Anvers. Empreinte d’un fort italianisme, l’oeuvre avait suscité un grand retentissement. Renouant avec la vieille tradition nordique et fantasmagorique, Bruegel, encore actif à Anvers, répond à son concitoyen Floris en prenant délibérément la mode de son temps à contre-courant.

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Fragonard, Léonard de Vinci, Rembrandt : 13 œuvres d’art cachées dans les films Harry Potter

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Les œuvres de culture pop sont bien plus truffées d’allusions aux grands chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art que ce qu’on croit. La série de films Harry Potter (2001-2011) ne fait pas exception. Aviez-vous déjà remarqué que l’école de magie, en plus d’être faite de sublimes voûtes gothiques, regorgeait également d’œuvres comme la tenture de La Dame à la licorne ou encore des tableaux iconiques revisités en version magique ? Potterheads et autres sorciers en herbe, préparez-vous à être surpris. Que vous soyez Gryffondor, Serdaigle, Poufsouffle ou Serpentard, montez dans le Poudlard Express avec Connaissance des Arts et suivez notre visite guidée arty autour de 13 œuvres qui subliment Poudlard.

1. La Dame à la licorne

Il est difficile de passer à côté de la tenture dite de La Dame à la licorne. Les six tapisseries du début du XVIe siècle qui composent la « Joconde » du Moyen Âge, conservée au Musée de Cluny, ornent les murs de la salle commune de Gryffondor. Harry Potter à l’école des sorciers, Harry Potter et la chambre des secrets, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, Harry Potter et l’ordre du Phénix… L’œuvre apparaît à de nombreuses reprises en toile de fond des scènes de la saga cinématographique.

Détail de la scène de la Vue, tenture de la Dame à la licorne ©Wikimedia Commons/thesupermat

2. Le Jeu d’échecs de Lewis

De décor, les œuvres d’art présentes dans les films Harry Potter peuvent également devenir des accessoires, voire des éléments clés de l’intrigue. C’est le cas du jeu d’échecs de Lewis avec lequel jouent Harry et Ron durant les vacances de Noël dans le premier volet de la saga. En version magique, les figurines datant du XIIe siècle se déplacent d’elles-mêmes sur l’échiquier et s’animent pour détruire les pions de l’adversaire. Cette scène du jeu d’échecs de Lewis réinterprété qui semble de prime abord anecdotique sera essentielle au cours des aventures des jeunes sorciers.

3. La Fontana del Porcellino

Les couloirs de Poudlard abritent également des œuvres d’art. Dans Harry Potter et la chambre des secrets, Harry, Ron, et même Tom Riddle, passent à de nombreuses reprises devant un sanglier monumental en bronze. Celui-ci est une réplique de La Fontana del Porcellino, également appelé Il Porcellino, situé à Florence. Cette fontaine en bronze a été réalisée par le maître baroque Pietro Tacca (1577-1640) dès une copie italienne de marbre d’un exemplaire hellénistique.

4. L’Aigle impériale

Avant de se rendre dans le bureau du directeur de Poudlard, Albus Dombledore, les personnages entrent dans un escalier de pierre en colimaçon qui présente en son centre un majestueux griffon. La représentation de la créature légendaire rappelle fortement l’aigle impériale, notamment au niveau de la posture majestueuse de l’oiseau et du traitement des plumes de ses ailes. Pendant les guerres napoléoniennes (1803-1815), ces sculptures en bronze étaient montées sur une hampe avec un drapeau pour servir d’étendard à Napoléon Ier.

Aigle impériale sur le portail principal du Château de Fontainebleau. Photo Wikimedia Commons/dynamosquito

5. Les Hasards heureux de l’Escarpolette

Si on est très attentif, on peut parfois repérer certains détails surprenants, comme le tableau des Hasards heureux de l’Escarpolette (1767-1769), de Jean Honoré Fragonard (1732-1806), disposé deux huiles sur toile à droite du portrait de la Grosse Dame. Dans la version magique de l’œuvre conservée à la Wallace Collection, la jeune femme se balance tout en légèreté dans le tableau vivant où le jardin bucolique est devenu un cimetière. Le tableau apparaît notamment dans Harry Potter et la chambre des secrets, entre les centaines de toiles accrochées aux murs des grands escaliers.

6. L’Homme de Vitruve

Lors d’une leçon sur les différences entre le loup-garou et le lycanthrope, le professeur Severus Rogue illustre son propos en faisant défiler des œuvres qui représentent habituellement les Hommes. Ici, toutefois les dessins, fresques et autres peintures ont été revisités pour montrer des canidés anthropomorphes. C’est ainsi que l’iconique Homme de Vitruve (vers 1490) de Léonard de Vinci (1452-1519) se retrouve avec une tête de loup parmi les œuvres projetées.

Léonard de Vinci, L’Homme de Vitruve, v.1492, encre et lavis sur papier, 34,4 x 24,4 cm (Venise, gallerie dell’accademia).

7. Anubis

Toujours dans Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, lors de cette leçon sur les forces du mal, le professeur Severus Rogue montre une fresque représentant le dieu funéraire de l’Égypte antique Anubis, lui-même souvent illustré par les Égyptiens comme un homme à tête de canidé. Dans cette réinterprétation de la divinité, celle-ci combat un homme armé d’une épée argentée.

8. Gargouille de Notre-Dame de Paris

Nul doute que le troisième volet de la saga, réalisé par Alfonso Cuarón, soit un des plus riches esthétiquement parlant. Outre les précédentes allusions aux Hommes et aux loups dans l’histoire de l’art, plusieurs œuvres présentes dans le film font écho au monde médiéval et à ses monstres fantastiques. Ainsi, on peut apercevoir à plusieurs reprises une gargouille dans des plans de vues aériennes de Poudlard. La créature rappelle ouvertement celles des XII et XIIIe siècles qui ornent les gouttières de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Une gargouille de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Photo Wikimedia Commons/Peter Cadogan

9. Tombeau du cardinal Cinthio Aldobrandino

Dans Harry Potter et la coupe de feu, une faucheuse apparaît lors d’un songe d’Harry. Avec ses longues ailes, sa gigantesque faux et sa toge noire à capuche, elle ressemble énormément à celle du Tombeau du cardinal Cinthio Aldobrandino à Saint-Pierre-aux-Liens à Rome. À l’acmé du film, cette faucheuse s’anime magiquement et révèle qu’elle est la tombe du redoutable Tom Riddle (alias Voldemort).

Tombeau du cardinal Cinthio Aldobrandino à Saint-Pierre-aux-Liens à Rome. Photo Wikimedia Commons/LPLT

10. Mariage à la mode

Au fil des films, la salle commune de Gryffondor, qui présentait déjà la tenture de La Dame à la licorne, s’est enrichie d’œuvres pour parer ses murs. Ainsi, on retrouve dans Harry Potter et la coupe de feu le Mariage à la mode (vers 1743) de William Hogarth (1697–1764) aux côtés d’une œuvre pré-raphaélite. La version magique du tableau de William Hogarth diffère de l’originale uniquement avec les chapeaux de sorciers que portent les figures peintes.

La salle commune de Gryffondor dans les studios Warner Bros. Studio à Londres. Photo Wikimedia Commons/Robert Clarke

11. Le trône d’Édouard Ier

Dans le réfectoire, Dumbledore ne quitte pas son impressionnant siège, digne d’un trône royal. C’est peu dire. Celui-ci est inspiré de la Coronation Chair, soit le trône du roi d’Angleterre Édouard Ier (1239-1307), le trône dans lesquels s’asseyent les monarques britanniques lors de leur couronnement. Un siège de choix qui montre la puissance du directeur de Poudlard, connu pour être un des plus puissants sorciers de son temps.

Le trône d’Édouard Ier dans l’abbaye de Westminster. Photo Wikimedia Commons/Kjetil Bjørnsrud

12. La Leçon d’anatomie du docteur Tulp

Dans Harry Potter et l’ordre du Phénix, lorsque Dolores Ombrage, professeure de défense contre les forces du mal envoyée par le ministère de la magie, prend de plus en plus de pouvoir à Poudlard, celle-ci fait retirer les tableaux vivants des murs de l’établissement. Une aubaine pour les afficionados des détails. En effet, les plans d’Argus Rusard, le concierge de l’école, en train de décrocher les œuvres permettent au spectateur d’identifier et d’observer au plus près celles-ci. De cette façon, on distingue que Poudlard exposait La Leçon d’anatomie du docteur Tulp (1632) de Rembrandt (1603-1669), conservé au Mauritshuis de La Haye.

Rembrandt, La Leçon d’anatomie du docteur Tulp, 1632, huile sur toile, 169 x 216,5 cm, Cabinet royal de peintures – Mauritshuis, La Haye

13. La Leçon d’ostéologie du docteur Sebastiaen Egbertsz

À l’instar de La Leçon d’anatomie du docteur Tulp, La Leçon d’ostéologie du docteur Sebastiaen Egbertsz (1619) de Nicolaes Eliaszoon Pickenoy (1588-1656), conservée au Amsterdam Historisch Museum, fait également partie des œuvres décrochées par Argus Rusard dans Harry Potter et l’ordre du Phénix. Comme l’œuvre de Rembrandt, les visages des figures présentes dans les tableaux originaux ont été remplacés par ceux de l’équipe technique du film.

Nicolaes Eliaszoon Pickenoy, La Leçon d’ostéologie du docteur Sebastiaen Egbertsz, 1619, huile sur toile, 135 x 186 cm, Amsterdam Historisch Museum

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Disparition de l’artiste brésilien Nelson Leirner

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C’est à l’âge de 88 ans que l’artiste brésilien Nelson Leirner est décédé à Rio de Janeiro le 7 mars. Fils de l’industriel et collectionneur Isai Lerner, qui fut le directeur du MASP (le musée d’art moderne de Sao Paulo), Nelson Leirner (né en 1932 à Sao Paulo, puis installé aux États-Unis) a commencé à présenter ses œuvres ironiques dès le début des années 1960, à son retour au Brésil. Il fonde ensuite le Grupo Rex avec Wesley Duke Lee, Geraldo de Barros, carlos Fajardo, José Resende et Frederico Nasser. Provocateur hors pair, il aime déranger le public, maniant la provocation entre Pop et Art conceptuel, critiquant les rouages de la société.

Critique du régime

Avec sa série La Rébellion des animaux, il critique le régime dictatorial des années 1970 au Brésil. Avec Hommage à Fontana, il imite les peintures abstraites alors en vogue au Brésil. On le voit, Nelson Leirner sait manier la critique avec ses œuvres. Il a enseigné à l’École d’Arts visuels à Parque Lage à Rio de Janeiro à partir de 1997. Adriano Pedrosa, le directeur artistique du Museu de Arte de Sao Paulo, dit qu’il était « l’un des noms les plus influents de l’art contemporain brésilien ». En France, il était représenté par la galerie Gabrielle Maubrie.

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Le prix SAM pour l’art contemporain 2020 lance son appel à projets

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Depuis 2009, SAM Art Projects accompagne et promeut les artistes de la scène française contemporaine grâce à son prix SAM pour l’art contemporain. Malgré la crise sanitaire suite à la pandémie de Covid-19, l’organisation à but non lucratif continue à soutenir les artistes. En ces temps difficiles pour le monde de la culture, le prix maintient son calendrier initial et lance son appel à projets ce vendredi 15 mai. Tous les artistes de plus de 25 ans, résidant en France depuis au moins 2 ans et sous contrat avec une galerie, sont invités à déposer leur dossier de candidature avant le 30 septembre.

Kevin Rouillard, Prix SAM 2018, vue de l’exposition au Palais de Tokyo en 2020. Photo ©Marc Domage Courtesy de l’artiste et du SAM Art Projects

Inciter les artistes-candidats à aller « au-delà de leur périmètre culturel quotidien »

En novembre, 5 artistes finalistes seront annoncés pour défendre leur projet le mois suivant devant le comité de sélection. Celui-ci aura la lourde tâche de départager les candidats et de désigner le lauréat 2020. Parmi les membres du comité, on retrouve le curateur et critique d’art Gaël Charbau, le conservateur Jean-Hubert Martin, la fondatrice de l’association Sandra Hegedüs, la directrice du FRAC Midi-Pyrénées et des Abattoirs de Toulouse Annabelle Ténèze, la curatrice Myriam Ben Salah, la directrice du Palais de Tokyo Emma Lavigne, la directrice de l’ENSP d’Arles Marta Gili et le commissaire d’exposition Nicolas Bourriaud.

En plus de le doter de 20 000 euros, le prix SAM pour l’art contemporain offre à son lauréat la possibilité de réaliser son projet à l’étranger dans un pays hors Europe et Amérique du Nord, d’être exposé au Palais de Tokyo à Paris et d’éditer sa propre monographie. Le prix est ouvert à toutes les disciplines des arts plastiques et visuels. Il suffit que le projet présenté s’inspire d’un voyage à l’étranger, dans un pays non-occidental. « Le but de ce déplacement étant d’inciter les artistes-candidats à s’interroger, s’enrichir, s’inspirer d’un monde inconnu au-delà de leur périmètre culturel quotidien, tout en ayant la possibilité de produire dans un contexte nouveau », précisent Sandra Hegedüs et Jessie Charbonneau, directrice du SAM Art Projects. En plus de soutenir la création artistique française, le prix SAM favorise également le dialogue entre les cultures européennes et celles des pays émergents.

Laura Henno, Les Bouchemans, 2018, photographie, Mayotte repérage © galerie Les filles du calvaire

Le prix SAM pour l’art contemporain 2019 dédié aux phénomènes de migration et à la vie des clandestins

En 2019, c’est Laura Henno qui a remporté le prix SAM pour l’art contemporain. Grâce à sa dotation, la photographe et vidéaste devait partir cette année pour les Comores et Mayotte afin de réaliser son film documentaire sur les phénomènes de migration et la vie des clandestins locaux, appelés les « Boucheman ». Si la crise sanitaire n’a pas retardé le tournage du projet, nous devrions pouvoir le découvrir en 2021 au Palais de Tokyo.

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Le musée idéal de Christian Louboutin

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Christian Louboutin, créateur français de chaussures et petite maroquinerie de luxe, est l’inventeur de l’iconique semelle rouge. Formé chez Charles Jourdan, l’inventeur du talon aiguille, mais surtout par Roger Vivier, il travaille très tôt pour les grands noms de la mode. En 1991, il crée sa propre marque et devient, à partir de 1995, le chausseur « officiel » des défilés Le 26 février, le Palais de la Porte dorée à Paris, où, enfant, il a connu ses premières émotions artistiques, a inauguré une exposition entièrement consacrée à ses sources d’inspiration et ses processus créatifs.

Découvrez le musée imaginaire de la rédaction dans le magazine de mai 2020.

 

Quelles œuvres mettriez-vous dans votre musée idéal ?
  • Les miniatures d’Imran Qureshi. J’aime le fait qu’il ait réussi à s’approprier un art moghol séculaire pour en donner une version moderne très ancrée dans les problématiques que traversent son époque et le pays dans lequel il vit et travaille.
  • Le Fasting Buddha du Musée de Lahore. Son expressivité et le réalisme de ses traits est stupéfiant.
  • Les sculptures d’Allen Jones. J’ai revu Orange Mécanique récemment car j’avais oublié les pièces qu’il a créées pour le film, c’est fascinant.
  • Le Portrait de Lorenzo Bartolini de Jean-Auguste-Dominique Ingres qui est exposé au Louvre.

Jean-Auguste Dominique Ingres, Portrait de Lorenzo Bartolini, 1806, huile sur toile, 98 × 80 cm, Montauban, musée Ingres.

  • A Red Horse in Disbelief de Ebony Patterson. J’ai découvert son travail il y a quelques années et j’aime beaucoup son univers. Ebony a une vision profonde et unique, non seulement en tant qu’artiste, mais aussi en tant qu’être humain conscient du monde qui l’entoure.

Cinq artistes préférés ?
  • Le Greco
  • Bronzino
  • Lucian Freud, tous ses autoportraits sont géniaux.

Lucian Freud, Reflection (Self-portrait), 1985, huile sur toile, 55,9 x 55,3 cm, collection privée, prêt au Irish Museum of Modern Art © The Lucian Freud Archive / Bridgeman Images

  • Joseph Cornell
  • Oscar Niemeyer, ses dessins surtout, son trait tout en courbes.

Quel est votre musée idéal ?
  • L’ancien Musée national du Caire pour ses collections et Le Prado pour sa taille parfaite.
    Et j’adore le Musée ethnographique de Mexico qui est une merveille et le Musée de l’Or à Bogota.

Au musée de l’or à Bogota en Colombie.

Quelle expo, plutôt récente, vous a marqué ?
  • Le Greco au Grand Palais. Extraordinaire. J’y ai découvert des tableaux que je n’avais jamais eu l’occasion de voir auparavant. De plus, c’est un artiste qui a travaillé sur des formats très différents et l’expo permettait de prendre conscience de son génie aussi bien sur des petits tableaux que sur des formats monumentaux.

El Greco, L’Enterrement du comte d’Orgaz, 1586-1588, huile sur toile, 480 x 360 cm, Tolède, église Santo Tomé

Pour vous, à quoi sert l’art ?
  • Pour moi, l’art sert à faire réfléchir, à interroger et à faire rêver.
    Mais il sert avant tout à synthétiser les pensées d’un temps, à créer l’imagerie d’une époque précise qui sera transmise aux générations futures. J’aime ce côté visionnaire qu’ont les artistes.
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Coronavirus : Le réveil du marché de l’art… sans la Biennale

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Les acteurs du marché de l’art reprennent leur activité dès la levée du confinement, le 11 mai ou le demain pour de nombreuses galeries et certaines maisons de ventes, notamment en région, le 25 mai pour Drouot. Beaucoup d’entre eux s’étaient démenés pour rester en contact avec les collectionneurs. Nous avons déjà salué ces initiatives : côté enchères, ventes live à huis clos pour des maisons comme AguttesAder ou Fauve Paris, développement des ventes dématérialisées (online only) et ventes caritatives au profit du personnel soignant, de SOS Ehpad, des artistes ; côté galeries, envoi de newsletters truffées de focus sur des œuvres, de vidéos, de visites d’expositions virtuelles, et boom des réseaux sociaux.

Fermeture de galeries et annulation de la Biennale

Malgré ces efforts, la crise fera des dégâts. « Il nous manque des informations en régions, mais on peut imaginer qu’environ 20% des galeries françaises ne s’en relèveront pas, souligne Anisabelle Berès-Montanari, présidente du Syndicat national des antiquaires (SNA). Les prochains mois vont être difficiles car beaucoup de nos clients ont perdu en bourse et voudront reconstituer leur capital avant de racheter des œuvres d’art. Nous travaillons de concert avec le Comité des galeries d’art et demandons de l’aide pour les professionnels de notre secteur. » Depuis cette déclaration, l’annonce de l’annulation de la Biennale Paris est tombée: « … le contexte sanitaire ne permettra pas d’organiser un événement majeur d’ampleur internationale « . La foire, qui devait se tenir au Grand Palais en septembre, était très attendue car elle avait été reprise en mains par une nouvelle équipe, menée par Georges de Jonkheere, qui espérait lui redonner du lustre après plusieurs éditions très moyennes. Le raz de marée du Covid 19, suivi d’une sévère crise économique, et le report d’Art Basel aux mêmes dates, qui lui aurait fait concurrence, auront donc eu raison de cette tentative. Si le SNA affirme que 85 marchands avaient confirmé leur participation à l’édition 2020 (il nous semblait pourtant qu’il avait du mal à avoir des confirmations), il publie une liste d’une vingtaine de galeries déjà inscrites pour l’édition suivante, en septembre 2021, qui se tiendra dans le Grand Palais Éphémère érigé par Jean-Michel Wilmotte au Champ de Mars : Colnaghi, Sarti, Steinitz, François Laffanour, Jacques Lacoste, Kamel Mennour, Yves Macaux, etc.

Simulation du Grand Palais Éphémère sur son emplacement © Wilmotte & Associés Architectes

Les nouvelles règles de Drouot

Alexandre Giquello, président de Drouot Patrimoine, reconnaît que la période est difficile pour les maisons de ventes. Mais il table sur un redémarrage plus rapide : « Certains vendeurs souhaitent repousser les ventes aux enchères à l’automne, espérant que la  conjoncture sera meilleure. Je pense qu’ils se trompent. Il faut absolument maintenir les belles ventes en juin et juillet car les acheteurs sont en manque après deux mois de confinement. À Drouot, nous avons prévu un cadre sanitaire rigoureux pour la réouverture : entrées et sorties séparées, marquage au sol imposant un parcours à sens unique évitant le croisement des flux, limitation à dix personnes par salle avec système de réservation durant l’exposition, pour que les collectionneurs puissent voir et manipuler tranquillement les objets. Ce qui est primordial pour nous, c’est de pouvoir exposer les œuvres. Pour les ventes elles-mêmes, il n’y a pas de véritable problème, les acheteurs peuvent enchérir par téléphone ou en ligne depuis chez eux. Ils en ont maintenant l’habitude ». Attention, la réservation d’un créneau pour une des salles d’exposition se fait directement auprès de la maison de ventes concernée. Pour le public qui arriverait sans réservation mais voudrait en bénéficier, il faudra passer par le 12 Drouot, juste en face de l’hôtel des ventes, où la demande pourra être traitée.

Le Carré Rive Gauche s’organise

Du côté du Carré Rive Gauche, antiquaires et galeristes rouvrent vite leurs portes et proposent aussi de privatiser leurs espaces, « à l’image de ce qui se fait dans les boutiques de luxe », souligne le président du Carré, Jean-Louis Herlédan. Si la soirée annuelle, prévue le 11 juin sur le thème « Révolutions », a dû être reportée à septembre, le Carré a maintenu cette date pour lancer officiellement le site marchand du quartier (www.carrerivegauche.com), un service « indispensable et complet, comprenant la livraison et l’assurance, qui permet d’acheter même sans avoir de contact direct avec les galeries ». Autre élément rassurant pour la reprise: le nombre des galeries installées dans le quartier.  » Notre concentration est un véritable atout. Alors que de nombreux musées sont encore fermés, venez visiter les galeries! « , s’exclame Jean-Louis Herlédan.

Galeries attendent collectionneurs

De nombreuses galeries ont annoncé individuellement leur réouverture, le 11, le 12 ou le 13 mai, complètement ou sur rendez-vous, précisant souvent d’emblée qu’elles respecteront les mesures sanitaires et offriront des masques à leurs visiteurs tant attendus. Il n’est évidemment pas question de vernissages, qui feraient dépasser la jauge autorisée de dix personnes, mais de reprendre des expositions interrompues ou d’ouvrir celles initialement prévues.

Grande coupe rituelle Dogon (©Hughes Dubois) de la galerie Bernard Dulon, qui rouvre sur rendez-vous à partir du 12 mai.

À la galerie Bernard Dulon, spécialisée en arts d’Afrique, ce sera à partir du 12 mai, mais sur rendez-vous. Chez Antoine Laurentin, quai Voltaire, ouverture partielle sur rendez-vous du 12 mai au 2 juin, puis ouverture totale. « Nous avons hâte de vous revoir et de vous présenter nos trésors endormis », déclare l’équipe au complet. Pour les trois espaces parisiens de Nathalie Obadia, rentrée le 12 mai également, et possibilité d’« organiser une visite sur rendez-vous y compris le dimanche et les jours fériés ».

De son côté, la Galerie Jean Fournier « est heureuse de vous accueillir à partir de mercredi 13 mai et de vous faire re-découvrir « Ensecrètement », l’exposition de Bernard Moninot qui avait dû fermer ses portes quelques jours après son ouverture ». L’annonce est suivie d’une phrase extraite du Temps retrouvé de Marcel Proust : « Par l’art seulement nous pouvons sortir de nous-mêmes ». Bien vu. La palme du bon accueil va à Guillaume Sébastien, de la Galerie Guillaume, qui prolonge jusqu’au 30 juillet l’exposition de Jean-Paul Agosti, « Eudaemonia », qu’elle n’avait pas pu inaugurer avant le confinement. Elle précise en effet qu’elle sera ouverte les week-ends de l’Ascension et de la Pentecôte, ainsi que les samedis de juillet, et qu’en mai sera proposé chaque jour un café à l’heure du café, un thé à l’heure du thé, et un apéritif entre 18h et 19h. Sympathique. Et signalons en région l’exposition de la galerie Pentcheff de Marseille, consacrée au laqueur Art Déco Gaston Suisse, du 15 mai au 27 juin.

Statue de Marici, Chine, XVIIIe siècle, bronze doré, H. 41,5 cm, estimée de 200 000 € à 400 000 €, mise en vente par Christie’s le 23 juin.

Ventes en ligne ou en salle ?

L’agenda des enchères se remplit d’heure en heure. En mai, il y aura encore beaucoup de ventes online only, dont les programmes se trouvent sur les sites de Drouot et des diverses maisons. Citons par exemple le 19 mai les ventes « Tajan at home : the Beauty of Eclecticism » et « Intérieurs du XXe siècle » chez Artcurial. On assistera également à de nombreuses ventes live à huis clos, comme celle proposées par le groupe Ivoire : mille tableaux, objets d’art et pièces d’argenterie à Nantes du 12 au 14 mai, Dinky Toys et jouets anciens à Nîmes les 14 et 15, poupées de collection à Chartres le 16 mai. Chez Sotheby’s Paris, on communique sur des ventes en salle plus lointaines, qui respecteront bien entendu les précautions sanitaires ad hoc : joaillerie le 10 juin, l’extraordinaire salle de bains hippopotame de Lalanne le 25 juin. Idem chez Christie’s : Asie le 23 juin, art contemporain les 29 et 30, design le 30. Et chez Artcurial : tableaux anciens le 16 juin, dont les toiles provenant de la collection du Baron F. Empain, arts de la table du Ritz du 21 au 23, BD le 27.

François-Xavier Lalanne, salle de bains constituée de trois hippopotames (pièces uniques), 1996, estimée de 2 M€ à 2,5 M€. ©Sotheby’s

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Coronavirus : annulation de La Biennale Paris 2020

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La pandémie de coronavirus a frappé de plein fouet le monde de la culture. À l’heure où les musées rouvrent progressivement en France après le déconfinement, les grands événements culturels internationaux restent encore très touchés par la crise sanitaire. La Biennale Paris 2020 ne fait pas exception. Alors que 32e édition de la manifestation d’art devait se dérouler du 17 au 21 septembre 2020, celle-ci a finalement été reportée à septembre 2021.

Le nouveau président de La Biennale Paris Georges De Jonckeere s’est exprimé à ce propos dans un communiqué : « Nous avons pris, conjointement avec Anisabelle Berès-Montanari, Présidente du Syndicat National des Antiquaires, et l’ensemble des membres du conseil d’administration, cette décision difficile en reconnaissant que le contexte sanitaire ne permettra pas d’organiser un événement majeur d’ampleur internationale tel que La Biennale Paris et de réunir des milliers de marchands, collectionneurs, professionnels et visiteurs comme nous le faisons chaque année. »

Veiller à la santé de chacun

« Notre priorité est de veiller à la santé de chacun et d’agir avec responsabilité pour notre profession déjà durement impactée, poursuit Georges De Jonckeere. Nous devons aux marchands de ne laisser planer aucune incertitude en leur faisant part d’une décision dès aujourd’hui, afin qu’ils puissent bénéficier d’une vraie visibilité sur le dernier trimestre de cette année. Grâce aux engagements que nous avons pris avec le Syndicat national des Antiquaires dès le mois de mars, nous avons fait en sorte de n’engager aucun risque financier pour nos exposants en 2020. »

Pour rappel, La Biennale Paris réunit chaque année plusieurs milliers de marchands, collectionneurs, professionnels et amateurs d’art venus du monde entier. Pour cette édition, 85 marchands avaient déjà confirmé leur participation. Sachant que les rassemblements de plus de 5000 personnes sont interdits par l’État jusqu’à la fin août, le déroulement d’un événement de l’envergure de La Biennale Paris semble compromis.

Grand Palais éphémère © Wilmotte & Associés Architectes

Rendez-vous au Grand Palais Éphémère

La 32e Biennale Paris prendra donc place au sein du Grand Palais Éphémère, conçu par l’architecte Jean-Michel Wilmotte. Suite à l’annonce de l’institution, plusieurs marchands et galeries ont d’ores et déjà reconfirmé leur participation, à l’instar de la Galerie Neuse (Brême), de la galerie Yves Gastou (Paris) ou encore des joailliers Boghossian (Genève).

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Faut-il avoir peur de retourner dans les musées : la Fondation Giacometti

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Lors de la récente annonce gouvernementale, un adjectif nous a laissé perplexe. L’accès aux « petits musées » allait être possible après le 11 mai, date du déconfinement partiel. Aucune précision ne permettait de savoir quelles institutions étaient concernées par cette autorisation. Aujourd’hui, l’on sait que les rassemblements de plus de dix personnes sont encore interdits. Pourtant, quelques musées à la fréquentation limitée ont décidé de rouvrir leurs portes. Tel est le cas de la Fondation Giacometti, au 5 rue Victor Schoelcher à Paris.

À la Fondation Giacometti

« Conformément à l’autorisation du gouvernement qui autorise les petits musées à reprendre leurs activités à partir du 11 mai, explique Catherine Grenier, la directrice de la Fondation Giacometti et présidente de l’Institut Giacometti, à Paris, nous allons rouvrir nos portes dès le 15 mai 2020. Par cette réouverture, l’équipe de la Fondation Giacometti souhaite solidairement réaffirmer le rôle de l’art dans la société et dans nos vies individuelles, particulièrement dans ces moments difficiles. Au sortir de la guerre, Giacometti a créé son œuvre la plus iconique, L’Homme qui marche. Le symbole est d’autant plus fort aujourd’hui, et il nous guide vers l’avenir. Un avenir où nous pensons, et espérons, que la culture aura une large part dans le processus de rétablissement de notre vie sociale ».

Pour cette réouverture, l’exposition « À la recherche des œuvres perdues », va être à nouveau visible et sera prolongée jusqu’au 21 juin. Il s’agit d’une véritable enquête menée par Michèle Kieffer sur les œuvres de la période surréaliste du sculpteur suisse, de 1920 à 1935, et dont il reste des traces photographiques ou qui ont été réutilisées pour produire d’autres œuvres.

Vue de l’Exposition surréaliste à la Galerie Pierre Colle, photo Man Ray, juin 1933, ©Archives de la Fondation Giacometti, Paris

Une charte des visiteurs

Vue l’exiguïté des lieux, la Fondation Giacometti impose une véritable charte des visiteurs, qui devait être d’ailleurs appliquée dans tous les autres musées français : venir équipé d’un masque, se désinfecter les mains en entrant, respecter une distance physique d’un mètre et demi au minimum, ne rien toucher, éternuer ou tousser dans son coude, respecter les consignes données par le personnel, renoncer à sa visite en cas de fièvre. Les visites sont limitées à dix personnes au maximum. Celles-ci seront accueillies toutes les vingt minutes et réparties dans l’espace.

De nouveaux horaires sont mis en place : du jeudi au dimanche de 11h à 17h. La billetterie est en ligne uniquement (www.fondation-giacometti.fr) et les billets ne sont valables que pour l’horaire mentionné lors de la commande. Et si vous voulez prépare votre visite, une offre virtuelle existe : #GiacomettiChezVous avec conférences, enquêtes participatives et tutos pour enfants. Ça y est ! Les musées s’offrent à nouveau à vous.

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Déconfinement : quand vont rouvrir les musées, expositions et monuments à Paris ?

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Si la #CultureChezNous doit rester le mot d’ordre et que le déconfinement ne sonne pas encore l’heure de la reprise du tourisme, les musées, galeries et monuments parisiens sont en ordre de bataille pour préparer l’après. Fermées pour la plupart depuis la mi-mars, ces institutions, grandes ou petites, ont toutes souffert à leur échelle d’un sévère manque à gagner qui, pour certains, a pu remettre en cause leur survie. Mais la fin du confinement et la perspective d’une reprise progressive de la vie culturelle offre de nouveaux espoirs. Au fil des annonces du gouvernement et des nouvelles recommandations du ministère de la Culture, musées, sites patrimoniaux, galeries et fondations peuvent d’ores et déjà travailler à leur retour et inventer une nouvelle saison culturelle pour cet été. Découvrez notre calendrier des réouvertures de musées, monuments et galeries quotidiennement mis à jour.

Le Louvre, Orsay, Pompidou : les grandes institutions Ouvertures en mai Les musées de la Ville de Paris Les expos à découvrir en juin Les monuments, jardins et sites touristiques Du côté des galeries Les musées en Île-de-France Les expositions de la rentrée Pour en savoir plus sur les règles sanitaires en vigueur dans les lieux culturels, découvrez notre article dédié

Le musée du Louvre

Du côté des grandes institutions

Musée du Louvre : la date du 15 juillet serait à l’étude pour une réouverture, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. Les transferts d’œuvres les réserves de Liévin devraient quant à elles pouvoir reprendre après le 11 mai, selon La Croix.

Centre Pompidou : réouverture prévue à la mi-juillet. L’institution devrait en profiter pour reprendre les travaux sur sa « chenille », des escaliers mécaniques dont la rénovation devrait se poursuivre sur une année.

Musée d’Orsay : l’institution espère également une réouverture dans le courant du mois de juillet avec une prolongation de l’exposition « James Tissot, un ambigu moderne ».

Des réouvertures de musée dès le mois de mai

Le musée Barbier-Mueller rouvre dès le 11 mai avec l’exposition « Les Barbus Müller, leur énigmatique sculpteur enfin démasqué »

Inauguré en décembre dernier, le musée de l’Illusion rouvre ses portes le 11 mai. Ce nouvel établissement propose un parcours immersif autour des illusions d’optique.

Le 15 mai pour l’Institut Giacometti avec l’exposition « À la recherche des œuvres disparues », prolongée jusqu’au 21 juin.

Lafayette Anticipations, le centre d’art contemporain de la Fondation Galerie Lafayette : réouverture annoncée pour le 25 mai avec la prolongation de son exposition temporaire jusqu’en septembre.

Programme des réouvertures des musées de la Ville de Paris

Réouverture envisagée au 16 juin
Le musée Bourdelle, le musée de Libération de Paris-musée du général Leclerc-musée Jean Moulin, le musée de la Vie romantique et la maison de Balzac, le musée Cernuschi, musée des arts de l’Asie et les Catacombes de Paris. Collections permanentes et exposition

Réouverture en juillet
Le musée d’Art moderne de Paris et le musée Cognacq-Jay. Collections permanentes uniquement

Second semestre 2020
Le musée Carnavalet-Histoire de Paris, le Palais Galliera-musée de la mode de la Ville de Paris, la maison de Victor Hugo reprendront progressivement leurs travaux de rénovation. La réouverture du musée Carnavalet est prévue pour décembre 2020 tandis qu’une inauguration à l’automne est envisagée pour le Palais Galliera.

Les expositions à découvrir dès le mois de juin
  • Réouverture envisagée au 2 juin pour l’Atelier des Lumières
  • « La force du dessin – Chefs d’œuvre de la Collection Prat » : à partir du 16 juin jusqu’au 4 octobre 2020 au Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.
  • « Les Contes étranges de N.H. Jacobsen » : jusqu’au 26 juillet 2020 au musée Bourdelle
  • « Cœurs du romantisme dans l’art contemporain » : jusqu’au 13 septembre 2020 au musée de la Vie romantique
  • « 1940 : Les Parisiens dans l’exode » : jusqu’au 13 décembre 2020 au musée de la Libération de Paris-musée du général Leclerc-musée Jean Moulin
  • « La Comédie humaine, Balzac par Eduardo Arroyo » : jusqu’au 16 août 2020 à la maison de Balzac
  • « Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo à Viollet le Duc » à la Crypte archéologique de l’Ile de la Cité (en fonction de la réouverture du parvis de Notre-Dame)
  • « Christo et Jeanne-Claude, Paris ! » au Centre Pompidou : jusqu’au 19 octobre (en attente d’une date d’ouverture)
  • « Turner au musée Jacquemart-André » : devrait être prolongée jusqu’à janvier 2021. Le musée envisage à ce jour de rouvrir au début du mois de juin.
  • « Cézanne et les maîtres. Rêve d’Italie » au musée Marmottan : devrait être prolongée jusqu’en février 2021. Le musée envisage à ce jour de rouvrir au début du mois de juin.
  • Le Palais de Tokyo : réouverture envisagée début juin
  • Le Musée Maillol :  réouverture envisagée début juin
Les monuments, jardins et sites touristiques

Les parcs et jardins parisiens n’ont pas encore l’autorisation de rouvrir durant le déconfinement, Paris étant située en zone rouge. Cependant, le bois de Vincennes et le bois de Boulogne sont accessibles à partir du 11 mai ainsi que les voies sur berges, les pelouses de l’Esplanade des Invalides et le Champ-de-Mars. Les rassemblements de plus de 10 personnes y sont cependant interdits.

Les galeries

Galerie christian berst art brut : réouverture dès le mardi 12 mai, avec la prolongation de l’exposition « in abstracto #2 » jusqu’au 30 mai 2020

Galerie Chauvy : réouverture le 12 mai avec l’exposition de Soly Cissé

Galerie Clémentine de la Féronnière : réouverture le 14 mai avec l’exposition « Couleurs du Nord » jusqu’au 1er août

Galerie Dukto : réouverture dès le mardi 12 mai des deux sites, avec prolongation jusqu’au 27 juin des expositions « Relectures, photographies de Philippe Gronon » et « Abstraction. Une exposition collective d’artistes français ».

Galerie Fiat : réouverture le 13 mai avec l’exposition « Roxanne Daumas. La Base Martha » jusqu’au 23 juin

Galerie Jean Fournier :  réouverture le 13 mai avec l’exposition « Ensecrètement » de Bernard Moninot

Galerie Alain Gutharc : réouverture le 12 mai avec l’exposition « Oh ! Les beaux jours … » prolongée jusqu’au 27 juin

Galerie Jeanne Bucher Jaeger : réouverture le 2 juin

Galerie Kamel Mennour : réouverture le 23 mai avec l’exposition-vente « Et pour toi, c’est quoi le monde d’après ? » au profit de la Fondation Abbé-Pierre et de l’hôpital Necker

Galerie Kreo : réouverture le 20 mai avec l’exposition « Pierre Charpin. Similitudes » jusqu’au 31 juillet

Galerie Le Feuvre & Roze : réouverture le 11 mai avec l’exposition de François Malingrëy « Les Silencieux » prolongée jusqu’au 23 mai

Galerie Maubert : réouverture le 14 mai avec l’exposition « Canons » de Joachim Bandau

Galerie Nathalie Obadia : réouverture le 12 mai avec les expositions « Dear Hong Kong… » (Galerie du Bourg-Tibourg ), un accrochage évolutif Carole Benzaken, Shirley Jaffe, Laure Prouvost, Sarkis, Wang Keping (Galerie du Cloître Saint-Merri à partir du 21 mai) et un exposition Jérome Zonder (Galerie du Cloître Saint-Merri II à partir du 6 juin)

Galerie Sultana : réouverture le 13 mai avec l’exposition « Abbiennian Novlangue » prolongée jusqu’au 6 juin

En Île-de-France

Essonne
Le musée français de la photographie à Bièvres : réouverture le 11 mai
La Maison-atelier Foujita, à Villiers-le-Bâcle : réouverture envisagée le 30 mai. Visites sur rendez-vous.

Hauts-de-Seine
Le musée français de la carte à jouer à Issy-les-Moulineaux : réouverture le 13 mai avec l’exposition « Cartomancie, entre mystère et imaginaire »
Le musée des Avelines-musée d’art et d’histoire de Saint-Cloud : ouverture prévue le 3 juin

Seine-et-Marne
Le musée Atelier Rosa-Bonheur à Thomery : réouverture envisagée à la fin du mois de mai
Le musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux : réouverture envisagée au 22 juin

Seine-Saint-Denis
Le musée de l’Air et de l’Espace au Bourget : réouverture envisagée début juin
Le musée d’art et d’histoire à Saint-Denis : réouverture envisagée début juin

Val-de-Marne
Le château de Vincennes : réouverture espérée à la mi-juin
Le Mac Val : réouverture envisagée à la fin du mois de mai

Yvelines
Le musée du jouet à Poissy : réouverture le 13 mai

Les expositions de la rentrée

Les expositions qui devaient ouvrir ce printemps au musée du Louvre, « Le Corps et l’Âme. De Donatello à Michel-Ange. Sculptures italiennes de la Renaissance » et « Albrecht Altdorfer. Maître de la Renaissance allemande », sont repoussées à l’automne (en attente de dates).

  • « Les Olmèques et les cultures du Golfe du Mexique » au musée du Quai Branly, repoussée à l’automne 2020 (en attente de dates)..
  • « L’Âge d’or de la peinture danoise (1801-1864) » au Petit Palais (dates à confirmer)
  • « Matisse » au Centre Pompidou, du 21 octobre au 22 février
  • « Martin Barré » au Centre Pompidou, du 14 octobre au 4 janvier
  • « Man Ray et la mode » au musée du Luxembourg, du 23 septembre 2020 au 17 janvier 2021
  • « Pompéi. Promenade immersive. Trésors archéologiques. Nouvelles découvertes » au Grand Palais (en attente de dates)
  • « Noir & Blanc. Une esthétique de la photographie » au Grand Palais (en attente de dates)
  • « Paris vu par Henri Cartier-Bresson » au musée Carnavalet-Histoire de Paris, du 3 novembre 2020 au 28 février 2021 (dates à confirmer)
  • « Victor Brauner » au musée d’Art moderne de Paris (dates à confirmer)
  • « Chagall – Zadkine. Trajectoires croisées » au musée Zadkine, de novembre 2020 à avril 2021 (dates à confirmer)

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Nouveau Talent : Sarah Trouche, l’art au-delà des frontières

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Sa personnalité, généreuse et volubile, est à l’image de son travail, où l’on perçoit une filiation avec la performeuse Marina Abramović, et avec l’art mêlé à la vie de Sophie Calle. Elle ajoute à la liste Carolee Schneemann et Gina Pane. Quant aux sujets, ils traitent souvent de la perception de la femme, plus que de féminisme ou de ce que l’artiste nomme « les anomalies sociologico-politiques ». L’artiste aborde celles-ci par le regard des personnes ayant peu d’accès à la culture, « car la réappropriation de soi passe par le rapport à l’autre ».

De la fascination d’une peinture à la réalisation d’un film

Comme souvent dans les récits, cela commence par un détail, à l’exemple de sa fascination pour la peinture Le Baptême et la mort de Clorinde de Jean-Baptiste Mauzaisse, conservée au musée des Beaux-Arts de Bordeaux« Il est très révélateur que cette valeureuse combattante musulmane, amoureuse du guerrier chrétien Tancrède, mais qui préfère se laisser tuer que de renoncer à ses convictions, soit représentée finalement la poitrine offerte au spectateur… ». Elle en fera un film (Vertical Strike /Je ne peux rester silencieuse), dans lequel elle demande à des championnes de boxe de donner leur réaction à chaud.

Élargir les frontières de l’art

Elle a par ailleurs mené des projets en Afrique, comme en témoigne la pièce chorégraphique Dide, qui analyse la place des femmes au Bénin au travers de danses exécutées par des hommes dotés de masques ancestraux revisités. Peut-être parce qu’elle a étudié avec Mike Kelley, à Los Angeles, la plasticienne estime qu’elle ne doit pas se limiter à un médium ou à un message trop précis. Elle souhaite notamment élargir les frontières de l’art en développant des projets en territoires ruraux, avec son association Winter Story in The Wild Jungle. Tout est dans le dépassement des communautarismes et des idées reçues.

Découvrez les autres articles parus dans notre numéro de mai. « Degas, Picasso, Rembrandt : visitez notre musée imaginaire » « Photos-souvenirs de Paris, entre Belle Époque et Années folles » « Hippopotames ou salle de bains ? L’oeuvre du mois par François-Xavier Lalanne » « Gabrielle Chanel, l’irréductible couturière » « Le bureau de Valtesse de La Bigne : étude d’un chef-d’oeuvre Art Nouveau »

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Coronavirus : les expositions et événements reportés ou annulés [mise à jour]

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Parmi les nombreux dommages collatéraux de l’épidémie de coronavirus, on compte la fermeture et le report de nombreuses expositions ou foires. En voici une liste mise à jour quotidiennement des événements (festivals, foires, salons, etc.) et expositions reportées ou annulées dans les semaines à venir :

France
  • NUIT DES MUSÉES : La Nuit européennes des musées qui devait se tenir le samedi 16 mai est reportée au 14 novembre.
  • JEMA : annulation des Journées nationales des métiers d’art sont annulées. Le Mobilier National qui laissait carte blanche à Sheila Hicks (du 3 avril au 3 mai) a décidé de la reporter à une date ultérieure
PARIS
  • Empaquetaque de l’Arc de Triomphe par CHRISTO reporté du 18 septembre au 3 octobre 2021
  • COLLECTION PINAULT : L’ouverture de la Bourse de commerce-Pinault Collection prévue pour la mi-juin 2020 est reportée au printemps 2021.
Expositions
  • MUSÉE DE MONTMARTRE : Exposition « Chagall, Modigliani, Soutine… Paris pour école, 1905-1940 » reportée en 2021 (en attente de dates)
  • LA VILLETTE : l’exposition « Révolutions. 1966-1970, cinq années qui ont changé le monde » qui devait se tenir à la Villette du 22 avril au 23 août 2020 est reportée à une date indéterminée.
  • GRAND PALAIS : Report des expositions « Pompéi. Promenade immersive. Trésors archéologiques. Nouvelles découvertes » et « Noir & Blanc. Une esthétique de la photographie » à des dates indéterminées.
  • MUSÉE PICASSO: Report de l’exposition « Picasso et la bande dessinée »
  • MUSÉE DE L’HOMME : l’exposition « Dernier repas à Pompéi » est reportée à une date ultérieure. Le Musée de l’Homme précise qu’ « en raison de la situation en Italie, l’acheminement des objets présentés dans l’exposition n’a pas pu être effectué ».
  • EMERIGE : le Fonds de dotation Emerige a décidé de reporter à une date ultérieure l’exposition « A World of Absolute Relativity » dont l’ouverture était initialement prévue le 23 avril à Voltaire, lieu d’exposition éphémère d’Emerige à Paris.
  • MUSÉE DE L’ARMÉE : L’exposition « L’Épopée napoléonienne en figurines », qui devait ouvrir ses portes le 28 mars, est reportée au mois de novembre 2020
Festival, foires et salons
  • DRAWING NOW ART FAIR : L’édition 2020 de la foire dédiée au dessin contemporain qui devait avoir lieu au Carreau du Temple est annulée.
  • URBAN ART FAIR : La 5e édition est annulée. Retour de la manifestation en 2021
  • SALON DU DESSIN : l’édition 2020, qui devait avoir lieu du 24 au 30 mars au Palais Brongniart à Paris, est annulée
  • ART PARIS : Le salon d’art contemporain Art Paris 2020 prévu au Grand Palais à Paris du 5 au 8 avril est annulé.
  • SALON DU LIVRE RARE : l’édition 2020 du salon du Livre rare et de l’objet d’art qui devait se tenir du 24 au 26 avril, aura lieu du 4 au 6 septembre sous la verrière du Grand Palais.
  • Annulation du Fifma, Festival International du Film sur les Métiers d’Art qui devait se tenir du 23 au 26 avril au cinéma Le Méliès à Montreuil
  • Le festival Audi talents Undomestic qui devait avoir lieu au Palais de Tokyo à partir du 16 avril est reporté du 16 au 19 juillet 2020.
  • PAD PARIS : Le salon d’art et de design PAD Paris qui devait se tenir dans le jardin des Tuileries du 1er au 5 avril est annulé.
  • ART UP LILLE :  La foire d’art contemporain d’Art Up Lille qui devait se tenir du 5 au 8 mars à Lille Grand Palais est reportée au mois de juin.
  • ART SHOPPING : Le salon d’art contemporain ART Shopping reporte son édition prévue du 3 au 5 avril prochain au Carrousel du Louvre à Paris sur son édition d’automne, du 23 au 25 octobre 2020.
Auvergne-Rhône-Alpes
  • BIENNALE d’ART CONTEMPORAIN de LYON : la 16e Biennale d’art contemporain de Lyon est reportée à septembre 2022.
Bourgogne-Franche Comté
  • BOURGOGNE TRIBAL SHOW : La 5e édition de la foire d’art internationale Bourgogne Tribal Show, qui devait avoir lieu du 21 au 24 mai, est reportée en mai 2021.
Hauts-de-France
  • MUSÉE DE PICARDIE : l’exposition « Les Puys, chefs-d’oeuvre de la Cathédrale Notre-Dame », initialement prévue d’octobre 2020 à janvier 2021, sera finalement ouverte en mars 2021 et l’exposition « Chasseurs de trésors » est reportée en juin 2021.
  • Exposition « Eugénie, comtesse de Pierrefonds, égérie de la mode », au château de Pierrefonds reportée en 2021 (en attente de dates)
  • Report du lancement de Lille Métropole 2020 Capitale mondiale du Design, initialement prévu le 29 avril
  • INSTITUT DE LA PHOTOGRAPHIE : l’Institut pour la photographie à Lille reporte sa programmation d’expositions à septembre 2020
Île-de-France
  • PROPRIÉTÉ CAILLEBOTTE : l’exposition « Paul Durand-Ruel et le post-impressionnisme » qui devait ouvrir ses portes le 8 avril est reportée à la saison 2021.
Normandie
  • RMM ROUEN, report du Festival Normandie Impressionniste (en attente de nouvelles dates)
  • Exposition « Merveilles d’or et d’argent. Trésors cachés et savoir-faire de la Manche » à l’abbaye du Mont-Saint-Michel reportée en 2021 (en attente de dates)
  • Exposition « Xavier de Poret, dessins animaliers » au château de Carrouges reportée en 2021 (en attente de dates)
  • GIVERNY : le musée des impressionnismes Giverny reporte l’ouverture de son exposition « Plein air. De Corot à Monet » au 27 avril
Nouvelle-Aquitaine
  • Exposition « Boire avec les dieux » à la CITÉ DU VIN, reportée en 2021
Occitanie
  • OB’ART MONTPELLIER : le salon Ob’Art Montpellier, qui devait avoir lieu du 3 au 5 avril au Corum, est annulé.
Provence-Alpes-Côte d’Azur
  • Annulation de l’édition 2020 des RENCONTRES D’ARLES
  • Exposition « Anima Mundi » d’Anne et Patrick Poirier à l’abbaye du Thoronet reportée en 2021 (en attente de dates)
  • Exposition « Hubert le Gall, une fantaisie grecque » à la Villa Kérylos reportée en 2021 (en attente de dates)
  • Exposition « Endless Portraits » de Nicolas Clauss au Fort Saint-André à Villeneuve-lez-Avignon reportée en 2021 (en attente de dates)
  • FONDATION MAEGHT : La Fondation Marguerite et Aimé Maeght à Saint-Paul-de-Vence, ferme ses portes au public à partir du 15 mars au soir.

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Aha oe feii ? (Eh quoi ! Tu es jalouse ?) de Gauguin : focus sur un chef-d’oeuvre

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Il s’agit sans doute de l’un des plus beaux tableaux que Paul Gauguin ait peints lors de son premier séjour à Tahiti, où il part en avril 1891. Après s’être rendu pour la troisième fois en Bretagne (en 1888), il cherche en Polynésie le dépaysement, une vie simple et vraie, un retour aux sources où il pourra puiser « dans le lait nourricier des arts primitifs ». Les principes picturaux du synthétisme et du cloisonnisme mis en oeuvre avec ses camarades de l’école de Pont-Aven quelques années auparavant vont trouver sur les îles leur plein épanouissement.

Inspiration Soleil Levant

Dans une composition très décorative faisant fi de toute préoccupation de perspective, Aha oe feii ? met en scène deux vahinés au bord de l’eau, l’une assise, pensive, le visage de profil, la seconde allongée, endormie au soleil, au cœur d’un paysage presque abstrait, sans effet de profondeur ni ligne d’horizon. Le fond est essentiellement composé d’un aplat coloré d’un rose lumineux, animé d’un seul élément identifiable, le tronc d’un arbre planté en arrière-plan, en haut à droite. Son feuillage prolifère vers la gauche du tableau pour venir se fondre dans la mer, animée de reflets formant d’étranges arabesques qui rappellent l’esthétique des estampes japonaises. Ici, les corps nus — sculpturaux mais néanmoins d’une grande sensualité — ne semblent faire qu’un avec le paysage qui les entoure.

Paul Gauguin, Aha oe feii ? (Eh quoi ! Tu es jalouse ?), Tahiti, Papeete, été 1892, huile sur toile, 66 × 89 cm, musée d’État des beaux-arts Pouchkine, Moscou.

Peindre les mystères de la Nature

Comme nombre d’oeuvres polynésiennes de Gauguin, Aha oe feii ? conserve sa part de mystère. Le titre, écrit en tahitien en bas de la toile, reste énigmatique, autant que la traduction en français (Eh quoi ! Tu es jalouse ?) qu’en fit l’artiste au moment d’exposer le tableau à Paris, chez le marchand Paul Durand-Ruel. Peu importe, finalement, le sens caché. Le vrai sujet de l’oeuvre, c’est Tahiti, et la fascination qu’exerce sur Gauguin la splendeur de ce qu’il y découvre. Il se plaisait d’ailleurs à dire qu’il ne peignait pas d’après la nature, mais qu’il rêvait devant elle.

Apprenez-en plus avec notre article exclusif Les mystères de la création dans l’oeuvre de Paul Gauguin

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Comment aider les artistes dans le besoin (6) : L’aide aux critiques d’art

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L’AICA France est la section française de l’Association internationale des critiques d’art (AICA), fondée en 1948-49 et comptant près de six mille membres à travers le monde. Connaissant les difficultés financières de quelques-uns de ses adhérents, liées aux annulations de piges, de textes de catalogues, de présentations orales et de commissariats d’expositions reportées, l’AICA France (550 membres, la plus grosse section mondiale) a proposé ce matin une opération originale. Il s’agit de compléter le Fonds de solidarité et autres aides qui ne tiennent pas en compte de la réalité économique de certains critiques d’art ni des temporalités avec lesquelles ils travaillent car le paiement des piges et autres activités sont souvent en décalage avec le moment du rendu du travail. Et ceci sans doute jusqu’en septembre. « Le collectionneur et mécène Antoine de Galbert est l’un des rares qui pense aux critiques d’art, rappelle Elisabeth Couturier, présidente de l’AICA France. Pourtant les critiques d’art sont un maillon essentiel de l’écosystème du monde de l’art visuel. Les expositions, les éditions et les journaux étant à l’arrêt ou décalés, ils sont particulièrement touchés depuis deux mois. J’en ai rencontré certains qui étaient obligés de faire des petits boulots d’urgence en sauvegarde, pour nourrir leurs familles ».

Demandes urgentes

Pour parer au plus urgent et tenant compte de la pluralité des profils et des statuts juridiques qui fragilisent plusieurs de ses membres, l’AICA France peut soutenir quelques critiques d’art en situation de grande précarité grâce à l’aide du fonds Antoine de Galbert. Les demandes sont à formuler avant le 15 mai à bureau@aica.com. « Mais attention cette proposition ne vient pas se substituer à une véritable politique de structuration de notre secteur telle que l’a pointée Bruno Racine dans son rapport, termine Elisabeth Couturier. Il faut donc de manière urgente définir un véritable statut à nos auteurs ».

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Crise sanitaire et précarité // le point sur les aides ! . Bonjour à toutes et tous, Nous vous espérons en bonne santé. Nous avons conscience des situations difficiles que de nombreux·ses critiques traversent, en cette période de crise inédite. Afin de vous accompagner, nous avons dressé ici la liste des aides émises par différents organismes : DGFIP – Fonds de solidarité des Impôts (https://www.impots.gouv.fr/portail/) Report des cotisations sociales pour les autoentrepreneur.ses (https://www.urssaf.fr/portail/home.html) Artistes-auteur.trice.s – Urssaf Limousin (https://www.artistes-auteurs.urssaf.fr/aa/accueil) Aides sociales des retraites complémentaires (http://www.ircec.fr/actualite/aide-sociale-aux-artistes-auteurs/) Aide ponctuelle aux artistes-auteur.trice.s du CNAP (https://www.cnap.fr/soutien-la-creation/fonds-durgence) Aides aux auteur.trice.s du CNL (https://centrenationaldulivre.fr/actualites/le-plan-d-urgence-du-cnl-en-faveur-du-secteur-du-livre) À l’heure actuelle, ces aides comportent de nombreuses limites et ne répondent pas à la réalité de nos prestations. Leurs critères d’accessibilité, qui empêchent certain·e·s membres d’en bénéficier, devraient être prochainement reconsidérés pour permettre à un plus grand nombre d’y avoir droit (prise en compte de la moyenne mensuelle du chiffre d'affaires annuel comme référence, au lieu du seul mois de mars 2019 ; annulation de charges envisagée au-delà d’un simple report). C’est pourquoi, au vu des annonces d’actualisation du formulaire de la DGFIP, nous vous conseillons d’attendre un peu avant d’envoyer votre demande d’aide aux impôts. Nous vous informerons dès que de nouveaux critères seront mis en place, et restons à votre disposition pour échanger tant collectivement qu’avec nos partenaires et structures associées au sein du CIPAC, Fédération des professionnels de l'art contemporain, face à l’urgence de la situation. . ///// Les membres qui ne répondent à aucune de ces aides sont également invité·e·s à se rapprocher du bureau pour témoigner de leurs difficultés, afin que nous puissions étudier ensemble quelles mesures pourraient être concrètement mises en place.///// . Photo : @lnlanglois

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Le Salon du dessin chez vous : Saint Sébastien, Saint Roch et l’Archange Saint Michel du Gerchin

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2020 est l’année anniversaire de la peste de Marseille de 1720 qui ravagea le Midi de la France mais, quatre-vingt-dix ans auparavant, en 1630, une autre épidémie s’inscrivit dans les annales, celle de la Grande Peste qui toucha principalement l’Italie du Nord, du grand-duché de Toscane jusqu’aux Alpes. Pour se prémunir contre la maladie, plusieurs saints sont alors invoqués. Du franciscain Saint Jean Discalceat à Saint Antoine le Grand, nombreuses sont les figures devant lesquelles la population est invitée à prier. Avec ses flèches plantées dans tout le corps, Saint Sébastien est le plus facile à reconnaître. Ce militaire de carrière, né en Gaule romaine au IIIe siècle, fut persécuté sur ordre de l’empereur Dioclétien pour avoir soutenu les premiers chrétiens. Il fut d’abord attaché à un poteau au Champ de Mars et transpercé de flèches, puis flagellé et son cadavre jeté aux égouts pour empêcher les fidèles de le vénérer. À cause de son martyre et de sa silhouette « couverte de pointes comme un hérisson », il est devenu le patron des archers et des policiers.

Une symbolique qui remonte à l’Antiquité

La symbolique de la « sagittation » (le fait d’être frappé par des flèches) associée à la peste remonte en fait à l’Antiquité puisqu’Apollon, le dieu archer, envoie cette maladie aux Achéens en tirant ses flèches de son arc d’argent. C’est Jacques de Voragine, dans sa Légende dorée, qui explique le mieux l’idée que Saint Sébastien peut intercéder auprès des malades de la peste car deux miracles eurent lieu au VIIe siècle à Rome et Pavie et les reliques du saint furent alors transportées dans la Ville éternelle.

De Benozzo Gozzoli au Pérugin, tous les artistes représentent Saint Sébastien pour évoquer la peste à la demande des commanditaires des tableaux. D’un homme âgé et barbu, on passe à partir du XVe siècle à un adolescent au corps ferme, mais parfois presque féminin.

Giovanni Francesco Barbieri dit Le Guerchin, Saint Sébastien, Saint Roch et l’Archange Saint Michel, XVIIe siècle, plume et encre métallo-gallique noire-brune, lavis brun et traces de sanguine, 256 x 161 mm ©galerie Maurizio Nobile

Un autre saint antipesteux

Dans le dessin de la galerie Nobile, aux côtés de Saint Sébastien, nu et percé de deux flèches, apparaît Saint Roch, que l’on identifie traditionnellement par sa tenue de pèlerin de Compostelle avec son bourdon et la coquille de Saint Jacques brodée sur sa cape. Ce Montpellierain du XIVe siècle, ayant étudié la médecine, se porta au secours des malades lors de la peste de 1358, s’occupa de l’hôpital du Saint Esprit à Rome et reçut l’indulgence plénière du pape Urbain V. En haut de la composition dessinée figure encore un personnage ailé qui pourrait être l’archange Saint Michel, le chef de la milice céleste des anges du Bien, reconnaissable à ses ailes et à l’épée, qu’il range dans son fourreau.

Ce dessin est dû au Gerchin, de son vrai nom Giovanni Francesco Barbieri (1591-1666). Formé dans le cercle des Carrache à Bologne, il travaille particulièrement les effets lumineux comme son contemporain Caravage, les compositions dynamiques comme Rubens, dont il voit l’œuvre à Mantoue, et le jeu des couleurs chaudes qu’il a découvertes lors de son séjour à Venise en 1618. Peu à peu, son art tourne du côté d’un certain classicisme baroque, proche de Guido Reni, et il semble doué d’une grande aisance à lier les personnages dans ses tableaux. Ce dessin, associant encre, lavis, plume et sanguine, est sans doute une des premières idées du Guerchin pour le grand retable destiné à l’oratoire de l’église de Nonantola à Modène. Le commanditaire a été identifié. Il s’agit du comte Antonio Mario Sertorio, sans doute désireux de remercier les cieux de leur protection pendant la peste de 1630.

Ce retable a été mentionné par Guerchin dans son livre de comptes de 1632 et il est aujourd’hui conservé dans les collections de la famille Bachetoni Rossi Vaccari à Spolète, précise la galerie Nobile. Quant au dessin, il est passé entre les mains du père Sebastiano Resta au début du XVIIIe siècle, puis dans les collections de Lord John Somers et de Lord Brownlow, avant de terminer dans le fonds de Jacques Petithory, un marchand et collectionneur français, riche donateur du musée Bonnat de Bayonne. Cette provenance est gage de qualité. « C’est la première fois, précise Maurizio Nobile, qu’on peut voir cette feuille en vrai car elle n’est connue qu’au travers de sa reproduction. Vu la période que nous traversons, ce projet d’ex-voto commandé à cause de la peste prend aujourd’hui un sens particulier ».

Ce dessin est proposé à la vente par la galerie Nobile. Prix sur demande à paris@maurizionobile.com

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