Actualité artistique

Art et cinéma, même combat !

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Lumière est « le dernier grand peintre impressionniste », affirme Jean-Pierre Léaud dans La Chinoise de Jean-Luc Godard. Derrière la formule paradoxale et provocatrice, se cache une compréhension subtile des affinités entre le jeune cinéma et la peinture, qu’éclaire une anecdote significative. Découvrant Le Goûter de bébé (1895), un des premiers films Lumière, Georges Méliès ne s’intéresse pas aux mimiques du bambin et de ses parents, mais s’émerveille des feuilles de l’arbre à l’arrière-plan, agitées par le vent. Dans d’autres bobines, il aurait pu s’enthousiasmer pour des vapeurs, des fumées, des vagues… C’est « comme si dans les vues Lumière, l’air, l’eau, la lumière devenaient palpables, infiniment présents », note l’historien du cinéma Jacques Aumont. Cette observation appelle spontanément le rapprochement avec l’impressionnisme, qui avait élevé ces éléments au rang d’objets picturaux. Plus que dans une iconographie partagée de la vie quotidienne et du paysage ordinaire, la rencontre entre la peinture moderne et le cinéma des origines se trouve là, dans la sensibilité au mouvement et à la présence de ces substances évanescentes.

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à lire dans notre numéro de novembre 2019

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Niki de Saint-Phalle : L’ère des nanas

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« Je compris très tôt que les hommes avaient le pouvoir et ce pouvoir, je le voulais. Oui, je leur volerais le feu. Je n’accepterais pas les limites que ma mère tentait d’imposer à ma vie parce que j’étais une femme. » Celle qui s’exprime en ces termes n’est ni Simone de Beauvoir ni Marie Curie. Elle n’est pas non plus une pasionaria affichée du Mouvement de libération des femmes, qui se développe en France et aux États-Unis dans les années 1970. Mais bien un des plus grands sculpteurs du XXe siècle, Niki de Saint Phalle (1930-2002), femme ET artiste. Le dictionnaire Robert définit le féminisme, terme apparu en 1837, comme la « doctrine qui préconise l’extension des droits, du rôle de la femme ». Féministe donc, Niki de Saint Phalle ? Sans aucun doute possible. Et cependant… « Elle a créé des rôles modèles pour les générations futures, de véritables héroïnes des temps modernes et, pourtant, qui le reconnaît aujourd’hui ? Cela paraît invraisemblable, mais je n’ai jamais croisé une personne qui me dise que les Nanas sont des œuvres féministes », s’étonnait en 2014 Camille Morineau, commissaire de la grande rétrospective que consacrait le Grand Palais à l’artiste. « Or, tout son travail en parle, sa correspondance, ses écrits biographiques, les interviews qu’elle a données. »

Niki de Saint Phalle au milieu de ses Nanas à la galerie Alexandre Iolas, 1965 ©Niki Charitable Art Foundation/DR ©André Morain

Naître ou ne pas naître féministe

Simone de Beauvoir, dans son célèbre Deuxième sexe, dont la parution en 1949 fut le détonateur du mouvement de libération « d’un être humain sur deux », écrivait qu’« on ne naît pas femme, on le devient ». Mais peut-on naître féministe ? Sur ce point, Niki de Saint Phalle faisait mine de s’interroger, ingénue et véhémente : « Quand devient-on rebelle ? Dans le ventre de sa mère ? À cinq ans, à dix ans ? », écrit-elle dans une des merveilleuses lettres fictives publiées dans le catalogue de son exposition de Bonn, en 1992. Plus loin : « Enfant, je ne pouvais pas m’identifier à ma mère, à ma grand-mère, à mes tantes ou aux amies de ma mère. Un petit groupe plutôt malheureux. Je ne voulais pas devenir, comme elles, les gardiennes du foyer. » Mais échappe-t-on facilement aux règles de son milieu lorsqu’on est née Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle, descendante d‘une lignée de Croisés par son père, banquier français installé à New York, Américaine par sa mère, issue d’une famille fortunée de planteurs du Sud ? « Ma mère, je la voyais comme prisonnière d’un rôle imposé. Un rôle qui se transmettait de génération en génération selon une longue tradition jamais remise en question. » Ce qui ne se discute pas ? La religion – catholique –, la supériorité des Blancs, la hiérarchie sociale. Et aussi le fait que seuls les garçons suivent des études, et que les filles sont éduquées pour se marier.

Autoportrait, vers 1958-1959, présenté dans l’exposition « NIki de Saint Phalle » au BAM de Mons en 2018©Niki Charitable Art Foundation/DR ©Laurent Condominas

Mais Niki, qui « ne se sent ni française, ni américaine », « exposée à des influences culturelles diverses », « choisit ce qu’elle veut croire » et s’avoue « confrontée à l’énorme problème de se réinventer et de se recréer ». Dans Traces, récit autobiographique publié en 1999, elle s’exclame : « J’ai décidé très tôt d’être une héroïne. Qui serai-je ? George Sand ? Jeanne d’Arc ? Un Napoléon en jupons ? » Vaste entreprise… mais, au final, promesse tenue. Rebelle, Niki ? De fait, son entrée dans le monde de l’art, au printemps 1961, est fracassante. Une photographie qui fera le tour du monde la représente, épaulant un 22 Long Rifle pour mettre en joue son œuvre ou le spectateur.

Regarde les hommes tomber

L’idée de ces tableaux-tirs lui est venue alors qu’elle exposait une de ses œuvres dans la salle expérimentale du salon Comparaisons, où l’on retrouve les Nouveaux Réalistes, groupe formé à l’automne précédent à l’initiative du critique Pierre Restany. Sa première œuvre exposée, Portrait of My Lover, est une planche couverte de plâtre blanc sur laquelle elle a fixé une chemise d’homme que surmonte une cible de tir. Les visiteurs sont invités à lui lancer des fléchettes, devenant les acteurs de l’œuvre d’art, elle-même convertie en objet d’exorcisme puisque la chemise est celle d’un amant dont Niki veut se débarrasser. « En la regardant, j’eus une illumination : j’imaginai la peinture se mettant à saigner. Blessée, de la manière dont les gens peuvent être blessés. »

De gauche à droite : Grand Tir, Tir à volonté, Shooting Painting American Embassy et Long Shot (1961), présentés dans l’exposition Niki de Saint Phalle, Grand Palais, Paris, 2014 ©Guy Boyer

Ses performances lui valent l’admiration inconditionnelle de ses camarades masculins qui l’intègrent sans plus de discours, seule femme parmi les Nouveaux Réalistes. Ravie de ce résultat « dramatique », mais aussi « excitant et sexy », elle utilise des gaz lacrymogènes pour les « grandes finales » des séances de tir. « La fumée dégagée évoquait la guerre. La peinture était la victime. Qui était la peinture ? Papa ? Tous les hommes ? (…) ou bien la peinture était-elle moi ? » Le succès est considérable. Au bout de deux ans, pourtant, Niki renonce à ce procédé, constatant qu’elle « devient dépendante de ce rituel macabre, même s’il était joyeux », qui la met dans « une sorte de transe extatique ». Bien des années plus tard, dans une lettre à Pontus Hulten, elle se souvient : « Le Tir se situe avant le Mouvement de libération des femmes. C’était très scandaleux de voir une jolie jeune femme tirant avec un fusil et râlant contre les hommes dans ses interviews. » Puis elle ajoute : « De la provocation, je passai à un monde plus intérieur, plus féminin. Je me mis à sculpter des mariées, des accouchements, des putains, ces rôles variés que les femmes ont dans la société. Une nouvelle aventure commençait. »

Autel OAS et Autel noir et blanc (1962), présentée dans l’exposition Niki de Saint Phalle, Grand Palais, Paris, 2014 ©Guy Boyer

Le chemin des dames

Dans la très belle biographie qu’elle lui a consacrée, Catherine Francblin cite cette interview de Niki par Dino Buzzati où l’artiste exprime la conviction que « dans le champ de l’art les hommes ont maintenant tout épuisé » et que c’est aux « femmes de réaliser quelque chose de nouveau ». En l’occurrence, le « nouveau » dans l’œuvre de Niki de Saint Phalle, c’est ce « chemin des dames », pour reprendre l’expression de l’historienne Laurence Bertrand Dorléac, dont la grande farandole de personnages, filles et mères, sorcières ou déesses, accouchées ou mariées, Vénus et prostituées va construire une mythologie féminine à nulle autre pareille. Elle vit désormais avec Jean Tinguely dans une campagne proche de Paris, dont l’atelier et le jardin se remplissent de sculptures-assemblages. À la blancheur atone des reliefs avant tirs succède celle, grimaçante, des Mariées, grands mannequins fantomatiques debout, à cheval ou sous un arbre, encombrées d’un fatras de voiles hiératiques, bardées de menus objets morbides, fleurs artificielles et jouets cassés.

Niki de Saint Phalle, The Bride (or Miss Haversham’s Dream), 1965 ©Niki Charitable Art Foundation/DR ©André Morain/ Courtesy Galerie G.-P. & N. Vallois, Paris

Ces femmes « exsangues » sont-elles le reflet, le double gémellaire de cette jeune fille de l’aristocratie qu’elle a été, « élevée pour le marché du mariage » ? Sans doute. Voici qu’on retrouve ces femmes à vendre sur le gigantesque triptyque Autel des femmes (1964), mariée à cœur ouvert sacrifiée aux monstres vociférants tandis qu’accouche à ses côtés une femme affolée et que planent au-dessus d’elles la Mort et les avions de combat. Dénonciation encore dans ces Accouchées (p. 33), rose dégoulinante et démembrée ou blafarde fourmillante d’insectes, dont la plus douloureuse reste La Crucifixion, femme en bigoudis écartelée par la souffrance, à l’image du Christ, et à laquelle on a sûrement promis que ses cuisses béantes donneraient un Sauveur à l’humanité. Vierge, mère ou prostituée, ne sont-elles pas toutes des marchandises sacrifiées auxquelles on refuse le libre choix de leurs désirs ?

Niki de Saint Phalle, Baigneurs, 1981, propriété de la Communauté française, en dépôt à l’Artothèque, Mons © 2018 Niki Charitable Art Foundation/DR © Atelier de l’Imagier

L’exubérance décomplexée des Nanas

Le salut viendra, pourtant, certainement pas comme l’imaginent les dames du Sacré-Cœur qui ont élevé Niki. Et, à l’été 1964 , elle annonce à Pontus Hulten qu’elle vient de faire une énorme statue, une femme très bizarre, quinze fois plus grosse et grande qu’elle, debout sur des talons, avec de très belles couleurs… Bienvenue aux Nanas, créatures joyeuses et fantasques, d’abord sculptures sur treillis métallique tendu de tissus, puis façonnées en résine de polyester. Opulentes et légères cependant, toujours en équilibre, suspendues, soulevées du sol, elles dansent sans fin, dans une célébrationde la vie solaire et décomplexée. La plus extraordinaire d’entre elles naît en 1966, à Stockholm, dans le hall du Moderna Museet, à la demande de Pontus Hulten, son directeur : une gigantesque femme-cathédrale, couchée sur le dos, dans laquelle les visiteurs entrent par le sexe pour trouver dans ses entrailles quantité d’activités ludiques.

Ill. Photographie repeinte de Hon (1979), présentée dans l’exposition Niki de Saint Phalle, Grand Palais, Paris, 2014 (©Guy Boyer).

Hon, « elle » en suédois, première œuvre monumentale de Niki, première sculpture-maison et premier travail en commun avec Tinguely, est un immense succès. Débordantes de joie de vivre, ces Nanas aussi fécondes que les déesses-mères des temps archaïques sont, dit Niki, « plus grandes que les hommes pour pouvoir leur tenir tête ». Elles se répandent sur la planète, irrésistibles, volant au secours de leurs sœurs humaines et semant le scandale dans les espaces publics, invariablement ornées de décors circulaires aux couleurs éclatantes qui soulignent leurs formes généreuses. Rapidement, apparaissent les Nanas noires, qui doublent le thème féministe d’un message contre la ségrégation raciale. Aux Nanas monumentales succèdent des adaptations aux dimensions plus réduites, ouvertement ludiques. Ainsi naissent les Nanas-bijoux et les Nanas-ballons, sculptures gonflables en plastique largement commercialisées, pied de nez de Niki aux codes du marché de l’art.

Niki de Saint Phalle, Vénus, 1964, laine, objets sur grillage, H. 170 cm (Mamac, Nice) © Céline Lefranc

La part d’ombre du féminin

Mais Niki de Saint Phalle, spécificité des grands artistes, n’est jamais là où on l’attend. La célébration du « Nanapower » n’induit pas pour autant une jubilation ronronnante. Après les femmes généreuses et aimantes, voici que surgissent, dans les années 1970, les Mères dévorantes, affreuses mégères qui ingurgitent des poupons ou des bébés crocodiles dans un salon de thé. Kalliopi Minioudaki, dans son essai du catalogue d’exposition du Grand Palais, soulignait avec justesse que Niki n’a pas changé de ton mais ne peut se contenter de la « célébration illimitée de la féminité ». La mauvaise mère côtoie la bonne mère en chacun de nous; il faut aussi montrer « l’autre côté », cette part d’ombre dont on ne saurait priver le féminisme sans le réduire à une dimension primaire. Et que penser de cette étonnante composition, La Promenade du dimanche (1971), papa, maman et l’araignée en laisse ? Qui est le monstre ? L’enfant ? La mère de Niki – « elle pouvait à peine s’exprimer et dévorait sa famille » ? Niki qui a abandonné ses enfants pour se consacrer à son art ? Formidable Niki de Saint Phalle, toujours en avance de mille lieux sur la réflexion de son époque et qui mène bientôt la lutte entre les sexes à l’échelle monumentale avec son projet fou de jardin des Tarots et son Queen Califia’s Magical Circle, ode californienne à une déesse tellurique. Cette femme architecte qui s’écrie « À bas l’art pour le salon ! » traverse le XXe siècle en précurseur ou marginale des mouvements féministes, jamais encartée. Car « en fait, je suis une ardente féministe mais à ma manière, déclare-t-elle en 1965. Ma révolte est individuelle. Ma révolte, c’est de créer le jardin des Tarots en Toscane, le plus grand ensemble architectural jamais réalisé par une femme. » On songe alors nécessairement aux mots de Pierre Restany : « Niki de Saint Phalle, amazone qui a su assumer la violente révolte de toute une époque à travers la sienne propre » et dont « l’œuvre immense est prête à affronter les siècles à venir ».

Le Jardin des Tarots de Niki de Saint Phalle, à Capalbio, Italie ©Jean-Pierre Dalbéra

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L’Institut pour la photographie se dévoile à Lille

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Initié par la région Hauts-de-France et lancé pendant les Rencontres d’Arles, l’Institut pour la photographie (IPP) ouvrira totalement ses portes en automne 2021. Il s’installe, en plein cœur de Lille, dans un ancien lycée qui sera agrandi par le cabinet Berger et Berger pour atteindre 4 500 m2. L’établissement ayant pour but la diffusion de la photographie, il proposera une surface d’exposition de 1 500 m2 et comprendra une librairie, un café, une bibliothèque ainsi qu’un espace dédié à la recherche, à la conservation et à la valorisation de fonds d’archives photographiques. Il accueillera, sous forme de dépôts ou de donation, les archives de grands photographes et présentera une programmation d’expositions, de rencontres et d’ateliers pour favoriser les échanges avec le public autour de l’histoire de la photographie, la création contemporaine et les nouvelles approches de ce médium.

Mary Ellen Mark, Tiny faisant une bulle Seattle, 1983 Courtesy Howard Greenberg Gallery

Jusqu’au 15 décembre, la première programmation « extraORDINAIRE. Regards photographiques sur le quotidien », réunit sept expositions introduisant au projet de l’IPP ainsi qu’à la diversité de ses activités. L’institution mettra à l’honneur la photographie vernaculaire sous toutes ses formes, de la photographie instantanée de Lisette Model, au reportage de Laura Henno dans le désert californien, en passant par les portraits de famille de Thomas Struth et l’évolution des cartes postales américaines de 1900 à 1940. Une seconde programmation sera lancée au printemps 2020.

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Cruz-Diez, une odyssée dans la couleur à la galerie Denise René

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Tout récemment disparu, Carlos Cruz-Diez est l’une des figures majeures de l’art cinétique international, et cette exposition à la galerie Denise René est à la fois un hommage à ce grand artiste, et la démonstration de sa créativité et de sa vitalité extraordinaires. Cruz-Diez a en effet participé pleinement jusqu’au bout à la préparation de cette exposition, et a même élaboré à cette occasion une pièce inédite, le Chromoscope spatial, prolongation de ses travaux des années 1960 (œuvres de 55 000 € à 275 000 €). Installé à Paris en 1960, cet artiste d’origine vénézuélienne a rejoint la galerie Denise René et la mouvance du cinétisme, après avoir découvert quelques années plus tôt, en 1955, l’exposition « Le Mouvement », véritable révélation déterminante pour la suite de son parcours artistique. En 1969, la galerie Denise René lui consacre sa première exposition personnelle, « Cinq propositions sur la couleur » et présente ensuite régulièrement son travail. Considéré comme « le maître absolu de la couleur » selon Domitille d’Orgeval, Cruz-Diez n’a cessé de mener des recherches sur les perceptions chromatiques, pour donner lieu à une expérience immersive innovante qui métamorphose le réel et le dématérialise.

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Ma langue au chat : Qu’est-ce qu’un sépulcre pascal ?

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Jusqu’au 23 février, le musée d’Art et d’Histoire de Fribourg se plonge dans le XIVe siècle, période de mutation qui a permis l’incroyable développement architectural et artistique de cette ville suisse.

QUESTION

Qu’est-ce qu’un sépulcre pascal ?


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RÉPONSE

Le sépulcre pascal de l’ancienne abbaye de la Maigrauge est l’une des pièces maîtresses de l’exposition de Fribourg. Il s’agit de la représentation du tombeau du Christ. Sculpté et peint au milieu du XIVe siècle, le sépulcre pascal associe un coffre et une statue du Christ mort, maigre et aux plaies sanguinolentes. Il s’agit du plus ancien exemplaire complet.

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Le siècle oublié. Fribourg, les années 1300
In Fine Éditions d’art, 236 pp., 35 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition présentée au Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg, Suisse,
organisée du 8 novembre 2019 au 23 février 2020.

+ d’infos

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Le Centre Pompidou lance son premier jeu vidéo !

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Non, ce n’est pas une farce d’Halloween. Le Centre Pompidou vient d’annoncer son futur jeu vidéo, intitulé Prisme7, en partenariat avec Ircam Amplify et développé par Game in Society. Le jeu sera présenté lors de la Paris Games Week (Paris XVe) du 30 octobre au 3 novembre, sur le stand E047 Hall 2.2. Prisme7 permettra « une plongée dans un monde immatériel, où des œuvres majeures de la collection du musée d’art moderne se donnent à voir et à jouer », précise l’institution. Ce jeu de plateforme, qui permet une immersion ludique et poétique dans l’art moderne et contemporain, invite le joueur à incarner un organisme qui se construit au fil de la découverte d’œuvres du Centre Pompidou, telles que Le Rhinocéros de Xavier Veilhan ou les incontournables tuyaux de Renzo Piano et Richard Rogers. Prisme7 sensibilisera les joueurs, de tous âges et de tous niveaux, à la création artistique à travers la plus grande collection d’art moderne et contemporain d’Europe tout en approfondissant leurs connaissances. Le jeu sera disponible dès février prochain sur mobiles, PC et Mac.

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Un nouveau PDG pour Sotheby’s à quelques jours du lancement des ventes d’automne

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Cinq mois après le rachat de Sotheby’s par Patrick Drahi, PDG du groupe Altice (ancien SFR Group), l’un des principaux acteurs français dans le domaine des télécoms et des médias, le vent du changement souffle sur les hautes strates de l’organigramme de la maison de ventes. En poste depuis mars 2015, Tad Smith est donc remplacé dès aujourd’hui par Charles F. Stewart, ancien vice-président et directeur financier d’Altice USA. Devenu actionnaire de la maison de ventes, Tad Smith continuera de travailler au sein de l’entreprise en tant que conseiller du nouveau PDG.
Diplômé de l’université de Yale, Charles F. Stewart a travaillé durant vingt ans dans le domaine de la banque et de la finance aux États-Unis, en Amérique latine et en Europe. Après 19 ans passés dans la banque américaine Morgan Stanley, il a rejoint en 2013 la banque d’affaires sud-américaine Itaú BBA International. En 2016, il a devient coprésident et directeur financier d’Altice USA, filiale du groupe Altice fondé en 2001 par Patrick Drahi.

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Gauguin, l’art du portrait à la National Gallery

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Curieusement, l’œuvre de Paul Gauguin n’avait encore jamais été examinée sous l’angle du portrait. Pourtant l’artiste a représenté tout au long de sa carrière de nombreux amis, membres de sa famille, artistes, modèles, et a produit de nombreux autoportraits. Présentée initialement au Musée des Beaux-arts du Canada, cette exposition met en lumière la façon dont ce chef de file de l’avant-garde a renouvelé la pratique traditionnelle du portrait, usant avec beaucoup d’inventivité de techniques diverses : peinture, dessin, gravure, sculpture et  céramique. L’exposition chronologique rassemble des œuvres des années 1880 jusqu’à la fin de la vie de l’artiste, du village du Pouldu en Bretagne à Tahiti et aux Marquises. Elle fait la part belle à ses images (tableaux et sculptures), du célèbre Autoportrait au Christ jaune (1889) à Autoportrait (1903) probablement réalisé peu avant la fin de sa vie à 55 ans. Cette présentation révèle que, paradoxalement, certaines de ses natures mortes peuvent être considérées comme des portraits de substitution, telle Nature morte « L’Espérance », de 1901 évoquant son ami disparu Van Gogh à travers l’image d’une fleur de tournesol, Gauguin se « représentant » lui-même par le biais d’un pot de fleurs à l’allure précolombienne, allusion à l’héritage inca dont il se réclamait.

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Enchères : Bibliothèque d’érudit chez Bergé

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Amateur de surréalisme, le collectionneur de livres Jean-Paul Kahn se voulait discret. S’il prêtait ses précieux ouvrages pour des expositions, son nom n’y figurait jamais. Parmi ses fleurons, un des exemplaires de Calligrammes de Guillaume Apollinaire, portant un envoi à Blaise Cendrars et relié par Paul Bonnet (de 30 000 € à 40 000€). Ou l’un des deux manuscrits des Champs Magnétiques de Breton et Soupault, ouvrage fondateur du surréalisme (de 100 000€ à 150 000€), dont l’autre exemplaire est conservé à la BnF.

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Ma langue au chat : Pourquoi les vitraux de l’abbatiale d’Hauterive sont conservés à Munich et à Londres ?

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Jusqu’au 23 février, le musée d’Art et d’Histoire de Fribourg se plonge dans le XIVe siècle, période de mutation qui a permis l’incroyable développement architectural et artistique de cette ville suisse.

QUESTION

Pourquoi les vitraux des apôtres de l’abbatiale d’Hauterive, dans le canton de Fribourg, sont aujourd’hui conservés à Munich et à Londres ?


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RÉPONSE

Comme la collégiale de Romont, l’abbaye d’Hauterive a reçu des vitraux au XIVe siècle. Après la dissolution de l’abbaye en 1848, ils furent déposés et certains fragments furent vendus. Ces derniers se trouvent aujourd’hui au Bayerisches Nationalmuseum de Munich et au Victoria and Albert Museum de Londres.

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Le siècle oublié. Fribourg, les années 1300
In Fine Éditions d’art, 236 pp., 35 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition présentée au Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg, Suisse,
organisée du 8 novembre 2019 au 23 février 2020.

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La plus grande sculpture d’acier au monde est en Belgique, et elle est signée Bernar Venet

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Cela fait quelques jours que les usagers de l’autoroute E411 traversent 200 tonnes d’acier au niveau de la borne kilométrique 99, à Lavaux-Sainte-Anne, entre Namur et le Luxembourg. Les deux arcs qui constituent l’œuvre de Bernar Venet font respectivement 20 et 60 mètres et forment une courbe de métal de 205,5 degrés. Intitulée Arc Majeur, la sculpture composée de quatre caissons de 20 m de long a été réalisée dans les ateliers du Centre d’expertise soudage du groupe CMI (Seraing) et montée sur le site durant six jours. Installée au sommet d’une côte entourée de verdure afin que tous les voyageurs qui vont la traverser puissent la contempler de loin, cette sculpture d’acier géante est le fruit d’un projet né en 1984. Il y a 35 ans, Jack Lang, alors ministre de la Culture en France, a demandé à Bernar Venet de construire l’Arc Majeur. Initialement, celle-ci devait prendre place à la Porte de Bourgogne, entre Auxerre et Avallon. Le projet est abandonné jusqu’à ce que l’artiste français rencontre Bernard Serin, président du groupe John Cockerill. Lors de l’inauguration de deux œuvres jumelles de l’artiste commandées par le groupe en 2014 à Seraing, le sculpteur et Bernard Serin ont ressuscité le projet de l’Arc Majeur pour l’offrir à la région wallonne. Intégralement financée par l’entreprise et des partenaires, la construction de cette œuvre monumentale qui associe art contemporain et ingénierie a débuté en janvier 2018. Véritable défi technique, l’Arc Majeur illustre pleinement le travail de l’artiste, connu pour ses sculptures mêlant acier Corten et acier auto-patiné à corrosion superficielle forcée.

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Idée lecture : Courbet et ses confrères

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À observer l’iconographie de cette somme sur Gustave Courbet, on s’aperçoit d’abord de la place donnée à ses confrères es peinture, de Delacroix et Manet à Balthus et Baselitz. Ce n’est pas que la production du peintre réaliste comtois manque d’œuvres, c’est que l’auteure s’applique à montrer d’où vient son art, comment ont réagi ses contemporains et quelles leçons ont été retenues par sa postérité, l’Allemand Georg Baselitz faisant même un clin d’œil à son célèbre Bonjour, monsieur Courbet ! Rarement dans telle étude, la place accordée à la subjectivité du chercheur n’est autant mise en avant : « Je dois reconnaître que malgré l’étude appuyée sur un appareil critique qui tend à prouver mon sérieux et ma bonne foi – ma naïveté ? -, chaque tableau balaie mon discours d’émotions irrationnelles, de rêveries interminables, de fascinations enthousiastes, de chutes violentes ». D’où des parti-pris très personnels rapprochant, par exemple, Une après-dînée à Ornans du Déjeuner dans l’atelier de Manet au nom de la capacité du peintre à « insister ou non sur l’épaisseur des êtres ». Même subjectivité avec L’atelier du peintre ou avec L’Origine du monde. Valérie Bajou s’engage. Elle ose dire « je l’ignore » et « je m’interroge ». C’est une qualité.

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Richier, royale sorcière au musée Picasso

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Il y a soixante ans disparaissait Germaine Richier (1902-1959), figure majeure de la sculpture française de l’après-guerre. Il y a soixante ans, à l’été 1959, le musée-château d’Antibes lui consacrait une importante exposition, dans laquelle elle avait jeté ses dernières forces. En ce double anniversaire, l’artiste est à nouveau à l’affiche à Antibes, pour la première fois en France depuis la rétrospective de la Fondation Maeght en 1996. Formée à l’école des Beaux-Arts de Montpellier où elle commence à pratiquer la taille directe, Germaine Richier rejoint en 1926 l’atelier d’Antoine Bourdelle. Sa première carrière se place sous le signe d’une figuration classique revivifiée. Mais au cours des années 1940, exilée à Zurich, elle commence à donner vie à des créatures hybrides, aux pattes arachnéennes. Cet univers fantastique, plus terrestre que surréaliste, attire le regard des écrivains. Dominique Rolin saluera la « sorcière royale, sûre de son envoûte ». Quant à Richier, elle s’avoue « plus sensible à un pommier calciné qu’à un pommier en fleurs ». À Antibes, HydreOgreMante et autre Sauterelle mêlent la bête et l’homme. Les gravures griffent le cuivre et se confrontent aux bronzes monumentaux. L’exposition emprunte son titre au saga pedo ou « magicienne dentelée », orthoptère géant proche de la mante religieuse. La sorcière aurait apprécié !

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Le Christ moqué de Cimabue devient le tableau primitif le plus cher du monde

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Cimabue, Le Christ moqué, Actéon Senlis, vente 27 octobre 2019.

C’est un petit trésor d’à peine 25 cm de haut qui dormait depuis plusieurs années dans une cuisine de Compiègne. Le Christ moqué de Cimabue (1240-1302), découvert par la maison Actéon et authentifié par le cabinet Turquin, vient de battre un nouveau record aux enchères. Adjugé en moins de 10 minutes pour 24 180 000 euros (19,5 millions au marteau), soit 4 fois plus que son estimation haute, il devient le tableau primitif (ou pré-Renaissance) le plus cher du monde. L’œuvre accède également au 8e rang des tableaux anciens les plus chers jamais vendus, derrière le Salvator Mundi de Léonard de Vinci (2017), le Massacre des Innocents de Rubens (2002), Loth et ses filles de Rubens (2016), le portrait de Cosme de Médicis de Pontormo (1989) et le Portrait de Femme de Rembrandt (2000), le portrait de Laurent de Medicis de Raphaël (2007) et le Grand Canal de Canaletto (2005).

On s’attendait bien évidemment à un record de vente pour cette œuvre d’une grande rareté dont la redécouverte en juin dernier tient du miracle. De fait, seule une dizaine de peintures sur bois de Cimabue, considéré par Vasari comme le fondateur de la peinture italienne, nous sont parvenues, parmi lesquelles la Maèsta du Louvre (vers 1280) ou bien encore le Crucifix de la basilique Santa Croce à Florence (vers 1275). Contrairement à la plupart de ces œuvres (de grands formats destinés à des églises), le tableau vendu hier à Senlis faisait partie intégrante d’un objet de dévotion privée, un diptyque réalisé vers 1280, pour un particulier ou peut-être une congrégation religieuse, dont les deux volets étaient ornés de huit scènes de la Passion. Morcelée au XIXe siècle pour être vendue sur le marché, l’œuvre n’était jusque-là connue que par deux panneaux : La Vierge à l’Enfant, conservée à la National Gallery de Londres, et la Flagellation du Christ, conservée à la Frick Collection de New York. Présentant un excellent état de conservation, le Christ moqué illustre magistralement l’art de Cimabue, père spirituel de Giotto et de Duccio, qui mit fin à la tradition byzantine en introduisant le naturalisme dans l’art occidental.

Reconstitution du diptyque auquel a appartenu le Christ moqué de Cimabue ©Actéon

Quant à l’identité de l’acquéreur, plusieurs indices suggèrent qu’il pourrait s’agir du couple de millardaires chiliens Alvarro Saieh Bendeck et Anne Guzman Ahnfelt, heureux propriétaires de la splendide collection Alana dont le musée Jacquemard-André, à Paris, expose actuellement les trésors. Cependant, l’œuvre n’ayant pas reçu à ce jour de visa d’exportation, elle peut encore faire l’objet d’un classement en tant que « trésor national », ce qui interdirait toute sortie du territoire français pour une durée de trente mois. Le cas échéant, et comme le précisait dès hier Didier Rykner dans « La Tribune de l’Art », le Musée de Louvre, représenté à la vente de Senlis pour une éventuelle préemption, pourrait se porter acquéreur. Il disposerait alors du temps nécessaire pour rassembler les fonds, probablement en lançant un appel aux dons.

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Le collectif turc Nohlab, grand vainqueur de l’Immersive Art Festival Paris à l’Atelier des Lumières

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Hier, l’Immersive Art Festival Paris s’est achevé à l’Atelier des Lumières. Tout au long de celui-ci, plusieurs collectifs internationaux étaient en compétition. Lors de sa dernière soirée, le jury a révélé le palmarès de la première édition de l’événement. Nohlab est ressorti le grand vainqueur du festival avec son voyage expérimental intitulé Journey. Pour cette œuvre autour des photons (éléments primaires de la lumière) et de la transformation que nos yeux effectuent pour les voir, le collectif turc a reçu le premier prix, le prix du meilleur graphisme ainsi que le prix spécial du jury. Le prix du meilleur sound design a été remis au collectif Spectre Lab pour Ombres Douces. Avec également pour sujet la lumière, cette œuvre numérique commence par des images des profondeurs de la terre pour s’achever vers la voûte céleste, en développant des variations de l’ombre à la lumière.

Superbien, Siderea ©Superbien

Enfin, le jury a distingué avec la « mention spéciale du jury pour la mise en scène et le scénario » le collectif Superbien pour leur création Siderea, qui emploie des repères géométriques et scientifiques pour créer un « phénomène stellaire ». L’œuvre de Nohlab Journey sera présentée à l’Atelier des Lumières pendant six mois.

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AlUla, futur « centre culturel » d’Arabie saoudite ?

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Vue de la place Vendôme, octobre 2019 ©Jean-Michel Charbonnier

Dix mètres de haut. Ce devait être la plus grande courge jaune à pois noirs jamais réalisée par l’artiste japonaise Yayoi Kusama. Elle aurait dû électriser pendant quelques jours la place Vendôme, la place la plus iconique de la capitale, dans le cadre de la FIAC hors-les-murs. Hélas ! La citrouille gonflable a fait pschitt. Elle a été retirée aussitôt qu’installée, « en raison des intempéries », au dire des organisateurs. Oublions la cucurbitacée. Concentrons-nous sur une bâche publicitaire XXL qui masque la façade d’un hôtel particulier en travaux. « Le plus grand musée du monde n’est pas un musée », lit-on en haut de l’affiche. On y voit un monument rupestre illuminé, sous un ciel étoilé, aussi rutilant que les joyaux des vitrines alentour. Le mot « AlUla » s’étale en grosses lettres.

Jusqu’à une époque très récente, al-‘Ulâ était une paisible ville du nord-ouest de l’Arabie Saoudite, dans la région du Hijâz, centre politico-administratif de l’un des sept gouvernorats de la province de Médine (située à quelque 300 kilomètres au sud). Un lieu isolé, dans un paysage lunaire, d’une beauté stupéfiante, à l’entrée d’une vallée entourée de hauts massifs déchiquetés, grès ocre d’un côté et basalte noir de l’autre, avec des oasis peuplées et cultivées depuis des millénaires.

Oasis d’AlUla © Yann Arthus-Bertrand/Hope Production. 2019

Nécropoles, lieux de culte, installations hydrauliques, inscriptions par milliers sur les falaises témoignent d’une histoire remontant bien avant le Prophète Mahomet, révélée peu à peu par les archéologues et épigraphistes, saoudiens et étrangers, qui mènent des fouilles sur divers sites de la vallée depuis deux décennies. En toute tranquillité : ils n’y croisaient guère que des visiteurs saoudiens, des expatriés, des hommes d’affaires ou des VIP étrangers invités par le royaume. Eux seuls avaient pu admirer le monument rupestre devenu « tête d’affiche » sur les murs de Paris.

Tombes nabatéennes, Hégra, Arabie Saoudite © Yann Arthus-Bertrand Hope Production. 2019

Surnommé Qasr al-Farid (« forteresse unique »), c’est le plus vaste tombeau nabatéen de Madâin Sâlih, l’antique Hégra, premier site saoudien inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco en 2008. Petite sœur de Pétra, en Jordanie, cette cité caravanière fut implantée à la limite méridionale du royaume de Nabatène. Elle prospéra au cours des Iers siècles avant et après J.-C. grâce au commerce de l’encens, de la myrrhe et d’autres denrées précieuses transportées de l’Arabie du Sud vers le port de Gaza. La présence d’une mission archéologique franco-saoudienne depuis 2002 et les rouages de la coopération culturelle entre les deux pays ont permis à quelques journalistes de l’Hexagone d’accéder aux tombeaux de Madâin Sâlih au cours des dernières décennies. « Le passé de l’Arabie surgit du sable », titrait le « Figaro Magazine » dès janvier 1997. « Dans la nécropole interdite », renchérissait « Libération » en février 2004. On ne parlait guère alors d’Al-‘Ulâ et encore moins d’AlUla (sans trait d’union ni accents), une transcription phonétique simplifiée à l’extrême, adaptée à Internet et aux réseaux sociaux.

Vieille ville d’AlUla © Yann Arthus-Bertrand Hope Production. 2019

Pour un tourisme laïc

C’était avant que le royaume ne décide d’ouvrir ses portes et de promouvoir un tourisme « laïc » parallèlement au tourisme religieux, dans le cadre du plan Vision 2030. Un plan de réformes socio-économiques mis en place pour sortir le pays de la dépendance au pétrole, concocté par les consultants de McKinsey&Company, porté par le prince héritier Mohammed ben Salman et rendu public en avril 2016. C’était avant que ne soit instituée, par décret, la Commission royale pour Alula (juillet 2017), dirigée par le prince Badr ben Abdullah ben Farhan al Saud, nommé ministre de la Culture moins d’un an plus tard. Avant que la France et l’Arabie Saoudite ne signent un accord de partenariat culturel (avril 2018) et que ne soit créée l’Agence française pour le développement d’AlUla (Afalula), sur le modèle de France-Museums pour le Louvre Abu Dhabi.

Vue de l’exposition « AlUla, merveille d’Arabie » à l’Institut du Monde arabe, Paris © IMA. Photo : Alice Sidoli

C’est d’ailleurs son directeur scientifique, Jean-Francois Charnier, qui a été judicieusement nommé à la tête du pôle culture et patrimoine par Gérard Mestrallet, ancien PDG du groupe Engie, lui-même choisi par Emmanuel Macron pour diriger l’institution. Sa mission : « transformer la région d’AlUla en une destination culturelle et touristique mondiale ». Impossible de détailler ici tous les volets de ce projet pharaonique qui nécessitera plusieurs dizaines de milliards d’euros d’investissement et auquel il est prévu d’associer les habitants de la région.

Un voyage dans le temps

Il faut construire des hôtels (Jean Nouvel a déjà été désigné au début de l’année pour bâtir un resort haut-de-gamme en plein désert), créer toutes les autres infrastructures touristiques, protéger le patrimoine naturel, sécuriser et aménager les sites archéologiques. Des ateliers d’artisans et des résidences d’artistes seraient créés dans la vieille ville d’al-‘Ulâ, abandonnée depuis les années 80. Des sculptures contemporaines installées dans le désert (l’exposition Desert X Alula annoncée pour le début 2020). De nouvelles missions archéologiques sont lancées et pas moins de six musées devraient s’inscrire dans le paysage.
Le « Manifeste culturel » d’Afalula a été dévoilé à l’Institut du monde arabe le 6 octobre, quelques jours avant l’ouverture de l’exposition « AlUla. Merveille d’Arabie ». Celle-ci s’inscrit dans une vaste stratégie de communication du royaume saoudien qui a ouvert grand ses portes en septembre dernier et octroie désormais des visas de tourisme aux ressortissants de 49 pays. Le commissariat a été confié à Laïla Nehmé, épigraphiste renommée, chargée de recherches au CNRS et codirectrice de la mission archéologique de Madâin Sâleh, et à Abdulrahman Alsuhaibani, professeur d’archéologie à l’Université du roi Saoud de Riyâd et consultant auprès de la RCU. Images et films de Yann Arthus-Bertrand, maquettes interactives, dispositifs sonores et olfactifs… dans les deux premières salles, les grands moyens sont utilisés pour immerger le visiteur dans les étendues désertiques et l’oasis.

Vue de l’exposition « AlUla, merveille d’Arabie » à l’Institut du Monde arabe, Paris © IMA. Photo : Alice Sidoli

Le voyage dans le temps débute à l’étage supérieur. On y découvre en particulier les colossales statues d’homme en grès rouge, provenant d’al-Khuraybah, au centre de la vallée, site de l’ancienne capitale des royaumes de Dadan et Lihyân (Ier millénaire av. J.-C.). Les relations commerciales avec le Levant, la Mésopotamie et l’Égypte pourraient expliquer certains traits de ces figures de rois ou de hauts personnages dressées dans des sanctuaires. Les tombeaux rupestres d’Hégra n’ont révélé, en comparaison, qu’un matériel modeste (un handicap, dans une exposition, que ne compensent pas toujours les animations numériques).

Vue de l’exposition « AlUla, merveille d’Arabie » à l’Institut du Monde arabe, Paris © IMA. Photo : Alice Sidoli

Les découvertes de Laïla Nehmé et de son équipe n’en sont pas moins passionnantes, qu’il s’agisse de « pratiques funéraires inédites dans le monde nabatéen », de la présence romaine à Hégra devenue ville de garnison après l’annexion de la Nabatène en 106 ou de la filiation entre l’écriture arabe et l’écriture nabatéenne. L’importance d’al-‘Ulâ sur les routes de pèlerinage vers les lieux saints de La Mecque et de Médine est évoquée dans la dernière section. Une histoire qui se perpétue avec la construction du chemin de fer du Hijâz lancée par les Ottomans en 1900. Il reliait Damas et Médine en trois jours au lieu des quarante jours à dos de dromadaire.

Dans l’Arabie du future

« Alula est le centre culturel de l’Arabie saoudite », lit-on dans le Manifeste culturel d’Afalula. Dans cette Arabie du futur, les touristes du monde entier convergeraient vers Qasr al-Farid, le tombeau nabatéen, et les pèlerins musulmans vers la Ka’ba, dans le « centre spirituel » du royaume. On peut se demander si, au-delà des enjeux économiques et financiers, la mise en valeur touristique d’al-‘Ulâ et l’exposition de l’IMA témoignent d’un changement de regard des Saoudiens sur le patrimoine préislamique.

Autruches et chasseurs graves sur une Falaise à l’ouest du Jabal ‘Ikmah, AlUla ©Commission royale pour AlUla

On lit, çà et là, que ce passé a toujours été occulté. Une affirmation inexacte. On peut bien sûr citer tel cheikh saoudien recommandant de ne pas déterrer les vestiges, tel autre voyant dans les statues des habitants transformés en pierres pour s’être opposés au monothéisme. La tradition coranique qualifie la période précédant l’instauration de l’islam d’« ère de l’ignorance ». Le nom Madâin Sâleh (les villes de Saleh) fait référence à un prophète qui tenta en vain de convertir les habitants polythéistes du lieu (les Thamoudéens) et leur punition divine est relatée dans une célèbre sourate (al-Hijr, nom arabe d’Hégra). Le rejet des monuments et images pouvant devenir des objets de vénération et détourner le fidèle est l’un des pivots du wahhabisme, et on connaît ses effets dévastateurs à l’intérieur comme à l’extérieur du royaume. Il a entraîné la destruction de nombreux sites islamiques (tombeaux de saints, maisons des parents du prophète Mahomet, etc.). On ne trouve guère d’informations sur les vestiges des anciennes communautés juives et chrétiennes (même dans l’épais catalogue de l’exposition « Routes d’Arabie » qui a été présentée au Louvre en 2010).

Bas-relief décoré d’un lion, sanctuaire de Dadan (al-Khuraybah), AlUla. Ve-1er siècle avant J.-C. ©Riyâd, musée du département d’Archéologie, Université du roi Saud.

Le royaume saoudien n’en a pas moins mené une politique archéologique et muséale dont Virginia Cassola, chercheure associée au CEFAS, retrace toutes les étapes dans le catalogue de l’exposition de l’IMA. On y apprend ainsi qu’un premier département des Antiquités et des Musées a été créé à Riyâd dès 1963, que près de quatre mille sites ont été recensés en 1981 : la « plus grande expédition archéologique depuis celle de Napoléon en Égypte » selon l’archéologue saoudien Abdallah Masry. Bien des années plus tard, en 2014, lors d’un colloque sur l’Arabie verte (« Green Arabia ») organisé à Oxford, le prince Sultan ben Salman ben Abdulaziz al Saoud, président de la Commission saoudienne pour le Tourisme et les Antiquités, affirmait : « Nous avons atteint une nouvelle ère : celle de l’étude et de la protection des vestiges archéologiques qui représentent un continuum de notre culture ». Et de préciser, faisant allusion aux prospères caravaniers de jadis qui transportaient l’encens du Yémen à Gaza : « Nous ne sommes pas de nouveaux riches, comme beaucoup pourraient penser. »

À VOIR

Alula. Merveille d’Arabie, Institut du monde arabe, jusqu’au 1er janvier 2020.

À LIRE

Alula. Merveille d’Arabie, catalogue de l’exposition de l’Institut du monde arabe, collectif, 2019, Gallimard/Institut du monde arabe
Laïla Nehmé, Archéologie au pays des nabatéens d’Arabie. Guide de Hégra, 2019, Maisonneuve & Larose Nouvelles éditions/ Hémisphères Éditions.

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Un nouveau MOOC pour porter un regard neuf sur la Préhistoire

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Depuis plus de cinq ans, la Fondation Orange développe des MOOC (Massive Open Online Course, enseignement de masse en ligne) culturels en association avec de grandes institutions. Cette année, elle s’associe avec le Pôle d’interprétation de la Préhistoire, implanté aux Eyzies (Dordogne), pour créer un cours en ligne d’initiation à la Préhistoire, accessible à tous et à tout moment (sur inscription). Divisé en trois séquences (« Les territoires de vie », « Les objets et activités du quotidien » et « Le monde symbolique ») et centré sur la période Paléo-Mésolithique, allant de – 400 000 à 6 000 environ, il permettra de découvrir les sociétés préhistoriques et leurs modes de vie en répondant à des questions telles que : « À quoi ressemblaient leurs outils ? », « Comment enterraient-elles leurs morts ? » ou encore « Comment se sont-elles adaptées aux changements climatiques ? » (de quoi tirer sans doute quelques leçons…) Grâce à ce nouveau MOOC, les utilisateurs auront accès à l’actualité de la recherche ainsi qu’à des interventions d’experts (anthropologues, archéozoologues, pariétalistes ou technologues) qui présenteront leur spécialité : chasseurs-collecteurs, Néandertaliens et Hommes modernes. Chaque séquence est accompagnée d’une vidéo, de documents complémentaires, d’activités d’apprentissage et d’un quiz ludique pour évaluer les connaissances acquises.

Pour accéder au contenu, il suffit de s’inscrire sur la plateforme : www.mooc-prehistoire.com et pour plus d’informations suivez le #MoocPrehistoire sur Twitter @FondationOrange ; @MoocCulture et sur Facebook @pole.prehistoire ; @FondationOrange.

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10 idées de sorties au musée pour Halloween

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Une nuit d’Halloween à la Cinémathèque de Paris

Vue de l’exposition « Vampires » à la Cinémathèque de Paris ©Stéphane Dabrowski

Pour la journée d’Halloween, la Cinémathèque de Paris prépare de nombreuses activités, animations et projections. Le public n’aura que l’embarras du choix : thématique Tim Burton, visite-spectacle de l’exposition « Vampires », ateliers maquillages, expérience en réalité virtuelle gloomy Eyes et  projection de quatre films d’horreur à propos de créatures fantastiques.

+ d’infos : www.cinematheque.fr

Enfermés au musée de la Monnaie de Paris 

Prisonnier d’un véritable coffre-fort, les joueurs de l’Escape Game : « Enfermés au musée » de la Monnaie de Paris, devront s’en échapper le plus rapidement possible avant que la situation ne se dégrade…

d’infos : www.monnaiedeparis.fr

Immersive Game à l’Opéra Garnier

« Inside Opéra » est une expérience immersive où les participants, encadrés par des comédiens en costume d’époque et des musiciens de l’Orchestre Symphonique Divertimento, suivent les traces du fantôme de l’Opéra. À travers une série d’énigmes, les joueurs tenteront de résoudre la malédiction de cette figure légendaire afin de le libérer.

+ d’infos : www.inside-infos.fr/opera/

Même pas peur au Jardin des Plantes 

Cette année au Jardin des plantes le public est invité à venir à la rencontre d’animaux cauchemardesques et de repousser ses limites. Les soigneurs et médiateurs de la ménagerie lèveront ensuite le voile sur ces animaux craints de tous.

+ d’infos : www.jardindesplantesdeparis.fr

À la Toussaint, Grévin est plus vivant que jamais

Musée Grévin, Toussaint 2019 @ Pauline Maillet

Le musée Grévin prend vie pour Halloween. Des comédiens déguisés se cacheront derrière les statues de cire et surprendront les visiteurs tout au long de leur parcours. Pour les plus téméraires, une dégustation d’insectes est également prévue au programme !

+ d’infos : www.grevin-paris.com

Peurs royales au château de Fontainebleau

Vue de la galerie des Cerfs, au château de Fontainebleau ©Wikimedia

Cette année, le spectateur devra surmonter ses peurs pour partir à la découverte du château de Fontainebleau, le tout guidé par le fantôme du roi François II. Il y raconte la « Légende du Veneur Noir » qui terrorisait la famille royale depuis des siècles. C’est une visite mystérieuse des salles du château et de ses recoins qui en ravira plus d’un.

+ d’infos : www.chateaudefontainebleau.fr 

Mystère d’Halloween au Centre national du costume de scène

Vue du Centre national du costume de scène ©Florent Giffard

Chasse au trésor, atelier de création d’accessoires, goûter et visite, le tout revêtu de son plus beau costume d’Halloween, sont prévus au CNCS le jeudi 31 octobre 2019.

+ d’infos : www.cncs.fr

De carrosse en citrouille au château de Versailles

Des journées spéciales Halloween sont organisées au Potager du roi. Plusieurs ateliers et animations (création de son masque d’Halloween, atelier citrouille) seront au programme ainsi qu’un jeu de piste.

+ d’infos : www.versailles-tourisme.com

Traverser le Styx à Vaux-Le Vicomte

Rivière souterraine, château de Vaux-le-Vicomte © Yann Piriou

Le château propose une expérience inédite autour de la thématique du Styx, fleuve des Enfers. En suivant le cours de la rivière souterraine du château (détournée par Le Nôtre en 1654 pour la création des jardins), les spectateurs, munis de bottes et de lampes torches doivent braver nombre d’épreuves imposées par des comédiens professionnels qui encadrent l’expérience.

+ d’infos : www.vaux-le-vicomte.com

Frissons en musique à la Philharmonie de Paris 

Différentes visites et ateliers terrifiants sont organisés, cette année, au musée de la Musique. Les participants partent à la découverte de nouvelles sonorités, parfois inquiétantes, et ont l’occasion d’imaginer la séquence musicale d’un film à faire hurler de peur.

+ d’infos : www.philharmoniedeparis.fr

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