Actualité artistique

Disparition de l’intellectuel Suisse Jean Starobinski

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Né en 1920 d’une famille d’origine polonaise, Jean Starobinski a grandi en Suisse, où il a suivi des études de lettres classiques et de psychiatrie à l’Université de Genève (Suisse). Titulaire d’un doctorat és lettres et d’un doctorat en médecine, il a mené de front sa passion des lettres et sa passion des sciences. Il a notamment exercé plusieurs années comme interne en médecine puis en psychiatrie, avant d’enseigner la littérature française à l’université Johns-Hopkins à Baltimore et à l’université de Bâle, ainsi qu’à Genève, où il a assuré des cours d’histoire des idées et d’histoire de la médecine. Il s’est spécialisé dans l’analyse critique, ses livres sont traduits dans une douzaine de langues. Il s’est intéressé notamment à la poésie contemporaine, à l’herméneutique ainsi qu’aux auteurs du siècle des Lumières (Rousseau, Diderot, Voltaire). Il a été le premier à publier les recherches de Ferdinand de Saussure sur les anagrammes. Membre de l’Académie des sciences morales et politiques (Institut de France) et de plusieurs autres académies européennes et américaines, il a reçu de nombreux prix dont le Grand Prix de la Francophonie en 1998. En décloisonnant les savoirs, Jean Starobinski a marqué l’histoire intellectuelle du XXe siècle. Parmi ses livres majeurs, on peut citer Jean-Jacques Rousseau : la Transparence et l’Obstacle (Plon, 1957), 1789 : les Emblèmes de la Raison (Flammarion, 1973), L’Encre de la mélancolie (Seuil, 2012), ou La Beauté du monde – La littérature et les arts (Gallimard, 2016).

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Visite d’atelier : Le monde selon Speedy Graphito

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Aux portes de Paris, dans la rue des Lilas où Olivier Rizzo – alias Speedy Graphito – a établi son atelier, aucun tag, graffiti ni mur peint ne vient accrocher l’œil. Une façade d’immeuble sans histoire, arborant des fenêtres carrées habillées de miroirs sans tain, semble, comme son pseudonyme, préserver à l’artiste un protecteur anonymat. Mais, sitôt passée la porte, l’espace s’incarne et s’affirme, flamboyant et chantant. Les toiles, pressées l’une contre l’autre, poussent les murs. Le sol célèbre les couleurs vives que suggère une profusion de pots de peinture acrylique et de bombes aérosol. Dans ce lieu étonnamment confiné, partagé entre vie et travail, même la lumière du jour peine à se faire une place. Peu importe, Speedy Graphito préfère peindre la nuit. Scindant son temps entre Paris et Miami, le peintre enchaîne les expositions, passe d’un support à l’autre, de la peinture à la sculpture, des installations à la photographie ou à la vidéo. Depuis trois décennies, il n’a cessé de s’imprégner de l’air du temps pour en transcrire une mémoire, en fixer une impression. Aussi, ses toiles rangées avec méthode, témoins de ses recherches, racontent-elles son histoire.

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Disparition de Carolee Schneemann, l’une des figures les plus marquantes de l’art féministe

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Fille de médecin, Carolee Schneemann a débuté sa formation artistique au Bard College de New York, duquel elle a été expulsée pour avoir peint un autoportrait dénudé jugé obscène. Elle a poursuivi ses études à Columbia et parallèlement à la New School for Social Research et à l’Université de l’Illinois, grâce à l’obtention d’une bourse. Si ses premiers travaux s’inscrivent dans la continuité de l’expressionnisme abstrait, elle s’est rapidement écartée pour embrasser pleinement la performance en rejoignant la scène avant-gardiste new yorkaise, réunie au Living Theatre et au Judson Dance Theater, dont elle a été co-fondatrice. Utilisant son corps comme véritable outil de création, elle a largement contribué au mouvement du body art et a été l’initiatrice du « Kinetic Theater », une pratique à mi-chemin entre la danse et la transe, son but : « faire exploser la toile ». La liberté de la femme était son sujet de prédilection et toutes ses œuvres témoignent d’un féminisme certain. Son militantisme s’est d’autant plus renforcé qu’elle a subi de nombreuses remarques condescendentes. Critiquée par les tenants de la morale dominante, mais aussi par des féministes qui trouvaient son travail narcissique, elle n’a cessé de créer et a expérimenté aussi bien avec la photo, la peinture, les livres, les performances ou les installations. Après avoir été longtemps ignorée par les acteurs de l’art de l’époque, le mouvement s’inverse en 1990. Elle est alors représentée par la P.P.O. W. Gallery à New York puis par la galerie Lelong de New York et Paris, et elle a exposé dans de grandes institutions telles que le Los Angeles Museum of Contemporary Art (1997), le Whitney Museum of American Art (dès 1999), le Centre Georges Pompidou (1995) ou le New Museum of Contemporary Art à New York (1997), qui lui a consacré une rétrospective. En 1967, elle a réalisé un film silencieux composé comme un collage de scènes de sexuelles entre elle et son partenaire le compositeur, James Tenney : Fuses, considéré comme inaceptable, car réalisé par une femme. « Je réagissais contre les formes féminines du Pop Afrt au vernis mécaniste lisse et contre l’érotisme masculin lubrique qui supprimait notre expérience », affirme-t-elle à propos d’Interior scroll (1975), une performance où l’artiste lit un texte sur la misogynie dans l’art inscrit sur un rouleau qu’elle a extrait de son vagin. Il est impossible de ne pas mentionner Meat Joy (1964), une de ses performances les plus célèbres, réunissant huit performeurs, vêtus de sous-vêtements, qui ont pour but de se faire passer des morceaux de viande et de poissons sans qu’ils touchent le sol. Le tout se transforme en une pièce orgiaque décrite par l’artiste comme « un rite érotique, excessif, une célébration de la chair comme un matériau ». Elle a reçu le Lion d’or à la Biennale de Venise en 2017, une récompense qui est venue souligner son importance majeure dans l’histoire de l’art, ainsi que son rôle de défenseuse aguerrie du droit des femmes à disposer de leur corps et de leur sexualité.

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Yun Bummo lance son projet pour le musée national d’Art moderne et contemporain de Séoul

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Créé en 1969 dans le Gyeongbokgung Palace, le MMCA a été déplacé en 1973 au Deoksugung Palace, puis éclaté en quatre lieux. Une annexe a été créée à Gwacheon en 1986, une autre à Deoksugung en 1998, une autre à Séoul en 2013 et une à Cheongju en 2018. Pour fêter son cinquantième anniversaire, le MMCA de Séoul a laissé la parole à son nouveau directeur, Yun Bummo. Ses projets peuvent se résumer à cinq axes forts. D’abord que le musée grandisse en tant qu’institution ouverte et collaborative, c’est-à-dire en créant des liens avec les autres institutions de Séoul comme le National Museum of Korea et le National Museum of Korean Contemporary History et en imaginant des expositions pour l’ensemble de ces entités. « Il faut, rappelle Yun Bummo, réécrire et réinterpréter l’histoire de l’art coréen ». Des échanges et des opérations de coopération vont être lancés à cet effet. Le MMCA doit servir également « de tête de pont pour une expansion globale de l’art coréen ». Deux projets pendant la Biennale d’art contemporain de Venise ont déjà été lancés pour le mois de mai, l’un au Musée Fortuny, l’autre au Club des officiers de marine. Le MMCA doit également renforcer son rôle en tant qu’institut de recherche. Enfin, les quatre entités comprises sous le nom de MMCA à Gwacheon, Deoksugung, Séoul et Cheongju doivent avoir davantage de caractéristiques propres : MMCA Gwacheon va intensifier ses études sur l’histoire de l’art coréen contemporain et lancer un programme pour le Musée des enfants. MMCA Deoksugung se concentre sur l’art contemporain coréen en relation avec l’histoire du pays pendant que MMCA Séoul se réserve les grandes expositions interdisciplinaires. MMCA Cheongju reste une collection d’art coréen et un lieu de conservation avec des réserves spécialisées. En juin, Yun Bummo lance un colloque international sur l’importance des musées puis, de novembre à mars 2020 une exposition The Square autour d’un siècle d’art coréen.

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Jean-Gabriel Peyre traque le décor de chasse

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Connaissez-vous les représentations de chasse et autres aventures cynégétiques ? Grâce à la conférence gratuite de Jean-Gabriel Peyre, un spécialiste de la céramique ancienne, découvrez ou retrouvez Giovanni Stradanus (1523-1605) et Antonio Tempesta (1555-1630), actifs à Florence à la cour des Médicis. Influencés par le maniérisme et appliqués à différents supports comme la tapisserie, leurs travaux sur la pêche et la chasse ont été repris en gravures. Celles-ci ont été sources d’inspiration pour les créateurs de faïence. Cette conférence (mardi 12 mars à 19h) s’inscrit dans le cycle de la Compagnie nationale des Experts. Inscriptions sur cne.experts.news@gmail.com.

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Arturo Galansino réveille Florence

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Ce docteur en histoire de l’art, passé par le Louvre et la National Gallery de Londres, ne prive cependant pas ce lieu mi-public mi-privé des expositions d’art classique. Après « Cinquecento » il y a deux ans, c’est à à Verrocchio (1435-1488), le maître de Léonard de Vinci dont on fête cette année le cinq-centième anniversaire de la mort, qu’il consacre les salles de ce beau palais de la Renaissance. « C’est incroyable mais c’est la première rétrospective dédiée à cet artiste, qui accueillit dans son atelier florentin Léonard de Vinci, Pietro Perugino, Domenico Ghirlandaio et Sandro Botticelli. Chez ce puits infini de connaissances, ceux-ci ont pu étudier aussi bien la peinture que le dessin ou la sculpture. Son langage a rayonné pendant tout le XVe siècle, jusqu’à Michel-Ange et Raphaël, et dans toute l’Europe, puisque Budapest lui avait commandé une fontaine dont nous exposons les seuls éléments conservés ». L’exposition « Verrocchio » du Palazzo Strozzi s’étend dans toute la ville avec le musée du Bargello et des itinéraires jusqu’à San Lorenzo, où il a conçu deux tombeaux pour les Médicis, et au Duomo pour lequel Verrocchio a réalisé la sphère dorée dominant la célèbre coupole de Brunelleschi. Pour le Palazzo Strozzi, l’année 2019 devrait être une année plutôt classique avec, à l’automne, une rétrospective consacrée à l’artiste moderne russe Natalia Gontcharova. Et en 2020, retour aux artistes contemporains puisqu’ils font désormais partie de l’ADN du lieu.

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Ventes aux enchères : Copages du Pérou au Mexique

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Les œuvres sont originaires du Pérou, du Guatemala, du Costa Rica, du Panama et du Mexique, et les estimations vont de 250 € à 30 000 €. Cette rare urne funéraire en terre cuite Téotihuacan (Mexique), décorée d’un guerrier au masque de papillon, est annoncée entre 8000 € et 12 000 €.

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Un double portrait de David Hockney vendu 37,7 millions de Livres

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En 2018, une piscine de David Hockney, Pool with Two Figures, avait atteint un record. Vendue 90,3 millions de dollars, elle était devenue l’œuvre la plus chère jamais adjugée pour un artiste vivant, détrônant Jeff Koons et son Balloon Dog (58,4 millions de dollars). En 2019 son œuvre Henry Geldzahler and Christopher Scott, estimée à 30 millions de livres, s’est finalement envolée à 37,7 millions de livres, équivalent à 43,5 millions d’euros. Cette œuvre, réalisée en 1969 fait partie d’une série de « double portraits » de très grand format, marquante pour la carrière de l’artiste. Avant le portrait d’Henry Geldzahler and Christopher Scott, Hockney avait déjà peint The English writer Christopher Isherwood and his partnerthe American artist Don Bachardy, et the American collectors Fred and Marcia Weisman. David Hockney a rencontré Henry Geldzahler à la Fabrique d’Andy Warhol, un an après avoir été diplômé du Royal College of Art. Ce n’est pas un hasard si le peintre a consacré le troisième tableau de sa série à son ami, le conservateur Henry Geldzahler, et à son conjoint de l’époque Christopher Scott. De fait, Hockney n’a pas seulement immortalisé l’un des plus grands conservateurs du XXe siècle mais il a capturé un moment décisif dans la vie d’Henry Geldzahler, lors de l’organisation de son exposition la plus révolutionnaire, « New York Painting and Sculpture : 1940-1970 », désormais connue sous le nom d’ « Henry’s Show ». Pour réaliser son tableau, le peintre est venu dessiner et photographier le couple dans leur appartement, avant de commencer les contours de l’emblématique canapé rose, de retour dans son studio londonien. Hockney a comparé sa représentation de Scott à celle d’un ange, c’est pourquoi le conservateur Kynaston McShine effectue un rapprochement entre le tableau et une scène d’ Annonciation du Quattrocento italien. Le tableau acheté par l’éditeur new-yorkais, Harry N. Abrams, prêté à l’occasion de nombreuses expositions, telles que « David Hockney : Tableaux et Dessins » au Louvre (1974), « David Hockney : A Retrospective » au Los Angeles County Museum of Art (1988-89) et la rétrospective de « David Hockney » au Centre Pompidou (2017), demeura en sa possession jusqu’en 1992.

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La Grande Galerie de Radio Classique : Calder et Picasso au musée Picasso (1/2)

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les samedis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie » et le vendredi à 13h00, le samedi à 09h56 et 14h57 pour ses « Chronique Sorties ».

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Le bicentenaire Gustave Courbet à Ornans

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Au cœur de l’événement, le musée Courbet à Ornans, qui rend hommage au maître en trois temps. Le premier aborde un aspect assez méconnu de son œuvre : le dessin, avec une vingtaines de feuilles totalement inédites dédiées au paysage. Elles proviennent d’une collection privée ayant appartenu au peintre et graveur genevois Émile Chambon, grand admirateur de Courbet, et sont accompagnées d’une vingtaine de dessins provenant de grandes collections publiques et de peintures qui témoignent de l’importance du dessin dans l’œuvre du maître. Un point qui n’avait jamais fait l’objet d’aucune étude monographique. C’est aujourd’hui chose faite, avec la publication d’un catalogue raisonné préfacé par Louis-Antoine Prat. Cet ouvrage permet de clarifier les nombreuses questions d’authenticité et de provenance de ces dessins, qui ont notamment divisé les spécialistes durant les années 1980 autour d’un ensemble de feuilles provenant du Fonds Reverdy. Le musée Courbet présentera par la suite un face-à-face entre Courbet et le portraitiste chinois Yan Pei-Ming puis confrontera des paysages du peintre à ceux de l’un de ses disciples, Ferdinand Hodler (1853-1918).

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Develon, une passion africaine à Lyon

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« La collection n’est pas une accumulation d’objets, c’est un chemin. Ce n’est pas un but, c’est une manière de mieux se connaître », dit l’amateur d’art Yves Develon. Avec son épouse Ewa, il a constitué une importante collection d’objets africains, dont des masques et des statues du Nigeria, qu’il vient de léguer au musée des Confluences. Une exposition réunit quarante pièces de leur donation en regard de vingt prêts exceptionnels.

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Issy-les-Moulineaux, atelier d’architecture

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Aux portes de Paris, Issy-les-Moulineaux s’est enrichi de multiples constructions de maîtres de l’architecture contemporaine. Métamorphosé par Philippe Jean en 1997, le musée de la Carte à jouer abritant, également, un attractif musée historique, expose aujourd’hui de saisissantes photos de ces édifices, réalisées à la chambre par Raymond Depardon qui, tel un nouvel Atget, purifie son regard en réduisant la présence humaine.

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Les Maîtres d’art habillent le hall 3 de la Gare de Lyon à Paris

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Le titre de Maître d’art a été créé en 1994 afin de rendre hommage aux femmes et hommes qui se distinguent dans « la singularité de leur savoir-faire, de leur parcours exceptionnel et dans leur implication dans le renouvellement des métiers d’art ». Depuis sa création, 132 personnes ont bénéficié de ce titre, à travers lequel ils s’engagent à transmettre leur savoir-faire et leur passion dans leur domaine de prédilection à l’élève avec lequel ils se sont présentés pour le titre. C’est à l’occasion de sa rencontre avec Fanny Boucher, héliograveur, pour l’édition d’un livre d’art, qu’Édouard Elias, photographe spécialisé dans les conflits internationaux, découvre le monde des métiers d’art et décide de documenter le travail de ses Maîtres. C’est donc tout naturellement que pour fêter la 22e de la création du titre de Maître d’art, l’Institut national des métiers d’art (INMA) lui a demandé de créer des clichés uniques pour mettre en lumière le travail méconnu de ces artisans qu’il est allé rencontrer dans toute la France. Cette pérégrination donnera lieu à trois expositions sur trois thèmes et dans trois lieux différents. Celle qui se tiendra dans la gare de Lyon à Paris, à partir du 15 mars et ce jusqu’au 30 avril, rassemblera les gestes de cinq ateliers parisiens sous le nom d’« Un nouveau regard sur les Maîtres d’art ». La deuxième prendra ses quartiers à la gare de Strasbourg à partir du mois de mai et réunira les Maîtres d’art du Grand Est. Enfin, le dernier opus aura lieu cet été dans la gare de Toulouse et traitera des femmes Maîtres d’art. Pour ces trois événements, le photographe a pris le parti de présenter ses clichés en noir et blanc afin que l’attention du spectateur se porte uniquement sur les gestes, les regards et les attitudes des Maîtres d’art et de leurs élèves, et non pas sur la beauté des ateliers qui caractérise selon lui trop souvent ces métiers. Constituant de formidables vitrines pour la reconnaissance de ces métiers d’art, ces expositions permettront en outre de découvrir les témoignages des artisans et à leur vision du métier.

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Les sculptures du retable d’Issenheim vont retrouver leurs couleurs

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Au cœur des ateliers de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) se cache un curieux centre de remise en forme qui accueille depuis plusieurs mois des invités venus d’Alsace. Séparés pour un temps des célèbres panneaux peints par Matthias Grünewald (1475/1480-1528), les éléments sculptés du retable d’Issenheim (1512-1516) ont pour la plupart rejoint Paris pour accomplir leur métamorphose sous la houlette de la restauratrice Juliette Lévy et d’un comité de suivi présidé par Blandine Chavanne, cheffe du service des musées de France, et Thierry Cahn, président de la Société Schongauer. Sous les microscopes et les scalpels des experts, les monumentales figures de saint Antoine, saint Augustin et saint Jérôme, ainsi que les groupes d’apôtres de la prédelle et les rinceaux ajourés des dais révèlent peu à peu leur éclat d’origine… Cette opération ouvre le bal du vaste chantier de restauration de ce polyptyque commandé par Guy Guers pour le maître-autel de l’église de la commanderie hospitalière des Antonins d’Issenheim1 et conservé depuis 1852 à Colmar, au musée Unterlinden. Encrassé, fragilisé et dénaturé par des interventions successives, le retable fait pour la première fois l’objet d’une restauration et d’une étude globale, pour un budget estimé à près de 680 000€. Une campagne de financement participatif, lancée par la Société Schongauer, gestionnaire du Musée Unterlinden, vise aujourd’hui à recueillir 120 000€ (faire un don).

Vue du retable d’Issenheim , 2e ouverture : Saint Augustin et Guy Guers, Saint Antoine et les Porteurs d’offrande, Saint Jérôme, Le Christ et les apôtres, Rinceaux, 1512 –1516, sculptures en ronde-bosse et bas-reliefs en tilleul polychromé, Musée Unterlinden, Colmar © Musée Unterlinden, Colmar

Des peintures en 3D

La restauratrice Juliette Lévy dans les ateliers du C2RMF présentant les résultats des tests de nettoyage menés sur les sculptures, 6 mars 2019 ©ASLM

Si la puissance expressive des peintures de Grünewald a fait la célébrité de l’œuvre, les éléments sculptés, exécutés par Nicolas de Haguenau (1445/1460-1538), souffrent encore d’un cruel manque de considération auquel cette campagne décisive de restauration devrait bientôt mettre fin. De fait, la compréhension du retable, de son iconographie comme de ses usages liturgiques, passe par une lecture unifiée de l’œuvre, de son harmonie chromatique et stylistique, où peinture et sculpture se répondent. Pour Isabelle Pallot-Frossard, directrice du C2RMF, les sculptures d’Issenheim doivent être regardées comme de véritables « peintures en trois dimensions » où l’utilisation experte de glacis aux teintes triomphantes (bleu, rouge orangé, violet) appliqués sur de la feuille d’or ou d’argent, la modulation des couleurs et la recherche d’effets de matières servent l’expressivité des figures et contribue au saisissant effet dramatique de l’ensemble. Cette approche des éléments sculptés se fonde également sur les liens matériels étroits qu’ils entretiennent avec les panneaux peints (recours au bois de tilleul, utilisation des mêmes pigments, etc.) tout comme par la présence d’une polychromie sous-jacente qui pourrait avoir tenu lieu d’ébauche pour des tests d’expression, ou de « projection » à l’occasion de la visite du commanditaire dans les ateliers.

Sous les vernis, l’azur

La figure d’applique monumentale du saint Jérôme avec les fenêtres de test faisant apparaître la polychromie d’origine (col et sol) ©ASLM

Depuis septembre 2018, confortablement installées dans les ateliers du C2RMF, les sculptures ont fait l’objet de différentes analyses et tests de nettoyage qui ont révélé toute la complexité de leur polychromie. Sous les vernis encrassés et les repeints du XVIIIe et XIXe siècle, gît une symphonie de couleurs dont la stratigraphie, particulièrement complexe, témoigne de la virtuosité des artistes peintres mis à contribution. La présence de cette polychromie d’origine quasi intacte, fait extrêmement rare pour des sculptures de cette époque, a décidé, ce mardi, le comité de suivi à valider non seulement le retrait des vernis (les sculptures médiévales n’étant d’ailleurs généralement pas vernissées) mais surtout la suppression des différents repeints effectués depuis la fin du XVIIIe siècle, qui pour certains avaient radicalement modifié les rapports de valeurs chromatiques. Ainsi, le Saint Jérôme devrait retrouver le bleu azurite de sa tunique, cachée sous un badigeon rouge, tout comme le sol de la sculpture initialement recouvert d’un vert malachite simulant probablement un fond de prairie. C’est dire si l’effet d’apparition des sculptures en deuxième ouverture du retable devait être différent !2

Le nettoyage des vernis fait apparaître les glacis bleus sur feuille d’argent, 6 mars 2019 ©ASLM

La décision du comité n’est pas anodine puisqu’elle assume la destruction d’éléments matériels anciens faisant partie intégrante de l’œuvre. L’état actuel sera bien évidemment scrupuleusement documenté afin de garder la mémoire de ces différentes interventions et des histoires qu’elles racontent, tant du point de vue de l’évolution de notre rapport au sacré que des pratiques en matière de conservation du patrimoine. Le comité confirme ainsi sa volonté de restituer l’harmonie chromatique du retable, dont l’alchimie des couleurs et les contrastes, atténués au cours des siècles, vont probablement nous surprendre et remettre en question notre compréhension de l’œuvre comme des pratiques d’ateliers germaniques à la fin du Moyen Âge.

1 – Établissement religieux et hospitalier, la commanderie des Antonins d’Issenheim, fondée vers 1300, soignait les malades atteints d’ergotisme, appelé également « mal des ardents » ou « feu de saint Antoine », provoqué par l’ingestion d’ergots de seigle qui donnait notamment aux malades l’impression d’être brûlés vifs. Avec la peste, il constitue l’un des plus grands fléaux du Moyen Âge. Saint Antoine, ermite et fondateur du monachisme occidental ayant résisté au feu de la tentation, devint donc le saint protecteur des malades. 

2 – Suivant les fêtes liturgiques, le Retable proposait trois ouvertures différentes qui mettait à l’honneur soit saint Antoine, soit le Christ à travers des épisodes de son Enfance et de la passion.

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Idée lecture : 100 Park Lane à Londres

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Dudley House est une demeure miraculée. En plein cœur de Londres, elle est une des rares « townhouses » aristocratiques à avoir survécu à la fois aux bombardements du Blitz et à la frénésie des promoteurs immobiliers. Construite vers 1730, sa magnificence atteint son apogée entre 1847 et 1885, quand le premier comte Dudley en fait l’écrin de ses collections. Au XXe siècle, la guerre en détruit une partie. En 2006, elle retrouve son statut de résidence familiale : Sheikh Hamad Bin Abdullah Al-Thani, célèbre pour sa fabuleuse collection de bijoux moghols et cousin germain de l’actuel émir du Qatar, l’achète. Il confie la décoration intérieure à l’agence d’Alberto Pinto avec un souhait : que soit privilégié le style « Louis XVI à l’anglaise ». Le résultat des six années de travaux dépasse tous les qualificatifs et le livre qui lui est consacré par le regretté Marc Walter restitue admirablement cet exploit. L’impression d’ensemble est d’évoluer dans un musée : du hall d’entrée, rendu à son style gréco-romain avec pilastres rouge pompéien, jusqu’à la salle à manger, pure Régence anglaise, on a misé sur une flamboyante restitution accompagnée des œuvres de Tiepolo, Reynolds, Van Loo ou Largillière. La rumeur veut que la reine Elizabeth, qui dîne volontiers au 100, Park Lane, se soit exclamée, lors de sa première visite : « Comparé à cette maison, Buckingham Palace est plutôt terne ».

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Nouveau talent : Theaster Gates, l’art est la vie

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À ses yeux, les œuvres n’ont pas pour vocation de rester entre les murs d’un musée, d’une galerie ou d’un centre d’art. Urbaniste de formation, peintre, sculpteur, photographe, musicien (il a monté le groupe Black Monks of Mississippi), Theaster Gates a pour ambition d’abolir toute frontière entre l’art et la vie. Adepte des projets collaboratifs aux côtés d’architectes, de plasticiens, de performeurs…, avec lesquels il crée des « communautés culturelles », cet Américain engagé est convaincu que l’artiste a un rôle social et politique à jouer. En 2009, Theaster Gates a lancé Dorchester Projects, un ambitieux programme de transformation de bâtiments abandonnés de Chicago en espaces de partage et de création artistique, financé par la vente d’œuvres d’art réalisées à partir de matériaux collectés sur place. Autre exemple, en 2013, l’artiste avait récupéré une centaine de plaques de marbre dans les toilettes d’une banque désaffectée qui, une fois gravées de la devise « In art we trust », ont été vendues pour permettre la rénovation d’un centre culturel, la Stony Island Arts Bank (galerie, centre de recherche et bibliothèque, à Chicago). Ancré dans son époque, Theaster Gates se passionne également pour les archives, la mémoire, le passé, notamment celui des peuples afro-américains. Pour sa première exposition personnelle en France, l’artiste se penche sur un épisode méconnu de l’histoire américaine. À partir d’un ensemble de sculptures, d’installations et de vidéos inédites réunies par la commissaire Katell Jaffrès, le Palais de Tokyo emmène les visiteurs à Malaga Island, dans l’État du Maine. En 1912, le gouverneur de cette petite île expulsait la totalité de sa population interraciale, quarante-cinq habitants désœuvrés, abandonnés dans un état de pauvreté extrême.

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L’œuvre du mois : une Résurrection de Lazare du XVe siècle

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Cent ans après, en 2004, le thème a été repris, plus modestement, avec soixante œuvres. Que ce soit en 1904 ou en 2004, le but de ces présentations était de faire avancer la recherche de l’histoire de l’art dans ce domaine pointu. L’exposition de 1904 a montré qu’il existait bien une peinture française indépendante des écoles italiennes ou flamandes. Mais les œuvres primitives  françaises sont rares, car les artistes français du Moyen Âge étaient le plus souvent des peintres de manuscrits ou de vitraux, peu d’entre eux travaillaient sur panneau. D’où vient ce tableau ? Les opinions divergent. Selon Mathieu Fournier, directeur du département des Maîtres anciens et du XIXe siècle chez Artcurial, « il reflète l’émanation des influences bourguignonnes et nordistes. Pour cela, il faut décrypter les éléments : architecture à haut pignon, couverture d’ardoises, brique et pierres typiques des Flandres. Mais aussi ceux des demeures de prestige, pierre de taille et haut faîtages connus dans le nord de la France ». Quant aux drapés inspirés par la sculpture des Pays-Bas, ils découleraient des écoles de Bruges, Caen ou Bruxelles. Dans cette fin du XVe siècle, les frontières variaient au cours de guerres incessantes. Quant à savoir qui est le maître auteur de ce superbe tableau, la recherche semble encore plus ardue. Les experts s’appuient souvent sur la figure du donateur, présent à l’extrême droite du tableau. Mais cet homme ne possède aucun signe distinctif, ni blason, ni vêtement qui puisse le définir.

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Podcast : Charles Jouffre, tapissier haute couture

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Tapissier contemporain, entrepreneur à succès, façonnier d’excellence et créateur pointu, Charles Jouffre est un cas d’école dans les métiers d’art. Un artisan d’art qui a porté son savoir-faire au plus haut niveau d’excellence, inspirant la confiance des Philippe Starck, Pierre Yovanovitch, Charles Zana pour ne citer qu’eux. Un entrepreneur qui a traversé l’Atlantique à la rencontre de son marché, ouvrant un showroom et un atelier de 2000 m² à New York. Un généreux qui investit et s’investit pour développer des ateliers d’art comme le sien qui portent un savoir-faire ancien et une vision contemporaine.

Chaque mois, Connaissance des Arts vous propose
de découvrir un nouvel épisode de
THE CRAFT PROJECT.

«The Craft Project », est un Podcast produit par Métiers Rares qui propose des conversations intimes avec des artisans d’art. Raphaëlle de Panafieu, entrepreneur des métiers d’art, va dans les ateliers, à la rencontre ceux qui choisissent de faire apparaître de nouveaux objets sur la planète et consacrent à cette tâche leur corps, leur âme et leur esprit avec technique et poésie. Du dernier des mohicans au néo-artisan, Le Craft Project cherche à comprendre comment se construit et se vit une vie d’artisan pour parler à nos coeurs de faiseurs, de chercheurs de sens et de rêveurs.

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L’école des choses de Lee Ufan à Metz

connaissance des arts -

Les sculptures de ce fondateur du mouvement japonais minimaliste Mono-ha (l’école des choses) à la fin des années 1960, se veulent un vecteur de réflexion sur l’impact de l’homme sur la nature. C’est aussi une recherche de l’infini que donnent à voir ses peintures à travers la couleur et la ligne, tout en épures.

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