Actualité artistique

Trésor à vendre : Vierge à l’enfant de Bernardino Luini

connaissance des arts -

Bernardino Luini, Vierge à l’Enfant avec saint Georges et un ange musicien, huile sur panneau, 103.5 x 79.5 cm ©Aguttes/Drouot

Avec son harmonieuse composition, ses couleurs chaudes et son sfumato rappelant la douceur des traits de Léonard de Vinci, cette œuvre de l’un des élèves du maître emporte l’enthousiasme. Tout est ici douceur, calme et spiritualité. L’œuvre provient de la collection de Sir Francis Cook (1807-1901), un amateur anglais passionné de peinture italienne et conseillé par Sir Charles Robinson, le conservateur des peintures du South Kensington Museum de Londres. Sur les murs de la demeure de Sir Francis Cook, la Doughty House à Richmond, on pouvait voir des œuvres de Fra Angelico, Sandro Botticelli, Andrea del Sarto et même le Salvator Mundi, aujourd’hui donné par certains à Léonard de Vinci mais alors attribué à Bernardino Luini. Ce peintre milanais, élève de Léonard, est l’auteur, entre autres, de la Vierge à l’enfant entourée de Saint Augustin et Sainte Marguerite (aujourd’hui conservée au musée Jacquemart-André à Paris) et du Sommeil de l’Enfant Jésus (au Louvre). Dans ces deux huiles sur bois tout comme dans la Vierge à l’enfant avec Saint Georges et un ange musicien, on retrouve nombre de traits léonardesques. Cette dernière œuvre a subi plusieurs campagnes de restauration avant la vente qui s’annonce en novembre à Drouot : en 1898, une deuxième au début du XXe siècle, une troisième il y a dix ans environ, et une quatrième ces derniers mois. Celle-ci a consisté à enlever les vernis, à nettoyer partiellement la seconde couche de restauration et à combler certains manques dus à l’usure. Ont ressurgi les roses, bleus et oranges du manteau de la Vierge, par exemple. Les peaux ont repris vie et les regards leur douceur. Le sujet du tableau est très original. En plus de la Vierge, de l’Enfant Jésus et d’un ange joueur de luth, il faut savoir reconnaître Saint Georges grâce au dragon qui a déjà été abattu et qui figure à l’arrière-plan, la tête tranchée, près du cheval blanc. Le saint donne donc la tête du monstre à Jésus, qui lui remet en échange la palme de la victoire. « La scène symbolise la résolution du combat entre le Saint et le dragon, le triomphe du Bien sur le Mal, clé de la foi chrétienne », assure l’étude Aguttes à propos de ce chef d’œuvre retrouvé de celui que le biographe Vasari avait surnommé le Raphaël de Lombardie.

Cet article Trésor à vendre : Vierge à l’enfant de Bernardino Luini est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Le design made in Milan

connaissance des arts -

C’est chez Piasa que la mythique Design Gallery Milano a confié la vente de sa collection, un an avant la célébration de ses trente ans d’existence. Cette galerie a édité toute l’avant-garde italienne. Au menu, un grand buffet Alstro Destino d’ Ettore Sottsass édité à neuf exemplaires (de 18 000 € à 25 000€), des classiques de Gio Ponti, Franco Albini ou Ico Parisi, une suspension de Vela du début des années 1970 (de 7000 € à 9000 €) et une paire d’appliques de Max Ingrand. F. C.

Vente par Piasa, 128, faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris, 01 53 34 10 10, www.piasa.com le 30 octobre.

Cet article Le design made in Milan est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Ma langue au chat : Pourquoi chaque jour à 22h15 la cloche de Sainte Barbe dans la tour de l’église Saint-Nicolas de Fribourg sonne-t-elle ?

connaissance des arts -

Jusqu’au 23 février, le musée d’Art et d’Histoire de Fribourg se plonge dans le XIVe siècle, période de mutation qui a permis l’incroyable développement architectural et artistique de cette ville suisse.

QUESTION

Pourquoi chaque jour à 22h15 la cloche de Sainte Barbe dans la tour de l’église Saint-Nicolas de Fribourg sonne-t-elle ?


.
.
.

RÉPONSE

La cloche de Sainte Barbe sonne les demi-heures et le couvre-feu à 22h15. Celui-ci rappelle la nécessité de recouvrir les braises des foyers pour éviter qu’un coup de vent nocturne ne provoque un incendie.

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Le siècle oublié. Fribourg, les années 1300
In Fine Éditions d’art, 236 pp., 35 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition présentée au Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg, Suisse,
organisée du 8 novembre 2019 au 23 février 2020.

+ d’infos

Cet article Ma langue au chat : Pourquoi chaque jour à 22h15 la cloche de Sainte Barbe dans la tour de l’église Saint-Nicolas de Fribourg sonne-t-elle ? est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Charlotte Perriand : une femme entre arts et architecture

connaissance des arts -

Charlotte Perriand en compagnie de collaborateurs de l’exposition « Proposition d’une synthèse des arts », Tokyo,1955 ©DR/AChP.

Charlotte Perriand naît en 1903, l’année où le prestigieux concours du grand Prix de Rome est, pour la première fois, ouvert aux femmes. Dès les années 1920, elle intègre l’avant-garde en concevant des meubles tubulaires qui demeurent aujourd’hui « contemporains ». Elle est alors de plain-pied avec Djo Bourgeois, René Herbst et Le Corbusier, ses homologues masculins. C’est avec son nom de « jeune fille » ou plutôt de naissance que Charlotte Perriand signe ses créations. En 1938, l’année où est supprimée, en France, l’incapacité juridique de la femme mariée, Charlotte Perriand dessine pour son atelier de Montparnasse une table en « forme libre ». Divorcée, elle s’installe seule dans un appartement où elle renouvelle son approche de l’aménagement intérieur. Invitée au Japon en 1940, elle s’impose par sa connaissance de l’industrie et sa capacité de synthèse entre innovation formelle et usage de techniques vernaculaires. En 1950, le magazine Elle la consacre en tant que ministre de la Reconstruction dans un hypothétique « 1er ministère des Femmes ». Faut-il aussi rappeler qu’avec la création de la station de ski des Arcs, Perriand prend place parmi les grands « bâtisseurs » de la France des Trente Glorieuses ? Avec l’Union des artistes modernes dans les années 1930, puis après-guerre avec l’exposition « Proposition d’une synthèse des arts » (1955) et tout au long de sa carrière, Perriand nous invite à un nouvel « art de vivre » où les arts plastiques jouent un rôle essentiel. Femme engagée, Charlotte Perriand traverse ce XXe siècle dont elle est plus que le témoin, un acteur de premier plan dans le domaine de la création artistique.
Créatrice de meubles, Perriand pense également des bâtiments préfabriqués dès les années 1930, notamment à travers la Maison au bord de l’eau (1935) et le refuge Tonneau (1938). Dans les années 1960, Les Arcs illustre la validité de son approche à l’échelle d’une ville de loisirs.

Arc 1600, La Cascade, façade nord, 1968-1969 Charlotte Perriand , Guy Rey Millet (AAM), architectes ©Archives Charlotte Perriand presse Milan

Mais l’architecture de Perriand comporte une autre dimension, celle de l’intégration des arts plastiques, à la fois sans usages et indispensables. Alors que la reconstruction s’annonce en France comme un immense défi lancé au secteur du bâtiment, Charlotte Perriand met en scène la présence d’œuvres d’art au sein de l’exposition « Formes utiles » (1949-1950). Un mobile d’Alexander Calder y côtoie une tapisserie de Joan Miró, non loin d’une grande toile de Fernand Léger. Peinture, sculpture, tapisserie, mobilier et architecture symbolisent une reconstruction sur le plan métaphorique, tout autant que matériel. à la suite du traumatisme de la guerre, l’éducation est également une priorité.

Charlotte Perriand, Bibliothèque de la maison de la Tunisie, Cité universitaire de Paris, 1952. Bois, tôle pliée, 162 x 353 x 53 cm.
Centre Pompidou, Centre de création industrielle, Paris ©Centre Pompidou, MNAMCCI, Dist. RMN-Grand Palais/Audrey Laurans

Pour la polychromie des bibliothèques des chambres d’étudiants de la Maison de la Tunisie, Charlotte Perriand collabore avec Sonia Delaunay, Nicolas Schöffer et Silvano Bozzolini. La variété des polychromies et la vibration dans la disposition asymétrique des plots concourent à faire de ces meubles préfabriqués des compositions animant l’espace. La synthèse des arts que dessine Perriand ne s’inscrit, ni dans un mouvement précis, ni à la suite d’une doctrine portée par une revue, comme pour De Stijl. Cette intégration des arts plastiques est avant tout faite de connivences qui conduisent à des collaborations sans hiérarchie stricte, à l’opposé de la pratique d’un architecte tel qu’Édouard Albert qui organise l’intégration des arts sous la houlette du maître d’œuvre, ou de Le Corbusier qui, semblable à un démiurge, se fait à la fois architecte, peintre et sculpteur.

Charlotte Perriand La Maison du jeune homme, Exposition universelle de Bruxelles, 1935. Photographies C. Vanderberghe AChP presse Milan

Charlotte Perriand tente dès les années 1930 d’intégrer des œuvres à son mobilier. En 1937, elle inscrit dans le plateau d’une table conçue pour l’écrivain Jean Richard Bloch des dessins de Pablo Picasso et Fernand Léger. Cette pratique se poursuit avec l’insertion de tirages photographiques, représentant des objets façonnés par la nature et l’industrie, dans ses meubles, à l’image de l’ensemble présenté en 1941 lors de l’exposition « Sélection, Tradition, Création » à Tokyo, puis Osaka. Perriand s’intéresse également à l’échelle monumentale. Si Le Corbusier met en œuvre de grands tirages, dès 1933, dans le pavillon de la Suisse, Perriand développe une approche du photomontage géant à valeur de manifeste, à l’image de La Grande Misère de Paris. L’intégration des arts est aussi celle des techniques d’autres cultures.

Charlotte Perriand, Maison de thé sur l’esplanade de l’Unesco, Paris, 1993. Entrée de la Maison de thé ©Pernette Perriand-Barsac, Jacques Barsac,/AChP

Au Japon, Perriand découvre les qualités du bambou dont la résistance et la légèreté permettent de redessiner la chaise longue métallique exposée en 1929. Grâce à de minces lames de bambou, l’apparence et la signification sont transformées. Le tube chromé rutilant fait place à un subtil jeu d’ombres, associé à la souplesse d’un matériau qui conserve la tension conférée par l’artisan à la matière. Charlotte Perriand s’intéresse tout autant aux techniques vernaculaires qu’aux technologies les plus innovantes. Si, au Brésil, elle redessine sa bibliothèque à plots en y associant un cannage analogue aux volets des maisons populaires, Perriand s’intéresse aussi, dans les années 1990, aux potentialités des technologies liées à l’aérospatial.

L’exposition « Proposition d’une synthèse des arts », organisée en 1955 à Tokyo par Charlotte Perriand, témoigne de cette volonté d’un dialogue des arts et des techniques. En faisant coexister des œuvres de différentes natures, céramiques, peintures, sculptures et estampes, au sein d’une scénographie associant des meubles à une trame architecturée, Charlotte Perriand dessine un monde dans lequel la création artistique est omniprésente. La distinction entre objet usuel et œuvre d’art est ici dépassée. De même que le paravent de Fernand Léger représentant des comètes ne peut être considéré comme un simple meuble décoratif, de même, les architectures de Perriand ne peuvent se résumer à des volumes fonctionnels. Ces créateurs définissent un espace dans lequel ils nous invitent à repenser notre rapport à l’art, à la nature et à l’autre. « Le métier d’architecte c’est travailler pour l’homme » afin de bâtir « un monde nouveau » affirme Charlotte Perriand. Mais ce monde appelle l’implication de ses hôtes. à l’instar de Paul Valéry, Charlotte Perriand nous convie dans son monde nouveau avec une mise en garde : « Ami n’entre pas sans désir ». Car le monde que Charlotte Perriand imagine réside moins dans les objets qui le composent que dans notre regard, dans notre enthousiasme et notre capacité à rêver un monde qu’il nous revient de bâtir.

Cet article Charlotte Perriand : une femme entre arts et architecture est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Disparition de l’artiste vénitienne du verre Laura de Santillana

connaissance des arts -

Une pièce de la série Libir en cours de création dans l’atelier de Laura de Santillana ©Michele Tabozzi, 2006

« Le verre est en deuil, a annoncé hier Clara Scremini, la grande marchande parisienne du design de verre. Avec le décès de Laura de Santillana, le verre contemporain perd une artiste universelle ». Née en 1955 à Venise, petite-fille du grand verrier Paolo Venini et fille de Ludovico Diaz de Santillana qui avait repris la production verrière familiale, elle a accompli sa formation à New York, à la School of Visual Arts. Elle commence à exposer ses créations en 1981 à la Renwick Gallery de Washington puis au Palazzo Grassi de Venise dans le cadre de l’exposition « Vetro Murano oggi ». Elle est ensuite invitée dans toutes les grandes institutions verrières internationales, du Corning Museum of Glass à la Fondation Cini. Présentée régulièrement à la galerie L’Arc en Seine à Paris, chez Barry Friedman à New York et chez Marina Barovier à Venise, Laura de Santillana avait exposé au musée des Arts décoratifs à Paris en 2011 avec Cristiano Bianchin et Yoichi Ohira. Pour sa série des « Bodhies » évoquant des vases funéraires qui, placés dans les tombes, sont censés accompagner les gens au cours de leur voyage vers l’au-delà, elle expliquait : « Je suis fascinée par ces formes qui deviennent magiques dès qu’elles sont dissociées de leur fonction : vases, moules… C’est leur fort pouvoir évocateur qui m’intrigue. Quand, par manque d’informations, nous ne savons pas ce qu’elles contiennent, elles deviennent en effet à nos yeux de simples formes de mystérieuses boîtes ».

Laura de Santillana, Liquid Orange Red, 2013, sculpture en verre, 58,5 x 63,5 x 9 cm (galerie l’Arc en Seine, Paris/©Russell Johnson).

Réalisés à Murano avec le verrier Simone Cenedese, ces sacs de verre aux bords rectilignes maintiennent en suspension et à l’abri la fine forme emprisonnée, l’intérieur n’étant désormais visible que de l’extérieur. « L’interstice quasi imperceptible qui subsiste entre les deux parois s’étant rejointes, m’intéresse tout particulièrement car c’est, à mon sens, le lieu d’une activité secrète, précisait-elle. Cet espace, qui correspond à une interruption de la matière, forme une zone intermédiaire, un palier de décompression ; il montre le lien entre l’intérieur et l’extérieur ; faisant figure de transition, il marque la séparation entre le sacré et le profane, le cosmos et le chaos ».

À LIRE
« Laura de Santillana au cœur du verre » par la journaliste Élisabeth Vedrenne et le photographe Michele Tabozzi, in « Connaissance des Arts » n°644, pp. 72-77,  2006.

Cet article Disparition de l’artiste vénitienne du verre Laura de Santillana est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Idée Lecture : Incontournable Léonard

connaissance des arts -

Léonard est un sujet de choix pour un biographe. Personnalité intellectuelle d’exception, il fut l’artiste incomparable que l’on sait, auteur d’œuvres devenues mythiques, mais il multiplia aussi les recherches dans toutes sortes de domaines, de l’anatomie à l’ingénierie militaire ou à l’hydraulique. Sa vie est pleine de rebondissements, voyages, travaux de natures très diverses au service de différents grands princes, recherches expérimentales…
La rareté de son œuvre peint (une quinzaine de numéros) et le mystère entourant la plupart de ses créations augmentent encore leur valeur et leur attrait. Ajoutons à cela sa bâtardise et ses mœurs « scandaleuses », et en voilà plus qu’assez pour construire un roman d’aventures. Aussi les biographies aventureuses ne manquent-elles pas. Comme celle de Sophie Chauveau qui, s’appuyant sur le fait avéré que Léonard, dans sa jeunesse, fut accusé de sodomie et arrêté, décrit ses ébats sexuels, et même les sensations intimes liées à ses pratiques (L’obsession Vinci, par Sophie Chauveau, éd. Télémaque, 440 pp., 21 €). Comme si elle y était ! Moins fantaisiste, la grosse biographie de Walter Isaacson s’appuie principalement sur les carnets de Léonard (plusieurs milliers de pages de notes), tout en passant en revue chacune de ses œuvres (Léonard de Vinci. La biographie, par Walter Isaacson, éd. Quanto, 590 pp., 29 €).
Rien de romancé ici, mais ça n’en est que plus palpitant. Au rayon livres d’art, signalons celui de Gérard Denizeau ; très pédagogique et amusant avec ses documents (reproduction des feuillets manuscrits de Léonard) insérés dans des pochettes, il devrait séduire les adolescents (Léonard de Vinci. Le génie visionnaire, par Gérard Denizeau, éd. Larousse, 127 pp., 29,95 €). Beaucoup plus dense dans ses contenus, plus spécialisé, le Tout l’œuvre peint d’Alessandro Vezzosi est quant à lui un vrai « beau livre » et mérite de figurer dans la bibliothèque des amateurs exigeants (Léonard de Vinci. Tout l’œuvre peint, un nouveau regard, par Alessandro Vezzosi, Éditions de La Martinière, 320 pp., 55 €). Le point y est fait, notamment, sur les dernières découvertes. Enfin, signalons, en petit format, l’excellente introduction à l’art de Vinci écrite par Vincent Delieuvin, commissaire de l’exposition qui vient d’ouvrir ses portes au Louvre (Léonard de Vinci en 15 questions, par Vincent Delieuvin, éd. Hazan, 95 pp., 15,95 €).

Cet article Idée Lecture : Incontournable Léonard est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Récit de vie : J. R. R. Tolkien, le créateur de mythes

connaissance des arts -

Il aimait comparer les langues à des vins. Sa mère, Mabel Tolkien, l’avait initié très tôt au latin, au français, et même à la calligraphie. Elle éleva seule ses deux fils dans la campagne anglaise, près de Birmingham, au hameau de Serehole. Son mari, Arthur Reuel Tolkien, était mort en 1896 en Afrique du Sud, là où Ronald et son frère Hilary étaient nés en 1892 et 1894. Ils étaient rentrés au pays l’année suivante avec leur mère, pour des raisons de santé. Enfant, Ronald passait des heures perché dans les arbres à lire les légendes du roi Arthur. À 7 ans, il avait écrit sa première histoire de dragon. « L’Angleterre de l’époque redécouvrait le Moyen Âge », rappelle Vincent Ferré, commissaire de l’exposition et professeur de littérature comparée à l’université Paris-Est Créteil. « William Morris, grand théoricien des mouvements préraphaélite et Arts and Crafts, a d’ailleurs cotraduit des sagas nordiques en anglais moderne. » Cette quête d’un patrimoine culturel typiquement anglo-saxon, antérieur à Guillaume le Conquérant, baigne l’imaginaire du jeune Tolkien.

En 1902, en manque d’argent, sa mère quitte Serehole, ses champs et ses forêts, et s’installe avec ses fils dans la banlieue ouvrière de Birmingham. Elle meurt deux ans plus tard. Brillant élève, J.R.R. Tolkien entre en 1911 à Oxford, à l’Exeter College, grâce à une bourse. Il a déjà appris l’allemand, le grec, l’anglo-saxon, l’anglais ancien et le gallois. Il plonge avec délices dans la littérature médiévale anglaise et toutes les cultures et langues qui s’y rattachent. En découvrant le Kalevala, un texte finlandais du VIIIe siècle, il tombe sous le charme du vieux finnois et s’en inspire pour créer sa langue idéale. Il la nomme quenya, lui donne une grammaire, une étymologie, une orthographe, une calligraphie et même une histoire, en imaginant un monde où elle est parlée par des elfes. Au fil du temps, cet univers peuplé d’hommes, de hobbits (petits hominidés aux pieds velus), de nains et d’orques, nourri de mythes chrétiens, celtes et nordiques, devient la Terre du Milieu, théâtre de l’action de ses livres les plus célèbres.

Une famille inspirante

Mais pour l’heure, Tolkien part faire la guerre. Officier, il est en première ligne à la bataille de la Somme, où il attrape la fièvre des tranchées. Il quitte le front en 1916. Alité des mois durant, il dicte des contes à Edith Bratt, son amour d’adolescence, qu’il vient d’épouser. Il a rencontré cette pianiste virtuose, orpheline comme lui, dans la pension de famille de Birmingham où il vécut après la mort de sa mère. Lorsque naît leur premier enfant en 1917, Tolkien écrit la légende de Beren et Lùthien, récit métaphorique de leur liaison, qui raconte que l’elfe Lùthien renonça à son immortalité par amour pour le mortel Beren. Lùthien devient un personnage fondateur de la Terre du Milieu, ancêtre de plusieurs héros. À l’époque, l’écriture est un hobby pour Tolkien. Nommé professeur d’anglais ancien à Oxford en 1925, il mène une carrière très active. « Il a profondément remanié le cursus en faisant dialoguer littérature et linguistique. Toutes ses publications ont fait date », détaille Vincent Ferré.

Pourtant il poursuit, modestement, sa production littéraire à destination de sa famille. Pour ses enfants, il écrit chaque année une lettre sensée avoir été rédigée par le Père Noël et l’illustre de très jolis dessins. Car Tolkien, depuis ses premiers manuscrits d’enfance, est aussi un illustrateur amateur très doué, surtout pour les paysages. L’exposition accorde une grande importance à cette facette peu connue du personnage, montrant ses œuvres (dont certaines sont actuellement retranscrites en tentures par la manufacture d’Aubusson) qui mettent en images la Terre du Milieu, mais aussi celles de ses différents illustrateurs au fil des décennies, comme Pauline Baynes, John Howe et Alan Lee.

En 1937, par un concours de circonstances, Bilbo le Hobbit, écrit pour son fils Christopher, est publié et devient immédiatement un classique de la littérature enfantine anglaise. Tolkien tente alors de faire éditer Le Silmarillion, somme des mythologies, poèmes et autres contes de la Terre du Milieu à laquelle il travaille depuis les années 1910. Son éditeur décline l’offre et lui suggère d’écrire une suite au Hobbit. Débute alors la rédaction du Seigneur des anneaux, au dos de vieilles copies d’examen, durant douze ans de veilles nocturnes. Publiée en 1954, l’épopée fantastique reçoit un accueil honorable de la critique et des lecteurs, avant de défrayer la chronique dans les années 1960 quand les campus américains, révoltés contre la Guerre du Vietnam, s’emparent de ce récit féerique et écologiste comme d’une Bible. « L’œuvre de Tolkien est plus profonde qu’on le croit : c’est une réflexion sur le pouvoir et la politique. Les rois y sont tous faillibles et, selon une formule de Tolkien, « Ce sont les petites mains qui font tourner les rouages du monde » .  Ses prises de position pour la protection de la nature résonnent particulièrement aujourd’hui », analyse Vincent Ferré.

À ce jour, Le Seigneur des anneaux s’est vendu à plus de cent cinquante millions d’exemplaires. Son adaptation au cinéma par Peter Jackson au début des années 2000 a définitivement intégré Tolkien à la culture populaire. Son fils Cristopher Tolkien, lui aussi professeur d’anglais à Oxford, veille à diffuser son œuvre prolifique et encore mal connue. Grâce à lui, le Silmarilllion a été édité en 1977, et vendu depuis à quinze millions d’exemplaires.

Cet article Récit de vie : J. R. R. Tolkien, le créateur de mythes est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Art Tech : Le salon du Patrimoine célèbre le « Futur en héritage »

connaissance des arts -

La notion de transmission étant clé dans ce secteur, Ateliers d’Art de France a choisi le thème « Futur en héritage » pour célébrer le quart de siècle du salon. L’occasion de mettre en lumière les innovations technologiques au service notamment du patrimoine toujours plus nombreuses : impression 3D, réalité virtuelle, modelage numérique, nouvelles expériences de visites enrichies, etc. 350 professionnels du patrimoine exposeront pendant 4 jours au Carrousel du Louvre, dont certain à l’avant-garde de la technologie.
La start-up française Iconem développe depuis 2013 de nouvelles technologies afin de réaliser des répliques numériques, photoréalistes de sites. Ainsi, drones et technique de photogrammétrie (modélisation 3D sur la base de simples photos) servent l’ambition de créer un conservatoire des connaissances pour recréer virtuellement des vestiges détruits ou endommagés. Le spécialiste de la modélisation 3D travaille en collaboration avec des organisations internationales, des gouvernements et collectivités ou des musées, notamment l’Unesco, l’Aga Khan Trust for Culture, le Sultanat d’Oman, la Mairie de Paris ou le Musée du Louvre.

Numérisation 3D au service des sites endommagés © Iconem

Depuis 25 ans Art Graphique & Patrimoine met son expertise technologique au service de la valorisation et la restauration des monuments historiques. La société est pionnière en réalité augmentée, en réalité virtuelle et en BIM (modélisation des données du bâtiment). Récemment, elle a été sollicitée pour établir un relevé 3D de la cathédrale Notre-Dame de Paris permettant d’évaluer les dégâts produits par l’incendie survenu au printemps 2019.

Sur le stand d’Art Graphique & Patrimoine au Salon international du patrimoine culturel 2019 ©ASLM

Découvrir, planifier et réserver des visites culturelles à travers la France et la Belgique : c’est que propose la plateforme Patrivia depuis 2016. Elle agrège près de 350 monuments, sites culturels, vignobles, musées et parcs, publics ou privés. Elle s’adresse au plus grand nombre en ciblant plus particulièrement les jeunes, avec pour objectif de faciliter l’accès à la culture.

Digitalisation du tourisme culturel ©Patrivia

Commeon a été créée en 2014 afin de faciliter l’échange entre porteurs de projets, donateurs individuels, entreprises mécènes. Au-delà du simple don, elle assure le développement d’une relation durable entre parties prenantes. Ainsi, la plateforme de mécénat participatif héberge plus de 550 projets, parmi lesquels, l’Église Saint-Germain-des-Prés, la Monnaie de Paris et le Musée du quai Branly.

Plateforme pour le mécénat participatif © Commeon

Cet article Art Tech : Le salon du Patrimoine célèbre le « Futur en héritage » est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Éric Minh Cuong Castaing, lauréat du Prix LE BAL de la Jeune Création avec l’ADAGP

connaissance des arts -

Artiste visuel et chorégraphe, associé au Ballet national de Marseille depuis 2016, Éric Minh Cuong Castaing produit depuis sa sortie des Gobelins (l’école de l’image à Paris) des installations, spectacles, films et performances qui mêlent danse et nouvelles technologies (robots humanoïdes, drones, réalité augmentée). Son projet Forme(s) de vie, qui s’inscrit dans une recherche chorégraphique et visuelle plus large menée depuis un an au sein d’un centre de soins palliatifs, pourra être réalisé grâce à la dotation de 20 000 € accordée par le Prix. Il interroge la relation des corps entre eux et avec leur environnement, à l’ère du numérique. En associant danse et technologies, l’artiste vient créer une forme d’humanité renforcée où le corps des danseurs est envisagé comme des « prothèses humaines » venant « augmenter » le corps des patients. Ce n’est pas la première fois qu’Éric Minh Cuong Castaing est récompensé pour son œuvre, il a reçu différents prix au cours de sa carrière : Pulsar (2017), Rêve de brouillon numérique SCAM (2013), Bourse numérique Lagardère (2011) ou encore le premier prix de l’audace artistique et culturelle de la Fondation Diversité (2014). Son projet et le film qui retrace cette expérience seront exposés en 2021 au BAL sous la forme d’une installation et d’une série de performances. Quatre artistes ont également été distingués par les coups de cœur du jury : Rebecca Digne, Elena Helfrecht, Julie Ramage et SMITH.

Cet article Éric Minh Cuong Castaing, lauréat du Prix LE BAL de la Jeune Création avec l’ADAGP est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Ma langue au chat : Quels étaient les seigneurs qui régnaient sur la ville de Fribourg pendant le XIVe siècle ?

connaissance des arts -

Jusqu’au 23 février, le musée d’Art et d’Histoire de Fribourg se plonge dans le XIVe siècle, période de mutation qui a permis l’incroyable développement architectural et artistique de cette ville suisse.

QUESTION

Quels étaient les seigneurs qui régnaient sur la ville de Fribourg pendant le XIVe siècle ?


.
.
.

RÉPONSE

Après les Kibourg de 1218 à 1277, ce sont les Habsbourg qui régnèrent sur Fribourg de 1277 à 1452. Cependant Fribourg, qui avait déjà de nombreuses franchises et privilèges, développa une certaine autonomie au gré de ses premières Constitutions, réunies à la fin du XIVe siècle dans la Lettre dite des Bannerets.

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Le siècle oublié. Fribourg, les années 1300
In Fine Éditions d’art, 236 pp., 35 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition présentée au Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg, Suisse,
organisée du 8 novembre 2019 au 23 février 2020.

+ d’infos

Cet article Ma langue au chat : Quels étaient les seigneurs qui régnaient sur la ville de Fribourg pendant le XIVe siècle ? est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Disparition du paysagiste américain Charles Jencks

connaissance des arts -

©Wikimedia Commons/L’étonnant Jardin de la Spéculation cosmique construit par Charles Jencks en l’honneur de son épouse Maggie Keswick devait permettre de comprendre les principes du Bien et du Mal. Installé à Holywood, à huit kilomètres au nord de Dumfries à partir de 1988, cet immense espace vert met en œuvre les principes de la physique et de la science avec des lacs en forme de croissants, des montagnes traversées de chemins qui ondulent ou s’enroulent en spirales, des escaliers à la Piranèse. Il correspond aux théories de cet architecte post-moderniste (il a écrit Le langage de l’architecture post-moderne en 1977) et paysagiste américain inspiré des trous noirs et des fractales. Né en 1939 à Baltimore, il est mort le 13 octobre à Londres.

Cet article Disparition du paysagiste américain Charles Jencks est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Exposition Léonard : Pourquoi aimer Vinci ?

connaissance des arts -

Le musée du Louvre était tout désigné pour organiser une telle exposition, puisqu’il possède pas moins de cinq tableaux majeurs du maître, soit à peu près le tiers du corpus : La Joconde, la Sainte Anne, le Saint Jean Baptiste  – les trois grandes œuvres de sa maturité – , La Vierge aux rochers et le portrait de femme dit La Belle Ferronnière. Sans compter le Bacchus, désormais attribué à son atelier, et une bonne vingtaine de dessins, dont la magnifique série des études de drapés. L’œuvre peint a beau être très restreint, la difficulté de réunir les tableaux est extrême, car certains sont trop fragiles pour voyager et des  prêts sont refusés par des musées dont ils constituent l’une des pièces maîtresses, ou par des États en pleine crispation nationaliste. Quant à la dernière peinture en passe d’intégrer ce corpus, le Salvator Mundi qui défraya la chronique en devenant le tableau le plus cher du monde, il a été demandé par le musée mais, à l’heure où nous écrivons ces lignes, son propriétaire n’a pas encore donné sa réponse. Ainsi, le suspense quant à la liste des œuvres présentées à l’exposition dura-t-il jusqu’aux derniers temps avant son ouverture. On voit bien là à quel point l’auteur presque mythique de La Joconde cristallise les passions et représente un enjeu qui dépasse le monde de l’art. Une telle exposition est donc une gageure. Les deux commissaires, Vincent Delieuvin et Louis Frank, y œuvrent concrètement depuis 2015, mais leurs recherches sur Léonard sont bien plus anciennes. C’est Vincent Delieuvin, en effet, qui coordonna la campagne de restauration de la Sainte Anne en 2010. Et Louis Frank travaille de longue date sur les sources écrites, en particulier sur la Vie de Léonard de Giorgio Vasari, texte capital pour la connaissance de l’artiste.

[…] Il reste 80% de notre article
à lire dans notre numéro de novembre 2019

Cet article Exposition Léonard : Pourquoi aimer Vinci ? est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Un nouveau lieu pour la bourse Emerige

connaissance des arts -

Fondée et présidée par Laurent Dumas, la Bourse Révélations Emerige célèbre en fanfare son cinquième anniversaire en investissant un vaste espace, le Voltaire, pour accueillir une exposition rétrospective des lauréats précédents ainsi que celle d’œuvres des douze artistes sélectionnés cette année. Le 7 octobre a été révélé le nom du lauréat de ce prix, très convoité depuis l’origine par de jeunes artistes indépendants qui reçoivent, outre une mise à disposition d’un atelier, une dotation pour organiser leur première exposition personnelle dans une galerie de parrainage, assuré cette année par la galerie gb agency.

Cet article Un nouveau lieu pour la bourse Emerige est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Édito Novembre 2019 : Un manque criant d’anticipation

connaissance des arts -

Je proposais l’utilisation de l’avenue Winston-Churchill, entre le Petit Palais et le Grand Palais, et la construction d’un bâtiment temporaire qui passerait au-dessus de cet axe routier. Il fallait une prise de conscience rapide des enjeux artistiques et commerciaux. Il fallait aussi une décision au plus haut niveau pour que l’on fasse un appel à projet auprès de grands architectes internationaux. Une proposition adaptée, voire originale, aurait encore pu voir le jour dans des délais déjà très courts. Au lieu de cela, alors que se profilent maintenant les derniers mois d’utilisation possible de la verrière 1900 et des ailes occupées par les expositions d’art de la Réunion des Musées nationaux, force est de constater que bien peu a été réussi en matière de prospection. Il y a un mois, on nous a annoncé que l’exposition sur la couleur, qui devait s’y tenir en mars, était annulée à cause des travaux de la toiture du Grand Palais et que seuls « un parcours immersif au cœur de Pompéi » et un rassemblement de photographies noir et blanc de la Bibliothèque nationale de France auraient lieu au printemps 2020. Puis, plus rien de concret jusqu’en 2024. Fini, le projet de Sylvie Hubac, l’ancienne présidente de la RMN-Grand Palais, de faire des expositions dans d’autres musées parisiens. Abandonnée, l’idée de trouver un nouveau lieu pour ces expositions artistiques qui rythment depuis des années le printemps et l’automne parisiens. En attente, une intervention d’art contemporain d’Ai Weiwei ou des interventions pluridisciplinaires. Une construction temporaire s’élèvera bien sur le Champ-de-Mars en 2021, malgré l’opposition des riverains, mais elle sera réservée aux seules manifestations commerciales de type salons, foires ou défilés de mode. Pendant ce temps-là, que deviennent les équipes qui conçoivent, organisent et montent les expositions de la RMN ? Que vont faire les éditeurs, commerciaux et autres personnels liés à ces activités ? Neuf cents personnes risquent de se retrouver au chômage par manque d’anticipation. Pourtant, ce ne sont pas les espaces qui manquent à Paris et l’on connaît depuis longtemps le calendrier du chantier du Grand Palais. Il s’agit d’une situation terrible pour les équipes. Mais c’est une chance incroyable pour les lieux concurrents, municipaux ou privés, qui proposent une programmation artistique d’aussi bon niveau.

Cet article Édito Novembre 2019 : Un manque criant d’anticipation est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Le Salvator Mundi sera-t-il le clou du spectacle de l’exposition Léonard de Vinci au Louvre ?

connaissance des arts -

Pas encore commencée, l’exposition « Léonard de Vinci » au Louvre ne cesse de faire parler d’elle. Après les incertitudes concernant la présence de L’Homme de Vitruve et des œuvres italiennes, qui sont finalement arrivées à bon port, la question de la présence du Salvator Mundi se pose encore à moins de 24 heures avant l’ouverture. Le musée parisien ayant maintenu sa demande de prêt, l’œuvre attribuée à Léonard de Vinci est attendue dans les salles de l’exposition. Au Louvre, un plan de l’exposition comportant l’œuvre dans son parcours a été imprimé à l’occasion et le Saint Jean-Baptiste a été accroché là où devait se trouver le Salvator Mundi, de quoi mettre la puce à l’oreille des afficionados du maître italien. On se souvient de la vente de l’œuvre à 450 millions de dollars chez Christie’s en 2017, dernière apparition publique de ce célèbre Christ rédempteur. Alors que certains assurent que l’œuvre dort dans les réserves du Louvre Abu Dhabi, d’autres prétendent qu’il se trouve dans un musée à Genève, ou bien qu’il voyage à bord du yacht du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane. Au-delà de la question géographique de l’œuvre, plusieurs spécialistes s’accordent à remettre en cause son attribution. Carmen Bambach, conservatrice au Metropolitan Museum, et Matthew Landrus, expert anglais, affirment que l’œuvre n’est pas de Léonard de Vinci mais de son assistant Bernardino Luini. Dernièrement, Jacques Franck, historien de l’art spécialisé dans l’œuvre de Léonard de Vinci, avance quant à lui que le Salvator Mundi est de Salai, élève de Léonard de Vinci, supervisé et complété par Giovanni Boltraffio (1467-1519), un des peintres de l’atelier du maître. Il est vrai que l’œuvre n’apparaît pas dans les correspondances de Léonard de Vinci. Pour l’heure, en termes de Salvator Mundi, c’est la version Ganay, plus figée présentant des traits plus durs, qui est exposée. Que ce soit pour une raison d’authentification obscure ou de croisière prolongée, le tableau attribué à Léonard de Vinci a peu de chance de finir dans l’exposition et risque de ne pas être présenté, comme ce fut le cas l’an passé au Louvre Abu Dhabi, même si l’espoir demeure. Verdict demain.

Cet article Le Salvator Mundi sera-t-il le clou du spectacle de l’exposition Léonard de Vinci au Louvre ? est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Salon du patrimoine : regard vers le futur

connaissance des arts -

Salon international du patrimoine culturel, édition 2018 ©ProEvent

Chaque année, le Salon international du patrimoine culturel fédère les professionnels de la restauration et de la sauvegarde du patrimoine bâti ou non bâti, matériel ou immatériel. L’édition 2018 au Carrousel du Louvre avait rassemblé 333 exposants français et étrangers représentant plus de quarante métiers des secteurs de la valorisation, de la restauration et la conservation du patrimoine, réunis pour présenter leur savoir-faire devant 22 000 visiteurs. Cinq mois après l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, l’édition 2019 de la manifestation organisée par le syndicat professionnel Ateliers d’art de France prend un relief particulier, mettant en lumière les enjeux concernant l’ensemble des acteurs du patrimoine représentés par les exposants du salon : architectes du Patrimoine et des Bâtiments de France, professionnels des métiers d’art (tailleurs de pierres, restaurateurs de charpentes, vitraillistes…), associations et acteurs institutionnels. « Conscient de son rôle à jouer dans la protection, la formation et la restauration de nos monuments, le salon s’intitule pour sa 25e édition « Le Futur en héritage » », explique Aude Tahon, présidente d’Ateliers d’art de France. Il met l’accent sur l’existence d’un vivier d’ateliers en France qui manquent de visibilité auprès des donneurs d’ordre pour accéder aux marchés publics de restauration. Ainsi on n’identifie pas le savoir-faire spécifique d’un ornemaniste qui intervient sur les gargouilles du patrimoine bâti parce que son code d’activité APE le classe dans « fabricant d’autres articles métalliques” », regrette-t-elle. Une question débattue lors de tables rondes et de conférences, tout comme celle de la formation des métiers d’art.

Salon international du patrimoine culturel, édition 2018 ©ProEvent

« Nos métiers, comme la taille de pierre par exemple, demandent des savoir-faire singuliers qui ont disparu et qu’une formation généraliste ne peut combler. Les professionnels en lien avec les CFA (centres de formation des apprentis) ont remplacé les manques. Ils sont mobilisés comme tuteurs ou maîtres d’apprentissage, et il faut les identifier et leur donner les moyens de continuer. » À cette occasion, le salon accueille pour la première fois la Société nationale des meilleurs ouvriers de France, plus valorisés pour les métiers de bouche que pour ceux du patrimoine. Il met aussi en lumière le programme de transmission de savoir-faire Maîtres d’art–Élèves, soutenu par le ministère de la Culture à travers une exposition, à l’occasion des 25 ans du titre. Si l’association G8 Patrimoine (réunion de huit institutions nationales de sauvegarde du patrimoine) revient cette année, de nouvelles institutions sont venues rejoindre les rangs.  Nouveauté de cette année : une dizaine de monuments parisiens seront également accessibles grâce au billet d’entrée au salon.

Cet article Salon du patrimoine : regard vers le futur est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Ma langue au chat : Quelle en est la cause du pic de croissance de la Ville de Fribourg au XIVe siècle ?

connaissance des arts -

Jusqu’au 23 février, le musée d’Art et d’Histoire de Fribourg se plonge dans le XIVe siècle, période de mutation qui a permis l’incroyable développement architectural et artistique de cette ville suisse.

QUESTION

Fondée en 1157, la Ville de Fribourg connaît un pic de croissance au XIVe siècle, sa population quadruplant en une soixantaine d’années. Quelle en est la cause ?


.
.
.

RÉPONSE

L’essor de l’activité drapière de la ville de Fribourg est la raison principale de cette incroyable augmentation de la population. Le besoin de main d’œuvre qualifiée entraîne alors une immigration de masse. Une première industrialisation apparaît d’ailleurs avec l’installation d’une trentaine de moulins hydrauliques.

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Le siècle oublié. Fribourg, les années 1300
In Fine Éditions d’art, 236 pp., 35 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition présentée au Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg, Suisse,
organisée du 8 novembre 2019 au 23 février 2020.

+ d’infos

Cet article Ma langue au chat : Quelle en est la cause du pic de croissance de la Ville de Fribourg au XIVe siècle ? est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Pages