Actualité artistique

Focus œuvre : L’Autoportrait de 1628 par Rembrandt

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La terminologie du XVIIe siècle prenait soin de distinguer les « Portraits de Rembrandt peints par lui-même » des figures d’expression, ou tronies, et autres tableaux dans lesquels Rembrandt s’est pris pour modèle. Cette toile appartient de plein droit à la première catégorie et constitue même, pour les peintures, l’autoportrait inaugural d’un ensemble comprenant aujourd’hui environ vingt-deux oeuvres.

L’Autoportrait de 1628 présenté dans l’exposition « Tous les Rembrandt » au Rijksmuseum d’Amsterdan, jusqu’au 10 juin ©ASLM

L’artiste fait preuve déjà d’une belle audace dans la façon de mettre en page son visage : son regard est noyé dans la pénombre tandis que seule une partie de son visage et de sa chevelure reçoit la lumière. La technique n’est pas moins audacieuse. Ainsi Rembrandt trace avec le manche de son pinceau les mèches folles de sa crinière. Il s’y livre à une sorte de démonstration de sa manière, qui deviendra bientôt sa signature, où l’art du clair-obscur s’allie à une matière picturale généreuse et lumineuse. Les autoportraits de Rembrandt ont longtemps été interprétés comme des exercices d’introspection, lus à travers le prisme d’une vision romantique de l’artiste. Il n’en est rien évidemment. Si Rembrandt peint son propre visage, ce n’est pas tant pour y découvrir les secrets de sa psyché que pour y mettre sa technique à l’épreuve. Les autoportraits sont aussi, et surtout, un genre en soi, de plus en plus recherché à mesure que s’accroît la notoriété du peintre.

Cet article est extrait du hors-série
« Rembrandt et le Siècle d’or hollandais »
paru à l’occasion de l’Année Rembrandt en Hollande


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Françoise Pétrovitch à la Matmut

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Où l’on retrouve ses thèmes de prédilection, enfants et adolescents dont le dessin, prélevé au fil de la vie quotidienne, se met à flotter dans une spatialité incertaine, dans un « entre-deux » oscillant entre réel, mémoire et fantasmagorie, et se mêlant à un bestiaire de fantaisie.

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Arata Isozaki, lauréat du Pritzker Price 2019

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Diplômé de l’université de Tokyo (1954), l’architecte japonais Arata Isozaki ouvre rapidement sa propre agence. En 1964, il devient enseignant à la faculté d’ingénierie de l’université de Tokyo et donne depuis de nombreuses conférences, notamment à Harvard et Yale. Il a réalisé plus de cent édifices, des salles de sport, des bâtiments de bureaux mais également des musées. Présentes sur quatre continents, ses réalisations quasi utopiques comprennent le complexe sportif pour les Jeux Olympiques à Barcelone (1992), le musée d’art contemporain (MOCA) de Los Angeles (1979), ainsi que le National Convention Center au Quatar (2011). Il est l’un des premiers architectes japonais a s’être tourné si tôt vers l’étranger. « Isozaki a été pionnier dans sa compréhension du fait que l’architecture est à la fois mondiale et locale, que ces deux forces font partie d’un même défi », ajoute le président du jury du Pritzker Price, Stephen Breyer. Parmi les nombreuses sources d’inspiration d’Arata Isozaki, citons notamment le travail de l’architecte français Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806) et le mouvement métaboliste, un courant de pensée architecturale qui s’est développé au Japon dans les années 60 en réponse à la croissance urbaine des mégalopoles. Malgré une touche post-moderniste, son style ne peut être tout à fait identifié puisque selon l’architecte lui-même, « le changement est devenu constant. Paradoxalement, c’est devenu mon propre style ». Déjà récompensé par la médaille d’or du Royal Institute of British Architects en 1986, il obtient cette année le prestigieux Pritzker Price 2019, qui sera remis par la Fondation Hyatt lors d’une cérémonie à Paris, en mai prochain.

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« Léonard de Vinci ? Ou son atelier » : nouvelle attribution pour la Joconde Nue du musée Condé

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La Joconde nue ©RMN-Grand Palais Domaine de Chantilly/AFP / Michel Urtado

Alter ego dévêtu de la Mona Lisa, la Joconde nue (ou Monna Vanna) du musée Condé fait à nouveau couler de l’encre alors que l’Europe (réconciliée) s’apprête à célébrer le 500e anniversaire de Leonard. Ce dessin au charbon de bois sur feuilles de papier encollées, de 74,8 x 56 cm de côtés, représente une femme en buste, positionnée de trois quarts, les mains posées au premier plan, et pointant vers le spectateur un regard sibyllin. En 1862, Henri d’Orléans, duc d’Aumale, persuadé qu’il s’agit là d’un original de Léonard, en fait l’acquisition pour la somme alors pharaonique de 7000 francs. L’œuvre passe alors pour un modèle préparatoire ayant servi à la réalisation d’une peinture du même nom conservée au musée de l’ermitage à Saint-Pétersbourg. À la mort du duc, en 1897, l’œuvre intègre par legs les collections du musée Condé du Domaine de Chantilly où son authenticité est bientôt remise en question, tout comme son pendant russe. Considéré depuis comme une copie d’atelier, à la beauté certes troublante, le dessin, retravaillé et restauré à plusieurs époques, n’en finit pas d’intriguer les spécialistes au point que le musée Condé décide, pour l’« Année Vinci », d’en faire la pièce maîtresse de son exposition hommage au génie de la Renaissance. Placée sous le triple commissariat de Mathieu Deldicque, conservateur du patrimoine au musée Condé, de Vincent Delieuvin, conservateur en chef du patrimoine au département des peintures du musée du Louvre, et de Guillaume Kazerouni, responsable des collections anciennes au musée des Beaux-Arts de Rennes, l’exposition, qui ouvrira ses portes le 1er juin, entend faire toute la lumière sur l’histoire de ce chef-d’œuvre comme sur la postérité du genre de la Joconde nue, inventé par Vinci. C’est dans le cadre de la préparation de cet événement que le dessin a été soumis, dès 2017, à de nouvelles analyses, menées par le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF). L’utilisation de technologies de pointe a permis de faire parler l’invisible et d’établir une nouvelle attribution…
Ainsi, la présence de repentirs, invisibles à l’œil nu, permet tout d’abord d’affirmer qu’il ne s’agit pas d’une copie mais bien d’une œuvre originale. Celle-ci aurait été réalisée dans l’atelier de Leonard de Vinci entre 1503 et 1538, une nouvelle datation établie par comparaison avec la Mona Lisa (1503-1519) qui aurait servi de modèle pour la conception du dessin. La virtuosité d’exécution, en particulier en ce qui concerne le modelé du visage et des mains, indique que l’on affaire à un (ou plusieurs) artiste(s) de premier plan. Il n’est pas surprenant pour l’époque que ce dessin, destiné à servir de modèle, ait été réalisé à plusieurs mains, les grandes lignes étant généralement établies par le maître d’atelier. L’utilisation du sfumato ainsi que la présence de traces d’intervention d’un gaucher pourraient ainsi laisser penser que Vinci a effectivement contribué à cette œuvre. On sait cependant que l’un de ses élèves, Francesco Melzi, était également gaucher… Compte tenu de l’état fortement altéré du dessin, le mystère ne pourra probablement jamais être éclairci.

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L’Orient des peintres d’Ingres à Matisse

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L’Orient ! Ces deux syllabes suffisent à contenir un monde. Elles convoquent le cortège chamarré des almées lascives et des cruels janissaires, la majesté des femmes fellah portant leur lourdes jarres sur la tête, les vapeurs du hammam et les chuchotements du harem, tout un univers de sons et de parfums étranges et capiteux. L’Orient, ce sont les nuits déchirées par l’appel du muezzin à la prière ; les jours accablés de soleil ; les ciels chauffés à blanc sur lesquels se découpent bananiers et palmiers. L’Orient est un mythe que le XVIIIe siècle enturbanna dans ses « turqueries » ; un mythe auquel la campagne d’Égypte menée par Bonaparte commença à donner une épaisseur bien réelle. En attendant la colonisation et ses fameux « bienfaits ». C’est un mythe que le développement des transports dans le premier tiers du XIXe siècle rapprocha peu à peu des voyageurs et des touristes. La peinture a donné formes et couleurs à ce pays rêvé par l’Europe.
L’exposition « L’Orient des peintres. Du rêve à la lumière », qui prend ses quartiers au musée Marmottan Monet, se concentre sur les pays du bassin méditerranéen, Maroc, Algérie, Égypte, Empire ottoman… et principalement sur les artistes français, avec quelques exceptions notables comme Kandinsky et Klee. Commissaire de l’exposition, l’historienne de l’art Emmanuelle Amiot-Saulnier a construit un parcours original, entre la représentation de la figure humaine, réaliste ou fantasmée, et l’étude du paysage, source d’étonnantes réalisations dont les plus radicales s’inscrivent dans une abstraction avant la lettre.

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Escapade à Marseille avec Museum TV

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Capitale européenne de la Culture en 2013, centre d’art et d’amour en 2018, ville hôte de la biennale Manifesta en 2020, Marseille est devenue une véritable place forte artistique de plus en plus prisée par les artistes. La chaîne Museum TV, partenaire de « Connaissance des Arts », lui dédie donc sa programmation du week-end prochain, entre design, photo, Street art et bouillabaisse. Le city guide arty « Travelers Marseille » vous emmène en balade dans le quartier du Vieux Port et de la Canebière, à la découverte des monuments phares de la ville tels que le MuCEM et la Cité Radieuse. Vous y découvrirez également la Friche la Belle de Mai, un espace multidisciplinaire dédié à la production artistique devenu un lieu incontournable dans l’actualité culturelle régionale. Le documentaire « Ora Ito et le MAMO : l’art en plein ciel » déroule le parcours de ce designer passionné par Le Corbusier qui a créé, dans l’ancienne salle de gymnastique du toit de la Cité Radieuse, le MAMO, un nouveau centre d’art contemporain inauguré en 2013. Deux documentaires complémentaires vous dévoileront les expositions de Daniel Buren (« Défini, fini, infini » en 2014) et Dan Graham (« Observatory/Playground » en 2015) qui y furent notamment organisées. Pour poursuivre votre exploration, Museum TV vous propose deux épisodes thématiques de « Photo Contest », une production inédite dans laquelle deux photographes s’affrontent sur un thème (phocéen) imposé. Enfin, l’émission « Streetosphère Marseille » vous emmènera à la rencontre des Street Artistes marseillais les plus en vue.

Découvrez le teaser de « Ora Ito et le MAMO : l’art en plein ciel »

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Étude d’une œuvre : Franz Marc, Le Rêve

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Franz Marc (1880-1916) avait voulu devenir pasteur, puis philosophe, avant d’opter pour la peinture. Une peinture à forte teneur idéaliste, on ne s’en étonnera guère. En 1910, il quitte Munich pour se retirer en Haute-Bavière, dans la petite localité idyllique de Sindelsdorf. En même temps, il rencontre des artistes animés par un même désir de nouveauté : August Macke, avec qui il lie une solide amitié, puis les membres de la Nouvelle association des artistes de Munich, soit Vassily Kandinsky, Gabriele Münter, Alexej von Jawlensky et Marianne von Werefkin ; ceux-là mêmes avec qui il allait fonder Der Blaue Reiter (Le Cavalier bleu). Ce groupe d’artistes (bientôt rejoints par d’autres, comme Paul Klee et Alfred Kubin) revendiquait des directions artistiques nouvelles, auxquelles on ne tarda pas à donner le nom d’Expressionnisme. Ils laissèrent un ouvrage capital pour l’art moderne, le fameux Almanach Der Blaue Reiter, en 1912. Cette édition réunissait les reproductions d’œuvres de toutes les avant-gardes européennes, confrontées à des œuvres d’arts primitifs et d’arts populaires, et accompagnées de textes théoriques. Le Cavalier Bleu prônait le primat de la vision intérieure et de la vie spirituelle, opposées à la représentation du monde extérieur, la fusion de tous les arts (peinture, poésie, théâtre, musique), l’abolition des frontières géographiques (arts extra-européens) et temporelles (traditions anciennes) et des hiérarchies (arts savants, arts populaires).

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Isidore Isou, un révolutionnaire avant-gardiste au Centre Pompidou

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Arrivé de Roumanie en France juste après-guerre, il promeut l’avènement de la lettre et du signe, bases d’un renouvellement total de l’art puis, plus tard, de la science. L’exposition a été conçue à partir des archives récemment acquises par le Centre Pompidou.

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Le Corbusier menacé d’exclusion du classement du patrimoine de l’Unesco

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À Marseille, le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI), en cours d’enquête publique, prévoit des bâtiments qui pourraient faire radier la Cité radieuse, l’un des sites les plus visités de la ville, du classement du patrimoine mondial de l’Unesco. Ce n’est pas seulement « la Maison du fada » qui est menacée mais bien toute l’œuvre du Corbusier, regroupant 17 sites (dont 10 en France, le reste en Suisse, Inde, Belgique, Argentine, Allemagne et Japon), labellisés d’un seul bloc par l’Unesco en 2016. C’est la densification urbaine prévue par le PLUI ainsi que la construction de trois nouvelles tours qui pose problème. « On nous annonce un millier de logements en plus dans le quartier, avec la construction de trois tours de 23 ou 32 mètres notamment. Ces tours posent problème car elles bouchent les cônes de vue sur le bâtiment qui faisaient partie du dossier de classement », explique Bernard Soumireu, porte-parole du conseil syndical de l’immeuble, déjà classé au titre des Monuments historiques en 1986. Ce dernier précise en effet que « l’Unesco a défini une zone tampon très restrictive autour de l’immeuble » qui doit permettre, d’où que l’on arrive, d’avoir une vue de l’intégralité du bâtiment.
Les 17 sites de Le Corbusier sont-ils donc condamnés à être déclassés ? Pour l’instant rien n’est sûr. « Ce n’est qu’un projet qui n’est pas encore arrêté », défend Laure-Agnès Caradec, vice-présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence qui suit le dossier. L’architecte des Bâtiments de France en charge du projet, quant à lui, ne s’y oppose pas totalement mais fixe des impératifs : « si la présence des tours est envisageable, la proportion devra être étudiée afin qu’elles ne se présentent pas avec une allure trop massive et ne fasse pas obstacle aux perspectives vers et depuis la Cité radieuse. ». La branche française du Conseil international des monuments et des sites (Icomos), qui conseille l’Unesco, suit le dossier avec attention, tout comme les habitants de Marseille qui s’inquiètent du sort d’un des bâtiments phares de leur ville. Car, faire partie des 1092 sites du patrimoine mondial de l’Unesco est un véritable privilège, lequel implique également certains devoirs : tous les cinq ans, les États doivent en effet fournir un rapport sur l’état du bien classé afin que l’Unesco puisse vérifier s’il possède toujours les valeurs pour lesquelles il a été inscrit.

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Le nu infini par Ren Hang

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Poétiques ? Impudiques ? Subversives ? Les photographies de l’artiste Ren Hang (1987-2017), souvent censurées par les autorités chinoises, sont tout cela à la fois et bien plus encore pour les spectateurs que nous sommes. Pour l’artiste, peut-être les images de ces corps nus, étranges et familiers, saisis spontanément dans des mises en scène inattendues, ne sont-elles que l’expression d’une fantastique liberté créatrice, un moment arraché à sa dépression. « Je fais cela parce que j’y trouve encore un sentiment de nouveauté. Et cela remplit le vide de mon cœur ». Le nôtre aussi.

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Le Loto du Patrimoine revient pour une deuxième édition

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L’année dernière, près de 22 millions d’euros (et plus 21 millions d’euros de taxes restituées par l’État) ont été reversés pour la restauration du patrimoine national grâce aux bénéfices des jeux à gratter et du tirage exceptionnel du Loto du 14 septembre, à la veille des Journées européennes du Patrimoine. Ce dernier avait mobilisé plus de 2 millions de Français qui avaient joué une mise comparable à celle d’un vendredi 13. Dans la catégorie des jeux à gratter, on dénombre près de 3 millions de participants qui ont ainsi prouvé leur amour du patrimoine et des jeux de hasard. Deux cent soixante-dix monuments sur deux mille avaient été choisis pour bénéficier de cette opération, parmi lesquels dix-huit sites en péril qui ont été financés en priorité. Cette année, seuls cent dix-huit monuments seront retenus afin de réduire l’effet de saupoudrage dû au trop grand nombre de monuments aidés l’an passé. La sélection sera opérée par la Fondation du Patrimoine, en collaboration avec la Mission Bern et le Centre des Monuments Nationaux, sous l’égide du Président de la République, Emmanuel Macron. Une attention particulière sera portée aux projets situés dans les centres-bourgs et centres-villes afin de « renforcer le lien entre patrimoine et revitalisation ». Si la liste des dix-huit monuments phares de l’édition 2019 n’a pas encore été révélée, on peut d’ores et déjà supposer que l’abbaye de Sénanque, joyau de l’architecture cistercienne du XIIe au bord de l’effondrement, y figurera en bonne position.
Parmi les nouveautés de cette nouvelle édition, citons la mise en place de deux temps forts, l’un autour des Journées européennes du Patrimoine (13-15 septembre), associées aux jeux à gratter, l’autre autour de la Fête nationale du 14 juillet, à l’occasion de laquelle aura lieu un tirage exceptionnel du Loto. Un deuxième jeu à gratter, d’une valeur de 3€, fait aussi son apparition aux côtés de celui à 15€. Il se déclinera en douze tickets ornés chacun d’un monument emblématique, une initiative destinée à faire naître un effet de collection, sur le même modèle que les Astro, et ainsi à inciter au jeu. Les tickets à gratter seront disponibles sur une plus longue période que l’an passé, dès l’été et jusqu’à l’automne. Autre nouveauté, la Monnaie de Paris s’associe à cet événement en créant la collection « Pièces d’Histoire », dont la première née sera frappée à l’effigie du roi Dagobert. Pour chaque pièce vendue, 1€ sera reversé au financement de la Mission Bern.

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René Laubiès l’illimité au musée de l’abbaye Sainte-Croix

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René Laubiès (1924-2006) est un artiste rare, représenté à Paris par la galerie Alain Margaron. Il émerge au sein de l’abstraction informelle du Paris d’après-guerre, entre un Soulages et un Hartung. Mais lui place la nature au cœur de son art, dans une approche qui doit beaucoup à l’Extrême-Orient (où il a passé une grande partie de sa vie) et à sa philosophie taoïste. Dépouillement, intériorisation, illumination semblent présider à la naissance de cette peinture illimitée, réduite à des traces de couleur vibratoire.

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Koyo Kouoh nommée à la tête du Zeitz MOCAA au Cap

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Née au Cameroun en 1967, Koyo Kouoh débute sa carrière de commissaire d’exposition indépendante en coordonnant le programme culturel de l’Institut Gorée, de 1998 à 2002. Elle devient co-commissaire des Rencontres de Bamako en 2001, et en 2003 elle collabore à la Biennale de Dakar. En 2008 elle fonde à Dakar le centre d’art RAW Material Company, qu’elle conçoit comme un « espace de conversation, de réflexion (avec édition de livres), d’exposition et de résidence, ouvert aux artistes de tous les continents et de toutes les disciplines, littérature comprise ». En plus d’un programme soutenu d’expositions au RAW Material Company, elle maintient une activité de commissariat et est régulièrement membre de jurys et de comités de sélection à l’échelle internationale. Elle organise notamment « Saving Bruce Lee : le cinéma africain et arabe à l’ère de la diplomatie culturelle soviétique », en collaboration avec Rasha Salti, à la Haus Der Kulturen à Berlin (2012), « Word ! Word? Word ! Issa Samb et la forme indéchiffrable », la première monographie consacrée à l’œuvre de l’artiste sénégalais Issa Samb au RAW Material Company (2013), « Body Talk » au centre d’art Wiels à Bruxelle (2014) et « Still (the) Barbarians » à la Biennale d’Irlande (2016). Membre des équipes de commissariat des Documenta 12 (2007) et 13 (2012), elle est en charge, depuis 2015, du commissariat de 1-54 Contemporary African Art Fair à Londres et à New York, ainsi que de son programme éducatif (1-54 FORUM). Elle témoigne d’un goût pour les expositions documentaires, comme « Chronique d’une révolte : photographies d’une saison de protestations », autour des émeutes de 2011-2012 à Dakar contre le projet de modification de la Constitution par le président de l’époque, Abdoulaye Wade. Elle est particulièrement sensible à la question féministe et à la question du genre, un engagement qui se traduit notamment à travers l’exposition « Body Talk », présentée en Belgique, en France et en Suède en 2015-2016, dans laquelle elle traite « des expériences faites par des femmes africaines de la notion de corps, de féminisme et de sexualité. ». Pour Koyo Kouoh « dans le contexte africain, le corps est un outil politique, un site de domination, de contestation et un lieu de crime toutes les trois minutes selon les dernières statistiques mondiales. ». En 2018, elle participe à la 57ᵉ édition de Carnegie International avec l’exposition « Dig where you stand », avant d’être nommée en 2019 directrice générale et conservatrice en chef du Zeitz MOCAA au Cap, le plus vaste musée du monde dédié à l’art contemporain africain. À partir du 6 mai, elle remplacera Mark Coetzee, parti en mai dernier pour cause de suspicions de harcèlement sexuel. Durant toute sa carrière, elle a eu à cœur d’encourager et de participer à l’émergence de nouvelles institutions en Afrique.

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Jungjin Lee, toujours plus dense à la galerie Camera Obscura

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« J’apprécie énormément le travail de Jungjin Lee, mais je n’avais pas pu lui consacrer d’exposition depuis la sortie de son livre Opening, il y a plus d’un an, chez Nazraeli Press », explique Didier Brousse, directeur de la galerie Camera Obscura. Cet ouvrage est aujourd’hui mis en parallèle avec deux séries de photographies (entre 11 000 € et 23 000 €) dans lesquelles l’artiste, née en Corée en 1961, travaille la matière, la forte densité et le contraste de ses tirages grâce à une technique alliant argentique et numérique.

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Podcast : Fenêtre sur Ellsworth Kelly au Centre Pompidou

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Anne-Frédérique Fer, rédactrice en chef de www.FranceFineArt.com, a rencontré Jean-Pierre Criqui, conservateur au service des collections contemporaines du Musée national d’art moderne et commissaire de l’exposition « Ellsworth Kelly : Fenêtres », à voir jusqu’au 27 mai 2019.

Né en 1923 dans l’État de New York, Ellsworth Kelly réside en France d’octobre 1948 à juin 1954. Ce séjour aura un grand impact sur la conceptualisation de l’écriture plastique de cet artiste américain, considéré comme l’une des figures majeures de l’art abstrait des XXe et XXIe siècles. Si au départ l’œuvre d’Ellsworth Kelly est figurative, c’est à l’été 1949, lors d’un séjour à Belle-Île qu’il va peindre Window I et qu’il va définitivement se tourner vers l’abstraction. Au total, entre 1949 et 1950, il réalisera six « fenêtres », un cycle considéré comme un véritable manifeste où Kelly pose les fondements de son écriture plastique. Construite en étroite collaboration avec la Fondation Ellsworth Kelly (Spencertown, NY), l’exposition du Centre Pompidou présente pour la première fois cet ensemble et réunit autour de lui des peintures, des dessins, des esquisses et des photographies qui leur font directement écho. Cette présentation nous permet de comprendre que si l’œuvre d’Ellsworth Kelly est abstraite, elle est empreinte du réel dont l’artiste, par ses observations, principalement de l’architecture et de ses détails, va extraire des lignes, des formes qui deviendront œuvres.

Lire la suite ici

Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois, la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005). FranceFineArt est constituée de différentes rubriques qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores,
de textes et de liens interactifs
rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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À Houston, la Chapelle Rothko ferme ses portes pour travaux

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En 1964, le couple de collectionneurs français Jean et Dominique de Menil, installés à Houston (Texas), charge Mark Rothko de concevoir une chambre de méditation autour de peintures qu’il réalise spécialement pour l’occasion. L’artiste imagine alors un espace octogonal dont l’éclairage zénithal naturel, directement inspiré de ses conditions de travail dans son atelier new-yorkais, pourrait sublimer les couleurs vibrantes et la puissance symbolique de ses quatorze grands formats tout en nuances de violet sombre. Les architectes se succèdent et le projet voit finalement le jour sur le campus de la Menil Collection en 1971, un an après le suicide de l’artiste vaincu par la dépression. À la fois temple et œuvre d’art, la Chapelle exalte les qualités picturales des toiles sans fin de Rothko autant qu’elle renoue avec la dimension spirituelle, quasi mystique, de la peinture conçue comme une fenêtre sur le divin.
Aujourd’hui, les icônes de Mark Rothko attirent chaque année plus de 100 000 visiteurs venus du monde entier et le lieu accueille régulièrement des manifestations culturelles et artistiques (colloques, projections, performances, etc.). La Menil Foundation doit donc faire face à de nouveaux impératifs de conservation préventive pour garantir l’intégrité des œuvres mais également préserver la substantifique moelle de ce chef-d’œuvre immersif. Un vaste projet de réaménagement, dont le coût global est estimé à 30 millions de dollars, va donc permettre, dans un premier temps, de troquer les déflecteurs installés au plafond contre une nouvelle verrière et une solution d’éclairage plus respectueuse de l’intention initiale de l’artiste. L’objectif est de restituer une impression de contact direct entre la lumière et la surface des toiles, sans qu’aucun dispositif muséographique ne vienne perturber l’expérience du visiteur. Le revêtement des murs doit également être changé, tout comme les dispositifs de contrôle du climat (humidité et température) à l’intérieur du bâtiment. Un nouveau pavillon d’accueil ainsi qu’une machinerie doivent aussi être créés. Durant cette première phase de travaux qui a débuté hier, lundi 4 mars, et doit se poursuivre jusqu’à la fin de l’année, les 14 tableaux seront conservés en réserve, aucune opération de restauration ne se révélant nécessaire. Dans un second temps, la Menil Foundation prévoit la construction à proximité la Chapelle de nouveaux bâtiments administratifs et dédiés à la méditation culturelle, ainsi que la création d’un jardin de méditation. L’ensemble de travaux devrait être achevé en 2021, année du jubilé de l’installation, autour de laquelle gravitent aujourd’hui les sculptures en plein air de Michael Heizer, d’Ellswoth Kelly ou encore de Barnett Newman ainsi que la Cy Twombly Gallery, l’installation de Dan Flavin au Richmond Hall et, dans le bâtiment principal, le riches collections allant de la préhistoire à l’art moderne.

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Trésors graphiques du musée Pouchkine

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Le cabinet graphique du musée Pouchkine à Moscou, abrité depuis 1912 dans un vaste édifice néoclassique, figure, avec quelque vingt-cinq mille pièces, comme le plus important de Russie après celui de l’Ermitage (Saint-Pétersbourg). La sélection de chefs-d’œuvre exposés à Paris témoigne de l’universalité de ses collections, dominées par les écoles italiennes, françaises et nordiques. Les avant-gardes artistiques européennes à partir de la fin du XIXe siècle y sont également fort bien représentées, en écho à l’intérêt, quasi en temps réel, que suscitèrent auprès de grands collectionneurs russes d’avant la Révolution des peintres tels Matisse et Picasso. En regard, les œuvres chargées d’évolution radicale des artistes emblématiques de la modernité russe comprenant Kandinsky, Tatline et Malevitch, devraient captiver l’attention aux côtés de travaux d’artistes moins connus, tels Nikolaï Kouprianov ou Alexandre Deïneka, qui s’imposèrent après le « retour à l’ordre ».

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L’Italie et la France parviennent à un accord autour de Léonard de Vinci

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En 2017 l’Italie s’était engagée à envoyer des tableaux de Léonard de Vinci à Paris, en contrepartie de peintures de Raphaël prêtées par le Louvre pour l’exposition qui lui sera consacrée aux Ecuries du Quirinal en 2020. Mais en novembre 2018, la sous-secrétaire à la culture, Lucia Borgonzoni, a souhaité revoir l’accord de prêt; la ministre, membre de la Ligue (extrême droite), refusant que des chefs-d’œuvre du maître quittent les collections italiennes, a placé la France dans une situation délicate. Pourtant, à l’occasion de l’inauguration de la Triennale de Milan, le ministre de la Culture, Franck Riester a rencontré son homologue italien, Alberto Bonisoli, avec lequel il a, entre autres, discuté du « dossier Léonard ». Une fois parvenu à un accord, le climat a radicalement changé entre les deux ministres. Alberto Bonisoli affirme désormais être « heureux que la France puisse célébrer le génie de Léonard » qui, selon lui, « est un patrimoine non seulement italien mais européen et universel ». Les signes sont encourageants puisque le ministre de la Culture a annoncé la très prochaine officialisation de la liste des prêts, avec l’Annonciation (Florence) et le célébrissime Homme de Vitruve (Galerie de l’Academia de Venise). L’Adoration des mages, trop fragile, ne pourra faire le déplacement du musée des Offices jusqu’à Paris. La volonté des deux pays à collaborer se voit donc renouvellée. Alberto Bonisoli sera par ailleurs présent en France pour le Salon du Livre du 15 au 18 mars.

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