Actualité artistique

Kevin Rouillard, lauréat 2018 du prix SAM pour l’art contemporain

connaissance des arts -

Créé en 2009 par l’association SAM Art Projects, le prix SAM pour l’art contemporain accompagne chaque année un artiste de la scène française dans la réalisation d’une œuvre à destination d’un pays étranger (hors Europe et Amérique du Nord). L’objectif de cette récompense est d’aider les artistes à réaliser « un projet en dehors de leur périmètre culturel quotidien » et de favoriser ainsi le dialogue entre les cultures européennes et celles des pays dits émergents. Pour sa 10e édition, le prix a donc été attribué à Kevin Rouillard (né en 1989), diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris et représenté par la galerie Thomas Bernard. Grâce à la dotation de 20 000€, ce dernier se rendra au Mexique en 2019 afin de mettre en œuvre son projet dystopique « Sa place est dans un musée ! », qui imagine un monde dans lequel Christophe Colomb ne serait jamais parvenu jusqu’au continent américain, un non-événement qui invite à repenser les rapports de forces entre l’Europe et les Amériques. Le projet de Kevin Rouillard fera également l’objet d’une exposition personnelle au Palais de Tokyo en 2020.

Cet article Kevin Rouillard, lauréat 2018 du prix SAM pour l’art contemporain est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Étude d’une œuvre : La commode de Louis XVI par Jean-Henri Riesener

connaissance des arts -

En 1769, la livraison à Versailles d’un nouveau bureau pour Louis XV avait propulsé Jean-Henri Riesener (1734-1806) aux portes de la gloire. Commandé en 1760 à Jean-François Oeben, de même origine allemande que Riesener, ce chef-d’œuvre d’art et de technique avait pu, après la mort du maître en 1763, être achevé avec succès par Riesener. Depuis 1765, celui-ci assurait la direction de l’atelier parisien d’Oeben à l’Arsenal, resté très actif. En 1767, son mariage avec la veuve d’Oeben, pratique courante dans le milieu corporatif, lui avait par ailleurs facilité l’acquisition de la maîtrise (1768). Plus difficile était d’obtenir le titre d’ébéniste ordinaire du Garde-Meuble et, surtout, celui d’ébéniste du Roi. Cet honneur suprême avait été accordé à Oeben en 1754, puis, après lui, à Gilles Joubert. Hors des circuits officiels, les ébénistes pouvaient néanmoins fournir la cour en travaillant pour des marchands-merciers ainsi qu’à travers le système de sous-traitance entre maîtres et ébéniste du Roi. Nommé, à la suite de son père, directeur du Garde-Meuble en 1767, Pierre-Élisabeth de Fontanieu, à l’affût de talents novateurs, allait assurer la carrière de Riesener. Dès 1771, ce dernier effectuait une première livraison de bureau mécanique. Avant de pousser plus loin la collaboration, Fontanieu eut à cœur de faire éclater ses capacités en lui commandant, autour de 1772, plusieurs meubles pour son appartement du Garde-Meuble, place Louis XV (actuelle place de la Concorde). D’une monumentalité toute néoclassique, ils unissaient de magnifiques marqueteries d’esprit naturaliste à de délicats bronzes dorés. L’un de ces meubles, une commode, orne aujourd’hui à Chantilly la pièce d’apparat où trône, en majesté, la commode de Louis XVI. […]

Cet article Étude d’une œuvre : La commode de Louis XVI par Jean-Henri Riesener est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Théâtre : SAMO aka Basquiat

connaissance des arts -

Cet alias du peintre nous plonge aux origines de son art alors qu’au cœur du New York underground de la fin des années 1970 il s’initie au graffiti, jetant comme autant de coups de poing ses aphorismes sur les murs. C’est cette rage de créer en quête de supports que Laëtitia Guédon met en scène au Théâtre de la Tempête à Paris, alliant le texte de Koffi Kwahulé au beat box, au jazz, au mapping vidéo et à la danse pour rendre compte de la genèse d’un art urbain polymorphe. Une propédeutique jouissive à l’art de Basquiat.

« SAMO. A tribute to Basquiat »
Une pièce de Koffi Kwahulé, mise en scène Laëtitia Guédon
Théâtre de la Tempête
Du 11 janvier au 2 février.

Cet article Théâtre : SAMO aka Basquiat est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Lüpertz, le retour aux sources, au musée de la Vie romantique à Paris

connaissance des arts -

Passé la monumentale paire de jambes qui accueille le visiteur dans la cour, on découvre dans les espaces de l’atelier tout un petit peuple de dieux et de héros, comme figé sous une couche de cire aux tons subtilement surannés. L’artiste, qui privilégie à présent la sculpture, renoue depuis quelques années avec les grandes sources mythologiques. Les références à l’Antiquité sont ici nombreuses, entre les figures de Cerbère, Flore ou Poséidon comme dans un léger contrapposto ou les bustes à la musculature irréprochable. Ici et là, un Beethoven ou un Fragonard se glisse dans ce panthéon aussi improbable que délicieux avec, en écho à cet ensemble, quelques vigoureuses gouaches.

Cet article Lüpertz, le retour aux sources, au musée de la Vie romantique à Paris est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Lequeu au Petit Palais : fantaisie et transgression

connaissance des arts -

Anne-Frédérique Fer, rédactrice en chef de www.FranceFineArt.com, a rencontré Corinne Le Bitouzé, conservateur général, adjointe au directeur du département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France (BnF) et co-commissaire de l’exposition « Jean-Jacques Lequeu, bâtisseur de fantasmes », à voir au Petit Palais à Paris jusqu’au 31 mars 2019.
Première exposition monographique consacrée à Jean-Jacques Lequeu (1757-1826), artiste singulier du siècle des Lumières, son œuvre fascine et intrigue. Une œuvre qui serait certainement restée dans l’oubli si en 1825, il n’avait pas fait don de plus de 800 de ses dessins au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque royale et qui fut redécouverte à la fin des années 1940 par Emil Kaufmann, historien de l’architecture. Car si l’œuvre de Jean-Jacques Lequeu recouvre plusieurs thématiques comme des portraits avec un ensemble d’autoportraits ou encore de dessins érotiques, il est surtout reconnu comme architecte, un architecte du papier. Une œuvre qui, au-delà des premières étapes d’un parcours d’architecte, témoigne de la dérive solitaire et obsédante d’un artiste fascinant. Lire la suite ici.

Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois,
la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005).
FranceFineArt est constituée de différentes rubriques
qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores, de textes et de liens interactifs
rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

Cet article Lequeu au Petit Palais : fantaisie et transgression est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Mitchell et Riopelle, à la ville comme à la scène

connaissance des arts -

C’est dans un café de Saint-Germain-des-Prés, un jour de l’été 1955, et par l’intermédiaire de son amie Shirley Jaffe, que Joan Mitchell fait la connaissance de son compatriote Sam Francis et du Canadien Jean-Paul Riopelle. Entre elle et ce dernier se noue une histoire d’amour qui durera vingt-cinq ans. Si, dans les faits, Paris n’est plus la capitale mondiale de l’art – titre que vient de lui ravir New York – elle continue cependant d’exercer un immense attrait. Des colonies d’artistes, notamment américains, y affluent.
Joan Mitchell (1926-1992) est née à Chicago, d’un père médecin et peintre amateur, et d’une mère poète et éditrice, notamment d’Ezra Pound et de T.S. Eliot. Après ses études artistiques, elle se rend à New York, à 21 ans, travaille dans l’atelier d’Hans Hofmann et découvre l’avant-garde new-yorkaise, en particulier Arshile Gorky et Jackson Pollock. Elle s’intègre au milieu des Expressionnistes abstraits et s’impose au très masculin Artists’ Club, fréquentant le mythique Cedar Bar et participant, en 1951, au « Ninth Street Show » supervisé par Leo Castelli, où elle expose aux côtés de Motherwell, De Kooning, Rauschenberg… Ses premières expositions personnelles, à la New Gallery puis à la Stable Gallery, consacrent son entrée sur la scène artistique new-yorkaise. C’est le début d’une  grande carrière internationale.

Le jaillissement des signes

En 1955 Joan Mitchell n’en est pas à son premier séjour en France. Elle s’y était même mariée, au Lavandou, avec l’éditeur Barney Rosset, dont elle s’est séparée depuis. Jean-Paul Riopelle (1923-2002), quant à lui, quitte son Canada natal en 1946 pour s’installer dans la capitale française avec sa femme, Françoise Lespérance, et leurs deux filles. Issu d’un milieu d’artisans aisés de Montréal, il étudie la peinture et fait ses débuts sous l’égide du peintre Paul-Émile Borduas et des « automatistes » de Montréal qui, outrepassant les visées des surréalistes parisiens, pratiquent un automatisme « abstrait », sorte d’équivalent pictural de l’écriture automatique des poètes, où le jaillissement des signes s’impose comme un langage plastique illisible mais vivant. Il est l’un des signataires du manifeste Refus Global, rédigé par Borduas, qui entend secouer l’immobilisme d’une société corsetée notamment par la religion, et prône la liberté individuelle à tous les niveaux.
À Paris, dès 1947, il se lie avec nombre de personnalités du monde des lettres et des arts (Pierre Loeb, Georges Mathieu, Wols, Zao Wou-Ki, André Breton, Antonin Artaud, Pierre Mabille…) et participe à la grande exposition surréaliste de la galerie Maeght. André Breton le qualifie, sans doute à cause de sa passion de la chasse et de la pêche, mais non sans un brin de toupet surréaliste et de condescendance parisienne, de « trappeur supérieur » ! […]

Cet article Mitchell et Riopelle, à la ville comme à la scène est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Pages