Actualité artistique

Maeght, donner à voir

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« Tout ce que tu ne sais pas donner te possède », écrivait André Gide. A contrario, tout ce que les artistes, collectionneurs et passionnés d’art ont su donner à la Fondation Maeght (créée en 1953 par Marguerite et Aimé Maeght après le décès de leur plus jeune fils Bernard) a permis de constituer une collection d’art vivante, qui compte à ce jour dix mille œuvres. Le nouvel accrochage des collections rend hommage à l’état d’esprit de générosité qui a prévalu depuis l’ouverture de la Fondation, avec les dons des artistes historiques Braque, Miró et Giacometti, et jusqu’à ceux des contemporains Djamel Tatah (2013) Gérard Garouste (2015) et Lee Bae (2018). « Dans la diversité d’une collection constituée en grande partie par des donations, il est difficile de suivre une chronologie ou de regrouper des ensembles méticuleusement construits. Néanmoins, des thèmes ou des ensembles significatifs, d’un même artiste ou d’un groupe d’artistes, peuvent se dégager. C’est ce que nous avons essayé de montrer dans un parcours qui souligne des univers monographiques (Gérard Gasiorowski), des mouvements artistiques (la Figuration narrative), des thématiques (le noir et le blanc), des regroupements par discipline (le dessin) comme autant de moments qui reflètent l’histoire de la Fondation et de ses amitiés », commente Henri-François Debailleux, commissaire de l’exposition.

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Philippe Vergne, de Los Angeles à Porto

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Philippe Vergne débute sa carrière de conservateur en 1994 au musée d’art contemporain de Marseille. En 1997, il part dans le Minnesota, au Walker Art Center de Minneapolis, dont il devient le directeur adjoint. Après une courte période à la tête de la Fondation Pinault (2005), il déménage à New York pour prendre la direction de la DIA Art Foundation (2008-2014). Il part ensuite à Los Angeles pour diriger le Museum of Contemporary Art (Moca) où de nombreux désaccords avec le Conseil d’administration mènent, au printemps 2018, au non-renouvellement de son contrat. Il s’apprête aujourd’hui à prendre la direction du musée de Serralves à Porto, le plus important musée d’art contemporain du Portugal, où un visiteur faisait, l’été dernier, une chute très médiatisée dans une œuvre d’Anish Kapoor.

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Décès de l’historien de l’art Bertrand Lorquin

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Né en 1952 à Paris, Bertrand Lorquin a fait des études de philosophie et d’histoire de l’art. Avec son frère Olivier Lorquin (né en 1949), il s’est longtemps et discrètement occupé en tant que conservateur de la Fondation Maillol à Paris. Spécialiste de l’art moderne, il a écrit ou participé à de nombreux ouvrages sur Toulouse-Lautrec, Pascin, Séraphine de Senlis ou l’Allemagne des années noires. Sa curiosité l’a poussé plus avant dans le siècle en abordant l’œuvre du peintre américain George Condo ou des photographes Weegee et Bert Stern, le dernier portraitiste de Marylin Monroe. Bertrand Lorquin est également intervenu dans la galerie familiale de la rue Jacob et s’est donc penché sur les artistes défendus par sa mère Dina Vierny : Aristide Maillol (il a participé à la rédaction du catalogue raisonné), Marcel Duchamp ou Erik Boulatov.

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Cœur de Paris, une œuvre d’art 650 000 € qui fait polémique

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L’œuvre de l’artiste franco-portugaise Joana Vasconcelos, Cœur de Paris, située Porte de Clignancourt, fait partie de l’accompagnement artistique du prolongement du Tramway T3, tout comme les œuvres From Paris With Love (Bruno Peinado), Porte de Saint-Ouen, et La rivière est une île (Pierre Malphettes), Porte Pouchet. L’installation, comprenant un cœur rotatif composé 38 000 azulejos situé à plus de neuf mètres de haut, est loin de faire l’unanimité. En cause : les 650 000 € nécéssaires à sa réalisation ont en effet été financés par l’argent public. Beaucoup expriment leur mécontentement, notamment les habitants de ce quartier populaire du nord de Paris, qui twittent sur l’indécence de cette somme. Les élus aussi s’indignent, comme Pierre Lisca, élu du XVIIIe, qui critique cette « enseigne de fête foraine à 650 000 euros, dont la Ville assumera également l’entretien, alors même qu’elle néglige celui de son patrimoine ». Le maire de la Ville de Saint-Ouen, William Delannoy surencherit : « Le sens des priorités de certains m’échappe. […] Ce type de dépenses existait avec l’ancienne municipalité. Nous avons décidé de les arrêter car on considérait qu’il était mieux d’investir pour régler des problèmes essentiels du quotidien, plutôt que pour du mobilier artistique ». La Ville de Paris, quant à elle, se justifie en soulignant la participation de la région Île-de-France à hauteur de 28 %, ce que dément cette dernière, assurant avoir refusé de financer le projet. Christophe Girard, adjoint à la maire de Paris chargé de la culture, défend cette initiative : « cette somme peut choquer si on la sort de son contexte mais l’œuvre sera encore là dans 30 ans […] la liste des œuvres qui ont dérangé à Paris est longue. J’assume cette audace, c’est l’histoire de Paris ». Pour lui, le Cœur de Paris est « un très bel hommage à la capitale, surtout dans une période de doute européen et de violences urbaines ». Ce qui est sûr, c’est que l’œuvre est loin d’avoir eu l’effet escompté. C’est l’énervement qui a prévalu, plutôt que l’amour destiné à ce quartier « monde ».

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Les savoir-faire verriers inscrits au patrimoine immatériel de la France

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Souffleur à la canne, doreur, verrier décorateur, bombeur ou polisseur, tous ont été officiellement reconnus comme des artisans d’art par l’arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l’identification des métiers d’art. Mais cette dignité ne suffit pas à assurer la sauvegarde de savoir-faire séculaires qui contribuent tant à l’excellence culturelle française qu’à son économie. Rappelons, par exemple, que 70 % de la production mondiale de flacons de luxe pour la parfumerie, les spiritueux ou la pharmacie proviennent de la « Glass Vallée », premier pôle mondial du flaconnage de luxe situé dans la vallée de la Bresle, à la frontière de la Normandie et des Hauts-de-France. Véritables fleurons de l’industrie nationale, les verreries et les cristalleries émaillent tout le territoire, de la Lorraine (Baccarat, Daum, Lalique et Saint-Louis) à la Normandie (Waltersperger, Saver Glass), produisant pour des domaines aussi distincts que la parfumerie, les arts de la table, le luminaire, la décoration, la bijouterie, la pharmacie ou l’industrie automobile. Elles mettent également leur savoir-faire au service de la restauration des monuments historiques et des objets d’art, à l’image des Ateliers Duchemin, spécialistes du vitrail, qui ont travaillé en 2017 à la rénovation des verrières Art Déco du Bon Marché.
Soutenue par l’Institut national des métiers d’art, la Fédération des cristalleries et verreries à la main et mixtes (FCVMM) appelait donc de ses vœux une inscription des gestes des métiers d’art verriers à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel (PCI) français. Créé en application de la convention Unesco de 2003 et mis à jour par la Direction générale des patrimoines, cet inventaire dresse la liste des différentes traditions vivantes (musiques, danses, pratiques rituelles, savoir-faire, etc.) dont la sauvegarde, c’est-à-dire la transmission, doit être assurée par l’État. L’inclusion des gestes des savoir-faire verriers, qui rejoignent ainsi ceux des cristalliers de Daum et l’artisanat de la perle de verre, constitue l’un des cinq critères requis pour une candidature sur les listes du Patrimoine immatériel de l’humanité inventoriées par l’Unesco.

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L’IAC selon Nathalie Ergino

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Pas facile de diriger un lieu profondément marqué par son fondateur. À Villeurbanne, l’Institut d’art contemporain doit beaucoup à Jean-Louis Maubant, qui a créé le Nouveau Musée en 1978, un centre d’art devenu Institut d’art en 1988 lorsque s’y agrègent le Fonds régional d’art contemporain (Frac) Rhône-Alpes et un centre de documentation. Les murs ont alors vu passer aussi bien Daniel Buren qu’Anish Kapoor ou Michael Asher. Depuis douze ans qu’elle a pris la relève, Nathalie Ergino (passée par le Carré d’art de Nîmes, le Frac Champagne et le Mac de Marseille) a affirmé la dimension recherche avec le Laboratoire Espace Cerveau et l’accompagnement de la jeune création avec des dispositifs comme « Rendez-vous jeune création internationale » dans le cadre de la Biennale de Lyon ou « Galeries Nomades » à l’échelle régionale. « Quand les artistes viennent chez nous, dit-elle, ils se sentent libres de tout faire. » Elle a ainsi donné les clefs de la maison à Berdaguer et Péjus en 2012, au plasticien Guillaume Lebon en 2014, s’est passionnée pour l’engagement et le militantisme. Pour les 40 ans de l’IAC, pas de célébration, mais des invitations à des artistes que Nathalie Ergino aime, comme Katinka Bock, des présentations de la collection avec des thématiques comme le chaos et la fusion avec les éléments. Ce printemps, Nathalie Ergino a confié la totalité de l’IAC à l’Espagnol Daniel Steegmann Mangrané, qui a transformé tout le lieu « permettant au public de (re)considérer son corps dans l’espace, d’intégrer l’œuvre et ainsi, à la manière d’un prisme, de changer de perspective ». Le début d’un nouveau cycle autour de la question « vers un monde cosmomorphe ?».

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La Grande Galerie de Radio Classique : La Collection Courtauld à la Fondation Louis Vuitton (2/2)

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les samedis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie » et le vendredi à 13h00, le samedi à 09h56 et 14h57 pour ses « Chronique Sorties ».

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Collection privée : Le Grand Siècle à l’hôtel de Gesvres

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C’est une perle, un bijou serti dans un quartier historique de Paris. Derrière une porte discrète de la Rive Droite se cache un hôtel d’époque Louis XIV dont l’étage noble est orné de boiseries patinées, de parquets qui craquent, de meubles des XVIIe et XVIIIe siècles, qui semblent s’être fondus dans le décor au fil des générations, comme dans une grande maison de famille. Cet ensemble harmonieux, qui ne laisse supposer aucune intervention récente d’un décorateur, est pourtant l’œuvre de Joseph Achkar et Michel Charrière, architectes décorateurs français résidant au Liban, qui en ont fait leur pied-à-terre parisien. « Certains décorateurs plaquent leur style dans tous leurs chantiers, qu’il s’agisse d’un penthouse à New York, d’une villa sur la Côte d’Azur ou d’un palais au Moyen-Orient. Nous préférons nous laisser guider par chaque lieu, nous imprégner de son âme, de sa poésie. » C’est précisément pour leur talent à créer des atmosphères de « maisons qui ont vécu » que le Centre des monuments nationaux (CMN) leur a confié la restauration des appartements des Intendants de l’hôtel de la Marine, l’ancien garde-meuble de la Couronne situé place de la Concorde à Paris. Dans ce lieu historique, leur idée est d’enlever les peintures et dorures postérieures pour permettre au public de découvrir, même usés par le temps, les décors et peintures originels. Rendez-vous dans deux ans.
Mais revenons à notre décor de rêve, …

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Le Chat, une nouvelle œuvre in situ de Claude Lévêque au Ciné Cité de Vélizy

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Le nouveau Ciné Cité du centre commercial de Vélizy 2 témoigne une fois de plus de l’engagement du groupe UGC en faveur de la création contemporaine et du dialogue entre les arts. Pour prolonger et faire vivre le projet architectural de Jean-Marc Lalo, deux œuvres in situ ont en effet été commandées aux artistes Hector Castells-Matutano (déjà sollicité en août dernier pour l’ouverture de l’UGC Gobelins) et Claude Lévêque, célèbre sculpteur de lumière et auteur de la très polémique installation Saturnales présentée actuellement au Palais Garnier. Jouant avec les volumes fragmentés du bâtiment, ce dernier s’est inspiré du film Le Chat de Pierre Granier-Deferre (1971) et du non moins célèbre regard de Simone Signoret, pour créer une œuvre monumentale représentant deux yeux de chat en tubes de néon bleutés, dont la graphie fragile et tremblée s’enlève sur un mur en béton. Épuré, sensuel, jouant sur les contrastes de matières, Le Chat n’est pas sans évoquer Les dessous chics, un dispositif réalisé par Claude Lévêque en septembre dernier pour le pont d’Issy-les-Moulineaux. Véritable clin d’œil au 7e art, l’œuvre de Vélizy est née de la réflexion de l’artiste autour de la question du regard et du cinéma, et contribue à une certaine théâtralisation de la rencontre entre un film et son public. « Mon travail est lié à toutes ces questions d’espaces sensoriels, de sensations du corps et du mental, déclare-t-il. À Vélizy, je propose une forme identifiable par tous, un regard en néon, dessiné d’une main malhabile, qui se dévoile à la manière d’une projection sur un écran de cinéma. Ces yeux bleus, très luminescents, surgissent d’une faille en béton. Ils apparaissent soudainement dans le déplacement du spectateur ». Alliant architecture grandiose et œuvres symboliques, le nouveau Ciné Cité a atteint son objectif : faire écho à la magie du cinéma.

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[Avant-Première] Chaumet, une saison à Saint-Germain

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Claire Gannet, directrice du patrimoine de Chaumet, et Marc Jeanson, botaniste et commissaire d’exposition, sont les invités de Guy Boyer sur le plateau d’« Avant-Première » pour nous présenter cette actualité tout en scintillements.

Expositions « Brillantes Écritures »
Jusqu’au 1er avril 2019 « Dess(e)in de nature »
Du 19 avril au 15 juin
(puis prolongations du 24 juillet au 14 septembre 2019) au 165 boulevard Saint-Germain, Paris VIe

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Le cabinet des estampes contemporaines de l’Académie des beaux-arts : dix ans déjà !

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Le cabinet des estampes contemporaines doit sa création à Louis-René Berge (1927-2013) qui sollicita le don des familles de quatre graveurs disparus depuis les années 80 : Albert Decaris (1901-1988), Roger Vieillard (1907-1989), André Jacquemin (1904-1992) et Jean-Marie Granier (1922-2007). Suivront les dons des travaux de Louis-René Berge lui-même et de Paul Lemagny (1905-1977). Aujourd’hui, et de leur vivant, Pierre-Yves Trémois, Yves Millecamps, Pierre Collin et Astrid de la Forest viennent d’enrichir le fonds qui compte donc à ce jour 220 estampes signées des membres de la section gravure des dernières décennies. Parallèlement, trente graveurs, lauréats des différents prix de gravure, ont jusqu’alors généreusement contribué (à hauteur de 55 estampes) au développement de ce magnifique ensemble conservé en un tout nouveau cabinet. Cette salle, tout juste inaugurée la semaine passée, avec ses grands cartons pour la plupart vides et ses solides étagères, exprime la volonté de l’Institut d’accueillir encore tant et tant ! Si seulement quatre graveurs animent aujourd’hui leur section, l’Académie des beaux-arts affiche cependant une politique vivante, dynamique et constructive autour de cet art intimiste dont il est inutile de rappeler, depuis la préhistoire, l’humaine universalité.

Pour vous inscrire : 01 44 41 44 10

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Frédérick Gautier et l’art du béton à la galerie Mercier

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Pour accueillir le céramiste et performeur Frédérick Gautier, la galerie Mercier ne fait pas les choses à moitié. Une tonne de sable, une bétonneuse et un four y ont été livrés pour lui permettre de réaliser deux cents créations (entre 130 € et 5000 €), fabriquées in situ et en résonance avec l’architecture industrielle de ce lieu de trois cents mètres carrés. « Frédérick Gautier va notamment expérimenter les claustras, se réjouit Jean-Philippe Mercier, et bien d’autres directions au sein de son esthétique nourrie par le Bauhaus, car c’est un travailleur infatigable ! »

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La Collection Thannhauser à Bilbao

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C’est en 1963 que le grand marchand d’art moderne Justin K. Thannhauser (1892-1976) légua à la Solomon R. Guggenheim Foundation de New York une partie de sa collection privée, legs que sa veuve Hilde Thannhauser allait augmenter en 1984 et en 1991. Cette grande collection porte sur la peinture moderne française entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, dont on retrouve la plupart des grands noms, Cézanne, Degas, Manet, Van Gogh…

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Disparition du peintre Michel Humair

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Né en 1926 dans le canton du Jura en Suisse, Michel Humair arrive en 1947 à Paris et s’inscrit aux Beaux-Arts et à l’Académie de la Grande Chaumière. Sa peinture se fixe rapidement vers une élégante abstraction lyrique avec des gris et des sables traversés de coulées de peinture. Appartenant à la seconde génération de l’abstraction française, il expose régulièrement au Salon des Réalités nouvelles et au Salon de Montrouge. On le retrouve avec Jean Bertholle et Chuh Teh-Chun. Bien que sa peinture soit plutôt non figurative qu’abstraite, ses liens avec la nature se retrouvent dans les titres de ses œuvres, de Roses de Noël à Souvenirs de Russie, de Soleil levant à Vallée du Nil. L’architecture peut être également la source d’inspiration de ses toiles. Allusions aux murs et fenêtres ponctuent La Terrasse de Kermor (2004) ou les toiles liées à Venise (2005). « Humair, explique la critique Lydia Harembourg, peint ce qu’il voit avec les yeux de l’esprit, ou plutôt avec les yeux de la main. La peinture de Michel Humair est bien une peinture en attente, en suspension. Elle est paysage mental ». On a vu son travail sensible aux musées de Tours, de Sens et de Lausanne.

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Idée lecture : Les ors de la République

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Avant d’être considéré pour son caractère patrimonial, c’est une métonymie : prononcer son nom c’est désigner, depuis 1935, le siège du Chef du gouvernement. Pourtant, bien avant que l’État ne l’achète en 1922, après mise sous séquestre et expulsion de l’ambassade d’Autriche, le domaine avait eu une vie, tout aussi brillante, quoique pas toujours heureuse. Depuis sa construction en 1720, beaucoup de ses propriétaires ont connu la faillite, le déshonneur, l’exil. Maréchal de Tingry, seigneur de Matignon, duc de Valentinois ou prince Grimaldi, duchesse de Galliera, tous ont voulu en faire « le plus bel hôtel de Paris », parfois fort imprudemment. On ne sait ce qui fascine le plus dans ce lieu de pouvoir : l’histoire de ces familles, son patrimoine architectural, sa décoration – le Premier Ministre travaille sous des toiles de Fragonard – ou son extraordinaire parc de trois hectares, fier d’essences rares et d’une allée de cent onze tilleuls et dans lequel chaque Premier Ministre, depuis Raymond Barre, a planté son arbre.

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Le tableau du Caravage retrouvé en 2014 sera finalement vendu aux enchères en juin

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C’est dans le grenier d’une propriété toulousaine que ce tableau avait été retrouvé en 2014, après cent ans d’oubli. Confiée à l’étude du commissaire-priseur Marc Labarbe, l’œuvre avait alors été attribuée au Caravage (1571-1610) par le cabinet d’expertise Éric Turquin, une paternité longtemps remise en question… De fait, l’attribution se révèle une tâche particulièrement complexe lorsqu’elle concerne Le Caravage, un artiste largement copié, qui ne signait pas ses œuvres et réalisait souvent deux versions d’un même sujet. Ainsi, la version originale du Judith et Holopherne, présentée cet automne au musée Jacquemart André et conservée au Palazzo Barberini à Rome, est datée vers 1598-1600, tandis qu’une seconde version aurait été réalisée par l’artiste en 1607, une toile perdue depuis 1619 qui serait donc réapparue à Toulouse… Mais les plus dubitatifs attribuent ce tableau à Louis Finson (1580-1617), un marchand et peintre franco-flamand qui a réalisé de nombreuses copies des tableaux du maître lombard et aurait reçu en dépôt, probablement du Caravage lui-même, la seconde version du Judith et Holopherne. Cependant, dès 2015, des analyses menées sur le tableau de Toulouse mettaient en lumière ses liens matériels comme stylistiques avec les œuvres du Caravage des années 1600-1607. Le nettoyage récent du tableau a également permis de révéler l’extrême qualité de son exécution, digne du maître du clair-obscur lui-même, grâce à l’allégement des vernis et à la suppression de quelques repeints. Représentant un fameux thème caravagesque, issu d’un épisode biblique (la Juive Judith décapitant le général assyrien Holopherne pour défendre la ville de Béthulie), l’œuvre dégage de fait un pathos et une tension dramatique inégalables. Ces analyses scientifiques viennent donc accréditer l’hypothèse soutenue par Éric Turquin, ainsi que de nombreux autres spécialistes, et justifient une estimation actuelle entre 100 et 150 millions d’euros.
Classé « trésor national » en 2016, Judith et Holopherne ne pouvait être vendu à l’étranger avant novembre 2018, le temps (30 mois) d’offrir à l’État français la possibilité de l’acquérir. Mais l’œuvre n’a finalement pas rejoint les collections françaises, la faute sans doute à son coût astronomique et au manque de certitude quant à son authenticité. Le certificat d’exportation ayant été accordé, le tableau fera tout d’abord escale à Londres à la Colnaghi Gallery, jusqu’au 9 mars, puis à New York, du 10 au 17 mai, avant d’être présentée, du 17 au 23 juin, à l’Hôtel des Ventes Saint-Aubin à Toulouse. Il sera mis aux enchères le 27 juin dans la Ville rose, à la Halle aux grains, lors d’une vente menée par la maison Marc Labarbe, en collaboration avec le cabinet d’expertise Turquin.

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Sentiment et sensibilité

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Plus riche en peintures d’histoire, Rennes explore l’expression des sentiments dans le grand genre, alors que Nantes illustre le triomphe de la sensibilité, notion si importante au Siècle des lumières, à travers la peinture de genre, les portraits, le paysage, la nature morte…C’est surtout dans la seconde moitié du siècle que l’expression des affects devient une préoccupation commune aux littérateurs, philosophes et plasticiens. Les artistes cherchent à capter le caractère naturel et familier des choses. Dans les portraits, ils s’efforcent de dégager la personnalité intime du modèle. Un nouveau sentiment de la nature émerge, une nature vivante, mouvante, sensitive, douce ou terrifiante, comme l’âme humaine. Environ soixante-dix œuvres à Rennes, et autant à Nantes, composent un panorama de la peinture française où, à côté des plus grands noms (Watteau, Boucher, Vanloo, Natoire, Chardin, Hubert Robert, Greuze, Fragonard) se trouvent des maîtres moins connus mais non moins extraordinaires…

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Les jeux d’images de Constance Nouvel

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Le point de départ de l’événement est une invitation de deux centres d’art, Le Point du Jour et le Centre photographique d’Île-de-France, à présenter les dernières réalisations de Constance Nouvel (respectivement en juin prochain et en janvier 2020). L’exposition d’In Situ-Fabienne Leclerc est donc la première du cycle et développe, sous la forme de paysages, le propos récurrent mené par cette plasticienne née en 1985. « Je travaille toujours sur la manière dont les photographies s’insèrent dans un espace et sur leur réception par le spectateur, dévoile Constance Nouvel. Mes propres épreuves m’apportent une autre vision du réel et j’aime offrir à chacun la possibilité de s’y promener. » Installés sur la surface entière des murs, avec des jeux d’images dans l’image, les clichés (de 1500 € et 20 000 €) s’interrogent sur la finalité de la reproductibilité. Des grands espaces du Colorado aux gros plans d’intérieurs de maisons, ils revisitent également l’histoire du trompe-l’œil et du décorum.

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