Actualité artistique

Les pépites de Pierre Keller

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Mais c’est surtout un graphiste et photographe, qui a cotoyé et collectionné les meilleurs créateurs de son temps, entre autres Jean Tinguely, Niki de Saint Phalle, Keith Haring, Nan Goldin, Bernard Tschumi pour l’architecture et les frères Campana pour le design. Cette exposition révèle sa collection, méconnue, constituée durant cinq décennies d’aventures artistiques

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Images métal chez Gulbenkian

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des études sur la perception à la science-fiction, de la culture populaire au cinéma et aux arts plastiques. Cet héritier du cinéma expérimental et de l’art conceptuel investit l’espace d’exposition de la Fondation Calouste Gulbenkian avec neuf œuvres récentes mettant en avant un matériau spécifique : le métal.

Métal Hurlant, détail d’essai balistique de 1872, Musée Naval de Lisbonne © Alexandre Estrela, 2019.

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Les lauréats 2019 des Prix européens du patrimoine/Prix Europa Nostra

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Créés en 2002, les Prix européens du patrimoine/Prix Europa Nostra sont attribués chaque année dans quatre catégories : « Projets de conservation », « Recherche scientifique », « Contribution exemplaire à la conservation du patrimoine » et « Éducation, formation et sensibilisation dans le secteur du patrimoine culturel européen ». Ils permettent ainsi de mettre en valeur des initiatives réussies et de sensibiliser aux meilleures pratiques patrimoniales en Europe. Pour cette édition 2019, 149 candidatures ont été examinées par des jurys indépendants d’experts du patrimoine de toute l’Europe afin de sélectionner les 27 lauréats, issus de 18 pays, consacrés comme de véritables « héros du patrimoine », selon les mots de Plácido Domingo, président d’Europa Nostra. Parmi les initiatives récompensées citons notamment, dans la catégorie « Conservation », la revitalisation du château de Montreuil-Bonnin (Vienne), unique monument français à se distinguer cette année, ou encore la restauration de la chapelle du Saint Suaire à Turin, site emblématique du patrimoine religieux détruit par un incendie en 1997 et qui a été rouvert au public. Le jury a également souhaité distinguer Léonard Gianadda, fondateur de la Fondation Pierre Gianadda de Martigny (Suisse), pour l’ensemble de son action en faveur du patrimoine, précisant qu’« à travers sa fondation, Léonard Gianadda a créé et dirigé quatre musées qui ont reçu plus de 10 millions de visiteurs depuis leur création en 1978. Il a protégé le patrimoine de sa région et organisé des expositions de peinture et des concerts de musique classique de niveau international. ». La Commission européenne et Europa Nostra ont également annoncé un Prix européen du patrimoine exceptionnel pour honorer la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris suite à leur action qui a permis d’empêcher la destruction de Notre-Dame lors de l’incendie qui s’est déclaré dans la nuit du 15 avril. Les lauréats 2019 seront mis à l’honneur lors de la cérémonie de remise des Prix européens du Patrimoine le 29 octobre à Paris, lors des Assises européennes du patrimoine. D’ici là, les citoyens peuvent dès à présent voter en ligne pour le Prix du Public afin de soutenir les réalisations des lauréats. L’appel à candidature pour l’édition 2020 sera mis en ligne en juin 2019.

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Entrez dans la danse avec Bruegel au musée de Flandre

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Dès la fin du XVe, les peintres flamands situèrent volontiers les sujets bibliques dans de vastes paysages panoramiques, prétextes à représenter la vie quotidienne contemporaine et porteuse de scènes de genre. Observateur de la société de son temps, Pieter Brueghel joua un rôle central dans le développement de ces nouveaux thèmes picturaux illustrant, non sans volonté moralisatrice, le monde profane. Il rencontra par ailleurs un vif succès en faisant éditer à Anvers, à partir de 1553, des gravures tirées de ses dessins, telles La Kermesse d’Hobokenou La Kermesse de Saint Georges (1559), dessins et cuivres restant exploités pour la gravure jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Dans cette entreprise de satisfaction des nouveaux goûts du public, Pieter II Bruegel (1564 ?-1637/38), second fils du maître, copia et renouvela avec succès les thèmes inspirés de l’œuvre paternelle. Il ne fut pas le seul et, en rassemblant un nombre extraordinairement élevé de peintures liés au divertissement, c’est tout un pan de cet art flamand traditionnellement ouvert à l’observation et à la définition d’un nouvel espace pictural qu’éclaire cette exposition.

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Métiers d’art : La galerie Collection expose les sculptures en céladon de Jean-François Fouilhoux

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En 2006, le syndicat professionnel Ateliers d’Art de France a créé au cœur du Marais, face au musée national Picasso, un espace d’exposition permanente dédié aux métiers d’art contemporains et à leurs talents d’exception. Baptisé « Collection », il met chaque année en lumière le travail d’une vingtaine d’artistes de la matière, maîtres confirmés ou jeunes talents prometteurs. Chacun d’eux est lié à un matériau de prédilection, la céramique, le verre, le métal, le papier, la laque ou le textile, dont il explore les possibilités plastiques. Pour Aude Tahon, présidente d’Ateliers d’Art de France, « la galerie Collection contribue à positionner les métiers d’art français sur le marché de l’art national et international », une mission qu’elle mène à bien grâce à une programmation soutenue et variée (rencontres d’artistes, présentation monographique ou pluridisciplinaire), et en organisant la biennale Révélations qui vient d’avoir lieu au Grand Palais ou bien encore en participant à de grandes foires internationales, telles que le Salon du patrimoine culturel. Parmi les nombreux créateurs qui y ont déjà fait escale rue de Thorigny citons notamment Simone Pheulpin, sculptrice sur textile, la céramiste Daphné Corregan ou, plus récemment, le souffleur de verre Antoine Brodin. Jusqu’au 8 juin, la galerie met à l’honneur l’art contemporain du céladon en exposant les sculptures graciles de Jean-François Fouilhoux, dont les formes complexes, parfois mouvementées, donnent une nouvelle vibration au bleu-vert des glaçures.

Plus d’informations sur le site de la galerie Collection.

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Le nouveau siège bruxellois d’Aguttes

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Claude Aguttes, le directeur de la maison de vente, a inauguré son nouveau siège bruxellois, au 9 rue des Minimes, dans une ancienne galerie d’art. Cet immeuble de quatre étages et de 300 mètres carrés appartenait à l’antiquaire belge Jan de Maere qui avait cessé son activité en 2018 mais refusait de céder sa propriété à une enseigne de chocolat. Mais il a été convaincu par la proposition de Claude Aguttes, qui veut se servir du lieu pour « trouver des marchandises pour nos ventes à Paris ». La maison de vente a donc organisé le 21 et 22 mai deux journées d’expertise et de présentation des lots majeurs des prochaines ventes, comme une peinture de Pieter II Brueghel le Jeune, une œuvre de Jeff Koons, de JonOne, des tableaux de Pham Hau ou Luong Xuan Nhi, une robe impériale de la période Qing, un Bouddha tibétain du XVIIe siècle, ou une canne à système ayant appartenu à Napoléon. La maison Aguttes s’est donc fait une place à Bruxelles, aux côtés de Sotheby’s, Christie’s et des commissaires-priseurs français Millon & Associés et Pierre Bergé & Associés.

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La Grande Galerie de Radio Classique : Le siècle de Bruegel au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (2/2)

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Retrouvez Guy Boyer sur Radio Classique : les samedis à 19h dans l’émission « La Grande Galerie » et le vendredi à 13h00, le samedi à 09h56 et 14h57 pour ses « Chronique Sorties ».

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L’art tribal se met au vert au Bourgogne Tribal Show

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D’ailleurs, fort du succès de ses deux mille visiteurs, dont des Italiens, Suisses ou Allemands, il s’ouvre aujourd’hui à la Haute Époque, que l’on peine désormais à voir exposée, et à l’art moderne, l’idée étant de présenter des noms plus confidentiels. En complément, d’autres pièces sont montrées au farinier de l’abbaye de Cluny, toute proche (du 31 mai au 28 juillet).

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Dominique de Font-Réaulx et les publics du Louvre

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Cohérence dans l’offre culturelle en envisageant, par exemple, un concept commun et une même ligne graphique pour une exposition, les cartels de ses œuvres et son catalogue. Cohésion dans l’approche de tous les publics du Louvre (10,2 millions de visiteurs en 2018) avec des offres adaptées aux nouvelles manières d’appréhender l’art. Les chantiers pour 2019 sont si nombreux qu’il est difficile de citer l’un plutôt que l’autre mais, pêle-mêle, il y a le projet Studio, un lieu de consultation, formation et apprentissage pour les scolaires et leurs familles, installé dans les anciennes salles des Arts de l’Islam, la refonte du site Internet du Louvre, la fin du chantier de médiation dans les salles du musée (une première moitié des cartels et panneaux pédagogiques est déjà faite), la programmation thématique de l’auditorium avec Camille Delmas, la refonte de la salle des États (risquée, car c’est là qu’est exposée la Joconde), de la salle des sculptures du Moyen Âge et de l’entrée des Antiquités orientales et, enfin, l’éclairage et les vitrines de la galerie d’Apollon. Les plus grandes satisfactions récentes de Dominique de Font-Réaulx (passée par le musée des Monuments français et le musée Delacroix) ont été le lancement très réussi de la nocturne gratuite mensuelle (la prochaine est le 1er juin), où le public francilien s’est pressé en masse (13 000 personnes à la première en janvier), et la nouvelle commande d’art contemporain du Louvre à Jean-Michel Othoniel. En effet, celui-ci présente ce mois-ci son Herbier recensant les plantes qu’il est allé glaner dans les peintures et sculptures du musée, le tout reproduit dans un livre élégant publié chez Actes Sud.

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Récit d’une vie : Charles Filiger, un artiste symboliste

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Archétype du « peintre maudit », Charles Filiger est de ceux dont la légende a souvent pris le pas sur la vérité. Dépressif, reclus en Bretagne dans une solitude extrême, l’artiste n’eut, au plus profond de sa misère, qu’une seule obsession : peindre. « On a écrit et colporté beaucoup d’erreurs et d’approximations, des suppositions sur sa sexualité – dont on ne sait rien –, de fausses hypothèses sur les circonstances de sa mort… », explique André Cariou, l’ancien directeur du musée des Beaux-Arts de Quimper. Pendant plus de dix ans, cet historien de l’art a mené un travail scientifique exemplaire pour répertorier toutes les œuvres et rétablir avec précision la chronologie de l’artiste, en s’appuyant sur les sources anciennes. En résultent la publication d’un ouvrage de référence, qui rassemble l’intégralité de sa correspondance, et une exposition exceptionnelle organisée à la galerie Malingue, à Paris (voir encadré).

Charles Filiger a passé l’essentiel de sa vie en Bretagne, mais il est originaire du Haut-Rhin. Né à Thann en 1863, il arrive à Paris en 1885, et fréquente l’Académie de la Grande Chaumière. En 1888, il se rend pour la première fois à Pont-Aven où il côtoie Paul Gauguin, Émile Bernard et Paul Sérusier, à l’époque où ce dernier va peindre Le Talisman. Après une poignée d’œuvres pointillistes présentées au salon des Indépendants, à Paris, le jeune artiste va rapidement adhérer au principe du synthétisme, mis au point par Gauguin et ses amis à Pont-Aven. Ses tableaux sont alors construits par des aplats colorés, cernés d’une ligne sombre. Dès 1890, il décide de quitter définitivement Paris pour s’installer au Pouldu, à la Buvette de la plage, tenue par Marie Henry. Il y retrouvera Sérusier, Meyer de Haan, Maxime Maufra et Gauguin. Ce dernier, habituellement avare de compliments, ne tarit pas d’éloges sur Filiger.

La descente aux enfers

L’artiste va vivre au Pouldu pendant quinze ans, tout en continuant à envoyer des œuvres à Paris. Il y séjourne régulièrement et se lie avec le collectionneur et mécène Antoine de La Rochefoucauld, et l’écrivain et critique d’art Remy de Gourmont. Jusqu’en 1893, Filiger jouit d’un certain succès. Il participe aux expositions des peintres impressionnistes et symbolistes chez Le Barc de Boutteville, et au salon de la Rose+Croix. Au Pouldu, il est chargé de concevoir le décor de la salle à manger de la Buvette de la plage, dont il ne subsiste aujourd’hui qu’un panneau, le Génie à la guirlande de roses (musée des Beaux-Arts de Quimper). Pour ses tableaux de chevalet, il s’inspire des paysages bretons et prend pour modèles de ses figures des adolescents du Pouldu. Filiger est aidé financièrement par La Rochefoucauld, qui lui versera jusqu’en 1901 des mensualités de cent francs.

En juin 1893, tout bascule. Angoissé, déprimé, Filiger quitte la Buvette de la plage pour s’installer dans une ferme du hameau de Keranquernat (au Pouldu), puis à Kersulé, où il restera sept ans. Jules Bois et Léon-Paul Fargue lui rendent visitent à la fin de l’été. Après son voyage à Tahiti, Gauguin revient une dernière fois en Bretagne, en mai 1894. À cette époque-là, Filiger écrit être « un non-sens vivant avec des apparences de résignation ou de calme ». En 1895, ruiné par ses addictions à l’alcool et à l’éther, ses « méchants besoins », l’artiste s’enfonce dans la misère et peint de moins en moins. « Il n’expose plus, ne vend plus, rate les occasions. Il refuse de voir les gens, affiche un dégoût pour la vie extérieure », explique André Cariou. En revanche, il écrit des lettres sublimes, notamment à Alfred Jarry.

En 1901, Filiger quitte le Finistère pour le Morbihan et s’installe à Rochefort-en-Terre, à l’hôtel Lecadre. La Rochefoucauld cesse de lui verser ses mensualités. L’artiste n’a presque plus de ressources, si ce n’est une rente de quatre cents francs par trimestre, issue du maigre héritage qu’il a reçu à la mort de son père. Il s’essaie au décor de poteries pour diversifier ses activités, mais sans succès. C’est probablement à cette époque qu’il peint aussi ses premières Notations chromatiques, des compositions (très rarement datées) rappelant l’esthétique du vitrail. Un visage est représenté au centre, comme auréolé d’un kaléidoscope de couleurs vives. Dans son Paysage du Pouldu (vers 1895), Filiger reprend le vide central, la vue en plongée et le décentrement des estampes japonaises et opte pour des roses tyriens, des oranges ou des jaunes beurre frais. En 1903, il part à Bâle retrouver son frère Paul qu’il n’a pas revu depuis la mort de leur mère en 1891. Puis il retourne au Pouldu. L’hôtel étant trop cher, il migre vers une ferme du hameau de Kersellec, d’où il ne sort quasiment plus, cloîtré dans une pièce sordide. Il entend « fermer les yeux sur la laideur du monde », et recherche « la paix que le jour a troublée ».

Vers un certain apaisement

L’année 1905 marque le début d’une longue errance dans la Bretagne intérieure. Le peintre tente d’entrer à la maison des aliénés de Lesvellec, dans le Morbihan, et sera finalement admis à l’hospice de Malestroit. Puis il s’enfuit à Elven. Filiger achève La Légende de l’éternité, un triptyque vertical qui lui a demandé quatre ans de travail. Il s’établit ensuite dans les Côtes-d’Armor. Victime d’un accident en octobre 1908, il se casse la jambe. Plus personne ne sait où il vit. Certains le croient mort. L’année suivante, le peintre se fait voler des œuvres et le peu d’argent qui lui reste. Il repart dans le Morbihan, passe quelques nuits à l’hôtel des Voyageurs, avant d’échouer à l’hospice. De retour dans le Finistère, très alcoolisé, il loge à Quimperlé et vend quelques gouaches, à Pont-Aven et à Concarneau. Il peint encore, des œuvres complexes et architecturées, entre icônes et enluminures, d’un mysticisme obscur, inspirées par la statuaire des chapelles bretonnes.

Son frère meurt en janvier 1914. Peu de temps après, Filiger fait la connaissance des Le Guellec, propriétaires de l’hôtel de Trégunc. Cette famille bienveillante, qui s’apprête à déménager à Plougastel-Daoulas, recueille le peintre et l’hébergera jusqu’à sa mort. Charles Filiger semble connaître, enfin, un certain apaisement et réalise une série de Notations chromatiques, compositions abstraites entourant un visage. En 1925, accompagné du poète Saint-Pol-Roux, il rend visite à Sérusier, établi à Châteauneuf-du-Faou. Deux ans plus tard, il est soigné pour une crise d’hydrocèle. Hospitalisé à Brest, il y meurt le 11 janvier 1928, après une opération. Il rejoint alors, comme l’écrivait le critique d’art Pierre Cabanne en 1962, « cet Au-delà auquel il avait toujours aspiré ».

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Paris romantique : Et Paris devient fou

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Connaissez-vous « chie-en-lit » ? « Le » chienlit d’origine, s’entend. Pas sa version féminine et soixante-huitarde, dénoncée par le général de Gaulle (« La réforme, oui ; la chienlit, non. »). Au XVIIIe siècle, il arpente les rues avec une chemise de nuit barbouillée de moutarde au niveau du postérieur. À l’époque romantique, il porte un manteau en lambeaux, une chemise en guenilles, un chapeau défoncé, des bottes trouées, son visage est couvert de suie et, le croirez-vous, ce répugnant personnage fait fureur dans les bals travestis de la capitale. Les « haillons » s’y mêlent aux débardeurs des deux sexes. Ces autres vedettes du carnaval empruntent leur nom et leur large pantalon en velours aux ouvriers qui déchargent, « débardent » les marchandises sur les quais. Un pantalon publiquement interdit aux femmes le reste de l’année ! Vous l’aurez compris : sous la très bourgeoise monarchie de Juillet (1830-1848), c’est le peuple qui donne le ton au carnaval de Paris. Un carnaval plus effréné que jamais, « bien autrement burlesque que le feu carnaval de Venise » aux dires de Balzac dans La Fausse Maîtresse, et pas encore détrôné par les festivités niçoises qui s’imposeront sous la IIIe République.

Des mois de folie

Carême-prenant (autre nom du carnaval) débute le jour de l’Épiphanie, le 6 janvier, parfois plus tôt, s’étend jusqu’au mercredi des Cendres et reprend à la mi-carême. Des mois de folie dont les temps forts sont orchestrés par les sociétés festives, bachiques et chantantes, associations d’étudiants, d’artisans ou de commerçants. Face aux flambards qui flambent en lançant leur cri de guerre « Chaud ! Chaud ! », les braillards braillent et s’époumonent, les bousingots devenus badouillards obéissent à leur grande charte dont l’article II stipule : « Tout badouillard qui ne sera pas ivre en entrant au bal sera privé de ses droits civiques. » Balochard, l’ouvrier enjoué et tapageur, ceinture rouge à la taille et feutre gris sur la tête, côtoie Chicard, chef de file des viveurs et possible inventeur du cancan. Est-ce le vrai Chicard, négociant en cuir de la rue Saint-Denis, qui doit ce surnom à son accoutrement, ou l’un de ses émules, coiffé du même casque en carton vert bronze surmonté d’un plumet rouge, accessoire de théâtre ? Et qui se cache derrière le sobriquet de Milord l’Arsouille, curieux mélange de dandy et de va-nu-pieds ? A-t-on identifié ce noceur invétéré devenu une légende du carnaval de Paris ? On fit porter le titre à Lord Seymour, richissime aristocrate anglais, et à Charles de La Battut, jeune Parisien connu pour ses folles prodigalités. Ce pourrait être sa calèche, tirée par quatre chevaux, qui traverse la place de la Concorde sur le tableau d’Eugène Lami conservé au musée Carnavalet. Un luxueux attelage chargé de masques comme il y en a tant les lundis et mardis gras, englués dans une marée humaine, rue Saint-Honoré et sur les boulevards. Ces jours-là, Paris devient un gigantesque théâtre de foire. Ensevelis sous les poignées de farine et les confettis de plâtre, des milliers de Pierrots, d’Arlequins et de Colombines s’invectivent, des Turcs et des Chinoises s’apostrophent, des mousquetaires s’attrapent, Don Quichotte et Sancho Panza injurient Robert Macaire et son comparse Bertrand. Une cohue drolatique avec force « engueulements » rituels, moult tirades extraites des catéchismes poissards, genre créé par le dramaturge et chansonnier Jean-Joseph Vadé au XVIIIe siècle. Qui, de mémoire, qui, livret en main, reprend les dialogues salés entre marchandes des rues et masques de rencontre. « Un Polichinelle : « Bonjour, commère ! comme te v’la belle ! est’qu’tu t’maries, aujourd’hui ? Tu n’mas pas invité d’la noce. La Poissarde : « Comme il n’y aura pas d’carrosse, i n’y aura pas besoin d’rosse, entends-tu, monsieur l’bossu, qu’a l’nez fait comme jail’fichu ? » Commentant ces injures de carnaval extraites de La Gueule infernale, l’historien Alain Faure y voit « le triomphe provisoire d’un bas langage opposé à la politesse, valeur des classes dominantes ». Il ajoute :« Pour une fois le peuple avait le dernier mot. Au pays de cocagne, les riches n’avaient qu’à bien se tenir. La représentation théâtrale qui se donnait dans la rue, sous le masque, devenait alors une libération symbolique par le verbe, une catharsis à l’échelle de la société » (Paris Carême-prenant, Hachette, 1978).

Le défilé du Bœuf gras

Acteurs spontanés des mascarades de rues, les Parisiens redeviennent simples spectateurs lors de la Promenade du Bœuf gras, autre moment clef du carnaval. Cette ancienne fête corporative, organisée par les marchands bouchers, attire la foule des grands jours. Un ou plusieurs bovins sont « promenés » en musique, suivant un strict itinéraire, avec haltes devant les lieux de pouvoir et arrêt final à l’abattoir. Sur le dos de l’animal, puis sur un char, un enfant costumé en Cupidon ; à ses côtés, quelques musiciens, des figures allégoriques et des immolateurs à la mine sauvage. Le défilé représente une excellente opération commerciale pour les fournisseurs de viande et pour les écrivains : dans les années 1840, les vedettes du cheptel sont baptisées Goriot, Monte-Cristo ou Dagobert, personnage du Juif errant d’Eugène Sue. La Case de l’oncle Tom, roman de l’auteure américaine Harriet Beecher Stowe, eut droit lui aussi à cet hommage bovin. Le mercredi des Cendres, un cortège bien moins policé marque la fin du carnaval : la descente de la Courtille. Ce quartier situé à la barrière de Belleville et demeuré hors de Paris jusqu’en 1860 est connu pour ses innombrables guinguettes, restaurants, marchands de vin et attractions foraines qui ne désemplissent pas pendant les Jours gras. L’ambiance frénétique de la « descente » est décrite par Guy de Maupassant dans Gil Blas en 1882, plus de vingt ans après sa disparition : « Le peuple, qui avait passé la nuit au milieu des saladiers à la française, rentrait le mercredi matin dans Paris, par le faubourg du Temple. Et c’était une cohue d’hommes et femmes, encore ivres, hurlants et trinqueballants. Une autre foule l’attendait, celle des masques élégants ayant passé la nuit dans les restaurants à la mode, et les deux légions de pochards se regardaient, s’engueulaient et fraternisaient. »

Musard, « roi du quadrille »

À défaut de « fraterniser », les couches sociales les plus diverses se côtoient aussi dans les nombreux bals publics qui débutent généralement au mois de janvier. Les messieurs, et eux seuls, doivent payer une cotisation de trente francs pour entrer aux bals de l’Opéra qui ont lieu deux fois par semaine, à partir de minuit, mais d’autres salles sont plus accessibles. La turbulence des bals Chicard, aux Vendanges de Bourgogne, attire l’élite qui s’y encanaille, sous couvert de masque, en tenue de débardeur ou de poissarde. La présence de certains chefs d’orchestre électrise la foule. Et personne ne peut égaler Philippe Musard, dit Napoléon Musard (1792-1859), « maître suprême de la musique échevelée », « roi du quadrille ». À la cour et à la ville, dans la salle Saint-Honoré ou aux Variétés, il connaît un succès phénoménal. Il relance le bal de l’Opéra sous la monarchie de Juillet et y introduit le cancan, ou coincoin, ancêtre du french cancan. L’écrivaine et journaliste Delphine de Girardin chroniqua le bal du Mardi gras de 1837, le plus célèbre de tous ceux qui eurent lieu à l’Opéra : « (…) ce qu’il y a de remarquable, l’événement de la nuit, c’est le triomphe de Musard, porté sur les épaules de six des plus beaux danseurs, et promené dans toute la salle, aux acclamations, aux applaudissements de toute la foule. La figure de Musard était rayonnante ; c’était le roi des ribauds. »

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Les lauréats de la Biennale internationale de céramique contemporaine

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Le concours est un des pilliers fondamentaux de la Biennale. Chaque année, il récompense les talents de la céramique de demain. Cette année le jury, présidé par le designer et architecte italien Michele De Lucchi, a réalisé une « sélection représentative de la diversité des expressions céramiques actuelles, issues de pays et de cultures diverses », affirme Kristin McKirdy, céramiste membre du jury. Après délibération le jury a remis le Grand Prix à Maria Geszler avec Planète Rousseau Météorite et Safia Hijos avec ses pièces Emeraude supersonique, Emeraude sonique et Emeraude à feuilles rouges. Le prix jeune créateur, en partenariat avec la Fondation Martell, a été decerné au duo français Baptiste Sévin et Jaïna Ennequin pour leur pièce Vestiges. Maria Geszler a commencé par travailler comme designer industriel avant de créer son propre studio : Geszler-Garzuly, devenu célèbre pour sa bouteille humanoïde, créée à partir de formes sur lesquelles elle transfère des motifs de surface qui sont ensuite émaillés au sel. Elle a remporté de nombreux prix, notamment la médaille de bonze du Mino International Ceramics Award en 2003. Diplômée de l’ENSAV (École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre en Belgique), Safia Hijos a développé un réel savoir-faire dans le domaine du transfert en céramique. Elle crée des œuvres contemporaines en détournant des thèmes ancrés dans la mémoire collective afin de questionner notre société. Baptiste Sévin et Jaïna Ennequin ont formé leur atelier en 2017, dans lequel ils travaillent sur des éléments naturels qui sont pour eux des activateurs d’histoires, oscillant entre réalité et fiction. Entre design et sculpture, leur travail questionne notamment notre rapport aux éléments premiers, nous projetant dans un monde minéral. Les créations de ces quatre artistes seront présentées dans le cadre de l’exposition en cours, « Vallauris, Picasso et la céramique, un peu d’histoire » au musée Magnelli, musée de la céramique. Les prix seront remis lors de la cérémonie d’ouverture de la Biennale à Vallauris, le 28 juin prochain.

Emeraude supersonique, Emeraude sonique de Safia Hijos. © E. Valentin

Planète Rousseau Météorite de Maria Geszler © E. Valentin

Vestiges de Baptiste Sevin et Jaïna Ennequin. © E. Valentin

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Royaumes engloutis au Louvre

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Ses collections témoignent de la vitalité de l’archéologie germanique à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Grâce à des prêts exceptionnels consentis par l’institution berlinoise, le Louvre retrace aujourd’hui avec une ampleur exceptionnelle l’histoire de ces États nés de la chute de l’empire hittite, redoutable rival de l’Égypte antique, vers 1200 avant notre ère. Occupant des territoires correspondant à la Turquie et la Syrie moderne, ces royaumes néo-hittites et araméens sont les héritiers de la culture politique et artistique des Hittites. Parmi les sites mythiques de cette civilisation, Tell Halaf avait été fouillé par Max von Oppenheim entre 1911 et 1913. Exposées à Berlin, les grandes sculptures qui décoraient le palais du roi araméen Kapara (890-870 av. J.-C.) souffrirent des bombardements de la dernière guerre. Récemment restaurés, certains de ces vestiges sont présentés à Paris, aux côtés d’œuvres de notre département des Antiquités orientales et d’autres grandes institutions comme le British Museum de Londres. Les villes de Karkemish, Gurgum, Tell Tayinat et la région du Tabal livrèrent également de saisissants témoignages artistiques, comme ces belles stèles funéraires, aux rudes figures impassibles.

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Raphaël Dallaporta, lauréat du Prix Niépce 2019

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Créé en 1955 par Albert Plécy, le Prix Niépce Gens d’images a pour objectif de faire connaître des photographes de talents, aussi bien auprès du public que de la presse et de l’édition. Le Prix Niépce récompense chaque année le travail d’un photographe confirmé, âgé de moins de 50 ans, français ou résidant en France depuis plus de trois ans. Le jury, présidé par Héloïse Conésa, conservatrice pour la photographie contemporaine au département des Estampes et de la photographie à la Bnf, a décidé de récompenser cette année le travail de Raphaël Dallaporta. Né en 1980, Raphaël Dallaporta est un photographe français, auteur d’une œuvre originale et très inventive formellement. De fait, pour réaliser ses projets, qui traitent principalement des préoccupations humaines, il collabore avec des spécialistes de disciplines hors du champ artistique : archéologues, médecins, légistes, démineurs, informaticiens, astronomes… Raphaël Dallaporta interroge le statut multiple de l’image photographique, ainsi que l’empathie qu’elle peut engendrer quand elle touche à des sujets de société. Il a notamment été exposé aux Rencontres d’Arles (2004 et 2006) et au musée Nicéphore-Niépce où il a présenté son exposition « Observation » (2012). Lauréat d’ ICP Infinity Award (2010) et ancien pensionnaire à l’Académie de France à Rome. Il publie en 2016 « Chauvet – Pont-d’Arc, L’inappropriable » aux éditions Xavier Barral. Raphaël Dallaporta recevra donc une dotation de 10 000 € offerte par Picto Foundation. Cette année, la dotation du prix comprend également le soutien de The Eyes Publishing, qui éditera un livre d’artiste à 300 exemplaires, et de l’ADAGP qui offre 6 000 € au lauréat et 4 000€ consacrés à l’organisation du Prix et à sa communication. Le lauréat aura l’opportunité de présenter son travail lors d’un Atelier Gens d’Images, d’une exposition à la Galerie Dityvon de l’université d’Angers en janvier 2020 et d’une acquisition de ses œuvres par la Bibliothèque nationale de France.

Raphael Dallaporta © Jerome Sother.

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Trésor à vendre : La chaise longue de Franco Albini

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De l’architecte Franco Albini (1905-1977), on connaît surtout les bibliothèques modulables que l’on plaçait où l’on voulait dans son salon ou son bureau, grâce aux montants qui fixaient le meuble au plafond. Et quelques modèles de sièges comme Luisa, pour lesquels il avait reçu le prix de design du Compas d’Or. Sans oublier la charmante table d’appoint Cicognino (cigogne), dont la poignée ressemble au long cou dudit volatile. Mais Albini, qui était avant tout architecte, eut l’occasion de créer bien d’autres pièces de mobilier au cours de ses diverses commandes de maisons ou d’aménagements intérieurs. C’est le cas de cette chaise longue Dondolo (chaise à bascule), dont le modèle date de 1947 et qui a fait l’objet de deux éditions, explique la consultante en design italien d’Artcurial, Justine Despretz. « Il y a d’abord eu une édition très limitée et artisanale par AR.AR., une petite société constituée d’ébénistes. Puis une édition d’un modèle présentant des variantes, où la toile descend jusqu’à l’emplacement des pieds, lancée par la maison Poggi en 1956. Ici, nous avons la chance d’avoir un exemplaire de la première édition, par AR.AR., qui est resté en très bon état de conservation, avec son tissu et ses cordes d’origine, ce qui est exceptionnel. Le côté « fait main », qui donne à la chaise longue le style d’un meuble de chalet, est savoureux. C’est une vraie pièce de collectionneur ! »
L’objet vient d’Italie. Il semble que le mobilier italien d’après-guerre ait été longtemps sous-estimé dans son pays de naissance. « Sans doute parce que les meubles des architectes ayant participé à la reconstruction étaient considérés comme utilitaires et artisanaux, et non comme des œuvres d’art », suggère Justine Despretz. Mais les temps changent et les Italiens portent désormais un nouveau regard sur les créations de cette époque. Les amateurs seront donc nombreux à s’intéresser à la chaise longue le 28 mai, d’autant que son estimation, de 12 000 € à 15 000 €, paraît attractive. Et comme aucun musée français ou italien ne possède apparemment de pièce similaire, il se pourrait qu’ils entrent eux aussi dans la danse des enchères.

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Paris romantique : Le style troubadour

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Paris. 1795. Créé par Alexandre Lenoir, le musée des Monuments français ouvre ses portes au public dans l’ancien couvent des Petits-Augustins. Abritant les statues monumentales et les tombeaux sauvés des destructions révolutionnaires, ce lieu va exercer un puissant attrait sur les artistes et stimuler le goût pour le Moyen Âge en France. Le style troubadour apparaît sous l’Empire et connaît son apogée sous la Restauration. Le mot troubadour évoque une vision plus romanesque qu’archéologique du Moyen Âge, un style fantaisiste qui se contente souvent de plaquer sur une structure classique les nouveaux ornements à la mode. Ogives, trèfles, rosaces, pinacles, arcatures courent sur les papiers peints, se multiplient, incrustés ou sculptés sur le mobilier, frappés au fer et dorés sur le plat des reliures.

Il reste 80% de cet article à lire
dans notre hors-série « Paris romantique, 1815-1848 ».

 

 

 

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Art Tech : La réalité virtuelle au service de Notre-Dame

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La communauté internationale des gamers, les aficionados des jeux vidéo, a eu un temps foi dans la modélisation 3D de la cathédrale Notre-Dame de Paris par Ubisoft pour son jeu Assassin’s Creed Unity. Pourtant, les libertés artistiques autorisées par les scénaristes du géant français du jeu vidéo justifient toutes leurs approximations. Est-ce à dire que la réalité virtuelle ne peut pas rendre compte des détails de l’architecture médiévale ? C’est compter sans la réalisation de passionnés et experts. Spécialiste d’histoire de l’art américain et professeur à l’université de Vassar College, Andrew Tallon (décédé en 2018) avait déjà proposé une reconstitution numérique composée à partir de photographies précises. En les assemblant grâce à un nuage de points tous les deux à trois centimètres, il avait recomposé la géométrie et les couleurs de l’extérieur et de l’intérieur de l’édifice. Pour la mesure de chaque recoin, il avait placé un laser à cinquante emplacements clés de la cathédrale. Une technologie déjà éprouvée mais inédite pour cet usage. Elle assure pourtant une fiabilité à cinq millimètres près. Dans l’Hexagone, l’entreprise Art Graphique & Patrimoine (AGP) va encore plus loin avec une précision en dessous du millimètre ! Dans le cadre des travaux de restauration effectués depuis vingt ans, ils ont réalisé plusieurs relevés 3D et ont donc des relevés précis des parties disparues.

Pour les parties interdites au public, notamment la charpente et l’intérieur des tours désormais disparus, les architectes pourront recourir au documentaire en réalité virtuelle développé par la start-up française Targo et la chaîne Histoire de TF1 (L’homme derrière Notre-Dame, qui dure 8 min).

Outre-Rhin, les spécialistes de l’Université Otto-Friedrich de Bamberg ont scanné depuis des années chaque parcelle de la cathédrale. Les modélisations ne manquent pas et vont au-delà de la simple représentation sur ordinateur. Elles permettent d’identifier les failles, les fragilités de la composition architecturale. Si l’on en croit Andrew Tallon, celles de Notre Dame de Paris révèlent un mauvais alignement des piliers côté ouest. Des recherches plus approfondies à partir de ces modélisations sont en cours pour expliquer la cause du drame du 15 avril, comprendre les défauts architecturaux et proposer des rectifications grâce aux calculs numériques. Reste à savoir ce qu’en dirait Quasimodo…

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Idée lecture : Revoir le préraphaélisme

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En 1848, trois jeunes étudiants rebelles, John Everett Millais (1829-1896), Dante Gabriel Rossetti (1828-1882) et William Holman Hunt (1827-1910), revendiquent la liberté et un retour aux origines de la peinture. Ils associent à leur art une réflexion sociale, politique et artistique. Leur mouvement, qui se prolongera jusque dans les années 1910, fera des émules. Magnifiquement illustré, cet ouvrage signé Aurélie Petiot retrace l’histoire complète du préraphaélisme en sept chapitres déclinés de façon chronologique. Dans un style élégant, clair, érudit, l’auteur étudie tous les ressorts du mouvement fondé sur le principe de narration visuelle, la ligne et le contour, la couleur, le rythme et la diversité des sujets. Outre son influence sur les arts décoratifs et la culture populaire, l’auteur met en lumière des aspects moins connus du préraphaélisme, parmi lesquels l’apport des artistes femmes longtemps négligé, ou réexamine la notion de genre (queer) qui avait fait couler beaucoup d’encre à la fin du XIXe siècle. Le livre s’achève par une brillante étude sur les détournements opérés par les artistes contemporains.

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