Actualité artistique

La Figure de l’artiste s’invite à la Petite Galerie du Louvre

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J’aurais voulu être un artiste ! Combien d’enfants en ont rêvé, caressant la vision d’une carrière glorieuse dans la musique, la peinture, le cinéma ? Combien d’adultes happés par une autre vie conservent la discrète nostalgie de ce rêve ? « J’aurais voulu être un artiste/Pour pouvoir faire mon numéro/Quand l’avion se pose sur la piste »… Le fameux Blues du businessman de la comédie musicale Starmania est diffusé au sein de l’exposition coproduite par la Réunion des Musées nationaux-Grand Palais et le palais des Beaux-Arts de Lille. Clin d’œil d’une manifestation adressée résolument au grand public, qui décortique le mythe du côté des arts plastiques, de Dürer à Jeff Koons et Wim Delvoye. « Ce rêve d’être artiste reste un fantasme très répandu, commente Bruno Girveau, directeur du musée et commissaire général de l’exposition, alors qu’en fait le statut d’artiste est encore aujourd’hui extrêmement précaire. Mais il continue de faire rêver grâce à une construction sociale bâtie au fil de cinq siècles de stratégies et d’autopromotion qui aboutissent à Picasso et Jeff Koons. En réalité, Picasso n’a pu devenir Picasso que grâce aux cinq siècles qui l’ont précédé. » En effet, on a souvent tendance à croire que les artistes tels que nous les connaissons existent depuis toujours. Loin de là ! « Ils se sont élevés socialement à partir de la fin du Moyen Âge, poursuit Bruno Girveau, passant du statut d’artisan payé à la journée, réalisant un objet ayant une fonction rituelle, symbolique ou décorative, à celui d’artiste signant une œuvre reconnue comme autonome, comme un produit de l’intellect. » C’est ce que Léonard de Vinci appelait cosa mentale (« une chose mentale »).

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à lire dans notre numéro d’octobre 2019

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Léonard au Louvre : en attendant l’Homme de Vitruve

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Vue du mur attendant l’accrochage du dessin de l’Homme de Vitruve dans l’exposition ©Céline Lefranc

Enfin la voici, cette exposition Vinci qui a tant fait parler d’elle ! Et quel éblouissement, même si l’une des stars de l’événement, le fameux Homme de Vitruve, n’était pas encore arrivée lors de cette visite de presse du 18 octobre. Mais que les futurs visiteurs se rassurent, après les réticences italiennes et les atermoiements que l’on sait, il sera bel et bien là pour l’ouverture officielle des portes de l’exposition, le 24 octobre. Les autres dessins prêtés par les Gallerie dell’Accademia de Venise, qui étaient visés par la même procédure en Italie, étaient déjà arrivés et exposés. L’exposition est chronologique. Elle démarre par les œuvres de son maître Verrocchio et des dessins dont on ne sait s’ils sont du maître ou du génial élève, et se termine sur une grande salle rassemblant en apothéose La Vierge au Rocher et son carton conservé à Londres, ainsi que le Saint Jean Baptiste, les deux tableaux en question faisant partie, avec La Joconde (restée dans la Salle des États), des œuvres qu’il avait conservées avec lui en France, et sur lesquels il travaillait semble-t-il encore avant sa mort. L’exposition présente la moitié de son œuvre peint, qui compte moins de vingt tableaux certains. On peut bien sûr regretter la moitié manquante, notamment La Dame à L’Hermine conservée à Cracovie, ou La Madone à l’œillet de Munich, mais la beauté des œuvres présentes et la virtuosité des dessins, très nombreux, suffit à constituer une belle exposition.

Vue d’exposition montrant Léonard de Vinci, Sainte Anne, le Vierge et l’Enfant Jésus, dite La Sainte Anne ©Céline Lefranc

En revanche, on s’interroge dès le début du parcours sur la présence de grandes réflectographies infrarouge des peintures exposées ou non exposées (L’Annonciation de Florence, le Portrait de Ginevra de’ Benci de Washington…). Les cartels ne portant aucune explication, il faut se reporter au livret de visite distribué à l’entrée pour comprendre l’intérêt de ces images en noir et blanc. On y découvre pour chaque numéro de l’exposition, tableau, dessin ou réflectographie, un commentaire de quelques lignes expliquant l’iconographie ou l’histoire de l’œuvre, et pour les réflectographies, la construction de la composition, les repentirs observés et leur éventuelle signification. En prévision d’une affluence énorme, le musée a préféré un livret à des cartels commentés pour que le public ne stationne pas trop longtemps devant les œuvres. Mais pas sûr que ce soit efficace. Car que l’on décide de lire avant de regarder, ou de regarder avant de lire, on reste de toute façon un moment à proximité de l’œuvre qui nous intéresse, au risque de créer des « embouteillages ». Autre réserve autour de la communication : l’exposition a demandé dix ans de travail, les commissaires proposent un nouveau découpage de la vie et l’œuvre de Léonard, les cinq tableaux du Louvre ont été étudiés par des scientifiques et trois ont été restaurés pour l’occasion (la Sainte Anne, la Belle Ferronnière et le Saint Jean Baptiste, pourtant toujours très sombre), mais comment le saura le public puisqu’on ne lui explique pas dans les salles ? Seuls les visiteurs achetant le catalogue doivent-ils avoir accès à ces informations ? Conclusion, il faut aller voir cette exposition qui permet d’admirer des tableaux et dessins stupéfiants venus du monde entier, en s’y préparant avant et sans lâcher son livret de visite…

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Fiac 2019 : La citrouille de Yayoi Kusama se dégonfle Place Vendôme

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Le socle vide de l’installation de Yayoi Kusama, mercredi 16 octobre, place Vendôme ©Agathe Hakoun

Mais où est donc passée la citrouille de Kusama ? Telle était la question que se posaient jusqu’à aujourd’hui les affectionados de l’artiste, connue pour ses œuvres à pois. Placée près de la Colonne Vendôme dans le Ier arrondissement de Paris, Life of the Pumpkin Recites, All About the Biggest Love for the People n’aura fait qu’une très brève apparition pour le volet hors les murs de la Fiac 2019. La sculpture gonflable, de 10 x 10 x 10 mètres, a été retirée mercredi matin « en raison de vents forts », comme l’explique aujourd’hui le communiqué de la Fiac. Depuis lors, le socle et le panneau de médiation qui accompagnaient l’œuvre étaient restés orphelins. Au grand dam des visiteurs, « la plus grande installation extérieure jamais réalisée par l’artiste », comme le précise la directrice de la Fiac, Jennifer Flay, ne sera donc officiellement pas réinstallée par crainte qu’elle ne soit endommagée par les intempéries… ou qu’elle décide de jouer les filles de l’air sur les toits haussmanniens, qui sait… ? On s’étonnera cependant de ces précautions alors qu’aucun avis de tempête ou de prodigieux déluge n’a été émis. Le projet de Kusama, conçu spécialement pour la Fiac, en collaboration avec Victoria Miro, Ota Fine Arts et David Zwirner, était-il réellement adapté aux conditions d’exposition en extérieur ? Avait-on envisagé que le vent puisse éventuellement souffler un peu fort en ces journées d’automne naissant ? L’étonnement est d’autant plus fort qu’il s’agit là d’une première. Lors des éditions précédentes, les œuvres de Jaume Plensa, Tadashi Kawamata, Paul McCarthy, Dan Graham, Ugo Rondinone, Oscar Tuazon ou de Elmgreen & Dragset n’ont pas connu de telle éclipse. Même le très scandaleux Tree de McCarthy (2014), endommagé dès sa première nuit, avait été maintenu sur l’incontournable place de la capitale, aujourd’hui bien vide…

Peinture de Yayoi Kusama sur le stand de Victoria Miro à la Fiac ©Eugénie Vignon

Pour se consoler, les Parisiens peuvent rendre visite à la toile exposée sur le stand de Victoria Miro dans la nef du Grand Palais, jusqu’au 20 octobre, ou bien se procurer leur propre citrouille de saison, Halloween oblige.

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Cinétique n’est pas optique à la galerie Fleury à Paris

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Mettant en regard les créateurs de l’art cinétique et de l’art optique, cette exposition démontre que les deux courants, souvent associés, sont en réalité différents, notamment dans la réception du spectateur. Comme l’analyse Alexandre Fleury, « l’art optique s’adresse à la rétine, tandis que les machines de l’art cinétique vont inclure notre corps au cœur de l’œuvre ». Une quinzaine de pièces (de 15 000 € à 400 000 €) s’emparent de l’espace de la galerie, dont une grande acrylique de Victor Vasarely et un Plexiglas de Francisco Sobrino de plus de deux mètres de long, mais aussi des aquarelles. Globalement, cet art attire de nouveaux collectionneurs. « Les acheteurs ont parfois des réserves sur le fonctionnement des pièces qui possèdent des mécanismes, confesse Alexandre Fleury. Mais deux facteurs jouent en notre faveur : les manifestations institutionnelles, telles que l’exposition “ Dynamo ”, et l’entrée de plasticiens comme Julio Le Parc ou Jesús-Rafael Soto chez Emmanuel Perrotin. L’ensemble du marché en bénéficie ! »

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Que faire à Paris pendant la Fiac ?

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Vous sortez du Grand Palais, fébrile, euphorique, épuisé par ce tourbillon d’œuvres à touche-touche, mais pas encore rassasié. Face à vous, se dresse l’ombre gothique à souhait de la chauve-souris de Johan Creten, aux pieds du Petit Palais, et au-delà : Paris, ses expositions, ses foires off, ses fulgurances contemporaines. Vous êtes résolu à prolonger les festivités, mais pour aller où ? Connaissance des Arts vous guide sur ce chemin pavé de délicieuses tentations…

Les foires off

Paris Internationale

Pour sa 5e édition, Paris Internationale présente une sélection de la scène mondiale très exigeante, en insistant sur le travail de marchands actifs localement, à l’exemple de ROH Projects (Jakarta) ou Max Mayer (Düsseldorf).

Vue de la foire Paris Internationale 2019 ©Alison Vonthron-Nasnas

du 16 au 20 octobre
16 Rue Alfred de Vigny, Paris VIIIe
+ d’infos : www.parisinternationale.com

Asia Now – Paris Asian Art Fair

Cette année, Asia Now se focalise sur la génération d’artistes nés autour de 1989, adeptes du numérique, avec le concours de Xiaorui Zhu-Nowell, conservatrice au Guggenheim Museum de NewYork.

Ye Wang, Untitled, mixed media. Courtesy of Yve YANG Gallery

Jusqu’au 20 octobre
9, avenue Foch, Paris VIIIe
+ d’infos : www.asianowparis.com

Galeristes

Galeristes, passée de décembre à octobre, mise sur la scène française, parfois injustement oubliée. « Car il s’agit d’un marché de passionnés et de vrais collectionneurs, sans spéculation », souligne son directeur Stéphane Corréard.

Philippe Favier, Le Mariage de Francis, 2016 ©Galeristes

du 18 au 20 octobre
Le Carreau du Temple, 4 rue Eugène-Spuller, Paris IIIe
+ d’infos : www.galeristes.fr

Bienvenue

La scène française est également à l’honneur à Bienvenue qui en profite pour organiser des visites d’ateliers de résidents à la Cité des Arts.

Timothée Talard, I hear you howling from afar, 150 x 125 x 12 cm, bombe aérosol sur caisson lumineux, 2019. Ph. Aurélien Mole. Courtesy galerie ALB

Du 12 au 20 octobre
Cité internationale des arts, 18 Rue de l’Hôtel de ville, Paris IVe
+ d’infos : www.bienvenue.art

Côté musées

Guimet contemporain

À l’occasion d’Asia Now, le musée Guimet-Musée national des arts asiatiques inaugure, jusqu’au 6 janvier, un parcours contemporain dans ses collections permanentes. Celui-ci permet à l’insitution de mettre en lumière ses acquisitions récentes dans des odmaines aussi distincts que la photographie (Pascal Convert), la sculpture (Lee Bae, Min Jung-yeon, Jayashree Chakravarty), le laque (Kohei Sekino), la calligraphie, la peinture (Kim Chong-hak), le tressage de bambou ou le costume.

« Reduction » de Takahiro KONDO, présentée dans l’exposition « Bouddha, la légende dorée » au musée Guimet ©ASLM, 2019

« L’Asie Maintenant-Parcours contemporain dans les collections du musée »
Musée Guimet-musée national des arts asiatiques
Jusqu’au 6 janvier 2020

La Fondation Bettencourt à main d’oeuvre

Chaque année, le Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main encourage des femmes, des hommes,des institutions dans leurs savoir-faire, affirmant que le « fait main » a de l’avenir dans notre ère industrialisée. Cette exposition imaginée par Laurent Le Bon (directeur du musée Picasso), réalisée par Isabelle Cornaro, met en valeur tous les artisans qui émaillent l’histoire de la Fondation Bettencourt-Schueller : céramistes, ébénistes, plumassiers, brodeurs, tapissiers, verriers, dentellières…

La Cène de Guillaume Bardet © Fabrice Gousset

« L’esprit commence et finit au bout des doigts »
Palais de Tokyo
Du 16 octobre au 10 novembre

La Galerie des musées

Montrées pour la première fois dans un musée, cinquante œuvres de la collection Lafayette Anticipations font leur show au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Vu de l’exposition « You : œuvres de la collection Lafayette Anticipations » au musée d’art moderne de Paris ©Céline Lefranc, 2019

« You : œuvres de la collection Lafayette Anticipations » 
Musée d’art moderne de Paris
Du 11 octobre au 16 février

Le Quatuor du Prix Marcel Duchamp

Si le nom du lauréat de cette 19e édition est à présent connu, rien ne vous empêche de découvrir les œuvres des quatre finalistes du prestigieux prix de l’Adiaf, présetnées depuis une semaine au Centre Pompidou. Au programme : une exploration du quotidien de collégiens de Seine Saint-Denis par Éric Baudelaire, les tableaux-objets du duo Ida Tursic & Wilfried Mille, les sculptures en voie de dégradation de Katinka Bock et une échappée poétique avec les créatures marines de Marguerite Humeau.

Tursic & Mille, Prix Marcel Duchamp 2019. Vue d’exposition ©Rebecca Fanuele

« Prix Marcel Duchamp 2019 »
Centre Pompidou
Du 9 octobre au 6 janvier

L’amour au temps du big data

Comment les nouvelles technologies influencent-elles les relations amoureuses et sexuelles? Avec humour et sérieux, le festival « Futures of love », lancé en juin, s’est penché sur la question avec un colloque, des concerts et une exposition. Celle-ci rassemble une quarantaine d’artistes internationaux. Leurs sculptures,dessins, vidéos et performances s’adressent aux êtres mi-organiques,mi-numériques, que nous devenons. Parmi les plus connus, citons Camille Henrot, Laurie Simmons,Urs Fischer et Neïl Beloufa.

Ange Leccia, Le baiser, 1985-2002 Arrangement, dimensions variables © Adagp Ange Leccia Courtesy the artist and Galerie Jousse Entreprise, Paris

« Futures of love »
Magasins généraux, Pantin
Jusqu’au 20 octobre

Le génie made in France

Le Palais de Tokyo esquisse les contours de la scène artistique française. Échappant autant qu’ils le peuvent aux catégories, utilisant des médiums variés, les acteurs de la création contemporaine composent un kaléidoscope de possibles riches et fragmentés.

Anna Solal, Infusion Camomille, 2017-2018, peignes, chaussures d’enfant, bâton de massage, tige en métal, tapis, tulle, couvre volant, emballage en plastique de supermarché, plexiglas, crayon de couleur sur papier, 94 x 46 x 8 cm Courtesy de l’artiste de la New Galerie (Paris) © Aurélien Mole

« Futur, ancien fugitif, une scène française »
Palais de Tokyo
Du 19 octobre au 5 janvier

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Ma langue au chat : Quelle photographe américaine est-elle venue faire un reportage dans l’atelier de Picasso en 1944 ?

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Jusqu’au 5 janvier, le musée de Grenoble retrace l’histoire de Picasso pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses œuvres, violentes et parfois allégoriques, traduisent le tragique des combats et l’espoir de la paix à venir.

QUESTION

Quelle photographe américaine est-elle venue faire un reportage dans l’atelier de Picasso en 1944 ?


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RÉPONSE

La correspondante de guerre Lee Miller, venue à Paris pour l’édition britannique et américaine de « Vogue », photographie l’atelier de Picasso envahi de L’Homme au mouton et de ses dernières peintures. Elle rappelle que Picasso « n’a pas abandonné le navire » et qu’il est devenu « une source d’inspiration pour les autres ».

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Picasso. Au cœur des ténèbres 1939-1945 
In Fine Éditions d’art, 320 pp., 32 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition « Picasso. Au cœur des ténèbres 1939-1945 »
organisée du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020 au Musée de Grenoble.

+ d’infos

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Journées nationales de l’architecture : un art à la portée de tous

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En octobre 2015, le ministère de la Culture avait annoncé sa volonté de lancer une « stratégie nationale pour l’architecture » afin de renouveler notre regard sur cette discipline. C’est dans cette dynamique que les Journées nationales de l’architecture ont été créées. Elles ont pour ambition de faire connaître cet art au plus grand nombre et surtout de sensibiliser et de familiariser le grand public aux enjeux de l’architecture.
Cette année, pour leur quatrième édition, qui se déroulera les 18, 19 et 20 octobre dans toute la France, les Journées nationales de l’architecture proposent tout un programme de sensibilisation et d’animation sur l’ensemble du territoire. Seront alors proposés : conférences, débats, ateliers pédagogiques, visites en tout genre et même projections de films et balades autour d’un site, tant d’opportunités qui permettent à chacun de découvrir l’architecture et ses métiers.

Musée National de Préhistoire des Eyzies Les Eyzies de Tayac, Dordogne, Buffi Associes Architecture ©MNP Jugie

Cet événement est également le moyen de valoriser le métier d’architecte. Pour ce faire, le Conseil national de l’Ordre des architectes s’associe une nouvelle fois aux Journées nationales de l’architecture et propose au public d’aller à la rencontre des professionnels pour découvrir leur savoir-faire.
En collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, le ministère de la Culture lance l’initiative : « Levez les yeux ! », une journée inédite et entièrement dédiée au jeune public du milieu scolaire qui se tiendra ce vendredi. Les enseignants sont invités à emmener leurs élèves à la découverte de sites patrimoniaux pour les aider à prendre conscience de l’importance de l’architecture et à éduquer le regard qu’ils portent sur le monde qui les entoure.
Pour la première fois aussi cette année, l’événement s’associe avec les éditions À Vivre, qui chaque année organisent au mois de juin Les Journées d’Architecture À Vivre, un événement au cours duquel plusieurs centaines de maisons et d’appartements ouvrent leurs portes en France pour accueillir les amoureux d’architecture, en présence des propriétaires et des architectes. Une seconde session de cette manifestation aura lieu exceptionnellement le samedi 19 octobre.

Retrouvez tout le programme des Journées nationales de l’architecture, région par région,
sur le site de l’événement : www.journeesarchitecture.culture.gouv.fr

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Nouveau Talent à la Fiac : Les langues imaginaires de Lucie Picandet

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Voutaizes, Aïon, Hizogle, Radamacame, Falaise du Nogaïde… Les « Emophones » de Lucie Picantet présentés au Salon du dessin contemporain au printemps dernier, qui lui ont valu le Prix Drawing Now, sont des « mots en devenir », des « morceaux d’émotion sonore qui tombent de la bouche avec la même spontanéité qu’un caillou d’une paroi rocheuse ». Des cris « qui interpellent les choses du monde, les appellent à devenir des objets ». Poétesse, dessinatrice, peintre, vidéaste, sculptrice, brodeuse, Lucie Picandet s’approprie une multitude d’expressions artistiques et de matériaux pour explorer, à travers les mots et les images, la trame d’une fiction, d’une langue imaginaire, une langue d’avant le langage. Lauréate de la bourse Révélations Emerige en 2015, elle poursuit une aventure qui a pris sa source dans une vision, une sensation vive suscitée par la découverte d’une carte postale ancienne alors qu’elle déambulait, un jour d’été 2005, dans les allées du marché aux Puces de Saint-Ouen, l’œil collé à un appareil enregistreur. Une expérience primordiale qu’elle va tenter de revivre par le biais d’une fiction intitulée Celui que je suis, qui constituera la base de tous ses autres travaux que sont la broderie, les cahiers et les sculptures. Composé de poèmes illustrés, chaque épisode « est une expérimentation poétique de [mon] corps comme lieu imaginaire ». D’un coup d’aiguille géante, usant de fils de laine, Lucie Picandet traverse la toile, « comme les mots de la langue » traversent la pensée comme si c’était une toile, « pour que la matière psychique continue à se métamorphoser ». Et pour rejoindre, peut-être, cet espace du dedans dont parle Henri Michaux, cet espace informe et indéfini où naissent les pensées, les songes, les images et les pulsions. Pour rendre visible l’invisible.

Lucie Picandet en bref…

1982
Naissance de Lucie Picandet à Paris.

2002-2007
École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

2005-2010
Études de théologie et Master 2 de philosophie à Paris.

2011-2014
Contrat doctoral en cinéma à l’université de Paris 8-Saint-Denis.

2012
Exposition « Perdre un clou ou la foi », à la Halle Saint-Pierre, Paris.

2015
Bourse Révélations Emerige.

2018
Expositions « Les Mains sans sommeil », Le Forum, Tokyo, Japon ; « Au jour d’Hui », galerie GP & N Vallois, Paris ; « Voyage au centre de la Terre », résidence Emerige, Paris, France.

2019
Lauréate du Prix Drawing Now, Drawing Now Art Fair, Paris.
Lauréate du Prix Fondation Colas, Paris.
Exposition collective de la 6e édition de la Bourse Révélations Emerige, 81, bd Voltaire, 75011 Paris, du 9 octobre au 17 novembre.

À découvrir pendant la Fiac : Fiac Galeries
Stand de la galerie galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois

Lucie Picandet, « Eucheux », Emophone n°3, Poème Seconde Hampe-Mithridate, recueil Detterrissages – Celui que je suis, 2018, mine de plomb, aquarelle et gouache sur papier, 79 x 99 cm ©Georges-Philippe & Nathalie Vallois

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La Cité du Vin : un lieu à voir, à visiter et à vivre

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Pensés comme ronds et sans couture par leurs concepteurs, les volumes de La Cité du Vin, souples et doucement colorés, ascendants et soyeux, se dilatent et s’envolent à l’extrémité des quais de la Garonne. Au-delà du paysage de la ville historique et des nouveaux quartiers qui s’érigent autour de l’ancienne base sous-marine, l’édifice se dresse pour marquer d’un signe très actuel un territoire rendu mondialement célèbre par la culture de la vigne et exprimer les liens qui le relient aux vignobles des cinq continents et aux hommes qui les font prospérer. À Bordeaux comme dans le Bordelais, l’architecture entretient une relation permanente au vin. Hier, elle a mis en forme les châteaux et les constructions du quartier des Chartrons, les bâtiments des caves coopératives et les hôtels accueillant commerçants et touristes. Depuis quelques décennies, elle signe les chais d’illustres domaines en soignant leur image de marque. Cette convergence a préparé la capitale de l’Aquitaine à relever le défi lancé à toutes les métropoles par le Guggenheim de Bilbao : symboliser leur dynamisme par l’édification d’un bâtiment hors normes. Mais, seuls un programme original et un site remarquable garantissent le succès. Avec le concept de La Cité du Vin et les rives de la Garonne, Bordeaux réunit les deux. Il lui restait à trouver un édifice puissant : l’agence XTU Architects le lui a donné.
En associant une tour de béton, enveloppée de lames de verre sérigraphiées générant un mouvement ascendant, et un anneau aux amples rondeurs habillées d’aluminium, La Cité du Vin capte aisément le regard dans cette ville géométrique et rigoureuse. Ses architectes, Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, disent avoir transposé dans ces formes épanouies le mouvement circulaire du vin dans le verre, les rondeurs charnues des prestigieux crus et l’élan de plénitude que génère leur dégustation… Pour y parvenir ils ont déployé les audaces formelles, permises par la puissance de calcul des logiciels actuels qui invitent architectes et entreprises du bâtiment à innover.
Tout est courbe dans l’édifice qu’ils ont conçu, même la voie surélevée imaginée pour que la grande échelle des pompiers puisse atteindre le sommet de la tour, déjouant les contraintes de hauteur imposées par la réglementation, et sous laquelle il faut se glisser pour gagner l’entrée de La Cité du Vin. Celle-ci atteinte, les architectes proposent une déambulation fluide entre les vitrages courbes du sas d’entrée, les cylindres des présentoirs de la Boutique, le silo de la Cave tapissée de centaines de bouteilles et éclairée de luminaires circulaires, la longue courbure des espaces de restauration, l’ovale du patio central souligné par l’escalier conduisant au premier étage. Le parcours longe alors trois cercles aux vitrages sérigraphiés enveloppant les espaces de dégustation, chacun doté d’une atmosphère particulière, puis s’ouvre tour à tour sur l’espace d’expositions temporaires, sur l’univers serein du Salon de lecture et sur les salles privatisables reliées à l’Auditorium Thomas Jefferson.

La cathédrale du vin
Ce n’est qu’au deuxième étage que se dévoile brusquement ce que l’enveloppe extérieure masque et que le patio révèle à peine : la structure de l’anneau faite d’amples arcatures de bois lamellé-collé. Tantôt arches, tantôt voûtes, parfois arcades, celles-ci dotent le volume intérieur de l’exposition permanente d’un élan formel saisissant. S’offre ainsi à chaque visiteur la possibilité d’élaborer sa propre référence spatiale : cave voûtée, halle couverte, cathédrale… ou de s’attarder sur la géométrie spécifique de chaque nervure et, ainsi, de mieux percevoir la complexité de la conception et de la pose de ces 574 arcs, tous uniques, qui supportent les 3500 panneaux de contreplaqué et les 2240 panneaux d’aluminium constituant la couverture de l’anneau.
Événement architectural et structurel, le bois est également utilisé dans l’aménagement des autres espaces intérieurs, par petites touches. Les architectes célèbrent ainsi l’association séculaire de ce matériau aux métiers du vin, notamment dans les chais. De puissantes poutres marquent l’accueil du public. Fin et perforé, le bois coiffe les présentoirs circulaires de la Boutique ; anguleux et massif, il porte les bouteilles de la Cave à la rencontre du désir des visiteurs ; coloré et accumulé en une cascade de tubes de longueurs variables, il règle l’acoustique de l’Auditorium Thomas Jefferson. En piètements et plateaux, il compose le mobilier et l’ambiance du snack, de la brasserie et du restaurant. Il caractérise l’entrée de l’exposition permanente et l’intérieur du restaurant par une résille géométrique légère ou se déploie en lamelles pour accentuer le confort du Salon de lecture.

Formes changeantes
Aérien mais ancré dans le sol par 300 pieux de béton, sombre et lumineux, fermé et ouvert : l’édifice cultive les paradoxes. Sans doute se réfère-t-il ainsi à l’essence même de la ville où il est implanté. Il lui emprunte les tonalités de ses pierres, s’habille d’une peau de reflets qui change d’apparence selon les humeurs de la Garonne et les caprices du ciel. Bordeaux, la Garonne, le ciel composent d’ailleurs l’exceptionnelle toile de fond de La Cité du Vin face à laquelle le visiteur est régulièrement replacé, notamment lors de son séjour au restaurant panoramique ou de son passage au Belvédère à la fin de sa visite.
Cette dualité entre contemplation de l’environnement et immersion dans l’univers clos de l’anneau illustre celle du vin : le produit final des cultures et des métiers s’exerçant au grand jour ne trouve sa véritable plénitude que grâce aux savantes élaborations conduites dans les profondeurs secrètes des caves. Si bien que La Cité du Vin peut être décrite à partir d’une symbolique formelle allant de la carafe à l’alambic, d’un mouvement à une émotion, d’un processus secret à une diffusion publique.
Ainsi, ce bâtiment unique nous offre de nombreuses formes changeantes. La volute, aperçue depuis les Quinconces, gagne en verticalité et s’affine lorsque l’on rejoint l’entrée depuis le terminus du tramway. Et elle livre toute la plénitude de ses rondeurs lorsque l’on y parvient par l’embarcadère du Batcub, le transport fluvial de la Métropole. Après avoir passé la végétation native des berges, cet accostage offre un accès inattendu au jardin, espace vert constituant entre rue, fleuve et Cité, le socle paisible de la tourbillonnante Cité du Vin et, pour les commerces de restauration du rez-de-chaussée, un 32 espace d’extension radieux.

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[Visite d’atelier] Kiki Smith, l’œuvre intime à La Monnaie de Paris

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Le lieu où Kiki Smith produit le plus, si elle n’est pas dans son autre demeure située Upstate, au nord de la ville, ou en plein travail avec les artisans d’une fonderie ou d’une imprimerie, s’apparente à un espace domestique. Au rez-de-chaussée, les assistants sont entourés d’archives et penchés sur des ordinateurs, tandis qu’au premier étage, un salon au design nordique jouxte une large table où sont posées les grandes feuilles et toiles libres sur lesquelles elle dessine. La pièce donne sur une salle-à-manger : la plasticienne fait partie des artistes chez qui l’art et la vie sont si intimement liés que le temps proprement dédié au travail n’émerge pas clairement. Fille de Tony Smith, considéré comme un pionnier de la sculpture minimaliste américaine, et d’une chanteuse d’opéra, elle naît en 1954 en Allemagne et grandit dans un environnement baigné par la création. Ainsi, quand on évoque sa dense carrière engagée dans les années 1980 et couronnée, dès 1982, d’un solo show à The Kitchen, New York, puis en 1986, au MoMA PS1, elle estime qu’elle s’est déroulée naturellement, accompagnant bien les fluidités et les courbes de ses œuvres, pourrait-on ajouter.

Kiki Smith, Untitled, 1995, papier brun, méthylcellulose et crin de cheval, 134.6 x 45.7 x 127 cm, Collection Deste Foundation, Athènes ©Kiki Smith. Courtesy Pace Gallery/Photo: Ellen Page Wilson

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Un rêve de titane au Musée Guggenheim Bilbao

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Frappée de plein fouet par la désindustrialisation dans les années 1970-1980, Bilbao n’avait guère d’alternative : soit le déclin inexorable, soit la reconversion radicale. Le redressement économique, grâce à l’essor des services, devait aller de pair avec une ambitieuse opération de renouvellement urbain, les activités industrielles passées ayant laissé derrière elles de vastes friches, lestées d’usines et de hangars désaffectés. Dans un ancien entrepôt à vin, l’Alhóndiga, les autorités basques envisageaient de créer un lieu culturel. Ce projet encore vague rencontre alors celui de la Solomon R. Guggenheim Foundation, qui souhaitait s’implanter à l’étranger en créant un réseau. Invité à voir le site, Thomas Krens, directeur de la fondation américaine, ne cache pas son scepticisme. C’est à ce moment que Frank O. Gehry intervient. Partageant les réserves de Krens sur l’Alhóndiga, il repère d’anciens docks abandonnés sur un coude du fleuve, le Nervión. À proximité du musée des Beaux-Arts, de l’opéra et de l’université, ce site semble, lui, prédestiné à accueillir des activités culturelles.
Avec cette nouvelle localisation, le projet change de nature – comme l’indique la consultation architecturale restreinte qui est alors lancée. Outre Gehry, l’agence autrichienne Coop Himmelblau et le Japonais Arata Isozaki sont sollicités. L’objectif des commanditaires est clair : ils veulent « un édifice qui serait plus grand que la somme de ses parties et aurait une puissante identité iconique pour que les gens aient envie de le visiter pour lui-même tout en respectant les œuvres d’art qui y seraient exposées ». En filigrane de ce programme, se dessine la spirale magique du musée Guggenheim de New York, imaginé par Frank Lloyd Wright dans les années 1940 et inauguré en 1959. L’autre modèle plus ou moins avoué est l’opéra de Sydney, dont les coques ogivales dominent depuis trente ans le port australien ; conçu par le Danois Jørn Utzon, il est devenu l’icône de la cité. Le futur musée s’inscrit aussi dans l’ensemble des commandes architecturales engagées par les autorités locales dans le cadre d’une nouvelle politique urbaine : rénovation de l’aéroport et construction d’une passerelle sur le fleuve par Santiago Calatrava, conception d’un métro par Norman Foster, construction d’un palais des congrès par Federico Soriano. Dans la perspective des Jeux olympiques de 1992, Barcelone avait, elle aussi, entrepris un ambitieux réaménagement de la ville, assorti de prestigieux projets architecturaux. Comme en Catalogne, le sentiment identitaire devait se renforcer, non dans le repli régionaliste mais dans l’exigence d’une qualité architecturale de niveau international.

L’écriture de Gehry

À partir du 26 juin 1991, les architectes ont trois semaines pour rendre un projet. Sur place, Gehry réalise quelques croquis permettant d’effectuer une mise en place schématique. La gestation du Guggenheim Bilbao, parfaitement documentée, est caractéristique du processus de travail de l’architecte. Selon une technique proche de l’écriture automatique, Gehry multiplie les dessins, les « gribouillages » comme il dit, desquels émergent progressivement des formes. « Je regarde à travers le papier pour tenter de lui arracher l’idée formelle, explique-t-il ; c’est comme quelqu’un qui se noierait dans le papier. C’est pourquoi je ne considère pas ce que je fais comme des dessins ; je ne peux pas. C’est seulement après, quand je regarde. ». Plusieurs traits majeurs du futur bâtiment apparaissent à ce stade, que ce soit la verrière zénithale en forme de fleur ou la longue galerie inspirée d’une coque de bateau. Dans de nombreux projets, l’architecte pousse les images sculpturales à un tel degré d’abstraction que ne subsistent que les valeurs et les sensations attachées à des figures ; ainsi, le serpent, dont il ne retient que la fluidité, le mouvement continu. Au Walt Disney Concert Hall de Los Angeles, dont il achève les plans à cette époque, Gehry a en tête des images de marine à voile : « J’essayais simplement de créer une impression de mouvement avec mes édifices, une sorte d’énergie subtile. Et créer un édifice qui donne une impression de mouvement me plaît parce qu’il s’inscrit dans le mouvement plus vaste de la ville, et elle change ; il y a quelque chose de transitoire. » Ces propos résument bien sa démarche au Guggenheim Bilbao.
Les formes nées des « gribouillages » sont transformées en maquettes sommaires : sur des massifs géométriques vient se greffer la fleur de métal aux formes plus libres. Il met ici en tension des volumes fragmentés, ainsi qu’il l’avait expérimenté au Vitra Design Museum de Weil am Rhein ou au Frederick R. Weisman Museum de Minneapolis. Pour ses « pétales », il emprunte sans hésitation à un autre projet en cours, celui d’un gratte-ciel à Los Angeles. Puis la tour se met en place de l’autre côté du pont, reliée au musée par la longue galerie.

Dessins, maquettes, technologie

Réuni les 20 et 21 juillet 1991, le jury choisit le projet de Gehry. L’utilisation de matériaux caractéristiques du site est portée à son crédit, de même que l’interaction entre les espaces, la présence de grandes salles d’exposition et l’insertion dans le site. Néanmoins, des réserves demeurent sur son dessin : une tour est-elle nécessaire ? Pour quelle fonction? Où se situe précisément l’entrée ? Autant de questions concrètes auxquelles l’architecte doit répondre dans la nouvelle phase qui s’ouvre alors. Une étude de faisabilité réalisée en 1992 va également préciser le contenu du projet artistique et l’estimation des coûts de construction. Elle fixe aussi la surface (elle sera au final de 24 000 mètres carrés), ainsi que le rapport de 1/2 entre les galeries et les espaces de service. À mesure que le cahier des charges se précise, la recherche de Gehry s’affine et le va-et-vient entre les croquis et les maquettes continue pour répondre aux différentes attentes de Thomas Krens, principal interlocuteur de l’architecte dans la conception du projet définitif.
Le processus menant des dessins aux maquettes, puis au bâtiment, butait sur une difficulté de taille : comment transcrire dans le réel les produits d’une imagination si fertile sans porter le budget à des sommes astronomiques? La technologie, comme toujours en architecture, vient alors au secours de l’imagination, grâce à un logiciel informatique emprunté à l’industrie aéronautique. « Beaucoup des formes qu’il met au point en ce moment ne sont possibles que grâce à l’ordinateur, soulignent ses collaborateurs Randy Jefferson et Jim Glymph. Bilbao est un exemple parfait à cet égard. Avant, ces formes auraient été considérées comme quelque chose à éviter. C’étaient de bonnes idées à l’état de croquis, mais elles étaient impossibles à construire. Bilbao aurait pu être dessiné avec un crayon et une règle plate, mais cela aurait pris plusieurs décennies.» Toutes les pièces de la complexe structure métallique sont ainsi calibrées par le programme informatique avant leur usinage.
Un autre élément décisif dans la genèse du projet a été le choix du matériau de la façade. Gehry souhaitait à l’origine utiliser du cuivre au plomb, mais celui-ci a été interdit pour sa toxicité. Comme au Frederick R. Weisman Museum de Minneapolis, achevé en 1990, des essais sont menés sur l’acier inoxydable. Insatisfait des résultats, l’architecte s’intéresse alors au titane : « Il y avait là le potentiel d’un métal à la fois chaleureux et plein de caractère », se souvient-il. « Le titane est plus fin que l’acier ; il fait un tiers de millimètre d’épaisseur et présente une texture moelleuse ; il ne repose pas à plat et le vent fait palpiter sa surface. Autant de qualités dont nous avons appris à tirer parti. »

Le dialogue avec la ville

Tandis que les autorités basques et la Fondation Guggenheim s’entendent sur le fonctionnement futur de l’institution, la première pierre est posée en octobre 1993. Quatre ans plus tard, le musée ouvre enfin ses portes au public. Première réussite, incontestable, le nouveau bâtiment noue un dialogue subtil avec le tissu urbain : l’autoroute et le pont, le fleuve, le caractère industriel de l’ancien port, et mêmes les vues depuis les rues voisines, tout dans Bilbao semble avoir participé à la conception plastique du musée. Cette sensibilité contextuelle transparaissait déjà dans des projets précédents comme la Loyola School of Law de Los Angeles; elle est ici portée à un degré supérieur. Dans la cité basque, la grande galerie, passant sous le pont pour aller éclore en une tour bifide, arrime le musée à son environnement. Quant à la peau de titane, elle se réfère explicitement au passé industriel, tandis que les miroitements de la lumière sur sa surface répondent aux reflets du fleuve. De l’extérieur, le Guggenheim présente un visage double opposant des corps de bâtiment orthogonaux, parés de pierre calcaire, et des volumes courbes, revêtus de titane.
Le caractère organique de cette architecture s’inscrit dans une lointaine descendance de Frank Lloyd Wright. En pénétrant dans le musée, il est difficile d’oublier l’ombre de ce génie tutélaire. À la rotonde vertigineuse du Guggenheim de New York, Gehry répond par un atrium où il œuvre en sculpteur autant qu’en architecte. Montrant un jour une photographie de l’atelier de Brancusi qui orne son bureau, il disait de l’artiste : « Il a plus d’influence sur mon travail que la plupart des architectes. » Ascenseurs vitrés, tours d’escaliers en pierre, passerelles curvilignes suspendues au plafond, les circulations sont mises en scène dans une sorte de ville rêvée dont les courbes et l’élan vertical filent, là aussi, la métaphore organique. Sous l’abondante lumière déversée par une verrière zénithale en forme de fleur et des baies vitrées, des flux d’énergie vitale semblent s’élever vers le ciel et entraînent les visiteurs dans une expérience sensorielle et émotionnelle. La grande galerie de 130 mètres de long et de 30 mètres de large, qui accueille aujourd’hui l’œuvre monumentale de Richard Serra, The Matter of Time, prolonge cette perception d’un espace temps en expansion.
Commentant le musée de Wright, l’architecte visionnaire Frederick Kiesler délivrait une sentence qui sied tout autant au Guggenheim de Gehry : « La conception grandiose de ce bâtiment dans son ensemble pèse plus lourd que les errances de l’art moderne et donne au visiteur le sentiment inoubliable d’avoir vécu, fût-ce un court instant, dans un univers créé par l’homme. »

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Fiac 2019 : Google Arts donnent carte blanche à trois artistes au Mobilier national

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Qui a dit que les nouvelles technologies et l’artisanat n’étaient pas compatibles ? Certainement pas Google, ni le Mobilier national. Pendant 6 mois, la française Chloé Bensahel, le mexicain Amor Muñoz et l’équipe sud-coréenne d’OMA Space ont travaillé sous la direction artistique de Pamela Golbin en collaboration avec la manufacture de Beauvais, l’Atelier de tapisserie de décor du Mobilier national et les équipes d’ingénieurs de Google afin de créer trois œuvres interactives. Présentées dans la résidence d’artistes intitulée « Prière de toucher le Fil », ces pièces monumentales mêlent le sens du toucher aux technologies numériques en employant la technique Jacquard de Google. Développée dans le laboration d’innovations de Google pour la mode, cette technologie utilise des fils de métal conducteur, reliés à des circuits et des capteurs, pour créer des œuvres textiles à partir d’équipements traditionnels. Popularisée avec la veste Levi’s sortie ce mois-ci, la technologie Jacquard permet notamment de répondre aux appels, d’écouter de la musique et de prendre des photos depuis sa manche. L’exposition produite par Google Art & Culture et Google Advanced Technologies And Projects (ATAP) met en lumière, dans la réserve Perret du Mobilier national, des pièces qui s’animent et interagissent avec les visiteurs afin de créer une expérience unique. Mêlant textiles et éléments textuels, Words Weave Worlds de Chloé Bensahel explore la signification de la couleur blanche à travers ses connotations culturelles et ses interprétations historiques. Au-delà du toucher, l’installation de l’artiste française mobilise également l’ouïe et la vue des visiteurs lorsque ceux-ci posent leur main sur les tapisseries qui composent l’œuvre. Pour Notes & Folds, Amor Muñoz mêle programmation informatique et artisanat. Lorsque les visiteurs approchent leurs mains des trois sculptures cylindriques recouvertes de tissu plissé, celles-ci se mettent à tourner et à jouer différentes tonalités, tels des instruments. Enfin, Tree of Light d’OMA Space associe matériaux organiques et nouvelles technologies afin de proposer une expérience contemplative autour d’un arbre. La marche méditative qu’effectuent les visiteurs évoque la notion de rituel et y incorpore les technologies de pointe pour leur faire vivre un moment unique. Une expérience que le Mobilier national vous propose gratuitement (mais sur réservation).

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Un nouveau pool artistique à Romainville

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Fabienne Leclerc fut à l’origine de ce rassemblement qui, sous le nom de Komunuma (« communauté » en espéranto), s’exprime aujourd’hui d’une seule voix. Ainsi, les galeries Air de Paris, Imane Farès, Vincent Sator, Jocelyn Wolff et In Situ Fabienne Leclerc, ou encore le Frac Île-de-France et l’association Jeune Création, ont rejoint la Fondation Fiminco dans une ancienne friche industrielle de onze mlle mètres carrés. L’intention est louable et courageuse, quand on connaît les collectionneurs français. Pour les inciter à venir dans ce Grand Paris, les événements seront organisés en commun au sein d’espaces offrant un plus grand « outil de liberté » et un « écosystème collaboratif ». Le collectif s’insère dans un Est parisien « amené à devenir l’un des pôles les plus dynamiques de création et d’art contemporain en France », avec La Galerie de Noisy-le- Sec, les Magasins généraux, le Cneai, le Cnap et Thaddaeus Ropac, à Pantin. C’est un argument réel, sans toutefois augurer d’un marché fort à Romainville. La stratégie semble être davantage de concevoir de mémorables expositions, facilitant aux galeries l’accès aux foires sélectives, où l’on sait que l’on vend bien plus que dans les galeries, quel que soit leur quartier.

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Nouveau Talent à la Fiac 2019 : L’univers hybride d’Omar Ba

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Accroché dans l’exposition « Art/Afrique, le nouvel atelier » à la Fondation Louis Vuitton durant l’été 2017, un « autoportrait onirique » d’Omar Ba (Tempêtes de poussières à Kidal, 2013) donnait des clés de son œuvre engagée. Placé au centre du concert des Nations, décoré de médailles, un personnage démesurément grand observe un monde occidental auquel il est lié : statue de la Liberté, gratte-ciel, armes… Tel un dieu rayonnant, mi-homme, mi-arbre, il tient des fils à la manière d’un marionnettiste. Énigmatiques, les peintures de l’artiste sénégalais Omar Ba dépeignent des univers peuplés de créatures mythiques, de figures humaines, d’animaux et de symboles géographiques et politiques. Autant d’œuvres hybrides mélangeant huile, acrylique, gouache, crayon et encre de Chine sur du carton ondulé ou sur toile. Ses premiers travaux ont exploré l’héritage du colonialisme sur le continent africain et l’assassinat de chefs d’États tels que Patrice Lumumba, figure de l’indépendance du Congo belge. « Ce sont des  images qui me hantent », dit ce petit-fils de tirailleur sénégalais, qui vit entre Dakar et Genève. L’artiste a aussi célébré la magnificence des peuples d’Afrique, descendants des pharaons noirs d’Égypte et de Nubie, et rendu hommage aux femmes africaines qui voient leurs enfants quitter le continent à la recherche d’opportunités, conscientes de la précarité du voyage à venir. Omar Ba, qui a représenté dans un grand portrait sa mère disparue (Diafate, 2018) et « magnifié à travers elle l’amour maternel et le sens du sacrifice », exposait en 2018 à la galerie Templon des portraits de jeunes Africains rêvant d’émigrer en Europe. « J’essaie de montrer le décalage entre leur imaginaire et la réalité à travers des tableaux narratifs », dit l’artiste, qui entend ainsi faire l’« autopsie de nos consciences ».

Omar Ba, vue de l’exposition « Éclosion » à la galerie Templon à Bruxelles. Courtesy Templon, Paris & Brussels/Isabelle Arthuis

Omar Ba en bref…

1977
Naissance d’Omar Ba (ill. : ©DR) à Loul Sessene (Sénégal).

2002
Diplômé de l’École nationale des beaux-arts de Dakar (Sénégal).

2005
Postgrade à l’École supérieure des beaux-arts, Genève (Suisse)

2010
Exposition personnelle à la galerie Guy Bärtschi, Genève (Suisse).

2011
Lauréat du concours fédéral d’art Swiss Art Awards, Bâle (Suisse).

2016
« Éclosion », première exposition personnelle en Belgique, galerie Templon Bruxelles.

2018
Exposition « Autopsie de nos consciences » à la Galerie Templon, Paris

2019
Exposition « Visions partagées » au Montreal Museum of Fine Arts, Montreal

À découvrir pendant la Fiac : Fiac Galeries
Stand de la galerie Templon

Omar BA, Try to keep the rest 1 , 2019 Huile, gouache, acrylique, crayon sur toile, 200 x 150 cm. Courtesy Templon, Paris – Brussels

 

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L’Homme de Vitruve viendra bien à Paris pour l’exposition Léonard de Vinci

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Le musée du Louvre (et avec lui la horde de visiteurs trépignants à laquelle nous nous joignons) retenait son souffle depuis la suspension de l’autorisation de sortie du territoire de l’œuvre la semaine dernière. Saisi par l’association Italia Nostra, le tribunal administratif de Venise avait en effet souhaité se prononcer officiellement sur la légitimité des accords de prêts établis entre la France et l’Italie pour les expositions Léonard de Vinci à Paris en 2019 et Raphaël à Rome en 2020. Ce protocole prévoyait notamment le prêt de l’Homme de Vitruve, un dessin de Léonard réalisé vers 1492 et conservé aux Gallerie dell’Accademia de Venise, une œuvre jugée par Italia Nostra intransportable et surtout indispensable aux collections italiennes en ce temps de célébration des 500 ans de la mort du génie florentin. Se fondant sur ces deux arguments, l’association de défense du patrimoine avait en effet déposé, en septembre dernier, un recours en justice contre la décision du gouvernement italien, portée par le ministre des Biens culturels, Dario Franceschini. Hier mercredi 16 octobre, le tribunal administratif de Vénétie a finalement levé l’interdiction de sortie du territoire de l’Homme de Vitruve ainsi que de l’ensemble des œuvres italiennes encore attendues à Paris (à savoir quatre dessins conservés aux Offices et deux peintures). Les emplacements que le musée du Louvre leur avait réservés sur ses cimaises ne resteront donc pas vides. Si l’institution peut évidemment se réjouir de cette décision in extremis, on espère que les œuvres pourront être acheminées et mises en place, avec toutes les précautions de conservation nécessaires, avant l’ouverture de l’exposition Léonard de Vinci la semaine prochaine, la précipitation n’étant jamais souhaitable lorsqu’il s’agit de manipuler des pièces de collection de cette importance, en particulier des œuvres graphiques. Après bien des rebondissements, l’affaire de l’Homme de Vitruve, qui cristallise l’histoire fleuve et mouvementée des relations diplomatiques franco-italiennes de ces derniers mois, connaît donc une fin heureuse. Mais pour combien de temps ? Fait-il craindre une nouvelle action en justice de l’association Italia Nostra ou pourrons-nous célébrer en toute quiétude le génie de deux grands maîtres de la Renaissance, Vinci et Raphaël, dont l’art est par essence paneuropéen ?

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Ma langue au chat : À quel restaurant parisien faut-il relier le tableau représentant une desserte avec un compotier de cerises ?

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Jusqu’au 5 janvier, le musée de Grenoble retrace l’histoire de Picasso pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses œuvres, violentes et parfois allégoriques, traduisent le tragique des combats et l’espoir de la paix à venir.

QUESTION

À quel restaurant parisien faut-il relier le tableau représentant une desserte avec un compotier de cerises ?


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RÉPONSE

Picasso et Dora Maar avaient l’habitude de déjeuner au restaurant Le Catalan situé au 25, rue des Grands Augustins, à deux pas de l’atelier. Le 30 mai 1943, Picasso fit deux tableaux représentant le buffet du restaurant. Le lendemain, le buffet disparut. « J’avais dû le prendre sans m’en apercevoir, en le peignant », assure Picasso.

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Picasso. Au cœur des ténèbres 1939-1945 
In Fine Éditions d’art, 320 pp., 32 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition « Picasso. Au cœur des ténèbres 1939-1945 »
organisée du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020 au Musée de Grenoble.

+ d’infos

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