connaissance des arts

Étude d’une œuvre : Monument de Christian Boltanski

« L’homme craint le temps, mais le temps craint les pyramides », dit un proverbe arabe. Dans son acharnement à se saisir de la vie et à lutter contre l’oubli, l’artiste Christian Boltanski a élaboré entre 1985 et 1989 une série de Monuments inspirée des architectures religieuses primitives (pyramide, mastaba, autels ou stèles). Autant d’installations murales confectionnées à partir d’éléments anciens trouvés dans son atelier : des cadres métalliques entourant des photographies couleur de papiers brillants de Noël, des portraits noir et blanc d’élèves issus de photographies de classe et agrandis, des lampes électriques de faible intensité dont les fils noirs « tombent de manière aléatoire et deviennent comme des coups de crayon sur les objets », selon l’artiste.

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à lire dans notre numéro de novembre 2019

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Le musée de Lodève reçoit le Prix AMO 2019 de la plus belle métamorphose

Décerné depuis 1983, le Prix AMO a pour mission de « faciliter le dialogue entre celui qui commande et celui qui conçoit pour faire émerger des projets immobiliers de qualité ». Depuis 2018, le prix compte cinq catégories : typologie la plus créative, la plus belle métamorphose, la mise en œuvre la plus audacieuse, le lieu le mieux productif et le meilleur catalyseur urbain. Ces dernières sont complétées par le Grand Prix du Jury et le Prix Transeuroparchi. Depuis cette année, le Prix AMO est annuel et accepte également les travaux provenant de Belgique.
Le projet du musée de Lodève a vu le jour grâce à la collaboration étroite de la communauté de communes du Lodévois et Larzac (maîtrise d’ouvrage) et des architectes mandataires du cabinet Projectiles (maîtrise d’œuvre) prévoyant la réhabilitation ainsi que l’extension du musée. Les collaborateurs ont travaillé le béton du bâtiment du XVIIe siècle, tout en valorisant, à l’intérieur, les collections paléontologiques, archéologiques et le fonds d’atelier du sculpteur Paul Dardé. Une transformation du bâtiment qui évoque un « dialogue sensible entre patrimoine et écriture contemporaine ». Cette métamorphose, entre reconversion, restructuration, amélioration et agrandissement, procure au musée une plus grande légitimité et visibilité.

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Le soulier de Satan : une histoire de la chaussure au Musée des Arts Décoratifs

Artistiques, ludiques, bourgeoises, populaires, paresseuses, guerrières, clownesques, érotiques, y en a des centaines ! Il semble que le diable en personne a inventé la chaussure pour déchaîner l’imagination des hommes et provoquer leur perte ! Des sandales antiques aux Moon boots, des socques en demi noix de coco tenues à la main par de longues ficelles (Papouasie-Nouvelle-Guinée) aux chaussons de ballerine possédés par Degas, il n’est pas un recoin de ce magnifique sujet que n’explore l’exposition conçue par Denis Bruna, conservateur en chef au Musée des arts décoratifs, à travers 500 œuvres, des chaussures certes mais aussi des tableaux, des gravures, des photographies, des affiches…. La chaussure est certes un objet de mode auquel chaque époque a apporté sa fantaisie. La nôtre n’est pas avare en ce domaine, et certains artistes vont jusqu’à proposer des chaussures « importables », telles les poétiques Horseshoes d’Iris Schieferstein, en peau et sabot de cheval, à déconseiller pendant la saison de la chasse… Mais par la « démarche » qu’elle implique, la chaussure témoigne aussi des sociétés qui la produisent, de leurs croyances, de leur culture, de leur hiérarchie. L’objet pratique, technique, conçu pour protéger le pied, devient très tôt un instrument de distinction sociale, et une contrainte physique : le pied doit s’adapter à l’objet, et non l’inverse ! Certaines bottines fines et cambrées des années 1850 amènent à se demander si les femmes de l’époque victorienne avaient des orteils ! Le port du talon se prête à de riches développements. Jusque dans les années 1730, les hommes de l’aristocratie portent des talons hauts qui impliquent des déplacements courts et un pas de danseur : il est le reflet de la vie oisive du courtisan. Lorsque ce talon haut devient l’apanage exclusif des femmes, l’homme de qualité se distingue alors par la richesse de ses boucles de souliers en métal précieux. Leurs dimensions extravagantes provoquaient des blessures. Ainsi, pour éviter de se couper les chevilles, l’élégant devait marcher en écartant les jambes… Au rayon Dames, l’extravagance des talons n’a pas de limites. Les chopines vertigineuses des courtisanes vénitiennes de la Renaissance vouaient leur propriétaire, déesse posée sur un socle, à une lascive immobilité. Accessoire de maison close fin de siècle, un modèle fétichiste est doté de talons pointus plus hauts que la chaussure elle-même, rendant impossible la station debout. Les créations de David Lynch réalisées par Christian Louboutin explorent la même veine. Ces fantasmes occidentaux semblent anodins comparés à la tradition chinoise de la « fleur de lotus » : un moulage de pied mutilé et des estampes érotiques illustrent avec éloquence cette terrifiante coutume. L’exposition se conclut par un irrésistible salon d’essayage, où des copies de quelques modèles extravagants peuvent être portées par les visiteurs : le pied !

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Ma langue au chat : Où se trouve l’atelier de Barbara Hepworth, encore visitable aujourd’hui ?

Jusqu’au 22 mars, le musée Rodin monte avec la Tate de Londres une rétrospective de la sculptrice britannique Barbara Hepworth (1903-1975). Son travail, entre abstraction et figuration, s’attache aux formes libres et aux notions de plein et de vide.

QUESTION

Où se trouve l’atelier de Barbara Hepworth, encore visitable aujourd’hui ?


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RÉPONSE

À St Ives, en Cornouailles, où Barbara Hepworth a vécu de 1950 à sa mort en 1975. Les paysages des environs et les monuments préhistoriques de la région de Penwith ont été une source d’inspiration pour elle. Le musée Barbara Hepworth de St Ives a été ouvert en 1976.

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Barbara Hepworth
In Fine Éditions d’art, 256 pp., 35 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition présentée au musée Rodin
du 5 novembre 2019 au 22 mars 2020 en partenariat avec la Tate
et avec le soutien du British Council et de l’Ambassade de Grande-Bretagne.

+ d’infos

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Léonard de Vinci version Art urbain s’expose sur la péniche Fluctuart

Que ce soit au Louvre ou sur la péniche Fluctuart (Paris VIIe arrondissement), les chefs-d’œuvre de Léonard de Vinci sont au cœur de l’actualité culturelle parisienne. Dans le premier cas, il s’agit des tableaux et des dessins de la main du maître ou de son atelier, dans l’autre ce sont des œuvres d’artistes qui lui rendent hommage. Jusqu’au 19 avril, le lieu expose 20 artistes, tels que le Français Speedy Graphito, le Sud-Africain Faith 47 ou encore l’Américain Logan Hicks, qui se sont réapproprié, au cours de leurs carrières ou pour l’occasion, les œuvres de Léonard de Vinci pour en faire de l’Art urbain. À travers des installations monumentales, peintures, pochoirs et collages, les jeunes talents prennent possession de la péniche. Certains vont même jusqu’à quitter le centre d’art pour investir les berges de la Seine, notamment avec l’œuvre immersive de Lek & Sowat, projetée une fois la nuit tombée sur le quai, qui met en avant la mécanique des fluides qui fascinait tant Vinci. D’autres réinterprètent des œuvres iconiques : l’Italien Ozmo représente La Joconde mêlée à Donald Duck, emblème de la culture pop, tandis que Zevs démultiplie L’Homme de Vitruve dans le cosmos et l’associe à la mode et à la publicité en le recouvrant de multiples logos Louis Vuitton. L’exposition témoigne également de l’impact et de l’influence de Léonard de Vinci, qui reste une référence artistique absolue un demi-millénaire après sa mort. Une façon originale d’apprécier l’œuvre du génie florentin tout en découvrant des artistes actuels.

Ozmo, Joconde et Donald Duck destructuré, 120 x 150 cm, acrylique sur pvc recyclé, 2018 ©DR

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L’œuvre du mois : Noces E (1967-1981) de Patrick Saytour

« Cette œuvre, je l’ai commencée en 1967, c’était un moment de mon travail très secret, difficile à expliquer », raconte Patrick Saytour, artiste né en 1935, qui a par la suite occupé une place marginale dans le mouvement Supports/Surfaces. « Puis elle a subi le sort d’autres pièces. Elle était posée dans un coin et je l’ai perdue de vue. Je l’ai retrouvée en 1981. C’est alors que je me suis posé la question de la présentation de cette peinture et je l’ai mise sous verre. » Pourquoi cette séparation de la toile en deux parties indépendantes formellement ? « Je ne vais pas donner une raison. Elle appartient à une série où toutes les œuvres sont doubles. » Pour l’artiste, il s’agit de faire cohabiter ces deux formes, pour « voir comment elles vont exister dans un mouvement d’oscillation du regard de l’observateur. On joue une partie ! ». Bernard Ceysson, directeur de la galerie Ceysson & Bénétière qui défend les artistes de Supports/Surfaces, ne voit aucune relation entre les deux espaces : « C’est un peu comme Carl Andre quand il met en place ses briques les unes sur les autres ». Pour le galeriste, la partie gauche du tableau, très géométrique « pourrait faire référence à un minimalisme issu de la connaissance par Patrick Saytour de l’abstraction géométrique ». En revanche, dans la partie gauche, « on trouve des avatars d’autres œuvres », ces papiers découpés, fragments de collages, traces de couleurs, morceaux de papier journal. Un travail qui réjouit le galeriste : « C’est une nouveauté, on ramasse quelque chose qui sera le prolongement d’une œuvre, un peu comme les ready made de Marcel Duchamp ». Et le titre, Noces E ? « C’est un titre joyeux. Chacun de mes titres renvoie à une scène de gaîté », conclut Patrick Saytour.

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Le musée de la Poste ouvre à nouveau ses portes

Le musée de la Poste, initialement conçu par l’architecte André Chatelin en 1973, se réinvente et fait l’objet de nombreuses réhabilitations et rénovations depuis le début de ses travaux en avril 2015. La nouvelle organisation du musée a été confiée à l’Atelier Jung Architectures, dont la principale mission est la reconversion de bâtiments anciens à fortes caractéristiques patrimoniales. Au pied de la Tour Montparnasse, dans le XVe arrondissement de Paris, le musée de la Poste repense entièrement son concept muséographique et architectural. Ainsi, la nouvelle exposition permanente du musée se dévoilera sur trois plateaux distincts et tournera autour de son histoire, ses métiers, et son art. Les restructurations concernent à la fois l’intérieur et l’extérieur du bâtiment. On peut citer, parmi d’autres, les ascenseurs panoramiques dévoilant les collections aux visiteurs, la colonne de verre haute de 20 mètres et large de 7 mètres, appelée « le totem », qui ouvre le bâtiment à la lumière et vers la ville, et aussi la façade nord de l’édifice qui a été ouverte vers l’extérieur pour obtenir une lumière plus naturelle. Les visiteurs ne seront pas laissés de côté puisqu’ils disposeront également d’un auditorium, d’espaces d’ateliers et de réunion, ainsi que d’une boutique. Le confort du public est primordial et l’institution vise la labellisation « accessibilité » qui souligne la prise en compte de la sécurité des visiteurs, à mobilité réduite, ainsi que leurs besoins spécifiques. Le musée de la Poste assure aussi sa transition écologique, dans ce quartier en pleine transformation, et recevra, très bientôt, la rare certification de Haute Qualité environnementale. Étant musée d’entreprise, musée de France et musée de société, le musée de la Poste est chargé de présenter, diffuser et assurer la conservation de ses pièces et de ses lieux. À travers la réinvention de son site, elle montre ainsi sa volonté de préserver et valoriser son art et son patrimoine à la fois immobilier et architectural.
La programmation culturelle 2019-2020 n’est pas en reste et commencera dès l’ouverture avec l’exposition « Le Musée de La Poste sort de sa réserve » destinée à présenter la grande variété de ses fonds, inaccessibles depuis quelques années. Une occasion de redécouvrir les collections du musée dans un tout autre univers architectural.

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Nouveau talent : Marjetica Potrč, l’alter-architecte

« Le modernisme a été organisé de haut en bas, explique Marjetica Potrč. C’était l’époque où les gens cherchaient des solutions universelles, maintenant est venu le temps où l’on commence à agir localement. » Et elle sent « le potentiel des communautés pour changer la ville par en bas ». Cet « en bas », ce sont des populations marginalisées, aussi bien en périphérie des grandes métropoles que dans des zones rurales. À leurs côtés, l’architecte slovène cherche des solutions à des problèmes éminemment concrets, comme l’approvisionnement en eau et en énergie, le logement ou encore la gestion des ressources naturelles. Et son intervention se défie de tout paternalisme. Caractéristique de son approche, Dry Toilet a été réalisé à Caracas avec les habitants du quartier La Vega, un barrio défavorisé et notamment privé d’eau courante. Ce projet de toilettes sèches fait de nécessité vertu en économisant une ressource de toute façon indisponible. Plus près de nous, on peut citer son intervention à Amsterdam dans le quartier Nieuw-West, où vivent de nombreux immigrés. Alors que l’espace public était déserté, la création d’un jardin et d’une cuisine communautaires y ont ramené la vie et la convivialité. L’environnement a été revivifié par des pratiques issues de la ruralité. Car, selon Potrč, « la condition rurale est un agent du changement au XXIe siècle » pour trouver la voie vers une existence plus soutenable. À partir de ces réalisations, l’artiste conçoit, pour musées et galeries, des « études de cas » architecturales, structures hybrides composées de matériaux bon marché, trouvés ou récupérés à proximité. Des variations à travers lesquelles elle propose des modèles transposables dans d’autres contextes. Aussi modeste soit-il, le travail de Marjetica Potrč nous suggère qu’un autre monde n’est pas seulement possible, mais qu’il est déjà là.

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Au cœur de la fabrique des Goya

Bien sûr Goya était ce « génie d’avant-garde » promis par les affiches du musée. Mais il était aussi un génie du commerce ! Pour Juliet Wilson-Bareau, spécialiste bien connue de l’artiste auquel elle a consacré plus d’un demi-siècle de recherches, il est aujourd’hui évident que Goya a laissé produire sous son nom des tableaux par ses collaborateurs. « Les doutes sont apparus dès le XIXe siècle, déclare-t-elle. On a commencé à étudier le contenu de son atelier. Et tout n’était pas parfait au royaume de Goya ! » Commissaire scientifique de l’exposition avec Bruno Mottin, conservateur en chef au C2RMF, l’historienne de l’art a longtemps buté sur un document : l’inventaire des biens du couple Goya dressé en 1812, sans doute sous la dictée de celui-ci, lors du décès de son épouse. Or certains des tableaux inventoriés (ils portent un X suivi d’un numéro) ne sont visiblement pas de la main de Goya.

Francisco de Goya y Lucientes, Women and children near a cross,, 1812-1820 © The Metropolitan Museum of Art, New York/ Photo : Harris Brisbane Dick Fund, 1935

L’exposition agenaise en présente un bel exemple : La Procession de Valence (Zurich, Fondation Collection E.G. Bührle), premier tableau de la liste (il porte la référence « X1 » clairement visible). Cette peinture provient incontestablement de l’atelier mais, pour les spécialistes, elle n’est pas autographe. L’exposition la confronte à un dessin du Metropolitan Museum, Femmes au pied de la Croix, montrant comment les personnages du tableau ont été peints d’après des dessins de Goya. Voici le cas d’un tableau « made in Goya » qui vaut pour bien d’autres.
Ces œuvres inspirées par ses peintures, ses dessins et ses gravures, étaient vendues comme siennes par l’artiste. Leur prix ne dépendait pas de leur caractère autographe mais de leur format, de la complexité de la composition, du nombre de personnages. Une simple copie de l’atelier pouvait ainsi valoir plus cher qu’une œuvre « originale » du maître. « C’était le fonctionnement classique d’un atelier depuis l’époque de la Renaissance », précise Adrien Enfedaque, conservateur du Musée des beaux-arts d’Agen et commissaire général de l’exposition. Le mythe d’un Goya solitaire forgé à l’époque romantique l’avait tout simplement fait oublier !

De Goya et des autres…

Francisco de Goya, Cannibales dépeçant leurs victimes ©Besançon, Musée des Beaux-Arts et d’archéologie, Photo : P. Guenat

L’exposition agenaise présente une quinzaine de « vrais » Goya, parmi lesquels La Femme à l’éventail du Louvre, les fameuses « scènes de sauvagerie » de Besançon, d’exquises esquisses pour des tapisseries ou encore le Rémouleur et la sublime Porteuse d’eau du musée de Budapest. Celle-ci est confrontée à une excellente copie qui permet de se livrer à loisir au jeu des différences. Il serait fastidieux d’énumérer les surprises que révèle l’exposition. Une dernière pour la route : les quatre peintures ténébristes du musée de Besançon. Ces séduisants « Goya » sont sans doute l’œuvre d’un de ses meilleurs collaborateurs, Asensio Julià, dont on admire également ici deux dessins poussés au noir. Selon Wilson-Bareau, Julià serait également l’auteur du Colosse, célèbre « Goya » du musée du Prado qu’elle avait « dézingué » en 2008, suscitant émoi et consternation.
Une des leçons qui s’impose est que les Goya « désattribués » sont loin d’être sans qualité. Un chantier considérable s’ouvre pour retrouver leurs auteurs. « Ce n’est qu’un premier pas, commente, modeste, Wilson-Bareau. J’espère que l’exposition va encourager les collectionneurs et les institutions possédant des Goya « à problèmes » à travailler sur leurs œuvres. » Elle rêve d’une grande exposition internationale pour le bicentenaire de la mort de l’artiste en 2028, qui remettrait tout à plat… Certains, comme le musée d’Agen lui-même (son Autoportrait de Goya a bien résisté !) ou le Metropolitan Museum, ont déjà commencé. En attendant, l’exposition d’Agen est un régal. Scénographiée par Anagramme Audiovision en quatre cabinets d’amateur qui offrent une belle intimité avec les œuvres, elle se coule dans un « récit de vie » de Goya qui s’adresse à tous publics.

Attribué à Francisco José de Goya y Lucientes, Scène des caprices © Musée des Beaux-Arts d’Agen

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Quelle commande va permettre à Barbara Hepworth d’accéder à une reconnaissance internationale ?

Jusqu’au 22 mars, le musée Rodin monte avec la Tate de Londres une rétrospective de la sculptrice britannique Barbara Hepworth (1903-1975). Son travail, entre abstraction et figuration, s’attache aux formes libres et aux notions de plein et de vide.

QUESTION

Quelle commande va permettre à Barbara Hepworth d’accéder à une reconnaissance internationale ?


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RÉPONSE

En 1961, Barbara Hepworth reçoit la commande d’un monument destiné au siège des Nations Unies à New York en hommage à son secrétaire général disparu dans des circonstances dramatiques. Le bronze Single Form, inauguré en juin 1964, donne alors une grande visibilité à la sculptrice britannique.

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disponible sur Amazon ou dans les librairies dont les noms figurent le site www.leslibraires.fr

Barbara Hepworth
In Fine Éditions d’art, 256 pp., 35 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition présentée au musée Rodin
du 5 novembre 2019 au 22 mars 2020 en partenariat avec la Tate
et avec le soutien du British Council et de l’Ambassade de Grande-Bretagne.

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Idée lecture : La tapisserie de Bayeux pour soi

L’une des plus fascinantes narrations visuelles du monde occidental, la broderie dite Tapisserie de Bayeux, attendait ce livre d’exception. Fruit de la collaboration de deux spécialistes du Moyen Âge, il dresse en dix chapitres principaux un état précis des connaissances et questions relatives à cette œuvre, mine d’informations sans équivalent sur son époque et illustrant, en véritable bande dessinée avant la lettre, la conquête de l’Angleterre menée à bien, après la bataille d’Hastings du 14 octobre 1066, par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant. On peut, en outre, suivre pas à pas chaque scène analysée de façon exhaustive en se reportant à la reproduction jointe de la broderie sous forme de dépliant de quelque trente mètres de long, soit à moitié d’échelle seulement de l’œuvre originale, toujours conservée à Bayeux. Réaliser une telle broderie demandait la maîtrise de moyens considérables joints à de multiples collaborations, et les auteurs exposent avec rigueur les principales hypothèses tirées de textes anciens, d’interprétation très complexe et concernant les commanditaires, date et lieu de fabrication. Dans la mesure où l’œuvre se veut justificatrice d’une conquête d’une incroyable brutalité qui toucha les contemporains, l’hypothèse que ce travail vit le jour peu après 1066 dans un monastère féminin de Cantorbery paraît la plus solide.

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Collection privée : Weisman & Michel, deux Américains à Paris

Ils sont américains, et depuis toujours épris d’art français. David E. Weisman et Jacqueline E. Michel se sont rencontrés il y a près de vingt-cinq ans, au cours d’une blind date. L’un et l’autre avaient déjà, chacun de son côté, commencé une collection, et leur passion commune pour la peinture, le dessin, la littérature, la musique, les a réunis. Ils possèdent aujourd’hui un bel ensemble d’œuvres dédié au Montmartre des années 1880-1916, constitué en collaboration avec Phillip Dennis Cate, directeur émérite du Zimmerli Art Museum of New Jersey et co-commissaire de cette exposition au côté de Saskia Ooms, responsable de la Conservation au musée de Montmartre. « Lorsque j’ai rencontré David E. Weisman, il y a six ans, il avait un ensemble d’affiches françaises, ainsi que des photographies, et de l’art africain, se souvient Phillip Dennis Cate. Je lui ai suggéré de resserrer davantage ses acquisitions, autour du Paris fin de siècle et de la Belle Époque. Au fil des années, je lui ai proposé plus de deux mille œuvres, dénichées dans les galeries, les librairies, auprès de collectionneurs privés. Il a retenu celles qui lui plaisaient, qui le touchaient. »

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L’ouvrage « 400 femmes artistes » reçoit le Prix des Librairies « J’aime le livre d’art » 2019

Le prix a été décerné hier soir, 6 novembre 2019, par Pascale Le Thorel, présidente du groupe Arts et Beaux livres, et Éric de Chassey, actuel directeur de l’Institut National de l’Histoire de l’Art. 400 femmes artistes, traduit de l’anglais, des éditions Phaidon, est un ouvrage totalement inédit. Jamais un ouvrage consacré aux femmes n’avait été aussi complet. Cet ouvrage retrace la vie et l’œuvre de plus de 400 femmes artistes, couvrant une période 500 ans, allant de la première sculptrice de la Renaissance italienne Properzia De’ Rossi (1490-1530) à l’artiste américaine Tschabalala Self (1990), originaire de New York. À travers un long travail de sélection, de la part d’experts en art venant du monde entier, ce livre illustre la volonté de représenter la plus grande variété d’artistes femmes qu’il était possible de faire. Cet ouvrage apporte une vision différente de l’histoire de l’art en montrant la légitimité des femmes artistes dans le monde de l’art, leur création, leurs combats ainsi que leur place sur le marché.
Le Prix de la plus belle vitrine ou de la plus belle table sera, quant à lui, décerné en janvier 2020. Il reviendra à trois librairies : une de Paris ou de Région parisienne, une en région et une provenant d’un pays francophone. Les lauréats gagneront un week-end culturel « à la carte » pour deux personnes.

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[On repeint l’expo] Le Greco face à Toulouse-Lautrec au Grand Palais

Les journalistes et critiques d’art d’« On repeint l’expo », Guy Boyer, directeur de la rédaction de « Connaissance des Arts », Philippe Dagen (« Le Monde »), Valérie Duponchelle (« Le Figaro »), Sarah Hugounenq (« Le Quotidien de l’art » et « La Gazette Drouot ») et Yves Jaeglé (« Le Parisien ») pèsent le pour et le contre et vous livrent leurs analyses.

« Le Greco »
jusqu’au 10 février 2020
+ d’infos

« Toulouse-Lautrec. Résolument moderne »
jusqu’au 27 janvier
+ d’infos

au Grand Palais, Paris

Les expos coups de cœur du mois

 

Rembrandt-Velázquez
Dutch & Spanish Masters. Dialogues on reality and eternity, religion and beauty
Rijksmuseum, Amsterdam
jusqu’au 19 janvier
+ d’infos

recommandées par Guy Boyer

Kiki Smith
La Monnaie de Paris
jusqu’au 9 février
+d’infos

recommandées par Valérie Duponchelle

Vincenzo Gemito (1852-1929)
Le sculpteur de l’âme napolitaine
Petit Palais, Paris
jusqu’au 26 janvier
+d’infos

recommandées par Yves Jaéglé

Le monde nouveau de Charlotte Perriand
Fondation Louis Vuitton, Paris
jusqu’au 24 février
+ d’infos

recommandées par Philippe Dagen

Félix Fénéon.
Les temps nouveaux, de Seurat à Matisse
Musée de l’Orangerie, Paris
Jusqu’au 27 janvier

recommandées par Sarah Hugounenq

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L’incroyable histoire du trésor dérobé de la cathédrale d’Oloron-Sainte-Marie

Non, ce n’est pas le scénario d’un film d’action hollywoodien. Lundi 4 novembre vers 2 heures du matin, trois individus cagoulés ont pénétré dans la cathédrale d’Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantique) en forçant une de ses portes à l’aide d’un tronc d’arbre fixé sur le capot de leur voiture. Les malfaiteurs se sont ensuite rendus dans les chapelles annexes, ont scié à la disqueuse les barreaux des grilles qui protégeaient les précieux objets liturgiques et brisé les vitres anti-intrusion du trésor. L’inventaire des pièces manquantes est toujours en cours mais on sait d’ores et déjà que les voleurs se sont emparés de plusieurs pièces d’orfèvrerie (notamment un ostensoir de plus d’un mètre de haut richement orné, des patènes et des encensoirs dorés), des habits sacerdotaux ainsi que la pièce maîtresse du trésor : une chape (vêtement sacerdotal) blanche et dorée du XVIe siècle ornée de salamandres, emblèmes de François Ier, qui aurait été donnée à l’évêque d’Oloron par le souverain. Cet habit, restauré au XVIIIe siècle, constituait le clou du spectacle des visites guidées pour les pèlerins faisant une étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. La sélection des pièces du butin indique que les individus étaient organisés et connaissaient la valeur des objets. Pour le moment, les auteurs sont en cavale et la gendarmerie étudie les images des caméras de vidéo surveillance heureusement installées à l’intérieur de l’édifice. Ce casse rappelle tristement celui de la cathédrale d’Angoulême, en 2017, dont plusieurs pièces insignes, dont la remarquable couronne de Notre-Dame d’Obézine, n’ont jamais été retrouvées.

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Ma langue au chat : Quel mouvement artistique français Barbara Hepworth intègre-t-elle en 1933 ?

Jusqu’au 22 mars, le musée Rodin monte avec la Tate de Londres une rétrospective de la sculptrice britannique Barbara Hepworth (1903-1975). Son travail, entre abstraction et figuration, s’attache aux formes libres et aux notions de plein et de vide.

QUESTION

Quel mouvement artistique français Barbara Hepworth intègre-t-elle en 1933 ?


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RÉPONSE

Barbara Hepworth intègre le groupe Abstraction-Création. C’est Sophie Taeuber-Arp, la compagne du sculpteur Jean Arp et créatrice elle-même, qui introduit Ben Nicholson et Barbara Hepworth au sein du groupe Abstraction-Création fondé par Auguste Herbin, Jean Hélion et Georges Vantongerloo.

Toutes les réponses figurent dans le catalogue publié par In Fine Éditions d’art,
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Barbara Hepworth
In Fine Éditions d’art, 256 pp., 35 €
Cet ouvrage est publié à l’occasion de l’exposition présentée au musée Rodin
du 5 novembre 2019 au 22 mars 2020 en partenariat avec la Tate
et avec le soutien du British Council et de l’Ambassade de Grande-Bretagne.

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Banksy ouvre sa boutique en ligne pour défendre son droit d’auteur

Alors que son tableau Devolved Parliament s’est vendu à 11,1 millions d’euros chez Sotheby’s au début du mois d’octobre, Banksy, de son côté, a ouvert une (pseudo) boutique éphémère à Croydon, dans la banlieue sud de Londres. Intitulée « Gross Domestic Product » (« Produit intérieur brut », en français), cette nouvelle intervention de l’artiste dans l’espace public prend l’aspect d’une vaste vitrine sur rue derrière laquelle de nombreux objets et produits dérivés sont mis en scène, sur le modèle des grands magasins. On y trouve notamment un tee-shirt orné de la célèbre La Petite fille au ballon rouge dont le bas semble être passé à la déchiqueteuse (une référence à la vente aux enchères spectaculaire de l’an passé), une horloge à l’effigie de l’emblématique rat de l’artiste ou encore un tapis en fausse peau de bête qui détourne l’image de la mascotte des céréales Frosties de Kellogg’s. Malheureusement, les portes de cet alléchant pop-up store sont restées bel et bien fermées et toutes les pièces exposées viennent d’être mises en vente que sur Internet, après la « fermeture » du magasin. Quant à la raison d’être de cette installation (qui intervient quelques mois à peine après celle de la place Saint-Marc à Venise), Banksy précise lui-même dans un communiqué qu’elle est bien peu « poétique ». L’objectif est en effet ici pour l’artiste d’affirmer son droit d’auteur afin d’éviter que la société de cartes de vœux Full Color Black ne s’approprie légalement la commercialisation de son nom. Comme l’indique un texte affiché sur les lieux, la riposte la plus efficace était encore la mise en vente par l’artiste lui-même de ses propres produits (droit des marques oblige). Ce panneau, qui révèle le slogan de la boutique éphémère « Gross Domestic Product. Where art irritates life » (« Là où l’art irrite la vie »), précise également que tous les objets ont été créés en Grande-Bretagne, à partir de matériaux existants ou recyclés. Les premiers prix démarrent à £10 mais étant donné que les quantités sont extrêmement limitées, il sera probablement difficile d’acquérir l’une des créations du plus célèbre des artistes anonymes. Mais les premiers arrivés ne seront pas les premiers servis. Pour départager les acheteurs des œuvres, le Street Artiste demande aux participants de s’inscrire jusqu’au 28 octobre, de choisir un seul produit et de répondre en moins d’une cinquantaine de mots à la question : « L’art est-il important ? ». Humour noir et discours critique appréciés. Selon le souhait de Banksy, les bénéfices des ventes serviront à financer un nouveau navire de sauvetage de l’activiste Pia Klemp, l’ancien ayant été confisqué par le gouvernement italien.

Vous aussi, tentez votre chance : www.shop.grossdomesticproduct.com

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31 œuvres offertes au musée des Beaux-Arts de Saint-Lô

Le conseil municipal de Saint-Lô a annoncé, le 1er octobre dernier, l’enrichissement prochain des collections du musée suite à la donation de Marie-Claire Ballabio et Jeannine Poitrey, deux collectionneuses de Biarritz. Celle-ci concerne 31 œuvres couvrant l’histoire de l’art du XIIIe au XXe siècle et illustre une grande variété de domaines de création, à savoir onze rondes-bosses et panneaux sculptés, six objets d’art et trois éléments d’arts décoratifs  (dont un vase d’Émile Gallé), des objets liturgiques, sept peintures, une tapisserie, et deux objets ethnographiques. La rencontre des deux collectionneuses avec les responsables du musée de Saint-Lô remonte à 2015, à l’occasion du prêt d’un dessin de Jongkind présenté dans le cadre d’une exposition dédiée à l’artiste.
À la suite du décès de Madame Poitrey en 2018, Marie-Claire Ballabio a décidé de partager leurs collections entre les musées de Strasbourg et Saint-Lô.

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Yves Zurstrassen libère les couleurs au palais des beaux-arts de Bruxelles

Noir et blanc, rouge et vert, jaune et noir… La peinture d’Yves Zurstrassen est un jeu de longue distance avec les couleurs, associées selon une dynamique chaque fois réinventée. Est-ce de l’abstraction ? Au gré du parcours et des émotions qu’il inspire, nous voici plongés dans l’architecture arabo-andalouse, les sinuosités des moucharabiehs et des dentelles flamandes, des réminiscences fragmentées des danses de Matisse et toujours, permanentes, les arabesques du free jazz. On voit passer les fantômes de Guernica, un morceau du crâne de Cézanne à travers des formes perforées qui sont peut-être des traces de Meccano. La technique, subtile, d’arrachage des papiers, nous laisse face à des tatouages, des figures raclées, des assemblages faussement naïfs. L’esthétique du collage, au départ dominante, s’est, au fil des années, effacée pour se dissoudre complètement et abandonner un artiste libéré.

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