connaissance des arts

Tigres et dragons de Rosetsu au Museum Rietberg à Zurich

Tour à tour réaliste ou abstraite, minutieuse ou gestuelle, la peinture du Japonais Nagasawa Rosetsu (1754-1799) fascine par sa modernité. Pour la première fois, les quarante-huit panneaux coulissants ainsi qu’un ensemble de rouleaux suspendus réalisés par l’artiste pour le temple Muryoji de Kushimoto sont présentés hors du Japon. Avec, en point d’orgue, Le Tigre et Le Dragon, que Rosetsu aurait, selon la légende, peints en une seule nuit.

Cet article Tigres et dragons de Rosetsu au Museum Rietberg à Zurich est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Sur l’écran bleu de Jacques Monory

Il s’est toujours rêvé dandy ou gangster, dans ses toiles-écrans où il rejoue inlassablement des scènes de films noirs américains. À la veille d’une exposition au Fonds Leclerc, le peintre Jacques Monory nous ouvre les portes de son atelier à Cachan, dans le Val-de-Marne.

D’emblée, la porte d’entrée annon­ce la couleur. Nous sommes ici dans l’atelier d’un maître de la monochromie, le peintre Jacques Monory, pour qui la « période bleue » n’en finit pas de durer. Dans un espace blanc éblouissant de lumière sous la verrière, des toiles grands formats sont alignées près du mur, emballées et étiquetées : Explosif n° 1, Hommage à Edward Hopper, Folie de femme n° 6, prêtes à partir pour le Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la culture à Landerneau, qui consacre une grande exposition à l’artiste. Souriant, un chapeau vissé sur la tête, Jacques Monory apparaît. Silhouette longiligne et familière qui se représente dans la plupart de ses œuvres en dandy ou en gangster, portant le classique Stetson des acteurs de films noirs américains. « Je connais peu d’exemples aussi constants de peintres qui se mettent eux-mêmes en scène dans des situations et des séries évolutives. La raison principale est que le sujet que j’ai sous la main constamment, que je peux observer, étudier, c’est moi. Donc je m’espionne en gardant évidemment une distance vis-à-vis de moi-même », ironise ce passionné de romans noirs, dans un entretien accordé à Henri-François Debailleux pour le catalogue de l’exposition.

Né à Paris en 1924 d’une mère ­coutu­riè­re et d’un père, argentin, chauffeur pour dames ou pour révolutionnaires des Brigades internationales, Jacques Monory est l’un des représentants majeurs de la ­Figuration ­Narrative avec Hervé Télémaque, Bernard Rancillac et Peter Klasen. Repéré en 1964 par le critique d’art Gérald Gassiot-­Talabot lors de l’exposition « Mythologies quotidiennes » au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, l’artiste est l’auteur de ­séries de toiles monochromes bleues, roses et jaunes qui évoquent de manière obsessionnelle le fait divers et la mort (Meurtres, 1968-1969), la solitude et l’attente (New York, U.S.A., 1971-1974, Death Valley 1974-1975), la folie du monde (Catalogue mondial des images incurables, 1972-1974, Catastrophes, 1976) et les femmes aimées (Folies de femmes, 2005-2007, Peintures sentimentales, 2010).
Paule, qui partage sa vie depuis trente et un ans, accorde une attention bienveillante aux propos pleins d’humour de son mari. On reconnaît sa crinière blonde, qui traverse l’œuvre de Jacques Monory depuis le court-métrage La Voleuse en 1983 jusqu’aux Peintures sentimentales, en passant par La Vie imaginaire de Jonq’Erouas Cym n° 13, où elle danse avec l’artiste devant un building en flammes. « Jacques était en train de peindre ce tableau le jour où les avions ont percuté les tours jumelles du World Trade Center, le 11 septembre 2001 », se rappelle-t-elle. À l’évocation de ce souvenir, Monory ironise : « Je suis un peintre voyant ».

Monory-chromie

Au centre de l’atelier, sur un chevalet éclaboussé de peinture à l’huile bleue – commercialisée sous le nom de « Bleu Monory » chez Marin, fabricant de matériel à Arcueil – est posée une toile récente de 2011, Noir et bleu n° 2. « Le bleu agit comme un écran entre le spectateur et le sujet de chaque toile. C’est un bon truc, je peux à la fois montrer des choses très dures et m’en protéger », explique l’artiste. « J’y suis arrivé rapidement parce que c’est une couleur qui présente beaucoup d’avantages. On peut la travailler en dégradé, en partant quasiment de la valeur du noir pour arriver jusqu’au bleu clair ou au blanc, et ce n’est jamais infect. Faites ça avec du rouge, c’est à vomir. Montrer un meurtre avec du sang bien rouge peut donner lieu à une sorte d’illustration de mauvais goût tandis qu’avec cette distanciation, on passe dans le monde mental. » Mais comme les autres peintres de la Figuration Narrative, Jacques Monory ne dessine pas directement sur la toile. Dans la pénombre, il projette d’abord une photographie à l’aide d’un appareil de diapositives, en dessine les contours avec des feutres puis applique la peinture à l’huile au pinceau.

Assassin et victime

Les images sont souvent des photogram­mes de films qui l’ont inspiré : ainsi un ­ins­tantané de Citizen Kane d’Orson Welles se retrouve-t-il dans Fragile n° 2 « Manet-Hawks » (1983), un extrait de La Jetée de Chris Marker apparaît dans Image incurable n° 10 (1973), Jacques Monory allant jusqu’à incarner sur la toile Technicolor n° 11– série B (1977) le malfrat du film Scarface de Howard Hawks, coiffé d’un Stetson et tirant violemment avec une mitraillette Thompson. Au-delà de la simple citation, son travail emprunte au cinéma le format panoramique, le bleu de la nuit américaine ou les couleurs magenta, cyan et jaune du Technicolor hollywoodien. De surcroît, la toile est souvent fragmentée en plusieurs images et ce collage pictural s’apparente à un montage cinématographique, comme dans les premiers numéros du Catalogue mondial des images incurables, où l’émotion du regard naît du rapprochement des toiles. « J’opère par collage : c’est l’association de deux éléments, de deux images qui a pour effet de produire une troisième image mentale », ajoute Jacques Monory. À cette « collision d’images » viennent parfois s’ajouter des objets réels : l’ampoule allumée de Tremblement n° 10 (2000), la cordelette d’Ariane, Hommage à Gesualdo (1967), le rideau de perles de Fragile n° 8, Paule 1 (1985), sans compter des pellicules de films, des miroirs brisés par des impacts de balles, des douilles et même un revolver posé devant la toile Metacrime n° 14 (1990). « L’œuvre de Jacques Monory est d’une grande créativité et donne lieu à une véritable expérimentation des formes, comme en témoigne la peinture éclatée sous Plexiglas d’Out of the blue de 1967. Très tôt, Jacques Monory a créé des installations avec ses œuvres », analyse Pascale Le Thorel, commissaire de l’exposition du Fonds Leclerc. Cent cinquante toiles emblématiques du parcours de l’artiste sont exposées, aux côtés de ses courts-métrages (Ex, 1968, La Voleuse, 1985), des romans dont il est l’auteur (Diamondback en 1979, Eldorado en 1991, Angèle en 2005…) et de ses livres-objets. Telle la valise de tueur à gage qu’il réalisa en 1975, contenant un exemplaire de tête du livre La victoire à l’ombre des ailes de l’auteur Stanislas Rodanski, six sérigraphies signées et un revolver, le tout transpercé par deux balles tirées par l’artiste à la Winchester. Cette action artistique est aussi le sujet d’une grande toile de 1977 : Monet est mort. Technicolor n° 1, où l’on voit Jacques Monory tirer à la carabine sur une mallette dans un paysage évoquant les Nymphéas.
Comme l’artiste des Tirs, Niki de Saint Phalle, qui avait participé elle aussi à l’exposition « Mythologies quotidiennes » en 1964, Jacques Monory chercherait-il à « tuer la peinture » ? Aujourd’hui âgé de 90 ans, Jacques Monory cherche plutôt à conjurer l’angoisse de la mort dans ses toiles en se représentant successivement en assassin et en victime, et cela depuis la fin des années 1960 avec la série Meurtres. Dans l’atelier figure un panneau d’images d’inspiration, dont plusieurs photos de tigres qui ont servi à créer une suite de toiles pour une exposition à la Fondation Maeght en 2009. Plus loin, un portrait de Paule et une reproduction du Crâne de Gabriel Orozco sont accrochés près des Lettres à Lucilius de Sénèque, adressées par le philosophe stoïcien lors des dernières années de sa vie à son disciple Lucilius le Jeune. « Cet insupportable événement de la mort, j’essaie de l’agrémenter du faste de la tragédie, le colorer de la froideur du roman noir, du thriller bleuté, du délire glacé d’un romantisme dérisoire », a déclaré l’artiste il y a deux ans déjà.

Cet article Sur l’écran bleu de Jacques Monory est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

[Avant-Première] L’architecture selon Christian de Portzamparc (1/2)

Véritable « Nobel des Arts », le Praemium Imperiale célèbre cette année sa 30e édition. Organisée par la Japan Art Association,le remise des récompenses a lieu le 23 octobre au Meiji Kinenkan à Tokyo. À cette occasion, Christian de Portzamparc, lauréat dans la catégorie Architecture pour l’ensemble de sa carrière, nous expose les principes directeurs de son travail.

Cet article [Avant-Première] L’architecture selon Christian de Portzamparc (1/2) est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Fiac Hors Les Murs 2018 : Tous aux Tuileries !

 Richard Long
Blue Sky Circle, 2002, marbre blanc, granite rose, diam. : 640 cm
Tucci Russo, Torino

Kohei Nawa
Ether#34 / Ether#35, 2018, aluminium et peinture, 418 x 44,5 x 44,5 cm
SCAI THE BATHHOUSE, Tokyo
Pace, New York, London, Beijing, Hong Kong, Palo Alto, Séoul, Genève

François-Xavier Lalanne
Le très grand ours, 1994-2015, bronze, 300 x 150 x 150 cm
Galerie Mitterrand, Paris

Alicja Kwade
Revolution (Gravitas), 2018, acier inoxydable, pierres, 117 x 230 x 225 cm
Kamel Mennour, Paris, London

Vladimir Skoda
Sphère de Ciel – Ciel de Sphères, 2004-2018, acier inoxydable, 3 éléments, diam. : 280, 210 et 160 cm
Catherine Issert, Saint-Paul

Alexander Calder
Janey Waney, 1969, acier peint, 772 x 762 cm
Leslee and David Rogath
Van de Weghe, New York

Michele Spanghero
Dia, 2016, fibre de verre vernie et fer, 187 x 85 x 289 cm
Galerie Alberta Pane, Paris, Venezia

Zhan Wang
Jiashanshi n°106, 2006, acier inoxydable, 442 x 350 x 180 cm
Pace, New York, London, Beijing, Hong Kong, Palo Alto, Séoul, Genève

Henk Visch
Du Livre du matin, 2018, bronze, 220 x 120 x 140 cm
Tim Van Laere Gallery, Antwerp

Franz West
Dorit, 2002, aluminium laqué, 600 x 150 x 150 cm
Venus Over Manhattan, New York

Pablo Reinoso
Le Cercle, 2018, acier peint, 8 éléments, 600 x 1200 m
Waddington Custot, London

©Guy Boyer

Cet article Fiac Hors Les Murs 2018 : Tous aux Tuileries ! est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Dans les petits papiers d’Hodler

On croit tout connaître d’un artiste. Et l’exploration d’archives pléthoriques vient livrer son lot de surprises. Ainsi, on retrouve dans celles de Ferdinand Hodler une partie de son fonds d’atelier et une abondante documentation, estimée à près de quatre-vingt mille pièces (manuscrits, lettres, contrats, photographies, ébauches, coupures de presse et objets). La Fondation Bodmer en présente les pièces les plus remarquables.

Cet article Dans les petits papiers d’Hodler est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Licini chez Peggy Guggenheim

Le peintre italien Osvaldo Licini (1894-1958) fait lui aussi un retour en force dans la Cité des Doges. Ayant figuré parmi les premiers peintres abstraits italiens, Licini, en fin connaisseur de tous les courants picturaux de son temps, sut se forger une voie particulière dans laquelle sa palette lumineuse, unissant l’abstraction géométrique à une introspection d’esprit surréaliste, transcendait une vision pessimiste du monde en une réjouissante fanfare.

Cet article Licini chez Peggy Guggenheim est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Dans les rêves de Tomás Saraceno

« J’arrive − excusez-moi ! − par la dernière trombe. Je suis un peu couvert d’éther. J’ai voyagé ! J’ai les yeux tout remplis de poudre d’astres. J’ai Aux éperons, encor, quelques poils de planète ! » Tomás Saraceno pourrait faire sienne cette tirade de Cyrano. Point de « cheveu de comète » sur son pourpoint, mais l’artiste en jean et tee-shirt marine, qui vit et travaille « sur et au-delà de la planète Terre », a des étoiles plein les yeux. Le regard bleu pétillant, entre savant fou et petit garçon malicieux, il déambule parmi les soixante collaborateurs qui s’affairent pour préparer sa Carte blanche au Palais de Tokyo : architectes, designers, ingénieurs, anthropologistes, biologistes, historiens de l’art, musiciens et… spécialistes des araignées. Depuis six ans, l’Argentin né en 1973 à Tucumán a installé son atelier dans un ancien bâtiment administratif d’Agfa recouvert de tags, et dans l’ancienne usine attenante à Berlin-Rummelsburg.

Inspiré par les récits « cosmicomiques » d’Italo Calvino, il est connu pour avoir installé en 2012 une « Ville-nuages » sur le toit du Metropolitan Museum of Art de New York, pour avoir réalisé en 2015 le record du monde du plus long vol habité en ballon flottant à l’énergie solaire, et pour avoir été le premier à reconstruire les habitats tissés des araignées sous forme d’installations artistiques. « Je collectionne les toiles d’araignées. À ce jour, j’en ai plus de cinq cents », dit-il en souriant, s’amusant de sa propre folie. Spiderman ayant conquis la Sérénissime lors de la Biennale de Venise 2009 avec une œuvre intitulée Galaxies Forming Along Filaments, Like Droplets Along the Strands of a Spider’s Web (Galaxies se formant le long de filaments, comme des gouttelettes le long des fils d’une toile d’araignée), il a installé au deuxième étage de son atelier un laboratoire d’arachnides, où deux cents araignées de trente espèces distinctes filent leurs toiles. […]

Cet article Dans les rêves de Tomás Saraceno est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Décès de Paul Allen, cofondateur de Microsoft et grand collectionneur

Informaticien de génie, Paul Allen est né en 1953 à Seattle aux États-Unis. Il y a rencontré, à l’école primaire, Bill Gates avec qui il partageait le goût de l’informatique. Quelques années plus tard, Paul Allen, alors étudiant à la Washington State University, a décidé d’arrêter les études pour devenir programmateur et a convaincu Bill Gates d’en faire de même et de quitter la prestigieuse Harvard University. En 1975, ils ont fondé Microsoft afin de créer des programmes informatiques pour des ordinateurs personnels. Cinq ans plus tard, IBM a bouleversé la vie de l’entreprise naissante, la choisissant pour concevoir le système d’exploitation de son premier PC. Les prémices de Windows étaient lancés. L’entrée en bourse de Microsoft a fait de Paul Allen un milliardaire (sa fortune a été estimée par le magazine Forbes à 20 milliards de dollars), ce qui lui a permis d’assouvir sa passion pour l’art en devenant un de plus grands collectionneurs du monde. Ainsi il a compté, sans discontinuer depuis 1999, dans la liste « 200 Top Collectors » d’ARTnews ! Très discret à ce sujet, Paul Allen n’a accepté qu’en de rares occasions de dévoiler une partie de sa collection : une exposition itinérante entre Portland, Minneapolis, Washington et Seattle a été organisée entre 2016 et 2017 pour montrer une trentaine de ses tableaux. Parmi eux, le public a pu admirer des œuvres de Canaletto, Hockney, Klimt, Monet ou encore Turner. En 2015, Paul Allen a également fondé dans sa ville natale la Seattle Art Fair, qui s’est rapidement imposée comme l’une des foires les plus dynamiques des États-Unis, et a contribué à la création, dans la même ville, du Museum of Pop Culture.

Cet article Décès de Paul Allen, cofondateur de Microsoft et grand collectionneur est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Idée Lecture : Peinture et lecture, toute une histoire

Les auteurs y soulignent les liens étroits entre le développement du livre, depuis l’invention de l’imprimerie par Gutenberg, et l’émergence de la figure de l’artiste telle que nous la connaissons aujourd’hui. La relation des peintres à la lecture est également explorée à travers l’analyse de peintures occidentales dans lesquelles la figure du lecteur est centrale. Le livre illustré dans la toile étant pour l’artiste le moyen de dire quelque chose de la société à laquelle il appartient, nous sommes donc invités à y voir bien davantage que la simple représentation artistique d’un objet du quotidien. La symbolique livresque permet aux artistes présentés, de Vermeer à Magritte, d’aborder subtilement divers thèmes tels que la religion, l’érudition, l’amour ou l’inégalité entre les sexes.

Cet article Idée Lecture : Peinture et lecture, toute une histoire est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Décès de Jacques Monory, peintre emblématique de la Figuration narrative

Né en 1924 à Paris, Jacques Monory a étudié à l’école des Arts appliqués de Paris où il a suivi une formation de peintre décorateur. Puis il a travaillé pendant dix ans chez l’éditeur de livre et de photographie Robert Delpire. Dans les années 1960, il devient rapidement l’un des piliers du mouvement de la Figuration narrative, déclinaison française du Pop Art, en présentant deux œuvres majeures : Meurtres (1968) et Velvet Jungle (1969). Il y a témoigné de sa passion pour l’esthétique cinématographique et pour les univers noirs, les atmosphère inquiétantes avec lesquels il peignait des « faits divers symboliques ». Jacques Monory a pratiqué aussi bien la peinture que la photographie et le cinéma, mais toujours avec ce répertoire de motifs récurrents inspiré de ses voyages aux Etats-Unis, et composé de voitures, de revolvers, de femmes. En 1975, il a été reçu dans la galerie Maeght, avant d’être invité à la Biennale de Venise, onze ans plus tard. En 1992, il a également participé à l’Exposition universelle de Séville dans le Pavillon français. Son œuvre est célèbre par son utilisation si particulière de la couleur bleue, qui possède, selon lui, « un certain sens : l’expression du désir impossible, le bleu romantique ». « Peut-être qu’un jour je peindrai avec toutes les couleurs. Ce jour-là, j’aurai brisé la séparation entre moi et le monde » déclarait-il. En 2005, le MAC VAL de Vitry-sur-Seine lui avait consacré son exposition inaugurale, avant que le Fonds Hélène et Edouard Leclerc à Landerneau ne lui accorde également une rétrospective importante en 2014. Dans le cadre de la préparaton de cette exposition, l’artiste nous avait exceptionnellement ouvert les portes de son atelier à Cachan, dans le Val-de-Marne.

Cet article Décès de Jacques Monory, peintre emblématique de la Figuration narrative est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Un surréalisme suisse ?

S’il naît en France, le surréalisme est une affaire internationale. La Suisse compte quelques-uns des représentants les plus éminents de ce mouvement, avec Alberto Giacometti et Meret Oppenheim. Mais, au-delà de ces individualités remarquables, existe-t-il quelque chose comme un surréalisme suisse ? L’Argauer Kunsthaus a entrepris de répondre à cette question complexe, en explorant les années 1930 à 1950. Mais l’exposition étend son investigation aux décennies suivantes, comme pour souligner la permanence d’une inspiration en apparence si étrangère au génie suisse.

Cet article Un surréalisme suisse ? est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Décès de Takehisa Kosugi, figure majeure du mouvement Fluxus

Après des études en musicologie à l’université des arts de Tokyo, Takehisa Kosugi s’est consacré à la création de pièces de musique expérimentale en explorant plus particulièrement les potentialités du violon dans ce domaine. Membre de différentes formations musicales (Ongaku, Taj Mahal Travellers), il fut l’un des premiers à travailler sur l’improvisation collective et la performance multimédia. Il a également été étroitement associé au groupe Fluxus, en participant en 1964 à l’édition du livre d’artistes Fluxus 1 pour lequel il a composé Theatre Music. La même année, George Maciunas, fondateur du mouvement, a publié Events, un ensemble de dix-huit cartes imprimées où l’artiste détaillait des instructions de performance. Cette œuvre, dont le Whitney Museum of American Art possède un exemplaire, illustre la posture radicale de Kosugi vis-à-vis de la musique qui, selon lui, devait être pensé comme un art également visuel et performatif, que chacun pouvait expérimenter dans sa vie quotidienne. L’artiste s’est produit au Town Hall de New York, en 1967, lors d’un long concert, intitulé Music Expanded, pour lequel l’ont assisté les artistes Charlotte Morrman et Nam June Paik. En 1969, il a fondé Taj Mahal Travellers, un groupe de sept artistes hippies japonais qui, durant deux années, a traversé le continent européen, depuis la Hollande jusqu’en Inde, réalisant des performances électro-acoustic et des happenings en Grande Bretagne, en Itale et en Allemagne. À partir de 1977, Takehisa Kosugi a travaillé en collaboration avec la Mercy Cunningham Dance Company, dont il est devenu le troisième directeur musical, après John Cage et David Tudor, de 1995 à 2012. S’adonnant aussi bien à la musique, à la danse, à la performance ou à l’édition, Kosugi n’a eu de cesse d’explorer les relations entre les sons, le temps, les objets et leur environnement. Son œuvre invite à repenser les frontières entre l’art, la musique et la vie.

Cet article Décès de Takehisa Kosugi, figure majeure du mouvement Fluxus est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Le corps en action à Lille

Riche de deux cent huit clubs sportifs de diverses disciplines, la Ville de Lille propose une vingtaine d’expositions photographiques liées à la pratique sportive en mettant l’accent sur le football, au Tripostal, sur le cyclisme et les jeux olympiques, dans l’ancienne gare Saint-Sauveur, ainsi que sur la boxe à l’Hospice Comtesse. Occasion de découvrir, loin des figures médiatisés du sport, la diversité des pratiques nordiques et celle de ses acteurs et spectateurs anonymes.

Cet article Le corps en action à Lille est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Fiac 2018 : Des foires off pour tous

Cela semble de bon augure d’entendre Clément Delépine, codirecteur de Paris Internationale, affirmer qu’il existe en France davantage de collectionneurs qu’on ne le dit. Pour sa quatrième édition, la foire accueille des enseignes émergentes, mais aussi d’importants acteurs du marché, tels qu’Isabella Bortolozzi. « Nous permettons aux galeries plus confirmées de soumettre des projets spécifiques ou d’offrir un nouvel éclairage sur certains artistes. » Également dans « cette volonté de sortir de l’économie des records et de ne pas penser qu’à François Pinault ou Bernard Arnault », le galeriste Olivier Robert inaugure la foire Bienvenue, avec une vingtaine d’exposants, en majorité de l’Hexagone. Tandis que Romain Tichit, fondateur de la YIA, s’oriente vers des marchands plus établis qu’à ses débuts en 2010, mais peu montrés en France. D’autres géographies sont évidemment à l’honneur sur Asia Now, qui fait un focus sur le Japon et projette, en exclusivité européenne, le film Kusama Infinity, sur la célèbre artiste nipponne. Pour Marion Dana, de la New Galerie, « cette foire représente une formidable opportunité de développer un nouveau réseau d’acheteurs ». Ces derniers auront encore le choix de l’Outsider Art Fair, qui a bien réussi à s’implanter à Paris et propose, pour sa sixième édition, des prix permettant de se laisser toucher par le virus de la collection.

Cet article Fiac 2018 : Des foires off pour tous est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Pascal Convert, l’art, la mémoire, la barbarie

Le plasticien Pascal Convert expose un panorama photographique de seize mètres de long et un polyptyque restituant le site de Bâmiyân, en Afghanistan. C’est là que, en mars 2001, les Talibans dynamitaient deux bouddhas géants (53 m et 38 m) sculptés dans la falaise et pillaient quelque sept cent cinquante grottes. L’œuvre, saisissante, est complétée par un film, Les Enfants de Bâmiyân, des textes de Convert et un livre d’artiste réalisé avec Georges Didi-Huberman. Une exposition qui mérite bien plus qu’un simple détour !

Cet article Pascal Convert, l’art, la mémoire, la barbarie est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Première française pour Grayson Perry

À sa façon, Grayson Perry semble incarner une certaine idée de l’excentricité que l’on prête volontiers aux Britanniques. Une excentricité mise au service d’un propos souvent corrosif et, surtout, en phase avec les grandes questions du moment, à commencer par celle du genre. Mais, chez Perry, l’interrogation sur une identité sexuelle fluctuante s’accompagne d’une conscience sociale et politique. Il s’était fait connaître, au début des années 1980, grâce à ses œuvres en céramique. D’une certaine manière, il se positionnait en marge en choisissant une pratique artisanale, mais complètement revisitée : ses vases sont ainsi couverts de dessins réalisés avec la technique du sgraffite, de textes manuscrits et de pochoirs, de transferts photographiques et d’émaux. Sur le plan iconographique, il donne à ses œuvres une coloration volontiers politique, comme le montrent ses récentes productions autour du Brexit. L’artiste avait lancé un appel au public pour qu’on lui envoie des images et des textes destinés à orner deux vases, consacrés respectivement aux partisans du « Leave » et à ceux du « Remain ». Parallèlement à son travail de la terre, Perry s’est  intéressé à la tapisserie. Là encore, le résultat est décapant. Dans un style pop inspiré de la bande dessinée, il mobilise sans complexe les ressources de l’iconographie chrétienne dans des images noyées sous une abondance de détails incongrus. La Monnaie de Paris lui offre sa première exposition monographique française.

Cet article Première française pour Grayson Perry est apparu en premier sur Connaissance des Arts.

Pages