connaissance des arts

Vente Deneuve-Yves Saint Laurent : la haute couture sous le marteau

« Le vêtement doit être considéré comme une œuvre à part entière. » C’est sur cette première affirmation que nous reçoit Camille de Foresta, coqueluche de la jeune génération des commissaires-priseurs parisiens. Le timing est idéal, puisqu’on a célébré en fin d’année dernière l’anniversaire de la vente dite « du siècle », celle des collections d’art d’Yves Saint Laurent et de son compagnon Pierre Bergé (en 2008 chez Christie’s). C’est, là encore, toute une vie qui défile sous nos yeux à l’exposition de la vente avenue Matignon : plus de trois cent trente pièces qui témoignent de l’évolution stylistique d’Yves Saint Laurent, portée par l’une de ses muses – et pas des moindres -, la si Parisienne Catherine Deneuve. Pendant presque quarante ans, des folles années soixante au dernier défilé en 2002, l’actrice représente avec éclat le style Saint Laurent. « Nous avons voulu offrir une exposition muséale à ces pièces, qui voisinent avec nos spécialités traditionnelles, pour souligner les thèmes chers à Yves Saint Laurent, qui l’accompagnent tout au long de son évolution », explique Camille de Foresta. « Ce sont par ailleurs des thèmes qu’il puise, bien souvent, dans sa collection d’art personnelle. » Intéressant, donc, de les observer à travers le prisme d’une spécialiste d’objets d’art. « Yves Saint Laurent n’était pas un grand voyageur, ce sont principalement ses pièces, ses objets et ses livres qui le faisaient voyager et l’inspiraient ». Et lorsqu’on lui demande quelles sont ses pièces préférées, Camille de Foresta nous indique (non sans un certain éclat dans l’œil) les lots 46, 47, 48 et 80, aux accents japonais ou indochinois : kimonos retravaillés, soies précieuses, couleurs éclatantes, damassés et autres passementeries pour rêver d’ailleurs… Quant à nous, on ne sait où donner de la tête, des smokings blancs aux pochettes du soir, des sequins aux étoffes fuchsia ou vert émeraude. Mais on ne vous dévoilera pas tout : la haute couture est une multitude de secrets que l’on se chuchote, soufflait Yves Saint Laurent…

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Tableaux de dames chez Sotheby’s

Est-ce pour coller aux revendications du féminisme ambiant que Sotheby’s présente une vente de femmes peintres ? Non, répond Calvine Harvey, spécialiste en tableaux anciens à New York : « C’est la première fois que nous accordons une section de notre vente du soir aux artistes femmes. Car la demande de peintures de femmes de l’ère prémoderne et d’œuvres contemporaines a connu une croissance exponentielle au cours des cinq dernières années. En octobre dernier par exemple, Sotheby’s a battu le record d’une artiste vivante avec Propped de Jenny Saville à 12,4 millions de dollars (11 M€) ». Calvine Harvey souligne également l’enthousiasme déclenché par les grandes expositions sur Élisabeth Vigée-Lebrun ou Artemesia Gentileschi. Les œuvres mises en vente débutent au XVIIe siècle, avec une nature morte de Fede Galizia de 1610 estimée de 2 à 3 millions de dollars (de 1,7 M€ à 2,6 M€). Le XVIIIe siècle anglais s’illustre par un beau portrait de la future duchesse de Devonshire (de $ 600 000 à $ 800 000, soit de 620 000 € à 710 000 €). Les œuvres citées seront donc mises en vente le 30 janvier 2019 à New-York.

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Objectif Lune au Centre Pompidou

Anne-Frédérique Fer, rédactrice en chef de www.FranceFineArt.com, a rencontré Géraldine Gomez, programmatrice de « Hors Pistes », qui nous dévoile les notes d’intentions de la 14e édition du festival, baptisée « La Lune : Zone Imaginaire à Défendre » (à découvrir au Forum-1 du Centre Pompidou à Paris jusqu’au 3 février 2019). Pluridisciplinaire, attentif à la création de l’image en mouvement, « Hors Pistes » est également à l’écoute de la société, de son évolution, de son environnement, de ses attentes, de ses rêves. Si de tout temps, l’un des rêves de l’Homme a été, et est toujours de conquérir l’espace, et tout particulièrement la Lune, « Hors Pistes » – après la conquête de la mer en 2017 avec «Traversées » et celle de la frontière et de l’identité en 2018 avec « La nation et ses fictions » – continue d’investir la notion de territoire. Au regard de l’histoire de l’art et de la littérature, la Lune a toujours nourri l’imaginaire des artistes, où à travers des récits utopiques et dystopiques, ils se sont révélés être de véritables anticipateurs, des personnalités à produire du rêve, à développer l’imagination, à provoquer des fantasmes. Lire la suite ici.

Cet article a été rédigé par Anne-Frédérique Fer,
rédactrice en chef de la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt.
Réalisée par des artistes français et chinois,
la revue a été créée lors des années croisées France-Chine (2004-2005).
FranceFineArt est constituée de différentes rubriques
qui à l’aide de photographies, d’interviews sonores, de textes et de liens interactifs
rendent compte de la vie artistique, en France et en Chine.

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De chair et de sang : Le Caravage version Manara

Immergé dans l’Italie du XVIIe siècle, le lecteur découvre les dernières années du Caravage, un artiste à la renommée mondiale dont la vie scandaleuse et la mort auréolée de mystère ont contribué à façonner la légende. L’enfant terrible du baroque, dont l’œuvre puissante et novatrice, au réalisme brutal, a révolutionné l’histoire de la peinture, croise à nouveau la route de Milo Manara, dessinateur et scénariste italien. Figure de proue de la bande-dessinée érotique depuis les années 1980, on lui doit notamment la série Le Déclic (à partir de 1984) et Le Parfum de l’invisible (1986). Parmi ses réalisations les plus remarquables, citons également une adaptation du Décaméron de Boccace (1974), Aphrodite, un recueil d’illustrations du roman sulfureux de Pierre Louÿs (1999), et bien sûr la série Borgia (à partir de 2004), créée en collaboration avec Alejandro Jodorowsky, dans laquelle l’artiste met tout son art de la couleur à dépeindre le destin d’une grande famille italienne du XVe siècle. La vie tumultueuse du Caravage et le naturalisme provocateur de ses œuvres ne pouvaient que séduire ce dessinateur au style tout de chair et de sang. Après La Palette et l’épée en 2015, il publie aujourd’hui aux éditions Glénat La grâce, second volet de son diptyque consacré au peintre, que l’on retrouve ici en 1606, quatre ans avant sa mort en 1610. Jouant avec les couleurs chaudes et les textures, Manara parvient à capturer l’essence de l’Italie du début XVIIe siècle, rendant les personnages et l’atmosphère toujours plus tangibles. C’est en premier la beauté des corps, réels ou peints, qui attire l’œil. Milo Manara nous plonge dans l’intimité du peintre, dont la solitude se ressent dans le texte comme dans les images. Une aventure palpitante, où le mouvement est maître et les figures délicieusement séduisantes.

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Marc Bembekoff prend la tête de La Galerie à Noisy-Le-Sec

Marc Bembekoff commence sa carrière en 1999 en tant qu’assistant de programmation cinéma au Centre Pompidou. Devenu commissaire indépendant, il réalise de nombreux projets en France comme à l’étranger, notamment avec le collectif Le Bureau, qu’il a co-fondé en 2004. En 2007, il est commissaire adjoint au Frac Champagne-Ardenne, avant de co-réaliser les projets de Wim Delvoye et Mircea Cantor (2005-2010) au musée Rodin. Il intègre ensuite le Palais de Tokyo comme curateur et organise les expositions de Julien Tiberi, Christian Andersson, Maxime Rossi, entre autres (2010-2013). C’est en 2014 qu’il est nommé directeur du Centre d’art contemporain La Halle des bouchers à Vienne (Isère), un poste qu’il occupe cinq ans jusqu’à sa récente nomination à La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-Le-Sec. En 2015, il participe à la 56e édition de la Biennale de Venise, en tant que commissaire du pavillon croate, et occupe en 2018, le poste de commissaire associé au Printemps de septembre à Toulouse. En tant que nouveau directeur de La Galerie, Marc Bembekoff a à coeur de construire une mise en réseau avec la structure intercommunale Est Ensemble du grand Paris, afin d’inscrire toujours davantage les actions du centre dans ce territoire où l’art contemporain est en plein essor. La collaboration avec les structures locales, comme le Festival du film franco-arabe, sont également l’une des priorités du projet élaboré par Marc Bembekoff.

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Deneuve et YSL chez Christie’s

Dix ans après la mort d’Yves Saint Laurent, une autre page se tourne, celle des défilés où Catherine Deneuve apparaissait toujours aux côtés de son ami Yves, celle des costumes de cinéma où le maître habillait mademoiselle Deneuve. L’actrice vend sa maison de Deauville avec sa garde-robe. L’occasion de découvrir des tenues de rêve, comme cette robe longue bleu canard portée pour la cérémonie des Oscars en 2000 (de 2000 € à 3000 €) ou le célèbre smoking Saint Laurent (de 1000 € à 1500 €).

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Chagall, entre ombre et lumière à Aix-en-Provence

Marc Chagall (1887-1985) apparaît comme un moderne paradoxal. Il reste profondément attaché à la peinture religieuse quand tant d’autres ont proclamé la mort, ou du moins l’insignifiance, du sujet au profit de la seule forme. Il se fait le chantre inlassable de l’amour romantique quand ses congénères glosent au mieux sur l’irrémédiable solitude de l’individu contemporain, au pire sur la brutalité des rapports humains, jusque dans la sexualité. Et pourtant, en dépit de ses prédilections archaïsantes, l’art de Chagall s’enracine profondément dans la modernité la plus pure, celle qui brise les frontières disciplinaires. Peintre, l’artiste de Vitebsk aura tout aussi bien été graveur, sculpteur ou céramiste, à l’instar de Picasso et Miró, ou Gauguin avant eux.
Si cette polyvalence s’affirme après la Seconde Guerre mondiale, elle trouve ses prémisses dans les décennies précédentes. En 1923, le galeriste Ambroise Vollard lui commande une série d’estampes inspirées par les Âmes mortes de Gogol, puis par les Fables de La Fontaine. En 1930, le marchand lui demande d’illustrer la Bible. Commence alors un travail de longue haleine, éminemment personnel, qui ne trouvera son expression définitive qu’un quart de siècle plus tard. À côté du projet biblique, l’exploration du noir et blanc se poursuit après guerre, lorsque l’éditeur Tériade commande à Chagall une série de dessins au lavis d’après le Décaméron de Boccace, en vue de les publier dans sa revue « Verve ». L’artiste choisit vingt-six scènes parmi la centaine de nouvelles, imaginées par l’écrivain italien au XVe siècle. À l’époque, le noir est de mise dans l’art contemporain, qui semble porter le deuil de la civilisation occidentale submergée par la barbarie. Rien de tel chez Chagall. Dans ses lavis exquis, il nous conte, à l’instar de Bocacce, les affres de l’amour galant, s’émouvant d’un couple au clair de lune ou, au contraire, se gaussant de l’attrait contre-nature du « compère Pierre » pour sa jument. Au-delà de l’anecdote, Chagall trouve dans l’encre de Chine la matière d’un jeu de séduction formel dans lequel, au noir profond, répondent les effets de transparence et de lumière. […]

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Nouveau regard sur Yuri Kuper

Cette exposition sera peut-être l’occasion d’une réhabilitation. Car si le nom de Yuri Kuper n’est plus fort connu du public, son œuvre fait partie de prestigieuses collections, telles que le Musée Pouchkine, le MoMA ou encore le Fnac à Paris. Il a aussi été défendu par de bons galeristes germanopratins ou suisses, puis a connu une longue période d’oubli. Aujourd’hui, les toiles de cet artiste, né en 1940 en Russie, mais citoyen britannique depuis 1983, sont proposées autour de 12 000 €.

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Les musées des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon : une renaissance en marche

Sauvé in extremis de la fermeture en 2015, le MDTMAD de Lyon entame aujourd’hui sa renaissance. En octobre dernier, la CCI transmettait pour un 1 euro symbolique la propriété des lieux (l’hôtel Villeroy et l’hôtel Lacroix-Lavalde) à la Région, laissant le soin à cette dernière de pérenniser l’activité des musées et d’assurer leur développement. Pour Laurent Wauquiez, président de la Région, ce transfert de propriété garantit « que ces lieux chargés de l’histoire et du patrimoine de Lyon resteront ouverts au public et aux habitants de la ville ». Après l’appel aux dons lancé cet été pour financer les travaux de restauration, la nomination d’une nouvelle conservatrice, en la personne d’Esclarmonde Monteil, et la création d’un comité scientifique, l’année 2019 marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre du plan de renaissance de l’institution avec la création d’un groupement d’intérêt public (GIP) réunissant la Région, la CCI et l’UNITEX. Ce partenariat, qui fait du plan de renaissance du MDTMAD de Lyon un projet collectif, stipule notamment que le plan d’investissement du musée sera financé par la Région à hauteur de 50 millions d’euros, 5 millions étant également apportés par l’État. À l’occasion de la première assemblée générale du GIP, dirigé par Esclarmonde Monteil et Eric Gennari, les budgets 2019 de fonctionnement (2,57 millions) et d’investissement (5 millions) ont d’ores et déjà pu être validés. Ceux-ci permettront d’initier les travaux de rénovation des bâtiments. Lors de cette assemblée, la première version du projet culturel et scientifique des deux musées a également été dévoilée. Conçu sous la direction de Sophie Makariou, il prévoit notammant l’organisation d’une exposition « Yves Saint Laurent et les soyeux lyonnais » au musée des Tissus en octobre prochain.

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Rio de Janeiro devient la première Capitale mondiale de l’architecture !

Nous savons à présent où se tiendra le prochain Congrès international de l’architecture, organisé tous les trois ans par l’UIA. Audrey Azoulay, directrice de l’Unesco, vient en effet de révéler le nom de la ville hôte, Rio de Janeiro, qui devient ainsi la première « Capitale mondiale de l’architecture », selon le nouveau programme lancé à l’automne dernier par les deux organisations. Destiné à promouvoir la question urbaine et à « créer des synergies nouvelles entre culture et architecture dans un monde de plus en plus urbain », selon les mots d’Ernesto Ottone Ramirez, sous-directeur général pour la culture de l’Unesco, cette initiative permet à la ville désignée de devenir un véritable forum mondial de discussion sur les grands défis de notre époque (urbanisation de masse, changements climatiques, préservation du patrimoine architectural, etc.) et des solutions que nous offrent l’architecture et l’urbanisme. En 2020, Rio accueillera ainsi de nombreux événements et rencontres réunissant architectes, urbanistes et professionnels du monde entier autour du thème « Tous les mondes. Un seul monde ». L’objectif de cette programmation est avant tout la promotion du 11e objectif du Programme de développement durable à l’horizon 2030 : « Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables ».

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Idée Lecture : Jean Fournier ou la vie de galeriste

Non seulement on y reconnaît des acteurs du milieu, immortalisés il y a plusieurs décennies, mais l’on perçoit que le but est de plonger le lecteur au cœur d’une certaine intimité. Comme l’affirme Georges-Philippe Vallois, président du Comité, « aucun modèle ne prédispose à la carrière de galeriste ». Si les grands marchands français de la première moitié du XXe siècle ont été étudiés, on connaît moins ceux qui les ont suivis, tels qu’Iris Clert, Denise René, Yvon Lambert, Gildo Caputo… « Nous voulons rendre hommage à ces personnages singuliers, courageux, inventifs et qui ont œuvré dans des conditions parfois difficiles, car le marché n’était pas aussi fort qu’à présent. Or, on se souvient des artistes, mais on oublie ces passeurs indispensables qui les ont diffusés, promus et défendus. » Le découpage didactique du texte et l’écriture limpide, ici de Catherine Francblin, donne envie de découvrir les prochains opus, qui sortiront au nombre de deux par an.

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Montres de dames à Monaco

En juillet dernier, une Bulgari serpentine a été vendue 430 000 €. Pour cette cession, Artcurial présente une autre Bulgari serpent en or jaune, émail et diamants (de 100 000 € à 150 000 €). Pour accompagner ces montres, deux bracelets Art Déco de Lacloche (entre 25 000 € et 35 000 €) et un collier serti de saphirs en chute (de 80 000 € à 100 000 €).

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Une nouvelle œuvre du baron Gérard pour le château de Saint-Ouen

Intitulé Portrait de Zoé Victoire Talon de Baschi, comtesse du Cayla, avec ses enfants Valentin et Ugoline sur la terrasse du château de Saint-Ouen, ce tableau a été exécuté par le portraitiste François Gérard, dit baron Gérard, en 1824-1826 sur commande de Louis XVIII (1755-1824), qui le destinait à son château de Saint-Ouen. Confiée à l’architecte Jean-Jacques-Marie Huvée, la construction de ce petit palais (1819-1823) aux allures de villa palladienne visait à commémorer la signature en 1814 de la Déclaration de Saint-Ouen par laquelle le nouveau roi garantissait le respect des droits acquis pendant la Révolution. De style néo-classique, richement meublé et décoré par les meilleurs artistes et artisans de l’époque, le château fut offert par Louis XVIII en 1822 à sa dernière favorite, la comtesse du Cayla (1785-1852), qui s’y retira à la mort de son amant. L’ensemble du mobilier fut par la suite installé au château d’Haroué, en Meurte-et-Moselle, par la fille de cette dernière, et devint donc propriété de la famille Beauvau-Craon. Classé « trésor national » en 2005, l’ensemble mobilier issu de la commande de Louis XVIII pour Saint-Ouen est progressivement racheté par l’État depuis une dizaine d’années. En 2007, le Portrait du roi Louis XVIII dans son cabinet de travail aux Tuileries par le baron Gérard (1823) est ainsi entré dans les collections nationales, de même que les tableaux représentant les quatre saisons provenant de la salle de billard du château, également de Gérard, et le mobilier du cabinet gothique. En 2016, suite à son classement au titre des Monuments historiques, c’est au tour du mobilier de la chambre de Madame du Cayla, de plusieurs candélabres et d’un buste d’être acquis par l’État. Avec le portrait de la comtesse du Cayla, c’est donc un nouveau chef-d’œuvre, acheté grâce à un appel au mécénat à hauteur d’1 million d’euros lancé à l’été 2018, qui vient donc rejoindre cet ensemble exceptionnel. Témoin des goûts et des savoir-faire de l’époque, il est confié en dépôt au Centre des monuments nationaux (CMN), et présenté actuellement au château de Maisons, en vue du remeublement du château de Saint-Ouen. Propriété de la Ville de Saint-Ouen depuis 1958, le château abrite actuellement le conservatoire municipal de musique, qui doit déménager en 2020, ouvrant la voie à de nouveaux projets patrimoniaux pour la bâtisse… et pourquoi pas un musée de la Restauration ?

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Brafa 2019 : la force de l’éclectisme

Pour un salon à la réputation plutôt classique, c’est un joli coup de publicité. Le duo d’artistes londoniens sera présent au vernissage de la Brafa, qui présente une exposition non commerciale de cinq de leurs œuvres très grand format, certaines provenant de leur collection privée. Le galeriste Albert Baronian, qui les représente à Bruxelles et expose au salon, a facilité les négociations avec les deux stars. La Brafa a bâti sa réputation sur les meubles, objets d’art et tableaux anciens, mais tend la main depuis 2016 aux galeries d’art contemporain bruxelloises, pour rajeunir son image. « Nous n’étions pas convaincus de l’opportunité d’y exposer », se remémore Rodolphe Janssen, qui signe sa troisième participation. « N’était-ce pas redondant avec la foire d’art contemporain Art Brussels ? Mais nous y avons tout de suite rencontré de nouveaux clients. » Bruxelles est l’épicentre d’un vivier de collectionneurs plutôt traditionnels, essentiellement flamands, qui achètent pour garnir leurs maisons et ne fréquentent ni la Fiac ni Art Basel. La Brafa présente donc des artistes bien établis, souvent dans un dialogue avec l’art moderne. Rodolphe Janssen propose un tableau de Karel Appel ayant appartenu à Hergé, en regard d’œuvres de Davide Balula, qui a bénéficié cet automne d’une Carte blanche au Centre Pompidou. La galerie Gladstone (New York, Bruxelles) mise sur des œuvres d’Anish Kapoor et Ugo Rondinone. Les organisateurs de la foire souhaitent que l’art d’aujourd’hui n’occupe pas plus de 10% des cent trente-trois stands. « Nous voulons cultiver notre personnalité, celle d’un gigantesque cabinet d’amateur », résume Harold t’Kint de Roodenbeke, le président de la Brafa. La foire demeure donc éclectique, avec une trentaine de spécialités aussi diverses que l’archéologie, les arts décoratifs du XXe siècle, l’art tribal, les céramiques anciennes ou la bande dessinée. Et elle célèbre cette année le centenaire de la Chambre royale des antiquaires de Belgique, en exposant une trentaine de chefs-d’œuvre cédés au fil du temps à des particuliers ou des musées, d’un chenêt de Gouthière à un tableau de Magritte.

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Le mystérieux ingrédient de Rembrandt

Les recherches, dirigées par le Rijksmuseum d’Amsterdam et le département des sciences des matériaux de l’université de Delft aux Pays-Bas, pnt mis au jour un nouvel ingrédient utilisé par Rembrandt : la plumbonacrite. Employée pour créer des effets d’empâtement, ou impasto, ce composé permet de travailler avec des couches épaisses de peinture pour donner du relief et accrocher la lumière. Elle donne son aspect caractéristique à la peinture de l’artiste. Victor Gonzalez, auteur de l’étude et chercheur au Rijksmuseum, précise : « Nos recherches montrent que sa présence n’est pas accidentelle ni due à une contamination, mais qu’elle résulte d’une synthèse volontaire ». La plumbonacrite est un composé extrêmement rare dans les peintures de l’époque, que l’on le trouve seulement dans « quelques échantillons de peintures du XVIIe siècle et dans un pigment […] dégradé d’une peinture de Van Gogh », souligne le Centre européen de recherches scientifiques. Les résultats ont été obtenus grâce au concours de Synchroton de Grenoble, qui a analysé des fragments de trois toiles célèbres de Rembrandt, le Portrait de Maerten Soolmans (Rijksmuseum, 1634), Bethsabée au bain (Musée du Louvre, 1654) et Suzanne et les deux vieillards (Gemäldegalerie, 1647). Les recherches se poursuivent afin de déterminer si l’utilisation de la plumbonacrite était répandue parmi les autres grands maîtres néerlandais du XVIIe siècle.

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