connaissance des arts

Focus œuvre : Femme à sa toilette de Berthe Morisot

Présentée lors de la deuxième exposition impressionniste à la galerie Paul Durand-Ruel en 1876, Femme à sa toilette condense, aux yeux des critiques du temps, les traits stylistiques qui placent Berthe Morisot parmi les figures majeures du mouvement, en même temps qu’ils induiront sa réception à plus long terme. Depuis la controverse qui a opposé, dès le XVIe siècle et même auparavant, partisans du dessin et partisans du coloris, la construction idéologique du masculin et du féminin a profondément déterminé la critique et l’histoire de l’art. Mais plus encore, réservant aux hommes l’apanage de l’esprit, elle a confiné les rares femmes qui s’aventuraient à pratiquer la peinture dans la sphère étroite qui convenait à la « faiblesse » de leur sexe. Et l’appréciation de leur style, quand elles parvenaient à s’émanciper du dilettantisme et de l’amateurisme, aux qualités « naturelles » de leur genre. Spontanéité, charme, grâce, délicatesse, fraîcheur, subtilité, raffinement, sensation, émotion : cette symphonie en blanc et gris d’une femme devant son miroir, dirigée d’une brosse alerte, a en effet été perçue durablement comme l’expression même d’un art « féminin » qui semble s’affirmer ici autant dans sa manière que dans son sujet. Privilégiant la construction par la couleur et la lumière plutôt que par la ligne, l’expression de la sensation et de l’impression visuelle plutôt que le dessein conceptuel, une vision unifiée plutôt que la hiérarchisation de la figure et de l’arrière-plan, l’impressionnisme semble lui-même relever d’une « féminisation » de l’art de peindre ; cela explique en partie le rejet dont il eut à pâtir. Mais Berthe Morisot, déterminée à s’affirmer en peintre, et en peintre qui vend ses œuvres, a su développer une stratégie capable de transcender ces a priori. S’emparant d’un sujet à la mode, la Parisienne, bourgeoise, mondaine et élégante, s’accordant par sa touche mobile, proche de l’esquisse, comme par sa palette claire et brillante, à l’engouement de son temps pour la peinture du XVIIIe siècle et particulièrement le rococo, elle s’impose sur la scène artistique sans enfreindre les limites de la sphère intime qui conviennent à son sexe, mais sans céder non plus au sentimentalisme pittoresque ou au voyeurisme. Dans l’espace incertain d’une chambre ou d’un boudoir, elle a su donner le champ libre à cette « nouvelle peinture » que le critique Duranty appelait de ses vœux dans son essai manifeste de l’impressionnisme paru en 1876.

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Tous les chapitres du conte à Genève

« Avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, un Européen connaissait en moyenne une centaine de contes. Aujourd’hui, on passe pour un érudit quand on en connaît vingt », constate Federica Tamarozzi, la commissaire de l’exposition « La Fabrique des contes ». Chercheur en ethnologie européenne au musée d’Ethnographie de Genève (MEG), elle a concocté cette plongée dans le conte qui, comme lui, est loin d’être réservée aux enfants. Elle convoque des centaines d’objets des collections du MEG, objets usuels, textiles, bijoux, céramiques, manuscrits anciens ou éditions originales illustrées, qu’elle marie aux œuvres d’illustrateurs contemporains, comme Camille Garoche, Lorenzo Mattotti ou Jean-Philippe Kalonji. La première partie de l’exposition raconte à sa façon huit contes un peu oubliés, œuvres patrimoniales populaires qui charrient fantasmes et terreurs. L’Ours amoureuxLe Pêcheur, sa femme et le poisson d’or ou Le Fuseau, la navette et l’aiguille, dont on trouve diverses versions de la France à la Russie, sont évoqués dans des sortes de bulles propices à l’imaginaire, dans lesquelles des objets semblent léviter : un fuseau, un fil d’or sécrété par un coquillage, un bracelet en or Cartier des années 1960 en forme de poisson… La seconde partie de l’exposition est une analyse culturelle des contes, décrits comme véhicules en constante mutation des normes sociales, aujourd’hui diffusés par de nouveaux media comme les films de Walt Disney.

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Redécouvrir Marcellin Desboutin

Qui était Marcellin Desboutin (1823 – 1902) ? Plus connu aujourd’hui en tant que modèle romanesque d’Edgar Degas ou d’Édouard Manet, il est à l’honneur au musée Anne-de-Beaujeu, dont il a enrichi le fond d’une centaine de peintures, estampes, dessins et photographies. Si ses amis artistes le décrivaient comme une figure symbolique de son époque, son propre style témoignait d’un classicisme teinté d’orientalisme et, bien qu’il fût lié au courant impressionniste, Marcellin Desboutin n’a consentit jamais à s’y adonner. Il préféra se consacrer majoritairement à la pointe sèche, ayant même pour commanditaire le pape Pie IX !

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Cinq artistes photo à Versailles

L’édition 2019 d’art contemporain à Versailles est une exposition collective réunissant cinq artistes, Dove Allouche, Martin Parr, Viviane Sassen, Éric Poitevin et Nan Goldin, sous le commissariat de Jean de Loisy. Tous ont une pratique photographique, parfois couplée à des développements graphiques (Dove Allouche), et le pari de l’exposition est de montrer comment la photographie, médium irréductiblement lié à la réalité visible, peut aussi révéler l’invisible.

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Les jardins utopiques d’Eva Jospin

Eva Jospin aime évoquer les différentes perceptions de la nature selon les cultures : « Dans les jardins européens, notamment maniéristes ou baroques et dotés de grottes ou de folies, on observe une logique d’imitation. On est sur une scène de théâtre. Tandis que le jardin chinois, par exemple, s’organise avec des éléments réels, juste déplacés ». Eva Jospin s’est fait connaître par ses forêts personnelles, travaillées en carton et en bois, mais elle présente pour ce nouveau solo show des pièces à l’échelle de grandes maquettes et des dessins (à partir de 5000 €). Si tout est délicat, en apparence, il faut accepter de se laisser happer sous les surfaces, car le travail d’Eva Jospin se développe dans une maîtrise bousculée par un sentiment de perte ou d’abandon. Elle a toujours joué sur l’ambivalence d’une « fiction esthétique », comme au spectacle. Et l’on perçoit encore mieux son intensité quand elle dit adorer, dans la culture baroque, « la décomposition immanente, la putréfaction des plantes ou la boue qui pouvaient jouxter une sublime sculpture de Michel-Ange ».

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Colloque international à l’occasion du bicentenaire de Courbet

Chantre du réalisme, artiste controversé dont les œuvres firent (et font encore) scandale, Gustave Courbet est décidément un passionnant sujet d’étude. Il a déjà fait coulé beaucoup d’encre, en particulier depuis la dernière grande exposition qui lui a été consacrée à Paris, puis Montpellier et New York, en 2007-2008. Ce nouveau colloque, qui réunit des spécialistes du monde entier, se donne pour objectif de faire redécouvrir son œuvre grâce une approche élargie à une réflexion historique et contemporaine. Chaque journée s’articulera autour d’une thématique générale, à savoir « L’air du temps » (27 juin), « Passages obligés et idées reçues » (28 juin) et « Courbet, et maintenant ? » (29 juin), permettant d’aborder une grande variété de sujets tels que Courbet et la construction de l’identité nationale belge, sa réception critique en Italie ou bien encore le thème du Féminin dans l’œuvre du peintre.
Le colloque se déroulera à l’Université de Franche-Comté de Besançon, le 27 et 28 juin, puis à la ferme de Flagey, propriété familiale de l’artiste, le 29. Organisé par le musée départemental Gustave Courbet, en collaboration avec le laboratoire « Logiques d’Agir », Université de Franche-Comté, et la Ville d’Ornans, le colloque « Courbet Autrement » vous permettra de redécouvrir l’un des artistes les plus puissants et les plus complexes du XIXe siècle.

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Randonnées musicales au Festival des Forêts

Pour cette 27e édition, la programmation, conçue par le compositeur invité Thierry Escaich, s’enrichit de temps de médiation inspirés de la tradition japonaise, prenant le nom très poétique de « marches musicales de ressourcement ». A découvrir du 20 juin au 16 juillet dans les forêts de Compiègne et de Laigue.

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Fiona Tan, la collectionneuse

Ici, il est question de traces, celles qui sommeillent dans les réserves des musées d’Histoire naturelle de Leyde et Berlin, ou du Mundaneum à Mons, projet fou pensé par Paul Otlet et Henri La Fontaine comme un data center avant l’heure, une sorte d’encyclopédie totale qui entendait, aux dernières heures du XIXe siècle, rassembler et indexer les savoirs universels.

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Nouveau talent : Hubbard / Birchler, souvenirs-écrans

Elle l’appelait « Jack ». Il l’appelait « l’Américaine ». L’idylle de Flora Mayo et d’Alberto Giacometti aurait pu rester une simple note de bas de page dans l’épaisse biographie de l’homme qui marche. C’était sans compter sur Teresa Hubbard et Alexander Birchler, artistes détectives rompus à l’exercice de l’enquête. La rencontre de Flora et Alberto sur les bancs de l’Académie de la Grande Chaumière, dans la classe de Bourdelle, leurs séances de pose, une photographie qui les saisit tous deux dans l’insolence de leur jeunesse, de part et d’autre du buste qu’elle sculpte de lui : Flora (2017) dit tout. Et plus encore. Trente minutes de pellicule défilent dans une installation recto verso à la bande-son soigneusement synchronisée, pensée pour le Pavillon suisse de la 57e Biennale de Venise en 2017 : côté pile, une reconstitution noir et blanc, façon biopic, des années de bohème sous le ciel de Paris ; côté face, le témoignage en couleur, façon documentaire, d’un destin brisé sous le soleil californien. C’est David, 81 ans, qui raconte deux ou trois choses qu’il sait de sa mère, contrainte de tourner le dos à son passé d’artiste quand elle rentre, défaite, à Los Angeles. Il y a dans Flora toute la grammaire qu’Hubbard et Birchler pratiquent depuis leurs débuts, en 1990. Poursuivis par les chronophotographies d’Eadweard Muybridge ou les films muets de Thomas Edison et des frères Lumière, ils construisent des images unies par un même goût pour les récits gigognes. Parce que leurs décors, comme leurs personnages, gardent toujours quelque chose par-devers eux, il n’est pas ici question de résoudre une énigme, mais bien de se tenir au carrefour de ce faisceau d’indices que la logique ignore : un anniversaire raté (Eight, 2001), une piscine suspecte (House with Pool, 2004), un cinéma abandonné (Grand Paris Texas, 2009), une montagne hantée (Movie Mountain (Méliès), 2011).

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Les héritiers de Bruegel à Gaasbeck

Baudelaire voyait éclater dans les tableaux fantastiques de Bruegel « toute la puissance de l’hallucination ». À sa suite, à mesure que « le capharnaüm diabolique et drolatique » du peintre flamand retrouvait les faveurs des connaisseurs, les artistes se découvraient des affinités avec lui, comme en témoigne l’exposition de Gaasbeck. À côté des modernes tels Ensor, Permeke, Dix, Sander ou Grosz, les commissaires ont convié des créateurs contemporains, tels Pascale Marthine Tayou, Jimmie Durham, Christoph Fink ou Studio Job, à dialoguer avec Bruegel.

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Carole Blumenfeld, lauréate du Prix SNA du Livre d’Art

Doté de 10 000 euros, le Prix SNA du Livre d’Art valorise la recherche en histoire de l’art et témoigne du soutien apporté par le Syndicat national des Antiquaires (SNA) et ses membres à la mise en valeur du patrimoine artistique. Docteur en histoire de l’art, Carole Blumenfeld a enseigné à l’Université de Provence (Aix-en-Provence), l’Université de Lille 3 et à l’École du Louvre. Elle a participé au commissariat de l’exposition « Le Cardinal Fesch et l’art de son temps » au musée Fesch d’Ajaccio (2007), et de « Marguerite Gérard, artiste en 1789 » au musée Cognacq-Jay à Paris (2009). Elle présente actuellement « Rome / Athènes, les deux visages de la femme sous la Révolution française » au Musée Jean Honoré Fragonard à Grasse. Ses recherches portent sur la peinture de genre, le marché de l’art parisien des années 1780, et la sociabilité des peintres et des artistes de l’opéra-comique à la fin du XVIIIe siècle. Sa thèse, qui portait sur « Marguerite Gérard et la peinture de genre de la fin des années 1770 aux années 1820 », a été adaptée en livre d’art, et récompensée par le Prix SNA du Livre d’Art. C’est la première fois qu’un ouvrage est consacré à Marguerite Gérard, une artiste majeure de la fin du XVIIIe siècle, belle-sœur de Fragonard. Unique femme peintre de genre de son époque, elle excellait dans le traitement des reflets sur les surfaces, la rendu des chairs et dans la composition de scènes de la vie quotidienne.

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Le 7e art de la Révolution française

Cette exposition sur la révolution française n’est pas uniquement liée à l’actualité… Organisée au musée éponyme, elle rend hommage aux dessinateurs Florent Grouazel & Younn Locard et au premier tome de leur trilogie Révolution retraçant, en plus de trois cents pages, les débuts du soulèvement, sous le titre Liberté. Certaines planches originales, mais aussi des carnets de croquis et des esquisses, ont d’ailleurs pour source les archives de ce musée où les auteurs ont mené de nombreuses recherches. Ces derniers s’attachent à comprendre comment un peuple a refusé l’ordre établi, et s’attèlent déjà au deuxième volume, portant sur l’Égalité.

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Le nouveau centre d’art d’Hauser & Wirth à Minorque

Le 13 juin, Hauser & Wirth a annoncé son intention d’ouvrir un centre d’art sur l’Isla Del Rey, située dans le port de Mahon à Minorque, en Espagne. Celui-ci sera installé dans les dépendances désaffectées de l’hôpital naval de l’île, construit au XVIIIe siècle. La Fundación Hospital de la Isla Del Rey a été à l’origine de la restauration en cours du site et de la création d’un musée célébrant son histoire. La Fondation, le président du conseil d’administration de l’hôpital, Luis Alejandre, et la mairie de Mahon ont travaillé en collaboration avec Hauser & Wirth afin de mener un grand projet de conservation visant à transformer les dépendances Langara de l’hôpital en centre d’art tout en respectant le site d’origine. Le célèbre paysagiste néerlandais Piet Oudolf créera des jardins avec des espèces indigènes et des plantations adaptées au climat de Minorque. Le centre offrira une programmation riche composée de commandes ambitieuses passées aux artistes de la galerie, d’expositions de maîtres modernes du XXe siècle, et de nombreuses activités éducatives, projections, conférences ou ateliers interactifs, en collaboration aves des associations caritatives locales et les écoles. Hauser & Wirth Menorca sera dirigée par Mar Rescalvo, originaire de Minorque, qui apportera sa grande expérience dans la réalisation de projets culturels et de partenariats locaux. Des collaborations culturelles, avec le Museu de Menorca, l’Escola d’Art de Menorca,  la Fundació Menorquina de l’Opera et l’Institut d’Études Menorquines sont déjà prévues

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Vente aux enchères : La Judith du Caravage

Lorsque maître Marc Labarbe découvre à Toulouse un tableau qui dormait dans le grenier d’une maison de famille, il pressent une belle œuvre du XVIIe siècle, mais sans doute pas un chef-d’œuvre de grand maître. L’expert Éric Turquin va s’emparer de l’affaire et faire surgir un nom magique : Caravage. « J’ai conservé le tableau pendant cinq ans, dont deux où il est resté totalement enfermé dans ma chambre, je voulais pouvoir travailler sereinement. » Il confronte l’avis des grands spécialistes, fait réaliser un allègement du vernis et des analyses scientifiques, qui font ressortir la qualité de la peinture et l’existence de repentirs, preuve que le tableau est une œuvre originale. Conclusion : il s’agit bien de Judith et Holopherne, une œuvre majeure perdue du Caravage. Le Louvre s’est opposé à sa sortie du territoire, bien qu’il ne puisse l’acquérir, son estimation de 100 M€ à 150 M€ représentant quinze ans d’acquisitions du musée ! Désormais, le classement Trésor national est tombé et l’œuvre est libre d’être exportée. Les enchères sont ouvertes !

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[Flash Expo] Bernard Frize, sans repentir au Centre Pompidou

Jusqu’au 26 août, le Centre Pompidou à Paris retrace en une soixantaine d’œuvres et à travers un parcours thématique libre, le travail de cet artiste singulier qui a fait de l’expérience de peindre le sujet même de son art. Angela Lampe, conservatrice au Musée national d’art moderne-Centre Pompidou et commissaire de l’exposition « Bernard Frize. Sans repentir » vous expose les principes de cette rétrospective.

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L’homme d’affaires Patrick Drahi rachète Sotheby’s

À 55 ans, l’homme d’affaires Patrick Drahi, fondateur et principal actionnaire du groupe Altice, groupe international présent dans les télécoms, la publicité et les médias (« L’Express », « L’Expansion », « Lire », etc.), est sur le point de s’offrir le géant de la vente aux enchères Sotheby’s. Il a en effet signé un accord avec le Conseil d’administration de Sotheby’s fixant à 57 dollars le rachat de l’action, ce qui valorise à 3,7 milliards de dollars l’entreprise. Rappelons qu’en 2018, avec ses 6,4 milliards de dollars de produit vendu, Sotheby’s était sur la deuxième marche du podium des ventes aux enchères mondiales, talonnant sa rivale Christie’s qui affichait 7 milliards. Le rachat sera effectif à la fin de l’année. En dehors des communiqués officiels des dirigeants américains de Sotheby’s, forcément enthousiastes, personne en interne ne souhaite commenter l’annonce du rachat. On dit seulement que la transaction ne découlerait pas d’une rivalité avec François Pinault, propriétaire de Christie’s, avec lequel Patrick Drahi se trouvera pourtant, de facto, en concurrence. Patrick Drahi, qui est collectionneur et qui « pratique » la maison de ventes depuis longtemps en tant que client, se serait engagé à ne rien changer pour l’instant dans le management, les équipes ou l’implantation du groupe à travers le monde. Mais l’on sait que ce type de déclaration n’engage à rien à moyen terme, et les observateurs que nous sommes suivront les éventuelles évolutions. Ce qui est amusant, c’est que ce n’est pas la première fois que Sotheby’s est privatisée. Première société cotée au New York Stock Exchange à la fin du XVIIIe siècle, elle a été acquise en 1981 par Alfred Taubman, avant d’entrer à nouveau en bourse en 1988, pour être aujourd’hui reprise par un propriétaire unique.

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