connaissance des arts

Écoutez la Vienne fin de siècle avant l’expo Schiele

« Sur l’étang glauque/Près de la villa rouge/Sous le chêne mort/Brille la lune ». Dès la première strophe d’Erwartung (Attente) de Richard Dehmel, mis en musique par Arnold Schoenberg dans ses Quatre Lieder en 1899, l’ambiance nocturne, mélancolique et symboliste est donnée. La Vienne 1900 est là avec ses couleurs d’automne, sa nature réinterprétée et son drame imminent. Dans le CD que vient de sortir Alpha Classics pour la rentrée, on retrouve cette Apocalypse joyeuse de la Sécession viennoise, où la mort rôde sous une cascade de motifs brillants. La soprano Barbara Hannigan, accompagnée au piano par Reinbert de Leeuw, teinte d’or et d’argent les mélodies de Webern, Berg, Wolf et Zemlinsky. Une mention spéciale pour les chants d’Alma Mahler (l’épouse de Gustav Mahler qui était peintre et musicienne), composés en 1910, où scintillent les étoiles d’une douce nuit d’été et une petite lumière dans les profondeurs. On retrouve là ce mélange d’espoir et d’angoisse, de sérénité et d’inquiétude, qui pointe dans les toiles et les dessins d’Egon Schiele, mort huit ans plus tard.

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Nouveau talent : Isabelle Baudraz, une nouvelle élégance

Alors que la création des meubles et luminaires du Musée national Picasso-Paris, en 1985, avait été pour Diego Giacometti sa dernière commande, la conception de nouveaux bancs a été pour la jeune Isabelle Baudraz sa première commande muséale. Nullement intimidée par cet héritage, elle s’est interrogée sur la manière d’intégrer ses sièges à l’espace environnant tout en veillant au confort des visiteurs et des gardiens. « Ce qui m’avait frappée lors de ma première visite à l’Hôtel Salé, c’était la différence d’échelle entre les vastes salles et celles beaucoup plus intimistes. J’ai donc commencé à réfléchir en termes d’objets modulaires, qui peuvent s’adapter à chaque lieu. Mes bancs fonctionnent seuls ou dans une bibliothèque de formes et, tout en se démontant facilement, ils se renforcent par la présence du chêne. » Si elle ne peut – et ne veut – imposer déjà un registre et un vocabulaire très précis, Isabelle Baudraz avoue apprécier les lignes sobres qui sous-tendent un mouvement. À l’exemple de son projet de diplôme pour l’École cantonale d’art de Lausanne (Ecal), un système de branches de lunettes qui jouaient sur les torsions avant de trouver leur statut final. On peut y voir la continuité de sa formation en bijouterie, bien qu’elle n’ait pas voulu rester dans ce monde à la créativité trop restreinte. Aujourd’hui, elle travaille de manière conceptuelle. Elle peut partir de croquis ou de bouts de bois, de manière empirique, échafauder des maquettes ou revenir à la 3D de l’ordinateur. Elle regarde ce qu’ont fait les frères Bouroullec, Barber & Osgerby, Pierre Charpin, Inga Sempe, Alvar Aalto, Jörg Boner ou Julie Richoz. « Mais quand on cite des références, si l’on est trop jeune, on peut vite être catalogué… » Laissons-lui donc le temps de construire sa propre image.

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Arnaud Grapain, lauréat du Prix MAIF pour la Sculpture 2018

Au mois de juin dernier, cinq candidats avaient été sélectionnés par le jury du Prix MAIF pour la Sculpture. Présidé par Dominique Mahé, président de la MAIF, ce jury était composé cette année de Manuel Delétré, directeur d’atelier de la fonderie Susse, Marie-Anne Ben Maïz, administratrice honoraire de la MAIF, Gaël Charbau, critique et commissaire indépendant, directeur artistique de Nuit Blanche 2018, Marianne Lanavère, directrice du Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière, Anne Langlois, directrice de 40mcube à Rennes, Chiara Parisi, commissaire pour les expositions d’art contemporain à la Villa Médicis et de l’artiste Marc Vellay. Les maquettes et vidéos de présentation des cinq projets finalistes sont actuellement exposées au MAIF Social Club à Paris jusqu’au 22 septembre. Cette exposition a permis au jury de choisir le lauréat de l’édition 2018 du Prix. Arnaud Grapain, diplômé de l’École nationale supérieure d’Art-Villa Arson à Nice, verra ainsi son projet Data Center réalisé en bronze en deux exemplaires, au cours de l’année 2019. Véritable métaphore sur la protection des données personnelles et leur usage mercantile, l’œuvre s’inspire tout autant des planches anatomiques de la Renaissance que des immenses salles de serveurs informatiques, nouveaux cerveaux des activités des entreprises. Data Center met ainsi en résonance les structures internes du vivant et les réseaux de communication. Arnaud Grapain bénéficiera également d’un accompagnement technique de la part de la fonderie choisie, ainsi que de la publication d’un catalogue.

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De l’art conceptuel pour la nouvelle Boîte Collector Vache qui rit®

Lancé en 2014 pour préparer les 100 ans de la marque, le projet des Boîtes Collector de La Vache qui rit® en fait voir de toutes les couleurs au célèbre bovidé du Groupe Bel. Si la première création, signée Hans-Peter Feldmann, l’affublait d’un nez rouge, la deuxième, conçue par Thomas Bayrle, la transformait en icône du Pop Art tandis que Jonathan Monk la mettait, un an plus tard, sens dessus dessous. L’année dernière, Wim Delvoye lui offrait en guise de cadre un pneu de voiture ajouré de délicats motifs floraux, concevant dans la foulée vingt étiquettes illustrées à collectionner. Pour son cinquième rhabillage, la boîte Collector joue la carte du camouflage pour mieux interroger notre perception des objets du quotidien. Karin Sander, artiste conceptuelle implantée à Berlin et à Zurich, a choisi d’appliquer sur l’image du couvercle de la boîte une trame de points, semblable aux affiches publicitaires perforées qui recouvrent parfois les rames de train, fenêtres comprises. Pixelisée sous l’effet de ce dispositif optique, La Vache qui rit se dérobe à la vue et doit être recomposée par un effort d’imagination. Cette création, qui serait dévoilée au Grand Palais le 18 octobre prochain à l’occasion de l’ouverture de la FIAC, s’inscrit pleinement dans la démarche artistique de Karin Sander dont les interventions architecturales ou les photographies en 3D sont conçues comme des « transformations de la réalité ».

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Disparition de l’historien de l’art et inspecteur des musées de France Édouard Pommier

Des titres, Édouard Pommier (né en 1925) en avait à la pelle. Agrégé d’université, membre de l’École française de Rome, membre correspondant des Académies San Fernando (Espagne), de La Clementina de Bologne et de Raffaello d’Urbino (Italie), récompensé du Prix Sallimbeni pour l’histoire de l’art italien, il s’était fait, on le voit, une spécialité de l’art et de l’histoire de l’art français et italien. Il s’était d’abord formé à l’École des chartes, agrégé d’histoire. Il devient conseiller culturel à Santiago du Chili, Mexico puis Madrid. En 1983, il est nommé inspecteur général des musées de France et sillonne la France. Chez Gallimard, il publie plusieurs ouvrages importants comme Théories du portrait de la Renaissance aux Lumières (1998), Winckelmann, inventeur de l’histoire de l’art (2003) et Comment l’art devient l’Art dans l’Italie de la Renaissance (2007). Chez Klincksieck, il dirige l’ouvrage collectif sur Les musées en Europe à la veille de l’ouverture du Louvre (1993) et introduit des conférences prononcées au Louvre en 1991 et 1993 dans Histoire de l’histoire de l’art (1995). Aux Belles lettres, il développe sa passion pour La Beauté et le paysage dans l’Italie de la Renaissance (2013). Ses recherches très sérieuses et documentées sur l’histoire des théories de l’art ont ouvert nombre de pistes pour les étudiants et conservateurs travaillant sur l’histoire des institutions artistiques. Fin connaisseur de la création des musées, on faisait systématiquement appel à lui dès qu’un colloque ou une table ronde tournait autour de ce thème. Toujours souriant, discret et modeste, il était une figure indispensable de ce monde muséal.

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Le monde multicolore de Jakuchu au Petit Palais

Conservés dans les collections de l’Agence de la maison impériale du Japon, les trente rouleaux de ses Images du royaume coloré des êtres vivants (Doshoku sai-e) n’avaient quitté le Pays du Soleil levant qu’une seule fois, en 2012, pour être prêtés à la National Gallery de Washington. Ils sont présentés pendant un mois au Petit Palais, à l’occasion du 160e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon. Une occasion unique de se délecter de cette ode aux beautés de la nature, véritable symphonie de couleurs animée de fleurs, de poissons et d’oiseaux d’un réalisme saisissant.

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Idée lecture : Un règne gravé dans le marbre

Les édifices et jardins édifiés pour Louis XIV, en premier lieu Versailles et ses satellites, furent revêtus à profusion de marbres divers qui les transformaient en rutilantes châsses polychromes surpassant les modèles italiens antiques et modernes. Dans cet ouvrage publié chez Arthena, éditeur de l’excellence, Sophie Mouquin nous offre sur le sujet l’étude fondamentale que les travaux pionniers de Geneviève Bresc-Bautier et Pascal Julien laissaient entrevoir. Précédé d’un article consacré à l’étude du matériau et à son usage depuis l’Antiquité, l’ouvrage se décline en trois chapitres principaux traitant de la politique royale, des hommes du marbre et de l’œuvre des marbriers. Si la première grande réalisation en marbres de couleur vit le jour en France en 1632, sous direction italienne, à la chapelle de la Trinité du château de Fontainebleau, Louis XIV privilégia des réalisations et matériaux français, le recours à des marbres italiens d’exception et au blanc statuaire de Carrare ne cessant malgré tout jamais dans cette « guerre des marbres » menée, sans relâche, pour satisfaire d’énormes et ruineux besoins. À Versailles même, faut-il rappeler que les salons accueillaient aussi des pavages à riches motifs, remplacés, autour de 1690, par des parquets ? De l’extraction des marbres à l’exécution des décors, ce livre d’exception donne vie à tous les enjeux et acteurs, jusque-là grandement anonymes, d’un art d’État dont l’essence minérale avait fini par faire oublier les aspects techniques et humains.

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Décès de l’architecte américain Robert Venturi

Récompensé du Pritzker Prize en 1991 pour son travail d’architecture et ses recherches théoriques, Robert Venturi (né en 1925) a en fait commencé sa carrière avec les architectes Eero Saarinen et Louis Kahn. Il crée sa propre agence en 1958 avec John Rauch et s’associe ensuite avec son épouse Denise Scott Brown (née en 1931), elle-même architecte. Il enseigne à l’UCLA, Yale, Princeton et Harvard et développe, à partir de Complexity and Contradiction in Architecture en 1966, un œuvre théorique capital. Il appartient au mouvement post-moderne, affranchissant l’architecture du sacro-saint dogme d’une pureté des formes à la manière de Le Corbusier et Mies van der Rohe. Fantaisiste, sa production architecturale comporte aussi bien des villas (Maison Vanna Venturi à Chestnut Hill, Maison Trubek à Nantucket), des musées (aile du Allen Art Museum à Oberlin, extension de la National gallery de Londres), des établissements hospitaliers (Guild House de Philadelphie) que des bâtiments commerciaux. Unique bâtiment en France, l’Hôtel du département de la Haute-Garonne à Toulouse, mi-verre mi-briques, a été réalisé en 1992-99 avec Anderson/Schwartz Architects et Hermet-Blanc-Delagausie-Mommens/Atelier 4.

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Disparition du philosophe et urbaniste Paul Virilio

Né à Paris en 1932, Paul Virilio a été profondément marqué par l’expérience de la guerre, notamment par les bombardements de Nantes où il a passé une partie de son enfance. Fasciné par le travail sur la lumière et le vide, il a suivi une formation de maître verrier à l’École des métiers d’art, à Paris, avant de créer avec son épouse, Suzanne Gruault, un atelier de vitrail, non loin du musée Rodin. Il puisait alors son inspiration dans les œuvres peintes de Léon Zack, de Serge Poliakoff, de Michel Carrade ou encore Raoul Ubac. Au début des années 1950, il a travaillé avec Henri Matisse à la conception des vitraux de la chapelle du Rosaire à Vence, avant de collaborer avec Georges Braque sur ses chantiers de Varengeville. Paul Virilio s’est ensuite tourné vers l’architecture et l’urbanisme, fondant en 1963 le groupe Architecture-Principe avec Claude Parent, Morice Lipsi et Michel Carrade. Leur manifeste, qui prônait un affranchissement de la verticale comme axe d’élévation et de l’horizontale comme plan permanent, a eu une influence déterminante sur l’évolution de l’architecture française contemporaine. En 1969, il a créé l’Atelier Virilio à l’École Spéciale d’Architecture, boulevard Raspail, où il a enseigné durant plus de trente années.
Directeur de la collection « L’Espace critique », aux éditions Galilée, à partir de 1974, Virilio a également publié plus d’une trentaine d’essais tout en collaborant à des nombreuses revues telles que « Esprit », « Traverses » ou « Architecture d’Aujourd’hui ». En 1975, à l’occasion d’une exposition au musée des Arts décoratifs à Paris, paraissait son premier ouvrage « Bunker Archéologie » qui documente les vestiges du Mur de l’Atlantique et questionne la notion de rempart. À partir de 1988, il a régulièrement collaboré avec la Fondation Cartier en concevant plusieurs expositions d’importance parmi lesquelles « La Vitesse » (1991), « Ce qui arrive » (2002), « Terre natale, Ailleurs commence ici » (2008).

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Le saviez-vous : Le Caravage

Ténébriste

L’artiste doit son surnom à son lieu de naissance, Caravaggio, en Lombardie. Le Caravage invente le « clair-obscur » radical, qui consiste en de violents jeux d’ombre et de lumière, dans une vision sans concession de la réalité. Dans Judith décapitant Holopherne (vers 1600), les corps et les visages, sous l’effet d’une lumière dramatique, semblent surgir de l’ombre.

Le Caravage, Judith décapitant Holopherne, vers 1600, huile sur toile, 145 x 195 cm, Rome Gallerie Nazionali d’Arte Antica, Palazzo Barberini © Mauro Coen

Provocateur

La réputation sulfureuse de Caravage vient de son esprit querelleur et d’une provocation permanente envers l’église. Dans La Mort de la Vierge (1605-1606), l’artiste prend pour modèle le corps sans vie d’une prostituée. Rien ne subsiste de la représentation respectueuse qui imprègne les tableaux de dévotions.

Le Caravage, La Mort de la Vierge, 1601-1606, huile sur toile, 369 x 245 cm, musée du Louvre

Influent

L’art révolutionnaire du Caravage a eu un impact immédiat et décisif sur ses contemporains. Ses premiers disciples, appelés « caravagesques », furent Carlo Saraceni, Orazio Gentileschi ou encore Bartolomeo Manfredi. Plus tard, des peintres comme le Français Simon Vouet (1590-1649) ou l’Espagnol Diego Vélasquez (1599-1660) ont également eu, à leurs débuts, une période dite « caravagesque ».

Le Caravage, Saint Jérôme écrivant, vers 1605, huile sur toile, 116 x 153 cm, Rome Galleria Borghese © Ministero Dei Beni e delle Attivita Culturali e del Turismo, Galleria Borghese

Apprenez-en plus et faites le tour du monde des arts à travers les siècles avec L’Histoire de l’Art pour les nullissimes, par Alexia Guggémos, aux Éditions « Pour les nuls ».

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Au Crac des Chevaliers à la Cité de l’architecture

Oui, on peut être et avoir été. Forteresse inexpugnable pendant le Moyen Âge, le Crac des Chevaliers a retrouvé sa vocation militaire à l’occasion de la guerre civile qui ravage la Syrie. En 2012, un groupe d’insurgés prend le contrôle de l’ancienne citadelle croisée. Celle-ci est bombardée l’année suivante par les avions du régime de Bachar el-Assad, entraînant des dégâts heureusement limités, et sera reconquise par l’armée régulière en 2014. Ainsi, par une étrange concordance des temps, le Crac, élevé au XIXe siècle au rang d’objet patrimonial majeur, redevient un lieu de conflits, où s’entremêlent enjeux militaires et patrimoniaux. L’émoi suscité par ces événements, à la fois en Syrie et en Occident, témoigne de son importance symbolique au regard d’une histoire partagée. Il rappelle aussi que le patrimoine est une affaire politique, qui se conjugue au présent. Témoin, la messe organisée en 2016, la première depuis la chute du Crac en 1271, qui a permis au régime criminel de Damas de se poser en défenseur des minorités religieuses.
Si tout se termine provisoirement par une messe, tout avait commencé de la même façon, lorsque le pape Urbain II était venu prêcher la croisade en France en 1095. Depuis plusieurs années, la papauté s’inquiétait de l’attitude des Turcs qui, après avoir pris Jérusalem aux Fatimides d’Égypte, en restreignaient l’accès aux pèlerins. Des hordes de chevaliers et de soldats chrétiens, venus de France, d’Allemagne, de Flandres déferlent alors sur le Levant, semant la mort et la désolation au nom du Christ. En 1099, les croisés s’emparent brièvement d’une modeste forteresse, plantée sur une colline dominant la vallée de Homs. […]

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Édito : Que va-t-il rester de notre ministère ?

Lors du mini-remaniement du 4 septembre, un soupir de soulagement a dû déranger le calme intense de la Rue de Valois lorsque les équipes ont su qu’il n’y avait pas de changement en vue. Pourtant, on peut s’interroger hurla situation sur place. Tous les trimestres, le périmètre de la Culture est rogné petit bout par petit bout. Cela a commencé avec le patrimoine. Ayant l’oreille du président Macron et de sa femme Brigitte, le journaliste Stéphane Bern a obtenu une Mission patrimoine pour trouver les financements nécessaires à la restauration des édifices en péril (lire notre numéro de septembre et notre Spécial Patrimoine en France 2018, centré sur les deux cent soixante-neuf bâtiments repérés). Puis cela a continué avec le Livre. Pour éviter tout soupçon de conflit d’intérêts avec son ancienne activité à la tête des éditions Actes Sud avec son mari Jean-Paul Capitani, elle a été déchargée par décret de la « régulation économique de l’édition littéraire » et de ses attributions concernant le Centre national du livre. Pour les bibliothèques, c’est Erik Orsenna, un autre proche d’Emmanuel Macron, qui a été choisi et, pour la francophonie, Leïla Slimani la représente désormais. En parallèle à cette réduction de périmètre, Françoise Nyssen a dû encaisser en quelques mois un nombre impressionnant de défections ou abandons de postes : son directeur de cabinet et plusieurs conseillers, puis le directeur des Archives (Hervé Lemoine parti pour le Mobilier National), la directrice des Musées de France (Marie-ChristineLabourdette mutée à la Cité de l’architecture), la directrice de la Création artistique (Régine Hatchondo transférée chez Arte France) et le directeur des Patrimoines (l’ineffable Vincent Berjot). Autant de postes longtemps restés sans affectataire et auxquels il faut ajouter de nombreuses institutions sans directeur ou directrice (Réunion des Musées nationaux-Grand Palais, École nationale supérieure des beaux-arts, Jeu de paume…). Pour l’instant, au ministère, on attend le rapport de Philippe Bélaval, l’infatigable directeur du Centre des Monuments nationaux, qui a reçu pour mission de repenser l’organisation de la direction générale des patrimoines. Est-ce que ses conclusions vont faire évoluer l’organigramme complet du ministère ? Y aura-t-il une réforme générale ? Un déblocage pour toutes ces nominations en attente de lettres de mission ? Quoi qu’il en soit, ce ministère moignon a besoin de changement. Il ne peut pas se passer d’une réflexion totale, remettant à plat ses prérogatives et ses fonctions. À ne rien faire, il court le risque d’une prochaine disparition.

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Jean-Michel Frank, l’ultra-contemporain à la galerie Vallois

Ce créateur talentueux fascine par la qualité de ses réalisations, dont l’élégance n’a d’égale que leur extrême simplicité. Ce one-man-show chez Vallois réunit un ensemble choisi d’une dizaine de pièces de mobilier issues de collections privées, accompagnées de luminaires. La galerie a préféré ne pas diffuser les prix qui seront sur demande. Il y a notamment des meubles gainés de parchemin, très typiques du travail de Jean-Michel Frank, mais aussi ses fascinantes marqueteries de paille, ainsi que des inclusions de cuir, d’ivoire, de chêne ou d’obsidienne… Efficace et radical, le style de Frank s’impose avec force, notamment dans l’originalité brute de la table Ananas, ou la singularité de sa table basse en mica, énigmatique et captivante…

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Le site de la Corderie à Marseille partiellement classé Monument historique

En août 2017, une opération de fouilles préventives, menée à l’occasion de la construction d’un immeuble sur le boulevard de la Corderie à Marseille par le groupe Vinci Immobilier, avait permis la mise au jour d’une carrière de calcaire dont l’exploitation remonte au Ve siècle avant notre ère. Ces vestiges, qui s’étendent sur plus de 6 500 m², témoignent de l’histoire de la construction de Marseille et gardent le souvenir des techniques d’extraction mises en œuvre durant l’Antiquité. Afin de faire annuler le permis de construire accordé à Vinci, plusieurs personnalités avaient alors lancé une pétition qui avait réuni plus de 15 000 signatures. Bien que le permis ait finalement été maintenu, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, s’était engagée à sanctuariser le site en classant une partie de ses vestiges, soit environs 635 m², au titre des monuments historiques. En instance de classement depuis novembre 2017, cette portion de terrain est à présent définitivement préservée, la demande ayant été validée à l’unanimité par la Commission nationale des monuments historiques. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, qui se tenait les 15 et 16 septembre, une plaque portant l’inscription « Monuments historiques » a été installée sur le site.

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Une nouvelle saison pour l’Université populaire du musée du Quai Branly

Alors que l’exposition « Madagascar. Arts de la Grande Île » ouvre ses portes, le musée du Quai Branly-Jacques Chirac lance la saison 2018-2019 de ses désormais traditionnelles Universités populaires. De septembre à mai, quatre cycles de conférences vont ainsi enrichir la programmation culturelle de l’institution, dont les projets muséographiques comme scientifiques s’attachent à renouveler le dialogue entre les cultures. Cette année, la philosophe et romancière Catherine Clément a conçu un programme de vingt-six conférences au cours desquelles des historiens, des anthropologues, des chercheurs mais également des artistes, des responsables politiques ou des sages interrogeront les rapports de l’Homme à son environnement et à sa culture.
Le premier cycle, consacré au thème des « Grandes révoltes », démarrera le 26 septembre avec une conférence sur le mouvement des Black Panthers avant d’aborder les principaux épisodes révolutionnaires qui ont marqué l’histoire de l’Europe (« Le printemps de Prague », le 23 janvier ; « Les fêtes révolutionnaires », le 13 mars). Un deuxième cycle permettra à différentes personnalités, telles que l’ancien ministre de la Culture Jack Lang (1er février) ou la reporter de guerre Anne Nivat (6 février), de venir partager leurs expériences et leurs parcours singuliers. À l’heure des grands questionnements autour du réchauffement climatique, un troisième cycle mettra en lumière l’histoire des catastrophes, depuis l’ensevelissement de Pompéi (10 octobre) jusqu’à Fukushima (15 mai), en passant par la Grande Peste (24 mai) et Le Titanic (3 avril). Le dernier cycle prendra pour fil directeur « L’invention du futur » en s’intéressant aussi bien à l’intelligence artificielle (17 avril), aux réseaux sociaux (17 octobre) et à la foi millénariste (5 juin). Retrouvez le programme et toutes les informations pratiques sur le site du musée.

 

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